‹ Voyage pittoresque à Naples et en Sicile [microform]Chapitre 71 sur 96 · IV · texte numérisé non relu

IV

562 DESCRIPTION DES MÉDAILLES faire cesser la coniagion : en reconnaissance de ce service important, les habitans de Selinunte s empressèrent de rendre à Empedocles les honneurs

II paraît que la représentation d un sacrifice , tel qu'on le voit sur un grand nombre des médailles de Selinunte, pourrait effectivement avoir rapport a cet événement, en faisant surtout attention aux differens emblèmes qui sy trouvent réunis, tels quun coq-, une cicogne, et sur quelques unes le serpent dts-

Il reste à décider si c'est le philosophe Empedocles lui-même qui offre le sacrifice; ce qui semble assez indiqué sur quelques unes de ces médailles , par la fiaure de vieillard couverte d'un, manteau ; ou s. c est kfleuve Hypsa personnifié, et désigné, à ce que pense le prince de Torremuzza, par une petite corne quon aperçoit sur la tête du dieu dans quelques médailles plus parfaitement conservées ; mais c'est peut-être une chose assez indifférente à savoir. Au reste, la branche ou feuille de persil qu'on .voit sur un grand nombre de ces médailles, et qui, en grec, se nomme sebnon semble être le cachet, l'emblème le plu» connu de cette ancienne ville. Elle avait pris son nom de la

. DumvemS.linunlo,excJjacentisJlu.Uf^tore pestis in.amset, ad.o ut et uxorrs porta periclUarcntur, excog.tasse Empedo- "L duos ,uosdam « vtcMs amn,bus proprio sumptu m/u„..n tZi^ùtlc, ut « comnUxtione a,u. dulcessennt : o. sedata teste, epulantAus Selinuntiis Empedoclem apparuuse , .«. eo ccn- ZZ: surr..eru„t. ei.ue velut deo dMnos knnores detuUrunt. (DioD. DB Sic.)

plante même du persil , qui croissait abondamment dans son territoire. *

Agrigente est, après Syracuse, celle des villes de la Sicile dont on connaît un plus grand nombre de mér dailles; leur beauté et leur perfection suffiraient pour prouver quelles étaient la puissance et la richesse de

cette ancienne ville.

Les antiquaires, accoutumés à voir et à reconnaître sur les médailles des villes quelque emblème analogue à leur position, et presque toujours indiqué par la nature, ont voulu trouver dans la situation d' Agrigente , bâtie près de la mer et sur la cime des rochers, la raison pour laquelle ils voyaient sur ses médailles un ou plusieurs aigles tenant dans leurs serres un lièvre ou un poisson ; mais sans vouloir les imiter dans ces explications presque toujours imaginaires, nous nous sommes contentés de choisir dans l'ouvrage du prince dt> Torremuzza celles des médailles d'Agrigente qu'il regarde comme les plus rares et les plus curieuses.

Non seulement les Agrigentins avaient élevé dans leur ville des temples et des édifices magnifiques en l'honneur des dieux , mais nous voyons qu'ils avaient aussi fait frapper des médailles sur lesquelles sont représentés les emblèmes reconnus de ces mêmes divinités, tels que Jupiter, Apollon, Hercule. Nous en remarquons parmi celles de ce genre plusieurs en l'honneur d'Esculape , qui avait également son temple à Agrigente, n«' 7 et 9 de la planche 553.

■ Voir ch. VIII.

No' 55a et

Ch. IX et X.

Agrigbittjs.

Dans le nombre des différentes divinités représentées sur ces médailles, on doit encore distinguer celle qui porte une tête de jeune homme ceinte d'un bandeau , et ayant sur le front deux cornes très apparentes. Le prince de Torremuzza pense que ce doit être le dieu ou fleuve Agragas. Nous avons vu que ce torrent, qui entourait la ville d'Agrigente et lui avait donné son nom , était en grande vénération chez les Agrigentins ; et Ion sait que ce culte fut établi dans plusieurs de ces anciennes villes de la Sicile, pour d'autres fleuves ou rivières près desquels ces villes se

trouvaient situées.

Mais une de ces médailles , n* 1 1 de la même planche , que nous croyons mériter le plus de curiosité , est celle qui représente au revers d une tête de Cérès un philosophe entouré d'un manteau, et dont la forme pauvre et sans noblesse semble devoir indiquer ce Gelias , ce riche et vertueux citoyen d'Agrigente, dont nous avons fait mention , et qui , malgré sa mauvaise mine, n'en était pas moins chéri et respecté de tous ses

concitoyens. *

Si les antiquaires siciliens ne sont pas d'accord

entre eux sur la situation de l'ancienne ville de Gela,

ses médailles sont une preuve incontestable de son exi-

M.™'cSe stence; c'est même une des villes de Sicile dont on en

ctnnlent conscrve cncorc un plus grand nombre. On en connaît

Mkuta et piyg ^e cinquante différentes, soit en or, en argent

^'''''°'* ou en bronze, toutes avec cette inscription rEAAS

ou TEAftlûN, très distinctement écrite. Sur la plus

' Voir la citation de Diodore, ch. IX.

Page 1