‹ Voyage pittoresque autour du monde [microforme]Chapitre 21 sur 50 · OS D · texte numérisé non relu

OS D

Nous leur donnames beaucoup de fer, ils ne purent nous rendre en échange que quelques cocos Un trés-petit nombre de fruits à pain, mais une grande quantité de fruits de baquois qui font leur principale nourriture.

Nous fümes constamment en bonne intelligence avec eux: à la vérité des vols troublerent fréquemment, pour peu de temps néanmoins, la tranquillité qui régnait entre nous et ces insulaires, Le ter avait pour eux des «traits si puissants, qu'ils ne pouvaient résister à la tentation, quoique nous leur en eussions donné une quantité extraordinaire.

Les femmes avaient l'air modeste, mais un morceau de {er suffisait pour faire succomber ces beautés sauvages.

Le 16, nous avons entrepris un petit voyage aux iles du groupe, qui sont à louest de l'ile principale. Nous ny avons trouvé en tout que cinq insulaires, et sur ce nombre nous en connaissions trois.

Le 26 janvier (5 février ), nous avons quitté les iles Otdia ou Romanzotf:; à peine avions-nous fait deux milles, sous le vent de ce groupe, que nous en avons apercu un autre bien moins considérable; on ny compte que treize ilots qui sont boisés; il a dix milles marins détendue, ses habitants, trés-peu nombreux, lui donnent le nom d'/rigoub ; nous lui avons inposé celui d'iles Tehitchagoff, en honneur de Famiral russe Qui à été ministre de la marine.

Le 9, nous etmes connaissance d'un groupe considérable nommé Aaben par les insulaires; il recut le nom d'#es Sultikoff.

Le 30, nous nous en sommes approchés. Cette terre offre comme Otdia et lrigoub , une enceinte circulaire d'ilots , qui sous le vent est coupée par plusieurs canaux. Bientôt de grandes piroguies à la voile s'avancerent vers nous: les insulaires qui les

montaient, nous montrerent des fruits en criant, mais Doscrent

pas nous accoster. Nous sommes entrés dans Île groupe qui est trés-considérable : toutes les iles sont couvertes de belles forêts de cocotiers. Aaben est File priacipale : elle est située par 8°. 59 o. nord et 139". 11. 307 à Fouest de Geenwieh. 191.316. 497. O. de Paris. Nous avons lussé tomber Fancre.

Le 1 janvier 12 février). une orande pirogue s'approcha; elle était moniée par quinze hommes: nous les avons appelés: plusieurs insulaires se jeterent à la nage et vinrent à bord. IS nous montrerent leur chef, qui se distinguait par le tatouage de ses cotés. Nous leur avons acheté beaucoup de fruits de baquois, int nous avons observé plusieurs variétés, une grande quantité de cocos et de fruits à pain: on leur donna du fer qu'ils préféraient à tout. Nous leur avons fait de grands présents, et nous avons conclu un pacte d'amitié en changeant de noms avec plusieurs d'entre eux. A cette occasion nous avons renouvelé une observation que nous avions deja faite à Otdia et dans tous Îles uroupes de cet archipel que nous avions visités: c'est que les insulaires . malgré toute li peine qu'ils se donnaient, ne pouvaient pas prononcer la lettre S. Vers le soir la pirogue nous quitta;

plusieurs insulaires qui avaient changé de noms avec nous, répeterent en criant bien fort ceux qu'ils avaient obtenus.

Le so 14 février. nous avons levé Fancre et fait voile vers d'autres iles situées au vent. Nous avons mouillé pres de celle que les indigenes nomment jan et nous + avons débarqué. Elle abonde en COCOTIEFS : of \ voit beaucoup de MAISONS: elle est infestée de rats. Nous v avons apercu quelques poules qui courent dans les bois elle est bien peuplée. La couche de terre

végétale + est bien plus profonde que dans le groupe d'Otdia, elle a deux à trois pieds de profondeur, de sorte que les insubises cultivent le tros ils en ont deux variétés qu'ils nomment ouat et hadak. Nous v avons aussi trouvé quelques bananiers que

lon appelle k£aibaran.

Les insulaires y vivent dans une plus grande abondance que leurs voisins : ils ont des fruits à profusion, aussi ne sont-ils pas si maigres que les habitants d'Otdia ; nous y avous vu des femmes tres-jolies, elles ont sur-tout le haut du corps tres-beau.

Le 7 (19), nous avons mouillé près d'une Jolie ile nommée dinik par les habitants: elle est couverte de cocotiers. Nous 3 avons vu le chef du groupe qui réside ordinairement à Kaben : cétait un grand bel homme, d'un brun trés-fonce.

Un soir nous descendimes à terre, pour assister aux divertissements des habitants qui continuent toujours leurs chants trestard. Notre curiosité était d'autant plus vive, qu'ils nous avaient invités pour ce jour-là. À notre arrivée, ils nous recurent tresfroidement. [ls étaient rassemblé, au nombre au moins de quatrevinets, tous tres-robustes. Plusieurs pirogues pleines de monde, débarquerent sur différents points de Pile, et sur-tout des deux cotés de nos canots. Les insulaires. qui auparavant nous témoionatent toujours du respect, en ce moment se mirent à fouiller sans facon dans nos poches où ils savaient bien Qu'il v avait toujours des clous et d'autres objets en fer. Ensuite tous se réunirent au signal du chef, en mème temps les fenimes S'éloignerent: ces indices nous faisant croire qu'ils avaient pas des dispositions tres-amicales pour nous, nous nous sommes rembarqués pour retourner à bord du vaisseau qui n'était pas à plus de deux portées de fusil de fa cote. On tira un eoup de canon à poudre: aussitôt des cris se firent entendre à terre, On fi partir une fusée qui se dirigea sur Pile comme un trait de feu. Mors la confusion augmenta parmi les insulaires, qui Seloignerent peu-a-peu de la côte. Deux heures apres, nous entendimes un grand tumaulte dans l'ile.

Le 4 (21 février), nous sommes allés à terre. Notre feu avait

produit une grande inpression sur les insulaires. \uparavant tout

| FE j Kx ñ Î ?

| ER HE Œr lu) 1} +] il 1] | 1 (a | jee } LA | y # !

me il &il ji!

f j Î LE MT |: EL qu pol

le monde venait au-devant de nous quand nous débarquions: aujourd'hui nous n'avons vu personne. Nous étant avancés, les indigenes se sont éloignés: nous en avons appelé quelques-uns qui se sont arrêtés et nous ont attendus d'un air craintif et tremblant. Cependant lamitié parvint à se rétablir: alors ils nous priérent de ne plus lancer de feu sur File: ensuite ils nous montrerent toujours de la défiance.

Le 11 23, nous avons quitté les iles Saltikoff: elles sont peuplées au moins trois fois autant que les iles Roumanzoff.

Étant mouillés pres de Airik. nous avions apercu du haut du mat, dans le sud-ouest. un groupe nommé our par Îles insulaires: nous fimes voile de ce côté. et à trois heures nous avions franchi une passe située sous le vent, où nous avons jeté Fancre. Plusieurs pirogues Sapprocherent aussitôt, et sur notre invitation, les insulaires montérent à bord. HS étaient tous tatoués a Fexeeption de deux hommes, qui avaient en outre le teint beaucoup plus clair. Lun deux qui nous faisait sans cesse des Signes d'amitié. portait néanmoins sur le bras, des figures de poissons. nous dit qu'il voulait rester avec nous: le soir lorsque les pirogues se disposerent à retourner à terre, les autres insuaires l'appelerent et Sefforcerent de le dissuader de sa résolution, mais iv persista. [nous apprit qu'il Sappelait Aadou, et quil était natif de Pile d'Ouleas est une des Carolines: étant parti pour li péche avec trois de ses compatriotes. un coup de vent les poussa tres-loin en mer. et ils ne purent plus retrouver leur de. Ts furent ainsi ballottés pendant huit lunes: enfin ils apereurent les iles Aour. TS + furent recus tres-amicalement, cependant on voulait les dépouiller des morceaux de fer qu'ils avaient: le chef les protéger. Kadou vivait depuis quatre ans dans ces iles avec ses camarades : et quoiqu'il y fut bien traité, 11 desirait de Venir avec nous parce Qu'il avait entendu parler dans son pays

de crands batiments conne le notre

Le soir à souper, Kadou fut invité à nous suivre dans la chambre; les miroirs , les assiettes, les divers ustensiles dont nous faisions usage à notre repas, ne parurent lui causer aucune surprise. Î attendit que nous eussions commencé à nous en servir, pour imiter notre exemple; enfin il se conduisit comme un homme qui à constamment été habitué au genre de vie des Européens. Î mangea de bon appétit, mais modérément, de tout ce que nous lui offrimes; il regarda d'abord la viande salée, et ne se hasarda à en manger qu'apres nous. Îl aimait beaucoup le ris au sucre, et prit grand plaisir à boire un verre de vin de Madère. [adimira la transparence du verre. Il alla ensuite se coucher sur le lit qu'on lui avait préparé, et y dormit tranquillement. A compter de ce jour, Kadou nous à constamment accompaones , tous les insulaires paraissaient avoir pour lui beaucoup d'estime et dat: fection.

Ceux-ci nous apprirent que les iles Otda, Oudinik, Medid, Kaben, étaient alliées avec Aour, contre Arno, Medouro et d'autres auxquelles elles faisaient la guerre. Celles-ci avaient, l'année précédente, envoyé beaucoup de pirogues armées qui avaient pillé Aour ce! les iles confédérées; « les: nds, ajouterent les insulaires, ont tout détruit. Mais actuellement notre confédérati arme, nous préparons des provisions, nous équipons nos piroques. Laraari, le grand chef, visite toutes les iles qui lui obéi sent, pour rassembler les hommes de guerre. » Les insulaires finirent par nous inviter à prendre part à la guerre et nous prier de leur donner du secours. Aour est situé par 8°. 18 nord et 188". 51. 307. à l'ouest de Greenwich 1O 1". 11 de Paris

er

+. Mars),

Le 15 (27), nous en sommes partis et le 15 février i

Nous nous sommes approchés d'un groupe que les insulaires

nomment ./4/u, et que nous avons appelé des Arusenstern.

Le 18 février (2 mars), nous sommes arrivés heureusement au milieu de ces iles. Nous avons pèché à l'entrée du passage beaucoup de requins et de bonites, de même que dans ceux des autres iles. Aïlu est situé par 107 17. 597. nord et 190". 17°. 307. à l'ouest de Greenwich (192°. 372 457. 0. de Paris).

Les insulaires nous dirent que toutes les iles que nous avions visitées, savoir : Irigoub, Otdia, Medid, Kaben, Nour, Ailu, Arno. Medouro et trois autres encore, portent le nom général de Radak ; qu'une chaine de groupes semblables se trouve au sudouest, qu'elle est plus considérable et plus riche et se nomme Ralik. Cest probablement la chaine nommée par les anglais Hulgraves Range.

Le 28 février {12 mars), nous somnies partis d'Aïlu avec Kadou. L'apres-midi nous avons vu les deux groupes d'iles , que nous avions découverts Fannée précédente: et auxquels nous avions donné les noms de Aoutosojf Smolensky et de Souvaroff.

Les coups de vent, les brumes, le mauvais temps, ne nous ont permis de nous approcher des iles | Koutousoff Smolenky ) que le 115 mars. Nos canots étant allés suivant l'usage pour chercher une passe entre les récifs, ne trouverent que deux, deux et demi, trois et quatre brasses d'eau il fallut donc renoncer à l'espoir d'entrer.

Bientot plusieurs pirogues nous accosterent. Le grand chef, Lanari, se trouvait parmi ces insulaires. I Soccupait dans cette le à réunir des hommes, des pirogues, des provisions : il devait dans trois semaines aller aux autres iles, rassenmibler sa flotte, puis marcher à lennemi.

On nous dit, qu'à deux journées de navigation au nordeest, lv avait une petite ile dépourvue de cocotiers, et d'eau, et inhabitée: mais les habitants de Radak y vont prendre des tortues

et des oiseaux de mer : on l'appelle Bigar.

Page 1