‹ Voyage pittoresque d'un anglais en RussieChapitre 10 sur 62 · N IJ NI- NOVGOROD · texte numérisé non relu

N IJ NI- NOVGOROD

Pour nous, étrangers, nous fûmes surtout frappés, à la foire de Nijni, du mouvement fiévreux des affaires. Tous ces gens-là, à coup sûr, n’avaient pas de temps h perdre en parties de plaisir ou devant les parades à un penny. Il fallait gagner ou perdre des fortunes dans le court espace de quelques semaines. Le riche négociant a fait transporter, à frais énormes, des contrées les plus lointaines, un assortiment de marchandises coûteuses. Succombant parfois sous le fardeau de sa petite pacotille, le pauvre piéton a, pendant de longues journées, battu de ses semelles la poussière des grands chemins. L'un et l’autre ont engagé tout leur avoir dans le succès de leurs opérations, et l’on comprend qu’ils ne soient pas d’humeur à se divertir. Il n’est jamais venu à la pensée de ces marchands que la foire fût un lieu de rendez-vous pour le plaisir ou l’instruction : l’or seul est leur but, et il faut convenir qu’aucun autre intérêt ne saurait être assez puissant pour vous engager à rendre une seconde visite à Nijni. La foire est installée sur une langue de terre sablonneuse que forme le confluent de l’Oka et du Volga, et qui est exposée, pendant l’hiver, à de continuelles inondations. Cet espace est divisé en douze rues parallèles dont les jolies maisons en briques, à deux étages, appartiennent aux plus riches négociants. An rez-de-chaussée se trouvent placés les boutiques et les magasins que protègent d’élégantes verandahs. Une pagode s’élève à l’une des extrémités de chaque rue, tandis que l’autre aboutit à une place formée par la maison du gouverneur et par les établissements publics.

Ce foyer des affaires est comme assiégé de tous côtés par une multitude de huttes provisoires où s’entassent des

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