‹ Voyage pittoresque d'un anglais en RussieChapitre 9 sur 62 · NIJNI- NOVGOROD · texte numérisé non relu

NIJNI- NOVGOROD

Quelques jours après, cependant, on annonce que la foire du monde va s’ouvrir dans Hyde-Park. C’est pour ce grand spectacle que le Russe que nous avons mis en scène a quitté Nijni. H s’achemine donc vers le Palais de Cristal, non sans avoir boutonné ses poches vides, car il entend n’être plus victime des excentricités britanniques. Mais la scène a changé. A peine est-il entré dans le palais, qu’il se voit entouré des plus hautes notabilités du pays; il est subjugué par les pompes d’une cérémonie que la présence de la royauté rehausse de son éclat, et qui lui offre réunis sous un dôme de cristal les représentants de tous les pays du monde, ainsi que les chefsd’œuvre de leurs arts et de leurs manufactures.

Enfin, cet étranger dit adieu aux merveilles de l’exposition et reprend le chemin de Nijni. En se retrouvant au milieu des steppes de son pays, il repasse dans sa mémoire les tableaux si divers du voyage qu’il vient d’accomplir. Le peuple anglais lui semble incompréhensible. Que penserait-on en Russie si l’on voyait l’empereur et la noblesse assister à l’ouverture des foires in propriis personis , ou si les marchands venus des contrées lointaines à ces sortes d’exhibitions prenaient leur plaisir à s’abandonner aux périls d’une descente en traîneau du sommet à la base des montagnes qui dominent le Volga?

Enfin notre Russe arrive à Nijni, et, résumant toutes ses impressions, il reconnaît que l’amour du plaisir est le principal attrait qui amène la foule à Greenwich ; que le noble désir de connaître est l’inspiration du vaste congrès européen du Palais de Cristal, et que l’ardente poursuite du lucre appelle seule à Nijni les masses d’hommes qui s’y portent de tousles points de l’empire et du fond même de l’Asie.

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