‹ Voyage pittoresque d'un anglais en RussieChapitre 26 sur 62 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Colonies. — Nackivan — ltostof : son commerce. — Nous quittons le pays des Cosaques du L)on. — Taganrog : scs souvenirs historiques. — Commerce des laines. — Mérinos. — Un dilemme.

Il n’y a pas de plus frappant exemple de l’apathie des Russes et de leur profonde incapacité pour toutes les entreprises que la situation llorissante des colons allemands du pays des Cosaques du Don.

Appelés par l’impératrice Catherine II, des milliersd ’étrangers vinrent s’établir et faire fructifier leur industrie dans une contrée dont les habitants n’avaient pas su utiliser les immenses ressources. Les colons sont presque tous Allemands ou Arméniens ; le voyageur qui, après avoir quitté Sarepta, fait quelques centaines de milles dans la direction de l’ouest, jusqu’à l’établissement arménien de

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Nackivan, pourrait croire qu’il a suivi la direction diamétralement opposée, et qu’au lieu de passer d’une province russe dans une autre, il est sorti de l’Allemagne pour entrer en Turquie. Clarke, qui descendait le Don il y a environ cinquante ans, fut vivement frappé de la diversité des races qu’il rencontra sur ses bords, surtout en aval de Tcherkask. Il décrit en ces termes son arrivée dans la colonie:

« Nous aperçûmes des Tartares, des Turcs, des Grecs, des Cosaques, des Russes, des Italiens, des Kalmouks et des Arméniens. En y joignant notre groupe d’Anglais, on trouvait réunis, dans l’espace d’un quart de mille, des exemplaires de neuf nations différentes. Les Tartares pêchaient dans le fleuve ou conduisaient leur bétail à la ville. Les Turcs fumaient dans les cafés. Les Grecs, race intrigante, allaient de l’un à l’autre, débitant des mensonges et faisant des affaires. Les Russes, chargés de la police, se grattaient la tête. Les Italiens étaient représentés par des matelots vénitiens et napolitains. Les Kalmouks bavardaient ensemble. Les Arméniens, hommes et femmes, prenaient le frais en droskies, et les Anglais promenaient leurs regards étonnés sur cette foule d’hommes, de mœurs et de costumes si divers. »

En flânant à travers les bazars turcs, au seuil desquels se tiennent des marchands arméniens, avec leur longue barbe et le front ceint du turban ; en voyant passer dans la foule des femmes voilées, à la démarche empreinte de cette sorte de maladresse particulière aux femmes musulmanes, on peut se croire transporté au sein de quelque ville turque, et l’imagination s’abandonne à des visions de l’Orient. La voix du muezzin, appelant les fidèles à la

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prière, vient compléter l’illusion ; on oublie que cette invitation pieuse, adressée aux croyants, va frapper l’oreille infidèle des Cosaques du Don, et mourir sur la steppe sans limites Illusion charmante et de trop courte durée! Tant que vous séjournez dans une des colonies orientales, vous croyez avoir quitté la Russie, et pour vous rappeler au triste sentiment de la réalité, il ne faut rien moins que les ennuis inséparables des bureaux de police, et l’annonce de votre départ dans les journaux.

Nackivan est un nom emprunté à une ville antique, située au pied du mont Ararat, et dont les Arméniens attribuent la fondation à Noé, où ils croient que sa tombe est placée. La ville de Nackivan contient environ six mille habitants, population riche et florissante qui entretient un commerce actif avec le Caucase, et ne se fait point scrupule de nouer des relations clandestines parmi les Circassiens. Entre autres privilèges, ces Arméniens jouissent de l’exemption de la taxe par tête. Ils sont venus s’établir sur la steppe abandonnée vers l’année 1780, émigrant, suivant Pallas, de Karassu-Bazaar, en Crimée. La position de cette ville, à proximité de l’embouchure du Don, est éminemment favorable à toutes les transactions commerciales, et il s’y tient annuellement une foire importante. On connaît l’esprit aventureux des négociants arméniens et le courage avec lequel ils entreprennent des voyages dans la Tartarie et le Thibet, dont ils rapportent les dépouilles.

Au sortir de Nackivan, la route suit la crête de la steppe qui domine le Don, et nous pûmes jouir de quelques vastes perspectives dans la direction du Caucase. Bientôt nous vîmes briller h l’horizon les riantes églises de la nou-

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velle ville de Rostof, et nous arrivâmes à la poste, annoncés par le roulement bruyant de notre voiture, qui soulevait derrière elle un tourbillon de poussière. Nous entrâmes dans cette importante cité avec un grand nombre d’autres voyageurs. Nous n’avions pas fait, depuis que nous avions quitté le Volga, de halte plus agréable qu’à Rostof. En tout pays, ce serait une ville intéressante à visiter ; l’intérêt redouble pour le voyageur qui a été habitué, pendant des jours entiers, à ne voir que la terre et le ciel. Rostof le charmera, sans aucun doute, que ses goûts soient poétiques ou utilitaires. La steppe, coupée par un ravin escarpé, se projette hardiment sur le Don, en formant un promontoire au sommet duquel la ville es^ perchée. Les rues rapides sont la plupart du temps séparées l’une de l’autre par des fossés dangereux ; mais elles ont l’avantage de converger vers le fleuve, qui serpente au-dessous de la ville, et qui, s’élargissant tout à coup, devient assez large et assez profond pour permettre à une flottille de petits bâtiments de mouiller dans son lit. Les maisons, irrégulièrement construites, aux toits bariolés, et non moins diverses de style que de couleurs ; la population mélangée, dont les costumes sont aussi multiples, aussi variés que les métiers ; les églises, avec leurs ornementations prétentieuses et quicouronnentleshauteursde la ville ; enfin le spectacle que l’on embrasse de ces hauteurs elles-mêmes : tout concourt pour donner à Rostof cet attrait qui séduit le touriste en quête de pittoresque. D’un autre côté, la fumée du petit vapeur, qui piaffe à l’encontre du courant, le retentissement des fers que l’on jette dans les cales des navires, le grincement des grues pendant les opérations de charger et de décharger, pro-

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duisent un étrange concert, qui ne déplaît pas toutefois ail visiteur que préoccupe l’avenir commercial du pays.

De longues investigations ne sont pas nécessaires pour découvrir que Rostof possède des avantages naturels qui lui ont donné, comme par nécessité, une haute importance commerciale, en dépit des entraves que la domination russe apporte à son essor. Quand les Grecs, naviguant à travers le Palus Méotide, fondèrent Tanaïs, à l'embouchure du Don, ils avaient apprécié l’importance de cette situation, autant que le firent les Vénétiens elles Génois lorsqu’ils établirent des usines à Tana, presque en face de Rostof.

Dans les temps modernes, Pierre le Grand fut le premier à reconnaître que les ressources du pays demandaient un débouché; et il fonda Taganrog, dont la position est aujourd’hui si défavorable. Peu de temps après que les Turcs eurent évacué la rive gauche du fleuve, Rostof s’éleva tout à coup, pour témoigner en quelque sorte de l’esprit positif de ces nations maritimes, qui avaient préféré placer leurs factoreries sur le fleuve plutôt que sur les bords de la mer. Le voisinage de Taganrog n’a diminué en rien l’importance de Rostof ; loin de là, cette ville est devenue aujourd’hui presque nécessaire à l'existence du port même, qui est l’obstacle principal à sa prospérité. L’assertion paraît paradoxale et pourtant il est facile de l’expliquer. Le commerce de l’intérieur de l’empire avec les ports de la mer Noire se fait par la voie du Volga et de Dubovka, et traverse inévitablement Rostof: dans cette ville, les produits sont transbordés des bateaux plats sur lesquels ils ont descendu le Don, aux gabares qui doivent les porter à Taganrog. Si l’embouchure du fleuve, trop

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basse aujourd'hui pour recevoir des bâtiments d’un plus fort tonnage que les caboteurs, était améliorée, ce mode coûteux de transport deviendrait inutile. Les négociants de Taganrog, au lieu d’avoir seulement des succursales à Rostof, y établiraient leurs comptoirs, et Taganrog perdrait une importance qu’elle ne doit qu’à la difficulté des abords de Rostof. k

Sous le régime actuel, le public (s’il peut être question du public en Russie) supporte une charge très-lourde en entretenant deux ports au lieu d’un. On m’a assuré qu’il ne serait pas très-difficile d’ouvrir à des bâtiments d’un fort tonnage l’embouchure du Don. Mais ce n’est pas le seul obstacle qui s’oppose à la prospérité de Rostof ; en amont deTcherkask, le Don n’est navigable, même pour des bateaux plats, que dans certaines saisons-, et bien qu’il soit le fleuve le plus important du sud de la Russie, on n’a rien tenté jusqu’ici pour l’approprier aux besoins du commerce. Il semble que les découvertes de la science soient restées inconnues au cabinet de Saint-Pétersbourg. Dans mes promenades sur les quais, je remarquai des quantités considérables de fonte et de fer en barres, de bois de construction, d’écorces de bouleau et de bois à brûler; ces articles, d’un poids énorme, avaient, pendant deux cents milles, descendu le Volga et le Don, et le trajet de l’isthme, de quarante milles, qui sépare ces deux fleuves, avait plus coûté que tout le reste du parcours. Aussi ai-je moins été surpris de l’abandon dans lequel est laissée la navigation du Don, que de voir prospérer Rostof, au milieu de tous les obstacles qui ont été pour cette ville la conséquence de l’incurie du gouvernement.

La population actuelle de Rostof s’élève à douze mille

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âmes environ. Ori traverse le Don sur un pont d’une construction curieuse qui ressemble à un radeau permanent. La rive opposée est basse, marécageuse et souvent inondée à une grande distance. C’est une vaste plaine qui monte par une pente insensible jusqu’aux sources de l'indolent Manitch, d’où elle descend graduellement au littoraf de la mer Caspienne.

Peu après notre départ de Rostof, nous rencontrâmes de nombreuses charrettes, chargées d’anthracite des mines de Bakmout. A propos de ces mines, on rapporte que, dans l’origine, le gouvernement exigea des concessionnaires une somme tellement exorbitante, que l’ardeur de la spéculation s’en trouva sur-le-champ comprimée. Toutefois on s’aperçut bientôt que le gouvernement ne souffrait pas moins que le public de ces exigences déraisonnables, et aujourd’hui on accorde de plus grandes facilités à la compagnie qui a entrepris l’exploitation de ces richesses minérales.

Nous avions franchi la limite qui sépare la contrée sauvage des Cosaques du Don du petit district de Taganrog ; la route, de plus en plus défectueuse à mesure que nous nous rapprochions de la civilisation, était presque impraticable à l'endroit même où elle servait de communication entre deux des principales villes de cette partie de la Russie. Des ravins escarpés, des steppes interminables étaient le seul spectacle qui s’offrit à nos yeux ; et je me sentais disposé à me ranger h l’opinion d’un Français spirituel qui dit que, pour jouir d’un voyage en poste en Russie, il faut « un corps de fer et une imagination d'enfer ». Enfin la mer d’Azof apparut à nos regards fatigués, et nous subîmes, pendant cinq heures, le supplice de Tantale à une

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station de poste, d’où nous apercevions, sans nous en rapprocher, le terme de notre voyage. Quand nous entrâmes àTaganrog, vers minuit, j’avais peine à croire que nous fussions arrivés à notre destination. Demander des lits, au lieu de réclamer des chevaux, me paraissait une chose tout extraordinaire, et je m’étonnai de recevoir une réponse polie au lieu d’une rebuffade. Mais ce qui me surprit au-delà de toute expression, ce fût de trouver des draps dans mon lit. 11 fallait avoir subi, durant six longues semaines, la privation de tout comfort, pour en sentir l’inestimable prix. Je dormis en homme qui n’y est pas habitué, et quoique, pendant toute la nuit, il me semblât que j’étais encore cahoté dans la voiture, je ne m’éveillai qu’au milieu du jour suivant, en rêvant que je venais d’étrangler un yamschik.

Taganrog est une ville propre, bien bâtie, de bonne apparence. La plupart des maisons sont fort belles, et il y règne un air de fraîcheur et de nouveauté qui plaît à l’œil du touriste en bonne humeur. Des fenêtres de notre chambre, la mer paraissait azurée, bien qu’elle fût fangeuse et peu profonde. De l’autre côté de la baie, la steppe que nous venions de traverser nous semblait un délicieux fond de tableau, maintenant que nous n’avions plus à la parcourir.

La partie la plus intéressante de la ville est le square de Gastinni Dvor. Sous ses colonnades, des marins de tous les pays que baigne la Méditerranée se mêlent aux Arméniens, aux Tartares et aux Cosaques. La foule se presse dans les boutiques, où les marchandises sont étalées avec une profusion et une variété remarquables. Toutes les autres parties de la ville sont sans vie et sans

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attrait; les maisons, hautes et blanches, torréfiées par un soleil brillant, concentrent dans les rues une chaleur tellement intolérable que les promeneurs ne s’y hasardent pas. Cependant des jardins ombragés, où vient jouer, dans l’après-midi, une troupe de musiciens, et des remparts couverts d’un épais gazon dominent la mer et offrent une agréable promenade. De la plage, quand le temps est clair, on aperçoit distinctement le vieux fort turc d’Azof. Ces remparts étaient autrefois les postes avancés de la Russie et de la Turquie. Telle est aussi l’origine des fortifications de Taganrog, devenues maintenant inutiles, et qui tombent en ruines.

Peu de souvenirs historiques vraiment dignes d’intérêt se rattachent à Taganrog. Elle fut fondée, en 1706, par Pierre le Grand, dans un but purement militaire. Mais, prévoyant que cette ville serait appelée un jour à une certaine importance commerciale, le czar s’en occupa trèsactivement; un bois de chêne, planté de sa main, indique encore la trace de son passage. I/empereur Alexandre mourut à Taganrog, et tous les voyageurs visitent la maison où il rendit le dernier soupir, quoique elle n’ait rien d’intéressant par elle-même.

Les environs de Taganrog sont extrêmement fertiles, et la steppe qui les entoure est très- favorable au développement des arbres forestiers. Dans l’hiver, le commerce est suspendu. Les communications deviennent impraticables par mer et par terre, si ce n’est au moyen de traîneaux ; ces sortes de véhicules sont fort utiles pour traverser le golfe d'Azof sur la glace. La population de Taganrog est de vingt-deux mille habitants. Son commerce consiste principalement en caviar, cuirs, suifs, grains,

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laines, fers, el autres produits de la Sibérie qui descendent le Don. On pêche d’énormes quantités d’esturgeons dans la mer d’Azof, à laquelle, dès le temps des colonies grecques, ce produit avait acquis une juste célébrité.

Les suifs et les cuirs seront toujours au nombre des principaux articles d’exportation de Taganrog ; mais on ne saurait en dire autant de la laine. L’Angleterre reçoit environ le tiers de la laine que la Russie exporte ; mais les producteurs de l’empire russe ont déjà ressenti les effets de la faveur croissante dont la laine d’Australie jouit dans notre pays. Depuis 1845, l’exportation des laines a suivi une diminution constante, et tous les efforts des propriétaires de troupeaux n’ont pu soutenir, sur le marché britannique la concurrence de l’Australie. Leurs inquiétudes deviennent plus sérieuses aujourd’hui que les colons australiens se montrent décidés à agrandir encore le cercle de leurs relations et à les étendre sur tout le continent. Certes, après les expériences récentes qui ont été faites sur l’élève des troupeaux dans la province de Taganrog, la décadence du commerce des laines en Russie parait inévitable.

Il y a quelques années, on avait introduit dans les steppes un nombre considérable de mérinos, et l’on pensait qu’ils pourraient y prospérer malgré l’inclémence du climat. Pour réussir, celte tentative demandait une persévérance et une sollicitude dont les Russes sont profondément incapables. Les tourbillons de neige en hiver et les sécheresses de l’été firent les plus grands ravages parmi les troupeaux, et les mérinos, abandonnés à la garde de pâtres indolents, finirent par disparaître peu à peu. 11 en périt des milliers dans l'année 1849. A moins

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qu’ils ne soient convenablement abrités et nourris pendant l’hiver, on doit renoncer à l’espoir d’acclimater les mérinos dans les steppes de la Russie. Les troupeaux endurcis à la rigueur des hivers russes donnent des laines qui ne valent presque pas la peine d’être exportées. On ne saurait récolter de belles laines sous l’influence d’un climat rigoureux.

En Tauride et dans le pays des Cosaques du Don, les troupeaux sont plus nombreux que dans aucune autre partie de l’empire. Ils y sont aussi plus mal soignés : les éleveurs 11e se proposent que d’augmenter le nombre des têtes de bétail et non d’améliorer la qualité de la laine, en sorte que celle-ci perd de valeur à mesure que le troupeau s’accroît. De plus, les Cosaques ne savent ni nettoyer ni emballer la laine. Aussi iv’ arrive-t-elle, le plus souvent, sur le marché de Londres qu’à la moitié des prix des laines allemandes, depuis que la laine d’Australie y tient le premier rang.

Deux lois par mois, un bateau à vapeur part de Taganrog pour Odessa. Il met dix jours à faire ce trajet, qui demanderait moins de trois jours dans tout autre pays. Les nombreux retards que nous avions éprouvés aux stations de poste, nous firent manquer de deux jours le départ du bateau. Nous nous proposions d’explorer la Crimée, et nous avions à choisir enlre les trois partis suivants : le premier était de faire un long voyage par terre à Simpheropol , perspective particulièrement désagréable après tout ce que. nous venions de souffrir; le second était de séjourner à Taganrog jusqu’au prochain vapeur, ce qui entraînait un délai de douze jours ; enfin nous pouvions prendre passage à bord de quelque bateau de commerce se rendant à

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Kertch, si toutefois nous avions la bonne fortune d’en trouver un qui fût prêt à mettre à la voile. Nous nous décidâmes pour le dernier parti, et nous fîmes savoir aussitôt notre intention à qui de droit. Grâce à l’hospitalité et à la courtoisie du consul anglais, nous eûmes moins de difficultés que nous ne nous y attendions à passer notre temps agréablement dans cette ville de Taganrog, qui uous avait paru d’abord si dépourvue de distractions.

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