CHAPITRE Xlll
Le poil de Taganrog. — Le commerce doublé. — Manque de travailleurs. — Le système prohibitif. — Ses effets. — Fluctuations dans le prix des blés. — Leur cause. — Approvisionnements de l’Inde.
Quel que soit l’accroissement du commerce et de la population de Taganrog, la prospérité de cette ville ne me semble pas assise sur des bases durables. Son port est un des plus incommodes de l’Europe; il est devenu si peu profond, que les navires sont obligés de mouiller à une distance de douze ou quinze milles de la côte. Je ne doute pas qu’il ne soit rapidement comblé. Il n’y a pas plus de soixante ans, en 1795, le professeur Pallas vit lancer une frégate dans ces mêmes eaux où, aujourd’hui, des gabares ne peuvent naviguer qu’avec difficulté.
Comme si la nature ne faisait pas assez pour ruiner le port de Taganrog, presque tous les bâtiments qui le visitent contribuent pour leur part à avancer son obstruction. Le gouvernement russe a strictement défendu de jeter par-dessus le bord le lest dont sont chargés la plupart