‹ Voyage pittoresque d'un anglais en RussieChapitre 41 sur 62 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Baglché-Seraî. — Une population indescriptible. — Boutiques. — Un restaurant tartare. — Un repas improvisé. — Juives karaïtt-s. — Le palais des khans. — Vue de la cour — Intérieur du palais — Chapelle de Marie Potoski. — Fontaine de Selsabil. — Le mausolée des khans.

Entre Sébastopol, la ville des casernes et des arsenaux, et Bagtchè-Seraï, leSérail des Jardins, le contraste est aussi agréable que soudain. Dans un étroit vallon, et séparée du monde par les rochers aux formes bizarres qui la dominent, l’ancienne capitale de la Crimée tartare repose à l’ombre d’une végétation splendide. Les aiguilles des minarets, qui se mêlent à une forêt d’ondoyants peupliers, trahissent seules l’existence de Bagtchè-Seraï.

La population est la même qu’aux siècles passés. On ne rencontre dans Bagtchè-Seraï aucune trace du grand changement qui s’est opéré dans la condition des Tartares; rien n’y rappelle la puissance dont ils subissent la domination. Le croissant et la croix ne s’y dressent pas l’un à côté de l’autre. Les antiques mosquées n’ont pas vu s’élever auprès de leurs minarets les dômes verdâtres et constellés de l’Église orthodoxe. L’appel du muezzin ne f s’v perd pas dans le tintement monotone des cloches. Le voyageur n’a pas à redouter dans la petite ville tartare

BAGTCHÈ-SERAÏ.

l’imprévoyance des conducteurs de droskies, les obsessions fatigantes de quelque mujik ivre, ou les bruyantes importunités des marchands russes. Si l’on n’apercevait les sentinelles cosaques qui se promènent silencieusement sous les arcades du palais des khans, on pourrait croire que les salles désertes sont peuplées de turbans, et que le harem abandonné s’éclaire encore des yeux noirs des liouris.

Nous nous estimâmes heureux d’échapper pour quelques jours à la sauvage rudesse des hommes du Nord, pour contempler les débris d’une civilisation orientale. Niais comment se faire à l'idée que ces nobles Tartares, qui nous saluaient en disant : « Sabani khair, » étaient les compagnons de servitude des pygmées de la Laponie, et qu’à trente milles à peine, le maître commun de tous ces hommes, entouré de ses sujets moscovites, paraissait ignorer jusqu’à l’existence de cette ville, autrefois la capitale d’un royaume dont les princes ont fait trembler ses ancêtres. Un mot du czar à sa Hotte de Sébastopol pouvait changer les destinées de l’Europe. Mais, dans leur superbe indifférence, qu’importent aux Tartares de Baglchè-Seraï et les destinées de l’Europe et le czai ?

La rue principale de la ville était pleine de mouvement et d’activité. Longue de près d’un mille, elle est si étroite, que deux chariots peuvent à peine s’y croiser. Le cas est rare heureusement, car la foule de Tartares, de juifs karaïtes et de Bohémiens, qui se pressaient dans la rue à cette heure du jour, en auraient été singulièrement incommodés. Nous nous engageâmes au milieu de cette popu- « lation indescriptible, admirant tour à tour la variété des types, des costumes, et les curieuses marchandises étalées

BAGTCI1È-SERAÏ.

dans les larges ouvertures des boutiques. Ces établissements n’ont pas de devanture, et, la nuit venue, on les ferme en relevant la table qui, pendant la vente, a servi de comptoir. C’est sur cette table que le marchand, les jambes croisées, fabrique gravement quelque objet de son commerce, jusqu’à ce qu’un chaland vienne le distraire de son travail et de sa rêverie.

Les boutiques nous parurent disposées de telle façon, que les ouvriers de chaque métier se trouvent réunis. A l’angle de la rue principale et près du palais, nous passâmes d’abord devant un bazar où l’on fabrique spécialement des bonnets de peau de mouton. Si l’acheteur n’en trouve pas à son goût, il n’a qu’à choisir une peau et à faire son marché; au bout d’une heure, la coiffure est terminée. Les plus pittoresques sont faites de peau d’agneau, d’une laine courte et frisée, et de couleur grise tirant sur le bleu. Non loin des marchands de bonnets, se tiennent les fabricants d’ouvrages en cuir, au milieu de pyramides de selles, de ceintures richement historiées, de poches à tabac et de fouets de forme étrange, avec un large morceau de cuir au bout de la lanière et un couteau caché dans le manche. En face des selliers, sont les fabricants de pantoufles et les tailleurs. Plus loin, les couteliers occupent un vaste espace, où ils se livrent à la fabrication de ces excellents couteaux tartares, renommés dans tout l’Orient. Les chalands prennent beaucoup d’intérêt à voir confectionner les objets qu’ils achètent, et les marchands y trouvent, eux aussi, un grand avantage. Comment, en effet, ne pas payer un bonnet que l'on a fait confectionner sous ses yeux?

Nous dépensâmes de longues heures auprès de ces mar-

RAUTCHE-SERAÏ.

chauds, allant de l'un à l’autre, et les trouvant tous d’une affabilité extrême : la journée était déjà avancée lorsque je songeaià in’étonnerden’avoirpas encore rencontré le quartier des vivres. Depuis Sébastopol, nous n’avions satisfait que nos yeux, et Richter ne s’était soutenu que par unusage immodéré du tabac. 11 nous fit observer que nous ferions bien de chercher un restaurant. Nous adoptâmes cet avis, et bientôt nous découvrions au coin d’une rue une boutique d’où s’échappait par bouffées une odeur prononcée de mouton. Des groupes nombreux stationnaient devant le comptoir, et chacun, plongeant au hasard dans d’énormes chaudrons, en retirait des quartiers de gras qu’il dévorait de grand appétit en se promenant parmi la foule. Cette façon de dîner al fresco n’était point de mon goût. Nous pouvions courir la chance de. perdre beaucoup de temps à la poursuite d’un bon morceau; aussi fûmes-nous enchantés d’apprendre qu’il n’était pas nécessaire de présenter un billet pour être admis à la cuisine de Bagtchè-Seraï. Nous pénétrâmes dans l’intérieur de la boutique, et prîmes place sur un banc étroit, devant une planche malpropre destinée à servir de table du festin. Nous faisions face à la rue, à la grande satisfaction des flâneurs, qui purent nous dévisager à loisir. Mais le plaisir fut réciproque, et nous restâmes fort édifiés les uns et les autres sur nos figures respectives.

Cependant notre attention fut bientôt détournée de la galerie par le chef de cuisine, qui d’une main nous apportait une tête de mouton bouillie, tandis que de l’autre il s'efforçait de recueillir sur un morceau de pain noir le jus qui dégouttait entre ses doigts. Il posa le tout sur la partie la plus propre de la planche devant laquelle nous étions

BAGTCHÈ-SERAÏ.

assis, et son visage exprima la conviction que tous nos besoins étaient satisfaits. Nous cominençàmesaussitôt à découper avec nos canifs la tête de mouton, à laquelle il semblait qu’on n’eût laissé que les yeux, et nous parvînmes il compléter notre diner avec quelques hibuubs, petits carrés de lard embrochés autour d’un roseau. Après tout, on ne mourrait pas de faim à Bagtchè-Seraï. Les monceaux de fruits délicieux, dont la rue principale est bordée pendant quelques centaines de verges, fourniraient toujours une nourriture abondante, sinon salubre. Raisins, figues, grenades, pêches, brugnons, abricots, excitent à chaque pas le promeneur à se rafraîchir; et, comme pour lui faire sentir sa gourmandise et son imprudence, d’innombrables fontaines de l’eau la plus pure descendent du penchant des collines et murmurent une sorte d’invitation irrésistible à l'oreille des pauvres altérés.

L’une de ces fontaines a dix orifices, par où s’écoulent de petits ruisseaux dont les gouttelettes étincellent en rebondissant sur des dalles de marbre. Leurs eaux limpides s’échappent dans toutes les directions avec un agréable murmure. On dirait qu’elles se hâtent de fuir les impuretés de la ville pour aller se perdre plus vite dans le Djurouk-Su, qui arrose les campagnes de Bagtchè-Seraï.

Je dois avouer, à notre honte, qu’après avoir dîné, nous ne sûmes pas nous contenter de l’eau rafraîchissante des fontaines. Notre avidité fut justement punie, car nous pensâmes être empoisonnés par la décoction étrange qu’on nous servit dans la boutique d’un débitant de booza. dette liqueur est extraite du millet fermenté, et les Tartarcs l’ont en grande estime. Des barils de booza étaient rangés symétriquement autour de la chambre basse où nous

RAtiTCUÊ-SËKAI.

étions entrés. Un nous apporta la liqueur tartare dans des cruches de terre. Son extrême acidité en fait une boisson qui n’est rien moins qu’agréable.

Nous avions suivi la rue principale dans toute sa longueur. Nous arrivâmes sur une petite place, et nous aperçûmes, à droite, le célèbre palais des khans. Toutefois, mon attention se porta d’abord sur un groupe de femmes aux physionomies les plus diverses. 11 est fort heureux pour les dames tartares que leur religion les oblige à rester toujours voilées en public, car je doute peu qu’elles lit' fussent complètement éclipsées par ces belles juives, dont le gracieux costume contrastait avec celui de leurs compagnes. Les jeunes filles karaïtes n’ont rien du type juif. Leurs nez grecs, leurs narines ardentes, leur lèvre supérieure légèrement orgueilleuse, leur bouche d’une forme exquise, semblent presque démentir leur origine hébraïque, et leurs grands yeux, profondément enfoncés dans les orbites, n’ont pas besoin du fereeiljè blanc pour ajouter à leur éclat.

Ces jeunes femmes étaient réunies sous une vieille arcade ; elles se livraient «à de rieuses critiques sur les étrangers; passe-temps qui n’eût pas eu l’approbation de leur seigneur et maître; car les juifs partagent le préjugé des vrais croyants et veillent d’un œil jaloux sur la partie féminine de leur maison. Près des filles karaïtes rôdaient, sans jamais s’arrêter, des bohémiennes bizarrement accoutrées et les cheveux en désordre. Elles avaient quitté leurs caves de la montagne pour mendier ou voler, suivant leur habitude.

Je remarquai qu’il n’y avait pas à Bagtchè-Seraï d’autres Russes que les soldats chargés de la garde du palais.

HAUTCHE-SERAl.

On me dit que, par un ukase, l’empereur a défendu à ses sujets moscovites des'établir dans la vallée de BagtchèiSeraï. C’est une des preuves les plus rares de générosité et d’intérêt que le gouvernement russe ait données auxTartares.

Nous regrettâmes presque, après avoir vu l’officier commandant, de n’avoir pas pris notre logement dans les salles du palais, qui sont mises à la disposition des étrangers? Mais valait-il la peine d’abandonner notre pittoresque hôtellerie, même pour des appartements royaux? Nous nous contentâmes de visiter l’ancien palais des Khans, sous la conduite d’un vieux soldat loquace.

Après avoir franchi le fossé et passé sous une porte cochère massive, protégée contre les injures du temps par un auvent en saillie, je ne fus pas moins surpris que charmé du singulier assemblage de constructions que mes yeux rencontrèrent de toutes parts. A droite d’une grande cour gazonnée s’élève le palais avec ses murailles aux couleurs éclatantes et tapissées de vignes. De petites fenêtres grillées s’ouvrent, de distance en distance, sur des jardins embaumés. Une tour octogone, en bois, et coiffée d’une toiture chinoise, domine l’édifice. A gauche, nous remarquâmes deux constructions dont les verandalis étaient portées sur des colonnes curieusement ornées, et, près de là, un mausolée et deux grands minarets, signes de la royauté. Une belle fontaine, ombragée par des saules pleureurs, fait face à l’entrée du palais, et derrière elle la cour est fermée par le mur d’un verger dont les plantations s’étagent sur des terrasses jusqu’au sommet de la colline. Si nous reportions nos regards vers la ville, la perspective ne nous paraissait pas moins attrayante. Nous aurions pu nous croire au milieu de l’arène d’un amphi-

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théâtre immense, dont les gradins étaient figurés par les toits plats des maisons tartares. Çà et là, dans les flancs des montagnes, sont creusées des espèces de caves qui, de loin, ressemblent à des pigeonniers. Ce sont les nids des bohémiens. Rien de plus original que la vue de la ville du côté du palais. Des rocs gigantesques, qui attellent les formes les plus bizarres, sont suspendus dans les airs et semblent menacer d’une ruine inévitable les restesde celle capitale qui a eu ses jours de grandeur.

La grille de fer qui s’élève à l’entrée du palais porte cette inscription :

« Le maître de cette porte et de la province est le trèshaut personnage Kadji-Ghiri-Khan, fils de Mingü-Ghiri- Khan. Puisse le seigneur Dieu daigner accorder la félicité suprême à Mingli-Ghiri-Khan, ainsi qu’à son père et à sa mère! »

En pénétrant dans le vestibule, nous nous arrêtâmes devant la célèbre fontaine des Pleurs, que le poème de Nicolas Pushkin a immortalisée parmi les Russes. D’un côté, ce vestibule s’ouvre par des arcades sur les jardins du sérail ; de l’autre, il conduit à un escalier où la lumière du jour ne pénètre jamais. Nous montâmes jusqu’à d’étroits passages qui aboutissent à des galeries spacieuses et splendidement décorées.

A force d’errer à travers les galeries, nous finîmes par nous perdre dans un dédale de petites pièces qui se ressemblaient toutes et communiquaient entre elles par des portières de brocart. Nous nous glissions de l’une à l’autre, nous avançant à petits pas sur de riches tapis de Turquie, et ne faisant pas plus de bruit que si nous marchions dans la chambre d’un mort. Notre silence, notre

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mystérieuse démarche étaient en harmonie avec le luxe étincelant de fraîcheur dont nous étions environnés : on eût dit que les maîtres de ce palais venaient à l’instant de disparaître de la scène magique que leur magnificence avait évoquée. Là s’étendaient de larges divans rouges: ici des rideaux richement brodés étaient suspendus devant les fenêtres grillées. De magnifiques tentures de satin, où se jouaient les dessins les plus délicats, dissimulaient les murailles, ou formaient une sorte de dais élégant au-dessus du foyer. Ces richesses ne s’étaient pas évanouies avec leurs fragiles possesseurs, et l’éclat de leurs couleurs semblait insulter à la mémoire des maîtres efféminés de Bagtchè-Seraï.

Les souverains de la Russie ont daigné parfois s’arrêter dans l’antique demeure des khans, et notre guide s’imagina que nous ne pouvions rien voir de plus intéressant que le lit dans lequel avait couché l’impératrice Catherine. Nous le poussâmes dans la chambre de Marie Potoski, qui nous rappelait des souvenirs plus romantiques. Ce fut là, pendant dix ans, le séjour de l'enamourée comtesse, qui, dans l’espoir de concilier à la fois les lois de sa conscience et sa passion pour le khan, consacra sa vie à des pratiques religieuses, et se contenta de commander en souveraine dans le palais de l’infidèle. Les appartements qu’elle habitait sont décorés avec beaucoup de luxe. Un superbe vestibule, orné de fontaines coulant sur des dalles de marbre, porte son nom. A côté l’on voit une chapelle catholique romaine, que le khan, ardemment épris, fit bâtir expressément pour Marie.

11 devait y avoir quelque chose de l’indolence musulmane dans le caractère et dans les mœurs de ces khans.

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Beaucoup de chambres du palais sont égayées de ligures d’oiseaux, de bêtes, de reptiles, entrelacés de la manière la plus bizarre, et, comme pour compenser cette violation du Koran, des fragments de ce livre sacré sont inscrits sur les murailles. Une des chambres les plus singulières de ce singulier palais est une grande pièce d’été, entourée déglacés et décorée d’ornements peu orthodoxes; tout autour de cette vaste salle règne un divan circulaire, et au milieu une fontaine jaillit dans un bassin de porphyre. Ses portes s’ouvrent sur un jardin, à l’extrémité duquel se trouvent les bains de marbre que la discrète galanterie de Potemkin fit bâtir pour l’impératrice Catherine; cachés par l’épais feuillage d’une vieille et magnifique vigne, ces bains sont alimentés par les cascades de la fontaine de Selsabil. Pendant- le séjour de sa royale maîtresse à Bagtchè-Seraï, le favori vivait enfermé, au milieu de ces jardins délicieux, dans le harem aujourd’hui abandonné; sa retraite communiquait avec celle de la czarine par une suite de pavillons. C’est dans cette partie du jardin que s’élève la tour octogone, sur la destination de laquelle les auteurs ne s’accordent pas : on ignore, en effet, si les khans en faisaient l’habitation de leurs femmes ou la demeure de leurs faucons. Elle ressemble à une grande cage de bois, et rien dans sa forme ne peut révéler l’usage pour lequel elle a été construite. Entre les barreaux de la tour, on découvre le magnifique panorama de la ville et du palais.

Nous entrâmes dans la mosquée royale par l’escalier royal, et nous descendîmes, — pour employer l’expression chrétienne, — au banc royal, derrière les grillages duquel on pouvait, sans être vu. être témoin de la danse

B AGTC UÈ -SERAI.

des derviches et des cérémonies religieuses. C’est un spacieux édifice dont la principale porte est surmontée de cette inscription caractéristique :

«Qu’est-ce qu’Hadji-Sclim? C’est le plus illustre de tous les Khans, le favori de Dieu. Puisse le seigneur Dieu lui accorder toutes sortes de biens en récompense de l’érection de cette mosquée! Selim-Ghiri-Khan est comparable à un rosier. Son fils est une rose. Chacun d’eux, à son tour, a mérité les honneurs du sérail. Le rosier a fleuri de nouveau, et son unique rose est devenue le lion du padischah de la Crimée, Sehlamet-Ghiri-Khan. Dieu a comblé mes vœux. C’est au seigneur Dieu que cette mosquée a été consacrée par Sehlamet-Ghiri-Khan. »

Après avoir parcouru l’antique demeure des khans, nous crûmes devoir visiter le lieu où ils reposent. Nous laissâmes les fontaines jaillissantes dont le doux murmure anime les salles silencieuses; les divans somptueux qui embellissent les appartements abandonnés; les arbres dont les fleurs embaumées parfument les jardins déserts, et nous entrâmes sous la voûte des sombres caveaux oii dorment les très-illustres khans. Un vieil hadjè répandait en tremblotant une pâle et vacillante lumière, et nous permettait d’apercevoir les tombes surmontées d’un turban. En sortant des caveaux, nous traversâmes le cimetière, où des vignes croissent sur des ruines chancelantes qui parlent encore de leur grandeur déchue. Hélas! tout semblait "prendre le même chemin qu’avaient déjà suivi les morts couchés sous la pierre sculptée de ces tombeaux.

TCHOUFUT-KALÉ.

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