VO Y A GE PITTORESQUE
De l'autre part, 5,072,000 fl deur. Les mines de sel a Hall sont considérables , mais moins productives que celles de Berchtesgaden. Les mines et les salines rendent environ 800,000 fl. ; mais la presque totalité est payée par le pays , ou dépensée pour frais d'exploitation. On évalue le produit net de cette partie à environ
5°. La vente des bestiaux est un objet considérable, et est estimée rendre au pays au moins
6". Il existe encore quelques branches de revenus pour le pays, tels que la vente de plusieurs sortes de fruits, citrons, raisins, pommes, même des cerises, noix, etc., que l'on peut évaluer à , . .
J 00,000 fl.
3oo,ooo fl.
5o,ooofl.
Total général
0,822,000 fl.
Enfin le passage des étrangers et quelques autres sources casuelles fournissent encore au pays des ressources que je ne porte point en ligne de compte. Mais on peut juger par le calcul total que la balance est à peu près égale , et que le Tyrol , outre la consommation de ses productions intérieures , a dans des moyens d'industrie , ou dans des sources d'exportation , de quoi se procurer du dehors pour près de quatre millions d'effets ou de denrées d'utilité ou d'agrément. 2f)
Insensiblement je me suis laissé entraîner à tracer une esquisse générale du Tyrol- de son état physique , administratif, moral et militaire : pour compléter cet aperçu , il ne me reste plus qu'à dire deux mots de son histoire et de sa division géographique.
Le Tyrol, non compris le Vorarlberg, s'étend depuis le 45° 47' de latitude jusqu'au 47 22' N. , et depuis le 27 42' jusqu'au 3o° 5o' de longitude E. ; il comprend quatre cent quatre- vingt milles quarrés. Le Vorarlberg comprend cent soixante -un milles quarrés • la totalité des habitans est , comme je l'ai dit , d'environ sept cent mille. 27
Dans l'origine, le Tyrol proprement dit étoit un assez petit pays , dont Berthold, comte d'Andechs et marquis d'Ystrie, saisit la souveraineté lorsqu'en 1180 , Henri le Lion fut mis par Frédéric I er au ban de l'Empire. Il n'y avoit pas été formellement autorisé par l'empereur ; cependant ce seigneur, qui tenoit le comté de Tyrol , comme vassal de la Bavière, prit alors le titre de Duc de Méranie , du nom de la ville de Méran où il établit sa résidence. Ainsi Méran donna alors son nom au souverain du Tyrol ; comme le château de Tyrol , bâti sur les hauteurs qui dominent Méran , l'a donné à tout le pays.
A cette même époque, d'autres anciens vassaux de la Bavière s'érigèrent en souverains. Les évêques de Salzbourg , de Passait , d'Augsbourg et de Ratisbonne augmentèrent leurs domaines et établirent leur immédiateté.
Plus anciennement, du temps des Agilolflnges a8 , tout le pays connu aujourd'hui sous le nom de Tyrol , avoit fait partie de l'antique monarchie bavaroise qui renfermoit alors l'Autriche, la Styrie, la Carinthie, le pays de Salzbourg et le Duché de Bavière tout entier. L'illustre famille des Agilolfinges , qui, de temps immémorial, avoit donné des chefs aux Boiens ou anciens Bavarois, fut protégée par Théodoric, roi d'Italie, contre les invasions des Francs. Ce prince célèbre établit Tbéodon duc de Bavière (vers 5o8 ) Cette dynastie, la plus ancienne de l'Europe, s'allia plus tard avec celle de Charlemaene. Tassilon II s'étant attiré la disgrâce de ce grand homme , fut conduit en France ainsi que toute sa famille ; elle y fut dispersée dans différens cloîtres. L'on croit que Tassilon mourut dans l'abbaye de Jumièges.
La dynastie françoise des Carlovingiens remplaça, depuis 780 jusqu'en 912, celle des
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Agilolfinges. La Bavière et ses dépendances, conséquemment le Tyrol, furent annexées par Charlemagne à son vaste empire. La dynastie françoise se termina à Louis IV, dit l'Enfant, qui fut roi de Bavière et empereur d'Occident. Il mourut en 912. A cette époque, la Bavière passa à diffèrens princes.
L'empereur Henri IV, après la déposition d'Otton de Nordheim, la donna à Welphe, ou Guelphe I, de l'illustre maison d'Est. La lutte violente qui s'engagea entre l'autorité du Saint-Siège et celle des empereurs, favorisa l'ambition des seigneurs particuliers, et l'établissement de la noblesse immédiate. Dans ces temps malheureux, tous les liens d'ordre public étant ou relâchés ou rompus, l'anarchie s'établit parmi les petits vassaux de l'empereur ou des grands feudataires de l'Empire : car alors les peuples proprement dits, n'a voient point d'existence politique.
Les Guelphes acquirent en Allemagne une puissance immense ; leurs états s'étendoient depuis l'Adriatique jusqu'à la Baltique.
Cet édifice de grandeur s'écroula pourtant du moment où l'empereur Frédéric I , dit Barberousse , eut, à la diète de Wurtzbourg , en 1180, fait déclarer Henri le Lion, dernier duc de Bavière , de la famille des Guelphes, déchu de tous les fiefs qu'il tenoit de l'Empire. 2 9 Ce seul arrêt de l'autorité légitime et suprême suffit pour anéantir ce colosse , qui sembloit plus puissant que l'empereur et l'Empire réunis. Henri ne garda que le duché de Brunswick.
Ce fut alors que la Bavière fut donnée par Frédéric I à Otton de Wittelspach, dit le Grand, descendant d'Arnoud, comte de Scheyern (ensuite de Wittelspach). Cette illustre maison se rattache par les femmes, aux Agilolfinges.
A cette même époque, Frédéric détacha delà Bavière, l'Autriche dont il fit un duché particulier. La Styrie et la Carinthie furent également détachées de la Bavière; et le comté du Tyrol, devenu le partage de Berthold comte d'Andecht, ainsi que nous venons de le dire , fut pour long-temps séparé de l'ancienne masse des états bavarois.
Albert, comte de Tyrol en ia48, occupa ce pays du droit de sa femme, qui étoit de la famille d'Andecht. Il eut deux filles qui partagèrent sa succession et qui épousèrent, l'une un comte de Hirschberg, l'autre un comte de Goritz : ce dernier acheta la portion d'héritage de son beau-frère. Enfin Marguerite, dite Maultasche à cause de la configuration hideuse de sa bouche, dernière descendante de la maison des comtes de Tyrol et d'Andecht, en l'an i363, le jour de saint Polycarpe, fit donation aux trois frères Rodolphe, Léopold et Albert, ducs d'Autriche, du comté de Tyrol, comme étant ses plus proches parens. Depuis ce temps , non seulement la maison d'Autriche en est restée en possession , mais elle l'a successivement et considérablement augmenté. Savoir :
i°. En i3y3, les ducs de Padoue de la maison de Carrare cédèrent à Lèopold le débonnaire d'Autriche, les trois seigneuries sur les frontières d'Italie, d'Yvan, Selvan et Castel-Alto ou le Valsugan. 2°. En i5oo , Maximilien I, empereur, ayant hérité du Pusterthal, après la mort de Léonard, dernier comte de Goritz, l'incorpora au Tyrol. 3°. Le même empereur, mettant à profit les troubles qui s'étoient élevés entre les différentes branches de la maison de Bavière, enleva à ce duché les seigneuries de Kufstein, Kizbichel et Rattenberg dans la basse vallée de l'Inn, et les réunit en i5o4 au Tyrol, pour s'indemniser des frais de la guerre qu'il avoit faite contre Robert, fils de l'électeur palatin et gendre de feu le duc Georges le Riche, dernier duc de Landshut. 4°. Le même Maximilien, ayant enlevé aux Vénitiens la commune d'Ampero, les Quatre Vicariats, la ville et préture de Rovérédo, la ville d'Arco près le lac de Garda, les réunit au Tyrol. ( décembre 1616.)
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Le Vorarlberg a été antérieurement administré séparément. Cette dernière province se compose des seigneuries de Bregenz, Hohenems, Hoheneck, Pludenz, Sonnenberg, Montafon et Feldkirch , qui successivement ont été acquises par la maison d'Autriche.
Ces pays réunis forment du Tyrol une vaste et belle province revêtue du modeste titre de comté, mais sans contredit le plus grand comté qu'il y ait en Europe.
Il étoit anciennement divisé en cinq cercles ou bailliages, pour donner à son organisation plus d'analogie avec les autres provinces autrichiennes. Savoir : i°. Le cercle d'Oberinnthal, le siège de l'administration est à Inspruck. 2». L'Unterinn et Wipthal, chef-lieu Schwatz. 3°. Le cercle du Pusterthal et de l'Eisack, siège d'administration à Schwatz. 4°. Le cercle de l'Adige, qui comprend le Burggrafamt et le Vinschgau à Botzen. 5°. Le cercle des confins Rovérédo.
Maintenant je reprends le fil de mon voyage, dont j'ai trop long-temps interrompu le cours.