CN = CN
= CM
= en
= co = I— 1
= CD
= LT
= en = i— i
= CN
= — en
= — co
= — ID
^— LO
= — en
= — CM
Pi
"VK
bo
Mais nous ne tardâmes pas à découvrir Lermos qui se présente d'une manière très-pittoresque au milieu d'un beau vallon couvert de prairies un peu marécageuses, mais bien soignées et traversées par des routes commodes. C'est dans les enviions de Lermos que la Loisach prend sa source au pied des hauteurs qui séparent le vallon de Lermos de la vallée du Lech. La grande route d'Inspruck à Augsbourg traverse Lermos où il y a une poste. Nous nous y arrêtâmes pour y passer la nuit, et le lendemain nous poursuivîmes noire voyage presque toujours à pied, en suivant la grande route de Lermos à Reutti.
Avant d'arriver à Reutti, on passe un endroit célèbre dans les annales militaires du Tyrol, et remarquable par la force de sa position. C'est le Pass-Ehrenberg, qui jusqu'au seizième siècle a eu la réputation d'être imprenable, comme Berg-op-Zoom et Péronne la Pucelle, et tant d'autres places dont l'heure n'étoit pas encore venue.
Le Pass-Ehrenberg se présente effectivemenl d'une manière très -imposante : un fort château occupoil le sommet d'une assez haute montagne, et les retranchemens se prolongeoient sur ses flancs et barroient le chemin qui occupoit le fond du vallon qui est fort étroit dans cet endroit.
En i55a, lorsque Maurice de Saxe pénétra avec une armée dans le Tyrol, pour y surprendre Charles V qui alors se trouvoit à Inspruck , et pour délivrer, disoit-il, l'Allemagne du despotisme d'un prince auquel cependant il devoit le trône qu'il occupoit; à cette époque, dis-je, Maurice s'empara du Pass-Ehrenberg. Charles V apprit cette nouvelle pendant qu'il étoit à table. On regardoit alors les diverses avenues du Tyrol comme tellement inexpugnables, que la plus grande sécurité régnoit à Inspruck pendant que l'ennemi n'en étoit plus qu'à quelques lieues.
A peine l'empereur eut-il le temps de se sauver ; les Saxons occupèrent la ville deux heures après que Charles l'avoit quittée. Ils trouvèrent encore les tables toutes servies, les mets sur la table et l'argenterie sur les buffets. Maurice ne resta que huit jours en Tyrol, et ayant manqué son coup, il ramena son armée à Fuessen et de là à Rothenbourg sur la Tauber. Les dernières guerres ont démontré que ces forteresses et ces positions, quelque fortes qu'elles puissent être, perdent le plus souvent leur importance depuis qu'un nouveau système d'attaque s'est établi, et qu'au lieu de se porter avec des forces bornées sur un seul point, on embrasse tout un pays dans l'ensemble des combinaisons militaires; alors, si un seul point succombe, tous les autres deviennent inutiles. Depuis la réunion du Tyrol à la Bavière, toutes ces forteresses ont été détruites.
Peu après Ehrenberg, on entre dans la vallée du Lech : cette rivière, l'une des plus considérables de celles qui traversent le Tyrol, prend sa source dans le Vorarlberg. C'est le Lycus des anciens. Il a de tout temps fait la limite occidentale de la Bavière; son cours se dirige presqu'en ligne directe depuis Fuessen jusqu'au Danube. Cette circonstance contribue essentiellement à la rapidité de son courant qui est le plus violent de toutes les rivières d'Allemagne.
Voici la proportion de la vitesse du courant des principales rivières de Bavière : Le Lech, 16 pieds de vitesse par seconde; l'Iser, 12; l'Inn, 8; le Danube, 4- dans les crues, 6 et jusqu'à 8, le Régen et la Naab, 3.
Les bords du Lech ont été le théâtre de combats mémorables depuis l'époque du Bas- Empire jusqu'à nos jours. C'est là que les Hongrois éprouvèrent une défaite complette en 797; le comte Gérald commandoit les Bavarois. C'est au passage du Lech qu'en i63 2 , Gustave-Adolphe vainquit et tua le fameux Tilly, l'un des plus grands capitaines de h guerre de trente ans.
cm
Reutti est éloigne d'environ une lieue du Pass d'Ehrenber^
Reutti est un beau bourg situé dans une contrée agréable. Déjà les Alpes des environs n'ont plus ces formes âpres qui caractérisent celles qui s'élèvent dans le centre du Tyrol.
Les montagnes qui bordent la vallée de Reutti sont hautes; mais elles sont tout au plus de quatrième grandeur.
Reutti a été le théâtre de beaucoup de combats. Comme c'est une des entrées principales du Tyrol, c'est un de ces points malheureusement destinés à être vivement attaques et défendus ; cependant il a peu souffert dans les dernières guerres. A peu de distance de Reutti est un autre de ces pass ou gorges étroites par lesquelles seules on peut entrer dans le pays : c'est le Kniepass, ainsi nomme à cause de l'extrême raideur de la montagne qu'il y faut gravir pour ainsi dire à genoux. Il y a au haut du Murgthal dans la Forêt Noire un passage de ce genre également très-difficile et nommé le Kniebiss.
^ Le Kniepass défend les approches de Reutti. De Reutti à Fuessen, on suit la vallée du Lech qm là n'est encore qu'un gros torrent. La situation de Fuessen est extrêmement agréable : c'est une ville frontière de l'ancienne Bavière. Elle étoit forte autrefois; il y avoit un château construit sur des hauteurs qui sont comprises dans la ville, dont l'ensemble présente des masses très -pittoresques.
Fuessen est célèbre par la paix qui y fut conclue entre l'Autriche et la Bavière en i 7 46 peu après la mort de l'empereur Charles VIL '
Maximilien Joseph, son fils, préféra la possession paisible du bonnet électoral à la couronne des Césars dont son père avoit douloureusement ressenti les épines. Le règne de Maximilien Joseph fut tranquille et heureux; l'agriculture et le commerce furent encouragés; les lois améliorées; mais l'industrie, les arts, et la science de l'administration proprement dite, ont laissé à ses successeurs une vaste carrière d'amélioration à parcourir.
Il y avoit à Fuessen une très-belle abbaye de Bénédictins, celle de Saint-Maure, qui , lors du partage des indemnités, est échue à la maison d'(Etting-Wallerstein.
Lorsque l'on entre à Fuessen par la porte du côté du Tyrol, on se trouve encore au milieu d'un pays montueux et varié dans ses sites; dès qu'on en sort par la porte du côté de la Bavière, l'œil surpris parcourt une plaine vaste et sans limites vers le nord. Ce changement de scène subit est vraiment frappant.
Rien n'est plus agréable et plus varié que la route entre Fuessen et Schongau, en passant par Salmeister. C'est une suite de paysages charmants, dignes du pinceau de Claude Lorrain ou de Guaspre Poussin. Ce sont des habitations éparses, entourées d'une belle verdure, de frais pâturages, ornées de jolis bosquets, arrosées par des eaux vives et pures , et servant de premier plan à un horizon, qui d'un côté s'appuie sur la superbe chaîne des montagnes du Tyrol, et de l'autre se perd dans un immense lointain en suivant la vallée du Lech.
Schongau, qui étoit le terme de notre course, est une ville située dans une solitude. Tout y respire un air et un goût antique; les maisons y sont vastes et ont le caractère d'architecture propre au quinzième siècle qui fut pour l'Allemagne celui de la naissance du commerce et de la prospérité.
La foible population de Schongau fait qu'un silence mélancolique règne dans ses rues, et que tout y est en harmonie avec les paysages pittoresques des environs. L'auberge où nous logions ressembloit à un ancien palais, et avoit autrefois été la demeure d'une famille noble, aujourd'hui éteinte. On voyoit encore d'anciennes peintures, de riches lambris, des plafonds dorés et des restes d'une opulence qui n'existoit plus.
De Schongau nous nous rendîmes à Weilheim eu passant par le Peissenberg dont i'ai
Si \
10 11 12 13 14 15 16 17 li
déjà parlé, et nous prîmes congé du Lech qui va se jeter dans le Danube auprès de Raïn, ville qui autrefois formoit partie des- apanages des comtes d'Eppan, dans les environs de Donawert.