‹ Voyage pittoresque dans les grands déserts du Nouveau-Monde [microforme]Chapitre 100 sur 137 · DENT RE PO NEE RE · texte numérisé non relu

DENT RE PO NEE RE

tue, la peau revient à celui qui a tiré le premier, Ensemencer un champ qui ne vous appartient pas ne donne aucun droit sur le champ, mais le propriétaire du terrain ne peut pas réclamer ke récolte; ordinairement Len prend une partie à cause de l'usage que Fon a fait de sa propriété, etileëde du terrain pour prix du travail dont il prolite,

L'agriculture est encore dans son enfance parmi les Penux-Rouges c'est une industrie très-peu développée et peu estimée des Indiens, quoiqu'ils habitent des terres d'une étonnante fertilité, Les travaux champêtres sont incompatibles avec ces natures sauvages, libres, inquiètes, indépendantes, Les Peaux-Rouges du Nouveau-Mexique, néanmoins, cultivent admirablement bien les céréales, différents légumes et des wbres fruitiers. Les tribus adonnées aux travaux des champs ne eultivent guère que le mais, le tabac et quelques légumes, Les instruments dont ils se servent pour li culture sont ordinairement faits avec des os de bulle, Les Indiens agriculteurs qui ont des rapports fréquents avec les blancs emploient volontiers la bêehe et la pioche de fer, que les marchands leur vendent ou échangent avec eux contre des fourrures, Dans le Nord, l'Ouest et le Sud, ce sont ordinairement les femmes, les esclaves oules nègres, qui travaillent la terre pour les Indiens; ceux-ei eroiraient manquer à leur dignité en se livrant à une pareille industrie, Les tibus qui ne partagent pas ce préjugé barbare sont pour la plupart déjà civilisées à moitié ou voisines de quelques établissements américains,

La plupart des travaux des champs sont exécutés par des femmes, comme nous l'avons déjà dit; nous croyons devoir ajouter ici quelques mots sur cette pauvre créature dont la condition chez les sauvages est si digne de pitié, Au physique, il s'en faut de beaucoup que leur apparence et leurs formes puissent lutter en beauté avec celles des hommes; néanmoins plusieurs tribus font exception à cette règle très-générale, Urdinairement les femmes indiennes portent les cheveux moins longs que ceux des hommes; la chevelure étant pour les sauvages un ornement qui indique une certaine suprématie morale et physique, on oblige le sexe fémumin à se la couper plus où moins. Les femmes se tatouent et se peignemt le visage, les seins et toutes les parties du corps qui restent à découvert; elles montent à cheval avee la même dextérité et de la même

manicre que les hommes. Parmi les Comanches il n’est pas rare de voir

des filles ou femmes de guerriers monter à cheval aussitôt qu'elles apercoivent des chevreuils ou des antilopes, leur courir après et ne revenir qu'après les avoir pris au lazo.

Rien encore n’a plaidé la cause de la femme dans ces tribus sauvages: elle est l’eselave de l’homme bien plus que sa compagne, car elle n'a ni sa force, ni son adresse ; comme esclave, elle doit le servir sans aspirer à partager les profits de la liberté, de la richesse et de la puissance de son maître, qui se croit en tout supérieur à elle. Pour elle le gros labeur des champs et du ménage, et pour son seigneur et maître les longues heures de repos ou de plaisir. La ‘mme fait absolument tout ce qui est nécessaire à la vie nomade ou fixe, depuis le Wigwam qui abrite la fanille jusqu'aux objets les plus minutieux; les hommes ne fabriquent que les armes dont ils se servent à la chasse ou à la guerre, Dans la construction des canots et de leurs accessoires les hommes aident leurs femmes, mais ils ne s'occupent pas d’autres travaux manuels; ce serait un déshonneur pour la famille,

La vente et les achats des articles de première nécessité ou de ceux dont le produit doit enrichir la famille sont exclusivement du domaine de l'homme. Le sucre, le maïs, les langues de buffle, mais surtout les fourrures, sont les principaux objets du commerce indien.

Parmi les fourrures, celles du rat musqué, du chevreuil, du blaireau, du buffle, du castor, de l'ours et de la loutre sont les plus abendantes; les plumes, le plomb et la cire figurent peu dans les transactions commerciales entre les Peaux-Rouges et les blancs. Les tribus voisines de l'océan Pacifique font de l'huile de marsouin, dont ils tirent un excellent parti. En général, le commerce n’est pas une industrie très-lucrative pour la plupart des sauvages; c’est plutôt une occasion de se procurer quelques objets de luxe ou d'utilité privée, ou bien encore les armes et les instruments qu'ils ne savent pas se fabriquer eux-mêmes. Les peuplades qui vivent dans les grandes prairies de l'Ouest prennent, par le moyen du lazo, des chevaux qu'ils donnent aux blancs en éclange contre du wisky, des étoffes, des perles, des métaux, des médailles; mais ils reçoivent rarement de l'argent monnayé. Les Indiens vendent leurs fourrures précieuses au poids, et les communes selon leur qualité ou leur grandeur.

Pour donner une idée de l'importance du commerce des fourrures, nous

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n'avons qu'à citer le nombre des peaux vendues aux blancs par la seule tribu des Sacs et des Renards : la moyenne, par hiver, était de 2,760 castors ; 922 loutres; 13,440 blaireaux ; 12,900 rats musqués; 200 chats sauvages ; 680 ours; 28,680 chevreuils et un millier d’autres animaux. La graisse retirée des chevreuils peut s’évaluer à 143,400 kilos. Ce chiffre nous permet de passer sous silence les autres statistiques du commerce indien avec les factories appartenant aux Américains ou aux Anglais dans le nord et l’ouest de l'Amérique septentrionale.

Aux Grandes-Dalles et aux Longs-Détroits sur le Colombia il existe un vrai marché auquel se rendent les tribus des bords de la mer et de l'intérieur des terres avec des poissons séchés, des racines nutritives, des fruits sauvages et des objets provenant des navires qui abordent sur les côtes. Les peuplades des montagnes Rocheuses y amènent des chevaux et des articles qu'ils fabriquent ou se procurent dans ces froides régions. Les blancs ne manquent pas non plus à ce grand rendez-vous pour x vendre ce qu'ils peuvept vu se procurer ce dant ils ont besoin, tels que chevaux, canots et guide: Les Indiens leur fournissent tout cela et recoivent en échange de vieux habits canadiens, américains, allemands et français, dont les sauvages se parent de la manière la plus grotesque.

Le commerce avec les Indiens se fait par le moyen des factories ou entrepôts du gouvernement et par celui de marchands patentés, La plupart des entrepôts que nous appellerons officiels sont assez mal administrés; et comme ils sont dépourvus de liqueurs alcooliques, les Indiens préférent aller près des marchands qui leur fournissent tout ce qu'ils veulent, Du reste, les Anglais ont bien soin de dénigrer les marchandises américaines, et leur influence se fait vivement sentir sur le commerce des frontières. Les agents du gouvernement des États-Unis auprès des tribus indiennes s'accordent tous à dire que les marchands avec leurs engagés qui trafiquent avec les sauvages sont d'ue telle immoralité, que leur exemple est funeste au caractère des Indiens. L’insuffisance des lois pour empêcher l'exportation des alcools parmi les Peaux- Rouges est la cause des plus grands malheurs. Le crédit est également une source d'actes déshonnôtes de part et d'autre. Les acheteurs à crédit payent peu souvent; les vendeurs se compensent en augmentant le prix des marchandises, La conséquence de tout ceci est l'injustice envers les honnêtes acheteurs et la tentation pour eux de ne pas payer.

Les marchands ont alors recours aux liqueurs pour enivrer les Indiens et dérober les fourrures pendant l'ivresse de leurs débiteurs.

Des amis des Peaux-Rouges firent des rapports au gouvernement des États-Unis afin qu'il prit le monopole du commerce indien, dont les résultats seraient la destruction de l'influence anglaise et du système du crédit. Par ce moyen, les sauvages pourraient se procurer les marchandises à 200 pour cent au-dessous du cours actuel, et l'importation des alcools qui leur est si pernicieux n'aurait plus lieu; mais le gouvernement américain préfère laisser le commerce mixte libre, Un autre système encore plus convenable que celui-ci serait de laisser ce commerce entre les mains d’une ou de plusieurs compagnies dont les employés seraient intelligents, honnètes et capables, Les bénéfices que la Compagnie et les Indiens en retireraient seraient considérables : la civilisation, les mœurs et la concorde entre les Peaux-Rouges et les blancs y gagneraient également beaucoup. Le gouvernement se débarrasserait ainsi d’un poids énorme qui ne lui rapporte ni avantages matiricls, ni dignité, il économiserait une dépense annuelle de près de trois cent mille francs qui pourrait être reversée au profit de la civilisation des sauvages, soit par l'établissement d'écoles pour les enfants des deux sexes, soit par l'achat d'instruments d'agriculture qui seraient donnés en prix aux tribus les plus industrieuses,.

Nous laisserons de côté toute considération sur les défectuosités du système actuel, les incertitudes dans lesquelles se trouvent les marchands patentés par suite des fluctuations du prix des fourrures sur les marchés de Saint-Louis et de New-York, et les pertes considérables qu'ils subissent parfois en payant aux Indiens les fourrures plus chires qu'ils ne les vendent sur ces marchés; mais ce que nous ne devons point omettre, c'est d'esquisser en quelques lignes la manière dont les Indiens procèdent dans leurs transactions commerciales avec les blancs. Les chefs et les chasseurs sont très-fins et très-rusés, quoique honnêtes en général dans leurs échanges; les marchands, il est vrai, cherchent souvent à les tromper, mais il est rare que l'avantage reste aux Faces- Pâles dans cette lutte d’astuce intéressée, Citons un exemple qui démontre que ces malheureux sauvages ont sinon une justification, du moins une excuse dans leur manière d'agir envers ceux qui veulent pro-

liter de leur ignorance et de leur simplicité.

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Un marchand avait vendu à un Indien une certaine quantité de poudre, en lui affirmant que c'était une graine qui pousserait comme du froment. L'Indien, ne se doutant pas de la duperie, sema la préciense graine avee un soin tout particulier; mais il ne tarda pas à s’apercevoir qu'il avait été trompé; alors il revint chez le marchand, et lui ayant pris à crédit autant de marchandises qu'il en put obtenir, il les emporta dans son village. Le moment de régler les comptes étant arrivé, le marchand, qui ne croyait pas avoir été dupe à son tour, alla trouver l'Indien pour lui demander le prix de ses marchandises : «Je vous les payerai, lui répondit celui-ci, dès que la poudre que vous m'avez vendue aura poussé. »

La concurrence est si grande dans plusieurs parties des déserts américains, que les sauvages peuvent aller d’un marchand à un autre jusqu'à ce qu'ils aient trouvé un bon prix de leurs fourrures; il arrive même quelquefois qu'ils les vendent à un tiers au-dessus de leur valeur réelle, Quant aux comptes, ils les font par mémoire ou au moyen de coches faites dans un morceau de bois; beaucoup se confient à l'honnôteté de leurs créanciers. Mais tout cela est si mal organisé que le commerce indien, toujours précaire, ne sera jamais une base solide d'un bien-être durable pour les Peaux-Rouges et de fortune pour les marchands, que le crédit ruine souvent. La destruction colossale qui se fait annuellement des animaux à fourrures, l'inconstance des saisons sont autant de causes qui jettent de temps en temps de grandes perturbations dans ces transactions commerciales, de sorte que les compagnies de fourrures sont les seules qui réalisent des bénéfices considérables par leurs achats et les marchandises qu'elles vendent pour les échanges, car leurs immenses capitaux les mettent à l'abri de toutes ces fluctuations.

Anciennement le commerce entre les différentes nations sauvages du continent américain se faisait par échange comme aujourd’hui, ou à l'aide de monnaies faites en coquillages excessivement durs. Cette monnaie a différentes formes : il y en a de plate et à peu près de la dimension de nos pièces de un à deux francs; il y en a de tubulaire et qui ressemble à de petits tonneaux, de un à trois centimètres de longueur, festonnée de blanc, de bleu et de rouge sur les bords, étoilée des mêmes couleurs sur leurs deux faces; on en rencontre également de carrée, soit en coquillages, soit en pierres de la carrière Rouge du

coteau des Prairies, Ce que lon appelle 0ampron n'est autre chose que cette espèce de monnaie percée par le milieu et entilés come ur col her : les Indiens s'en servent encore pour leur parure: mais depuris qu'ils connaissent la valeur des métaux, le wampum à presque ecssé d'être une monnaie courante; c'est un ornement encore assez estimé, mais dont la possession à beaucoup perdu de son prestige,

ya des wampums en pierres dures, mais ils m'ont pas plus de valeur que les autres, Les coquillages qui servent à fabriquer les wainpums sont larges, durs et très-difficiles à couper; avant l'indépendance américaine, plusieurs industriels anglais essayérent de fabriquer cette monnaie indienne dans l'espérance d'en retirer beaucoup de profits mais ils durent bientôt abandonner leur entreprise, trouvant que Îes bénelices étaient trop minimes et leur peine trop grande, Du reste, les Européens n'ayant pu atteindre la perfection obtenue par les Peaux-Rouges dans cette industrie, les sauvages s'apercurent de In contrefaçon et ne voulaient plus des wampums de manufacture anglaise, De à vint ec dicton populaire : «Que ni les juifs ni le diable ne pouvaient contrefaire la monnaie indienne. » Les Indiens, pour fabriquer leurs wampums, plantaient un clou dans un morceau de bois et tournant ce clou sur le coquillage jusqu'à ce qu'il fût percé et détaché de la masse principale. On comprend que ce procédé demandait trop de temps pour que les Européens pussent l'employer avee quelques profits.

Les Peaux-Rouges ne sont pas nomades par nature, mais bien par nécessité ; ln plupart d'entre eux vivent sous des tentes faites de peau de buffle où d’écorce d'arbre et d'un aspect aussi pittoresque qu'original. Elles ont la forme d'un entonnoir renversé ; l'ouverture du sommet sert de fenêtre pour téuaicre dans l'intérieur Pair, la lumière et laisser sortir La fumée; la porcs est basse, étroite et ne se ferme pas. Ces tentes sont généralement très-spacieuses; elles ont environ sept mètres de hauteur sur dix où quinze de largeur et sont très-propres à l'intérieur, sauf quelques exceptions. Les Peaux-Rouges ont, comme les Européens, l'idée d'un certain confortable et de la coquetterie, même dans leurs demeures, Dans plusieurs tribus, surtout chez les Corbeaux, les Pieds-Noirs et les Comanches, les peaux qui doivent couvrir la tente sont préparées avee autant de soin que si elles étaient destinses à la

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uossession quelques-unes de ces peaux travaillées par les Comanches; elles étaient fort douces au toucher et d'une blanehour éclatante à lintérieur; plusieurs étaient même ornées de dessins en marqueterie coloriée, qui représentaient une chasse au buffle ou des faisceaux d'armes et de boucliers arrangés avec beaucoup d'art.

Ces tentes ne sont ordinairement qu'une demeure provisoire eonstruite pour le temps d'une halte où d'une saison tout au plus : lorsqu'une tribu devient stationnaire ou doit du moins séjourner longtemps dans le même pays, elle se bâtit de petites habitations solides, qui la garantissent bien mieux que les te contre les intempéries des saisons. Dans le nord-ouest de l'Amérique, les Indiens se construisent pour l'hiver des huttes avec des troncs d'arbre, dans le genre de celles que les Américains appellent /0g-house : ee sont des pièces de hois équarries placées en carré long les unes sur les autres et S'enchevétrant ensemble au moyen d'une mortaise faite aux deux extrémités; l'ouverture qui sert de porte est étroite, basse et au niveau du sol; il faut quelquefois se mettre à genoux pour pénétrer à l'intérieur; un toit de chaume complète cette demeure antique et sauvage,

Les Shoshonies, surtout ceux qui vivent au milieu des montagnes de l'Utah, demeurent dans des cavernes au milieu des rochers. Les habitations des Mandans sont faites de bois recouvert de terre glaise, qui acquiert au soleil une solidité presque aussi grande que celle de a pierre; elles ont la forme d’un cône aplati. Le sol ayant été creusé pour servir de phiñcher et de fondation, on descend ordinairement deux ou trois marches pour pénétrer à l'intérieur, Le toit, charpente solide entrelacée de branches d'arbre et enduite de terre glaise, forme une terrasse agréable et commode quoique inclinée, Les Mandans s'y réunissent souvent pour fumer et causer le soir; en été, cette terrasse leur sert de lit de camp pour ÿ dormir, Ces cabanes ont environ quinze mètres de diametre; les murailles sont construites avec d'énormes poutres d'un pied d'épaisseur; un premier rang est solidement planté en terre et sert de fondation ; il s'élève en cercle à deux mètres audessus du sol; un second rang s'appuie d'un côté à celui-ci, et de l'autre à un troisième, qui sert de toit, lequel est soutenu par des traverses et des piliers perpendiculaires également plantés en terre. L'ex-

térieur de cette charpente est tapissé d'un tapis de vingt-cinq à trente

centimètres d'épaisseur en branches de saule, pour empêcher l'humidité de pénétrer aussi facilement et de pourrir le bois. Le jour et l'air ne pénètrent dans ces demeures à moitié souterraines que par une ouverture ronde de trois à quatre mètres de circonférence, placée au sommet de l'édifice. Le foyer, qui sert de cuisine, est creusé dans le «ol au-dessous de cette ouverture ; il est assez habilement maçonré pour résister à l’action du feu; sa largeur moyenne est d’un mètre; quelquefois on l’agrandit quand la famille devient nombreuse, afin que chacun puisse trouver une place dans le cercle. Les lits sont établis contre les parois tout autour de la demeure, à l'instar de nos dortoirs de collège ; ils sont faits avec des branches d'osier tressées ct placées à deux pieds de terre sur des montants; la peau d’un buffle fraîchement écorché est étendue sur cette natte, le poil en haut; en séchant elle se colle sur l'osier et forme un matelas assez doux. D'autres peaux, peintes et brodées avec l'enveloppe des piquants de porc-épie, sont pendues de chaque côté du lit pour servir de rideau et de séparation. Entre les lits on voit des faisceaux d'armes surmontés de têtes de buffle, des boucliers, des vêtements d'honneur appartenant aux guerriers de ja famille, des trophées de scalp qui rappellent leurs exploits, des pipes, des sacs de médecine et tous les trésors sauvages dont les Peaux- Rouges s’enorgueillissent. Toute la famille vit là, gaie, heureuse et tranquille, fière de son pessé, insouciante du présent et confiante dans l'avenir. Les Mandans sont les plus civilisés des Peaux-Rouges du Nord; conteurs infatigables, souvent facétieux et pleins de verve, ils aiment beaucoup à causer, à rire, à jouer. Is chantent avec plaisir, dansent avec beaucoup d'entrain, sont très-religieux, et ont un amour du confortable et de la propreté qu'on ne trouve pas à un si haut degré parmi les autres tribus du Nord-Ouest.

Peu enthousiastes des luttes perpétuelles qu'engendre la vie nomade, ils se sont groupés, pour se protéger et se défendre réciproquement, dans des villages fortiliés d'une manière assez singulière, Ces fortilicaions consistent en une muraille de troncs d'arbre de cinq à sept metres de haïteur, solidement plantés en terre; entre chaque arbre se irouve un petit espace vide pour voir l'ennemi et laisser passer les flches qu'il envoie aux assiégeants. À l’intérieur de cette muraille, qui fait le tour du village, est un fossé profond dans lequel les

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