‹ Voyage pittoresque dans les grands déserts du Nouveau-Monde [microforme]Chapitre 99 sur 137 · USTENSILES DE PÈCHE · texte numérisé non relu

USTENSILES DE PÈCHE

loppées de peaux de saumon et bien attachées au moyen de cordes. Le saumon ainsi préparé peut se conserver pendant plusieurs années,

Aux Grandes-Dalles, les Indiens de l'Orégon et de la Colombie s'y rassemblent au commencement de l'été par centaines pour pêcher le saumon. C’est l’époque de l'abondance, des joies, des jeux et des fêtes; les poissons se prennent par milliers, on les entasse sur les rochers, on les empile dans des huttes, on jette çà et là les abatis aux chiens, qui en regorgent, et pendant des jours et même des semaines l'air est infecté d’une odeur nauséabonde qui tient de la marée et de la putréfaction.

Après les chasses et les pêches nous devons naturellement parler de l'industrie indienne, qui est en effet très-limitée, mais non pas aussi nulle que certains écrivains l'ont gratuitement prétendu.

Les ustensiles de ménage des Peaux-Rouges conservent encore le caractère original imprimé sur tout ce qui provient des manufactures sauvages; le peu de vaisselle qu'ils ont n’est que de la poterie confectionnée par les femmes, comme tout ce qui touche au ménage ou concerne l'intéricur de l'habitation. Cette poterie est faite avec de la terre argileuse ordinaire, mélangée de détritus d’alluvion et d’autres matériaux semblables, susceptibles de prendre la forme qu’on leur donne, Les femmes indiennes pétrissent cette terre, en font des plats et des marmites qu’eîles mettent cuire ensuite au four ou sécher au soleil; ces marmites et ces plats résistent parfaitement à l’action du feu et sont même d'une grande solidité, quoiqu'ils ne soient pas vernis comme nos poteries européennes. Les plats sont en forme de larges assiettes comme les nôtres; on en fait également beaucoup en bois brut ou peint à l'intérieur. Les marmites ont ordinairement la forme d’un globe s’allongeant un peu vers l’orifice, puis s’évasant ensuite à l'embouchure, qui est garnie d'un bourrelet comme nos jarres d'huile, de sorte qu’on peut leur passer une corde autour du col pour les suspendre au-dessus du feu.

Au delà des montagnes Rocheuses, les Indiens font des plats, des pots et des jarres avec une argile fine, légère, d’une couleur brune tachetée de jaune, d’un goût agréable, et qui se dissout rapidement dans la bouche. La poterie faite avec cette argile donne uue saveur particulière à tous les liquides qu'elle contient. Les femmes des Natchez fabriquaient toutes sortes d’ustensiles en terre rougeâtre qu’elles couvraient de dessins, parmi lesquels on a cru reconnaître des caractères hébreux et grecs. Avec

l'écorce du tilleul elles tressaient aussi de très-jolis filets pour prendre les viseaux. Elles teignaient les puaux en plusieurs couleurs, puis elles les brodaient avec beaucoup de goût. Elles se faisaient également des couvertures avec des plumes de dinde, d’oie et de canard, ou avec l'écorce filamenteuse de quelques arbres.

Les instruments domestiques autrefois en usage parmi la grande famille des Sahaptins étaient en bois, en os, en argile ou en pierre ; ce n'est que depuis l'arrivée des Européens qu'ils possèdent des plats, des marmites, des pioches, des flèches, des couteaux et des haches en fer : nous pourrions dire la même chose pour une bonne partie des tribus indienues, Les Sahaptins conservent encore un genre de vase ayant à pre, la forme d’un creuset, mais très-large, fait avec de la lave; ils + a servent en guise de mrtier pour broyer les graines ave lesquelles ils font des -teaux, et pour faire cuire leurs aliments.

Des fouilles récemment faites dans les tumuli américains ont amené la découverte de vases dans lesquels les Indiens déposaient anciennement, comme ils le font encore aujourd'hui, la nourriture qu'ils destinaient aux défunts; ces vases, placés auprès des cadavres dans les tombeaux, sont plus petits que ceux destinés à l'usage ordinaire de la vie commune; ils sont aussi d’une couleur plus sombre, et leur orifice a des ornements qui ne sont plus usités maintenant, mais tonjours dans le même geure, de sorte que si l'art de la poterie n’a pas avancé depuis cette époque reculée, on peut assurer pourtant qu'il n’est nullement tombé en décadence.

Les Mandans font exception à cette règle commune; ils font des plats et des marmites d’une grande beauté de formes, de dessins et de couleurs; ils possèdent même depuis un temps immémorial le secret de la fabrication du verre, et ils font des espèces de perles de Venise bleues, d'un assez joli effet ; ce secret est entièrement inconnu des autres Indiens, et nous croyons que c’est une des preuves que l’on peut donner pour assurer que cette nation est d’une origine européenne peu reculée.

Chez les Shoshonies et plusieurs autres tribus voisines de cette peuplade, ainsi que dans l’Orégon et la Colombie où l’art est dans son état le plus primitif, on trouve des paniers-marmites. Ce sont des espèces de ruches renversées faites en osier et recouvertes de peaux de bufile: lorsqu'on veut s’en servir, on les place dans un trou creusé en terre,

ce

cot mel fabr des gen ture Cao \ son pro le cd

de la tité

mel

part une coul e\ pr sur !

une

les D versé cont reste dure conti taine à cer les € quell pluv

lets pour prendre uleurs, puis elles nt également des canard, ou avec

parmi la grande e ou en pierre ; ce ssédent des plats, ux et des haches bonne partie des un genre de vase ge, fait avec de la r les graines avec rs aliments.

éricains ont amené posaient ancienneriture qu'ils destiwres dans les tomordinaire de la vie e, et leur orifice à mais tonjours dans pas avancé depuis il n’est nullement

; ils font des plats dessins et de couorial le secret de la de Venise bleues, connu des autres e l'on peut donner éenne peu reculée.

sines de cette peut est dans son état sont des espèces de

peaux de bufile:

Lu creusé en terre,

‘à ES

on y met ensuite l’eau et les aliments que l’on désire faire cuire, puis on y jette des pierres rougies au feu qui fout bouillir l'eau et par conséséquent les aliments. En voyage, ces marmites servent de chapeau.

Dans le Nouveau-Mexique, sur les bords du Gila et du Colorado, il y a des peuplades indiennes qui font avec de la laine, du fil ou du coton, des tissus solides quoique légers, pour confectionner les vêtements et les couvertures. Les Zuñis sont d'une grande habileté dans la fabrication de ces étoffes. Ils travaillent également le fer, et se bâtissent des maisons avec un soin et un talent qui dénotent une grande intelligence industrielle. Les Navajos, nous l'avons déjà dit, font des couvertures très-belles et très-cstimées; elles sont imperméables comme le caoutchouc et se payent de deux cent cinquante à trois cents francs.

Mais indépendamment de toutes ces industries pour les besoins personnels et journaliers des Peaux-Rouges, il y en à une autre dont '»5 produits créent aux tribus du Nord des ressources aussi importantes «ne le commerce des fourrures pour lestribus de l'Ouest; nous voulons p:xler de la fabrique de sucre d'érable. Cet arbre se trouve en très-grande quantité dans l'Amérique septentrionale : au printemps, lorsque la séve cornmence à circuler, les Indiens qui veulent récolter du sucre font dans la partie basse de l’érable une large entaille dans laquelle ils intre:uisent une petite planchette creusée en forme de rigole. La séve de l'arbre s'écoule alors par là et tombe dans des bassins d'écorce de bouleau préparés exprès et placés dessous. Cette ponction de l’érable se fait en grand et sur une vaste étendue de pays; il n’est même pas rare de rencontrer dans une seule forêt jusqu’à mille arbres ainsi saignés au cœur. Chaque jour les bassins qui reçoivent le suc de l’érable sont visités, et le contenu est versé dans de grandes chaudières sous lesquelles on entretient un feu continuel. C’est là que s'effectue l'évaporation du liquide, et le sucre reste au fond des chaudières soit sous la forme cristalline si on le laisse durcir, soit sous la forme d’une poudre jaune si on a le soin de le remuer continuellement avec un grand bâton jusqu’à ce qu'il se refroidisse, Certaines familles indiennes un peu nombreuses se font ainsi de quatre-vingt à cent livres de sucre par jour ; mais le suc de l’érable ne coule que durant les chaudes journées du printemps, de sorte que la saison pendant laquelle se fait cette récolte est très-courte ; durant les jours froids ou: pluvieux, ou bien lorsqu'il neige, la séve ne coule plus.

AGG VOYAGE PITTORESQUE

La récolte du riz sauvage, zisania palustris, est très-importante pour les tribus qui vivent dans les régions du Nord, arrosées par un grand nombre de rivières et de lacs où le riz croît spontanément sans le secours de l'homme. Ce sont les femmes indiennes qui font cette récolte : pour cela elles se mettent trois dans un canot : l’une rame au milieu des champs de riz, une autre fait pencher les épis dans le canot, et la troisième les égrène en les frappant avec un bâton. Lorsque le canot est rempli de riz on le transporte dans la cabane, puis on revient recommencer le même procédé jusqu’à ce que la provision de l’année soit complète, Par ce moyen, aussi simple que rapide, la récolte qui à lieu au mois de septembre se fait en deux ou trois jours.

Outre le riz, les Indiens agriculteurs récoltent encore du maïs, des légumes et des fruits. Les plus belles fermes se trouvent dans le territoire des Chactas, des Cherokies, des Delawares, des Shawnies et de plusieurs autres tribus du Sud, du Nouveau-Mexique et des bords du Colorado, Les tribus du Centre et du Nord cultivent également le maïs, mais à titre de supplément aux produits insuffisants ou précaires de la chasse et de la pêche. La culture du maïs est très-ancienne parmi les Peaux- Rouges. Longtemps avant que Nuño de Gusman établit sa colonie à Culiacan, en 1530, les habitants du Nouveau-Mexique cultivaient déjà Je maïs, les haricots et les citrouilles, comme nous l'avons fait remarquer dans nos descriptions. Cette culture étant d'origine tropicale, il est certain que les tribus du Nord ne s’y sont adonnées qu'après celles du Sud. Les Pimas, les Coco-Maricopas et toute la famille des Youmas cultivent aussi du coton. Leurs champs, divisés en carrés, sont arrosés par le Gila au moyen de rigoles et de petits aquedues, Leurs instruments aratoires sont : la charrue de bois, la herse et la hache. Non loin des villages indiens agriculteurs il se trouve presque toujours de vastes pâturages en partie utilisés par un certain nombre de tribus qui élèvent des troupeaux de chevaux, de bœufs et de moutons. Quelques-uns de ces troupeaux sont considérables, surtout dans le Nouveau-Mexique. Les Indiens ont le sentiment de la propriété, et ils respectent religieusement les droits acquis par la conquête, le travail ou l'achat. Le code du désert n'est point écrit, mais il est dans la conscience de chacun. Dépister et poursuivre le gibier ne donne point de droit sur lui tant qu'il n'est pas blessé; si un chasseur blesse un animal et qu'un autre chasseur le

très-importante pour rosées par un grand ment sans le secours it cette récolte: pour rame au milieu des 8 le canot, et la troi- Lorsque le canot est is on revient recomision de l'année soit , la récolte qui a lieu SR encore du maïs, des avent dans le territoire waies et de plusieurs es bords du Colorado.

nent le maïs, mais à précaires de la chasse nne parmi les Peauxa établit sa colonie à xique cultivaient déjà l'avons fait remarquer gine tropicale, il est ées qu'après celles du aille des Youmas culrés, sont arrosés par s, Leurs instruments h hache. Non loin des ie toujours de vastes e de tribus qui élèvent ns. Quelques-uns de le Nouveau-Mexique.

respectent religieusebu l'achat. Le code du hee de chacun. Dépissur lui tant qu'il n'est un autre chasseur le

LE

Page 1