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pratique un moyen assez bizarre pour faciliter les accouchements laborieux : on fait boire à la patiente une décoction de la queue d’un serpent à sonnettes. Or, disent gravement les docteurs indiens, l'enfant, entendant le bruit menaçant du reptile, qui semble pénétrer avec le breuvage dans le sein de sa mère, se hâte de lui échapper en s’élançant à la lumière, Après la délivrance, l'accouchée va toujours se baigner et nager quelque temps dans le lac le plus voisin ou la rivière la plus rapprochée; cette
dernière prescription est plus sérieuse et plus utile que la précédente.
Dans plusieurs tribus les femmes indiennes, après leurs couches, se soumettent à des coutumes qui rappellent ies habitudes juives. Durant un certain nombre de jours elles sont considérées comme impures, et ne peuvent ni vaquer à leur ouvrage domestique, ni se joindre à leur famille avant de s'être purifiées par toutes sortes d’ablutions dans une loge particulière construite pour cet usage.
Aussitôt après sa naissance le nouveau-né est souvent enveloppé d’une couche de duvet de plumes de cygne ou d’oie, puis attaché dans une couverture pendant une heure environ; ensuite il est lavé et placé avec soin dans son berceau d'osier ou de bouleau, en haut duquel on met un cerceau pour protéger la tête de l'enfant, et en bas une planchette pour reposer ses pieds. Les Chinouks, les Chactas, les Natchez et plusieurs autres tribus de l'Amérique du Nord aplatissaient le crâne du nouveau-né par une compression constante qui durait à peu près un mois. Parmi les procédés usités par ces différentes peuplades nous citerons celui des Chinouks, qui subsiste encore de nos jours. Pour cela on place l'enfant dans un berceau qui n’est autre chose qu'une planche oblongue creusée en dedans pour recevoir le corps; à l'extrémité de cette planche est attaché un coussin plat très-dur et rembourré avec de la mousse ; ce coussin s’abaisse sur la tête de l'enfant et se lie fortement au moyen de deux courroies sur les côtés du berceau ; de sorte que, soit par la pression, soit par l'impossibilité dans laquelle se trouve le crâne de pouvoir prendre son développement naturel, on obtient la difformité désirée, qui est pour ces Indiens un genre de beauté qu'ils apprécient beaucoup et qu'ils dédaignent de procurer aux enfants de leurs esclaves, L'aspect de ces pauvres petites créatures, lorsqu'elles viennent de .::bir cette monstrueuse opération, est vraiment hideux, et quoique avec l'âge la tête reprenne un peu sa forme ordinaire, elle n’en reste pas moins
déformée durant toute lu vie. Chez les Chinouks la pression dure pris d'un an.
Un petit Indien dans son berceau orné de broderies, de peintures et de plumes, ressemble à une momie dans un sarcophage de prince, Lorsqu'une mère indienne voyage à pied, elle porte sur son dos, à l'aide d'une courroie qui vient s'enrouler autour de son front, ce précieux fardeau; lorsqu'elle est à cheval cette courroie est nouée au pommeau de la selle. Des branches de saule entourent l'enfant afin de le garantir des arbres et des broussailles de la route. Dans le wigwam, le berceau est suspendu à une poutre par une longue corde attachée du côté de la tête, et la mère berce son enfant pour l'endormir en imprimant au berceau le mouvement d’un balancier; puis elle chante sur un ton grave et doux une de ces gracieuses chansons inspirées par l'amour maternel, et dont nous avons déjà parlé. Le berceau chez les Natchez était en roseau et pesait à peine un kilo. La mère le plaçait toujours sur son lit afin de pouvoir donner plus facilement ses soins à son enfant, Chaque jour le nouveau-né avait les membres frictionnés avec de l'huile, afin de les rendre plus souples et de les empêcher d’être piqués par les mosquitos. Dans la plupart des tribus du nouveau monde le temps de l'allaitement n'est guère plus prolongé que chez les nations civilisées, Beaucoup de petits Indiens succombent en bas âge. Leurs parents, pour les endurcir à la souffrance et fortifier leur tempérament, ne leur donnent pas tous les soins nécessaires. Les intempéries des saisons auxquelles sont exposés ces petits êtres répandent également parmi eux un grand nombre de maladies mortelles. Les enfants ne reçoivent leur nom qu'en entrant dans l’adolescence; alors il leur est donné avec solennité dans une sorte de fête de famille. Plus tard , le guerrier qui n'est pas satisfait de son nom a le droit d'en prendre un nouveau; mais celui-ci n’est jamais qu'un surnom ou sobriquet. Ces noms primitifs sont sacrés : on ne les quitte jamais; mais souvent, par une idée superstitieuse assez répandue, on les tient cachés et l’on ne se sert alors que des surnoms.
Les punitions corporelles sont rarement infligées aux enfants. Lorsqu'ils commettent une faute qui mérite un châtiment, il est assez d'usage que la mère du coupable le punisse en lui peignant la figure en noir et le renvoyant de la loge sans manger. Cette correction dure souvent une journée entière, L'enfant indien n’est ni inquiet ni bruyant. Il
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