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Chez les Naichez l'immoralité des jeunes filles était pour elles un titre de gloire, et de la dot qu'elles acquéraient par leur infâme prostitution dépendait l'importance des mariages qu'elles contractaient, Mais, aussitôt après leur union, elles menaient une vie exemplaire et devenaient des modèles de fidélité conjugale, La raison de ce changement était qu'ayant solennellement donné leur personne à leur mari, elles ne pouvaient plus en disposer en faveur d’un autre, Le mariage des Natchez ne se célébrait jamais sans le consentement unanime des anciens membres des deux familles. Une fois ce consentement obtenu, les deux anciens ou pères arrangeaient les conditions du contrat. Les jeunes gens ne se mariaient jamais contre leur gré; mais ils ne pouvaient s'unir sans l'approbation des chefs de famille, sous le prétexte que personne n'avait le droit d'introduire dans une maison quelqu'un qui ne pût être accepté.
Lorsque le mariage était décidé, la fiancée, accompagnée de ses parents, se rendait chez son fiancé, Un ancien leur faisait un discours sur leurs devoirs réciproques; ensuite le jeune homme disait à sa future : « Veux-tu m'avoir pour mari? » Et celle-ci répondait : « De tout mon cœur ; aime-moi comme je t'aime, car tu es et seras toujours mon unique amour, » Alors le jeune homme répondait : « Je t'aime, par conséquent je te prends pour ma femme, et voilà les présents par lesquels je achète à tes parents. » Après cette cérémonie l'époux portant ses armes, des plumes et une branche de chêne, présentait à tous les membres de sa famille son épouse, qui tenait de la main gauche une branche de laurier pour signifier que sa réputation serait aussi douce, aussi parfumée que la feuille du laurier.
Les Indiens pauvres n’ont qu'une femme; un seul mariage est déjà coûteux pour le jeune homme, puisqu'il doit ordinairement acheter sa fiancée; plusieurs mariages le ruineraient. Ceux qui sont assez riches pour renouveler cette dépense ont plusieurs femmes : c1..: ceux-ci, d'ailleurs, la polygamie a moins pour but le dévergondage que l'intérêt; car, pour ces sauvages, la femme est bien plus l’esclave de l’homme que sa compagne. Il y a une tradition indienne qui dit : « Le Grand- Esprit créa l’homme pour protéger la femme et pour chasser; tout le reste est à la charge de la femme; c’est elle qui doit exécuter les tra-
vaux domestiques, construire les wigwams, labourer et ensemencer lu terre, couper le bois et préparer les peaux, » Avoir plusieurs femmes, c'est done voir quelques esclaves et quelques ouvriers de plus; et quand on peut supporter les frais d'une pareille acquisition, on en recueille bientôt les prolits.….
Les Pimus, les Coco-Maricopas, et un grand nombre de tribus des bords du Gila, du Colorado et du Nouveau-Mexique n'épousent qu'une femme, et l'adultère est à peu près inconnu parmi ces peuplades, tant est grande la crainte du mépris publie qui frapperait Les coupables, Les Navajos, au contraire, admetient la polygamie, et, comme les Comanches, ils peuvent épouser autant de femmes que leur richesse le leur permet, Quelques-uns ont un vrai harem, dans ce cas, la dernière arrivée est toujours la maîtresse de la maison, En général, quand un Indien désire avoir plusieurs compagnes à la fois, il choisit de préférence, si cela est possible, les sœurs de sa femme, ayant par ce moyen plus de garantie pour la paix domestique, Lorsqu'un Indien épouse plusieurs femmes, il les prend naturellement lune après l'autre; néanmoins, voici un exemple du contraire.
Honyskaydi, fils d’un chef de la tribu des Puukas, puissante alors et réduite aujourd'hui à huit cents âmes seulement, voulait s'assurer par des alliances l'amitié de plusieurs des principaux guerriers de son peuple. I n'avait encore que dix-huit ans. IL se rendit chez l'un de ces chefs, lui demanda sa fille en mariage, moyennant deux chevaux, et le pria de garder le secret sur ce marché, Le père consentit à tout, Honyskaydi alla trouver successivement trois autres guerriers qui avaient autant d'influence dans la tribu, il leur fit la même proposition, leur demanda également le secret, et obtint la même réponse favorable, Le jour fixé par les quatre chefs pour le mariage, Honyskaydi prit avec lui les huit chevaux conduits par des jeunes gens. Ceux-ci se demandaient à qui un si riche présent était destiné, et admiraient la générosité de leur ami. Lorsque le cortége arriva à la cabone du premier chef, sa fille fut échangée contre les deux chevaux convenus : aussitôt les parents des trois autres fiancées accoururent pleins de colère et demandant réparation de l’insulte qui leur était faite. Honyskaydi leur répondit avec beaucoup de sang-froid : « Retournez tranquillement et satisfaits chez vous, car je n'ai uullement l'intention de manquer à ma parole, » Et, les suivant
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La loi du divorce est en faveur parmi les peuplades sauvages, et le mariage ne donne ordinairement aucun droit au mari sur les propriétés de sa femme, Lorsque le divorce est déclaré, ce qui se pratique fucilement et sans aucune cérémonie, Ja femme se retire dans su famille avec ses enfants, emportant avec elle tout ce qui lui appartient.
Les trappeurs, les chasseurs et les employés des grandes compagnies établies pour l'achat des fourrures prennent souvent des femmes indiennes ; mais ces unions ne sont presque toujours que des moyens de séduction déguisés. Le blanc ne se croit point lié par ce mariage, abandonne sa femme lorsqu'il quitte les solitudes, Les parents de la femme, pour qui son premier mariage n'a été qu'un marché, léchangent une seconde fois contre des chevaux ou des couvertures, Mais onu ne voit de tels désordres que dans le voisinage des établissements américains, Dans l'intérieur des terres, les populations plus fières et moins cupides se vengeraient sévèrement de pareils affronts, Du temps de la domination française, les unions contractées entre les blancs et les Indiennes avaient un tout autre caractère; les Francais les considéraient comme valides aux yeux de Dieu et de ln société : aussi les ludiens leur donnaient-ils volontiers leurs filles, et de ces aliartees. respectées des deux côtés, résultait une sympathie mutuelle dont le souvenir n'est pas encore complétement éteint chez les sauvages.
Si l’on voulait retrouver le type de la vie patriarcale, c’est peut-être parmi les Peaux-Rouges qu'il faudrait l'aller chercher, La polygamie elle-même, qui s’est introduite chez les riches, n'a point porté une trop grave atteinte à cet état de choses, L'harmonie d’un intérieur de wWigwam west presque jamais troublée par les dissensions qui pourraient s'élever ailleurs entre les différentes femmes d'un même homme, 1 faut remarquer d'abord que la loi du divorce donnant à l'Indien la liberté de renvoyer, quand bon lui semble, celle de ses épouses qui aurait encouru sa disgrâce, celles-ci sont très-soumises. Il est juste d'ajouter qu'à défaut de cette crainte, la douceur du caractère de l'Indienne serait une garantie suffisante de la tranquillité domestique. Le chef de famille lui-même a de véritables vertus domestiques. Sous un extérieur froid et réservé il
cache pour les siens une affection ardente et profonde, qui peut, dans certains cas, aller jusqu'aux sacrilices les plus héroïques, Voici un exemple, entre mille, de ce dévouement paternel,
Le ils d'un chef célèbre des Chippeways avait été fait prisonnier dans un combat livré par les guerriers de la tribu aux Renards, leurs ennemis acharnés, Le chef, en apprenant que son fils est tombé entre les mains de ses adversaires, et connaissant le sort qui lui est réservé, suit la trace des Renards et arrive tout seul dans leur camp, Un grand feu était déjà allumé, Le vieillard s'avance courageusement et s'ollre pour preudre la place du prisonnier : «Mon fils, dit-il, a vu peu d'hivers, ses pieds n'ont encore jamais foulé les sentiers de la guerre; mes cheveux sont blancs, j'ai pendu sur les tombeaux de ma famille bien des chevelures enlevées aux erûnes de vos guerriers, allumez done plu- Lt Le feu autour de moi, et renvoyez mou fils dans ma cabane,» L'échange fut acceptée, et le vieillard, victime de l'amour paternel, se laissa brûler vivant, sans exhaler la moindre plainte ni montrer aueun signe de douleur,
En général, les rapports de funilie sont affectueux et bienveillants, La femme est fière de la gloire que son mari acquiert dans les combats, les chasses et les conseils; elle aime à le voir bien vêtu et entouré de tout le prestige que ses qualités personnelles peuvent lui donner, L'ndien, de son côté, se plait dans la bonne tenue de sa compagne; si elle tombe malade, il n'épargne aucune fatigue pour lui procurer Les médecines el les moyens de la soulager, On a vu des sauvages faire à pied, pendant les rigueurs de l'hiver, plus de sent kilomètres pour trouver des myrtiles ou quelques poignées de maïs dont leurs femmes malades avaient besoin pour se guérir, Les Selishs poussent le sentiment de la funille à un très-haut degré : non-seulement ils aiment passionnément leurs enfants, mais encore les vicillards et les intirmes, qui sont les mieux traités dans l'intérieur du wigwWam. Quant aux autres personnes admises dans Pintimité d'une famille, ce sont les parents et des amis éprouvés dans les circonstances difficiles de la vie du désert, Au sujet de l'amitié, nous devons dire que les Indiens n'ont aucune idée de celle qui ne se traduit pas par des preuves substantielles et visibles, Dans leurs rapports d'amitié les sauvages se font mutuellement des cadeaux : aussi la grandeur des sen-
liments se mesure-t-elle souvent sur la valeur des cadeaux donnés.
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nest rien de plus curieux que le spectacle présenté par Pintérieur d'un wigwamn quand toute la famille est réunie, La femme du guerrier, sa plus ancienne femme, Silen a plusieurs, sa mère, S'il nest pas mie rié, désigne à chacun sa place; elle commande dans l'intérieur du wigwin comme de mari ou le fils commande dans les bois et dans les prairies, Les hommes fument, les femmes travaillent, les enfants jouent sans bruit, À peine quelques récits de guerre ou de chasse, où quelques mots échangés à de longs intervalles, viennent-ils interrompre le silence profond qui règne dans la cabane. Tout eela ne ressemble gucre aux salons de Paris; et un Européen qui serait jeté subitement dans un pareil milieu tomberait dans un profond ennui, Mais ce calme west point pour les Indiens le signe de l'ennui; c'est seulement la marque de la gravité naturelle d'un peuple qui trouverait aussi ridicules nos bals et nos cercles d'Europe, que nous trouvons monotones leurs silencieuses réunions,
On a des préventions en Europe contre les Peaux-Rouges : on les accuse de voracité, Cette opinion est erronée, où du moins fort exagerée, Dordinaire, un adieu n'absorbe pas plus de nourriture qu'un blane dans une journée, Souvent iljeñne durant plusieurs jours, soit par nécessité, soit par un mobil religieux, est vrai qu'au sortir de cette abstinenee il dévoré tous les aliments qu'il peut se procurer; mais cette intempérance accidentelle n'a rien d'étonnant, et, après un jeûne de plusieurs jours, ilest bien des hommes civilisés qui n'agiraient pas aulement,
Les repas des Peaux-Rouges mont pas lieu à des heures fixes; ils mangont lorsqu'ils ont faim, c'est-à-dire environ deux fois par jour, Leur science culinaire est très-restreinte, et leurs mets, ordinairement rôtis où bouillis, ont peu de saveur, Leur principale nourriture est une sorte de bouillon dans lequel nagent des morceaux de buffle, de chevreuil, d'ours, où de tout autre gibier: il entre généralement dans ce pot-auleu huit où dix litres d'eau pour an Kilogramme de viande, Les procédés employés pour faire bouillir les aliments différent suivant les peuplades. Du côté du lae Sablonneux, les fndiens mangent une espèce de pomme de terre appelée voaubeessi-pin, qui pousse dans les terrains humides et argileux, Le voau-tap-pin-i est aussi un comestible lrés-estiné des sauvages, c'est une racine qui se trouve généralement
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au metre de profondeur dans li terre et que Von fut kéeher pour ta conserver, Elle existe en quantité sur les bords méridionaux du tue Sup eur, L'écorce du bois retord'ost également usitée dans les dégort lorsqu'elle est bouillie ele un tréx-bon goût, Les Pidiens de cette fat de mélent a eur vi sauvage qu'ils Tont bouillie pour Le manger de exeréments de lapins est une rallinerie délicate que les gourmets se permettent,
Les Dacotas et plusieurs autres tribus du verrant oriental des mon lagnes Rocheuses ont une grande consommation de ht racine de psoralea esculenta; los autres principales racines nutritives dont ke nour Mssont les Tadions de plusieurs contrées ont: l'anethron graveotens. le corcuon vrgomanton, ln camuneia esculenta, les racines de la féchie d'eau du poure sagettaria 6 colles du lis de la vallée, du genre convale daria, appelées par les Eadiens patates de cygne,
La nourriture des Selishs consiste en rames, froits sauvages, poi sons, gibiers et mousse, espece de Hiehon qui se trouve sur certain arbres. Apres la fonte des neiges, c'osthedire dans les mois de murs et ave, als mangent du polpoh, genre de bulbe de la forme d'un oignon, ayant un pont épiess Au mois de mai vient le spatlam, dont la racine efilée et blanche lui donne Papparence du vernieelle quand le spatlan est boule se dissout comme l'arrotw-root ; cette gelée est amère mais non désagréable au palus, En juin et juillet Péteoha Fait le fond de tons les repas, 1 Va des terrains qui recolent celte racine en Wés-grande quantité, quand elle est euite au four elle a le goût et la consistance des châtaigues boullies, Pendant cette même époque le saumon remonte le Meuve par milliers; alors, aussitôt qu'il a fait son apparition, les hommes se retdentaux stations de pêche, et les femmes continuent à déracine lituha, Au mois d'aout les Selishs recucillent les fruits sauvages, qui, non-seulement suppléent à leurs besoins du moment, mais servent encore pour leurs provisions d'hiver, Au mois de septembre on mange encore du saumon et du araut, plante gruninée qui ressemble au panais qu'annent tant les canaris; eu bouillant, le snaraur devient noir et prend un goût su generis, Depuis le mois d'octobre jusqu'au prin- Lemps toutes ces tribus vivent de provisions qu'ils ont fuit sécher et des produits de li chasse, Cest ainsi que la nature, comme une tendre more,
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