‹ Voyage pittoresque dans les grands déserts du Nouveau-Monde [microforme]Chapitre 113 sur 137 · USAGE SU · texte numérisé non relu

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Los Tallalis aiment lex substances onctueuses où pourris, 1e oi vent beaucoup d'huile qu'ils obliennent des poissons et des animaux HaUVagens I ne mangent guere ln chair des quadrapédes où des poixsons que lorkquelle est dans on état complet de patréfaction, Les fadiens qui vivent dans Le Grand Hasain et sur sex borde immédiats ge nourris senten grande partie d'une espece de saunterelles tres-grosses, mais dont les ailes sont fort courtes et qui parcourent con déserts lointains en nombre considérable, Avant de les manger, on les fait sécher, puis on lea pile avec des graines sauvages, etentin on les pétrit et on tea fait cure conne du pain, Ces pâtes sont répugnants, est vrai, pour des Européens, nas Le goût n'en est pus désagréable, Les populations indiennes du Nouveau-Mexique élevaient de la volaille pour teur con sommation déja longtemps avant le conquête de cette contrée par ex Espagnols.

Le ais est, apres le gibier, li prinepale noureiure des Peaux Rouges, cest leur pain, ets le préparent absolument comme les ren: cheras imexieaines, e'esticdire qe font bouillir les grains etles broient sur des pierres de facon àen former une pâte qu'ils font entre ensuite sur la cendre chaude, Parmi les antiquités amériennes on a retrouvé beaucoup de ces pierres à péter le mais, elles ne different presque pus de celles qui sont encore usées aujourd'hui ehez les rencheras du Texus et du Mexique : 6e qui prouve que cette coutume remonte à ne époque Lrésreculée, Le mais est souvent remplacé par le ponone blanche, appelée gamache pur les trappeurss c'est une racine ayant a peu pres la forme d'un oignon et le goût du navet sauvage : les femmes indiennes la déterrent adroitement avec une grande spatule parfois éléganmment seulptée et ressemblant beaucoup un sabre de bois; eiles brisent ordi uurement cette racine apres lavoir fait sécher, etelles en font des gâteaux qui ont peu de saveur, mais qu'on est très-heureux de pouvoir manger faute de mieux, Un autre gâteuu de ce genre mais aussi détestable an palais d'un Européen que d'une digestion difficile, dont on fuit grand usage sur les deux versants des montagnes Rocheuses aux époques de dixette et de pénurie, c'est le gâteau fait avec une certaine mousse que

l'on trouve sur les arbres et que nous avons déjà mentionné, Les fermes,

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pour s'en servir, font sécher celte mousse de mème que la pomme blanche, en la mettant sur une pierre placée en terre et recouverte d'une couche d'herbe mouillée qui cache soigneusement ce singulier comestible, puis on chauffe le tout au moyen d'un grand feu que lon entretient durant vingt-quatre où quarante-huit heures, Une fois cette opération achevée, on enlève l'herbe et on pétrit la mousse pour en faire des gâteaux.

Les Indiens mangent ordinairement assis, les jambes croisées à fa facon des tailleurs; quelquefois ils s'étendent et se reposent sur un coude, comme les anciens Romains. Is ont trois manières de faire cuire les viandes et les poissons. I Les font bouillir dans des marmites de fer, de terre, de peau où d'écorce par le moyen de pierres chaudes jetées dans l'eau, comme nous l'avons raconté en parlant des Assinniboins. Is les font rôtir sur des cendres chaudes ou en suspendant ces aliments à des bâtons plantés près d'un grand feu; enfin ils les font griller sur des charbons ardents. Dans lOrégon, si un morceau de viande sèche ou quelque autre provision à besoin d'être nettoyé, là cuisinière remplit sa bouche d'eau et la fuit jaillir sur la partie malpropre, y à des mets qui sont hachés avec les dents avant de Les faire bouillir ou rôtir, eetie mastication est opérée par les femmes et dure quelquefois des heures enticres.

Les Peaux-Rouges produisent le feu au moyen de la friction, de deux manivres : l'une consiste à tourner rapidement entre les deux mains un morceau de bois pointu dont l'extrémité repose dans un petit trou, cette rotation accélérée enflamme le bois au bout d'un instants l'autre manière se produit par le même procédé, mais le feu prend à un morccau d'amadou végétal que lon place près du bois en mouvement, Depuis quelque temps, là civilisation a gratifié la plupart des tribus indiennes de nos moyens rapides de produire du feu; la méthode sauvage réussissait trop peu aux blancs.

Les wigwams des Peaux-Rouges et surtout ceux des chefs sont toujours ouverts aux étrangers. Si quelqu'un à faim, il peut entrer dans le

premier qui s'offre à lui, s'asseoir et manger. L'hospitalité est un devoir,

: Quand un Indien reçoit un invité, il ne partage pas le repas de son hôte;

mais il s'assied près de lui et prépare la pipe de l'hospitalité, I remplit d'abord à moitié la pipe de tabac ou d’écorce de saule hachée ; ensuite, pour donner du parfum à la fumée, il ajoute une pincée de viande de

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castor séchée et pulvérisée ; ilachève de bourrer la pipe et Pallume avec la fiente de baffle qui lui sert d'amadou ; alors il fait tirer trois bouffées de fumée à son convive, puis il coupe un morceau de viande, profère quelques paroles en l'honneur de Fhospité 6, et laisse son convive manger seul pendant que lui-même fume à son côté, prêt à le servir. Dans les repas publies qui se donnent pour rappeler le souvenir d'une victoire où d'une fête nationale, les meilleurs morceaux sont réservés pour les chefs. Chacun se sert suivant son rang et son âge. Ces festins sont gais sans être bruyants; les conviés les assaisonnent de conversations et de récits auxquels les jeunes gens prennent peu de part, les convenances les obligeant d'éconter les anciens et de les laisser parler sans les interrompre. Les récits facétieux, les aventures extraordinaires, les épisodes comiques sont applaudis par tous les assistants, jeunes et vieux, sans que la gravité proverbiale des sauvages en soit compromise, On ne parle jamais de religion où d'affaires sérieuses dans ces repas; pour traiter de si graves sujets, disent les Indiens, il faut que l'estomac soit vide, la tête froide et la langue libre, Pendant la durée du repas, les femmes rûdent autour de l'assemblée, souriant et servant les convives; lorsque le festin est achevé, elles se retirent dans une cabane voisine afin de laisser les hommes fumer et dissourir entre eux. Lorsqu'un blanc de distinction visite les Peaux-Rouges, ceux-ci s'efforcent de le bien recevoir. Is préparent pour lui une série de fêtes et de réjouissances, telles que des courses à pied ou à cheval, des représenlations de combats, des luttes, ete. Mais la plus grande marque d'honneur que les Indiens puissent donner à un blane, c’est de l'inviter au repas du chien. Avant de décrire cette curieuse cérémonie, il est bon de dire à nos lecteurs qu'aux yeux des Indiens les personnages les plus distingués parmi les Faces- Pâles sont les chefs des grandes compagnies de pelleterie qui ont des établissements importants sur le territoire de sauvages et font avec eux des échanges considérables, et les agents envoyés par le gouvernement américain pour surveiller ce commerce. L'un des plus estimés parmi les chefs de ces compagnies, à cause de sa richesse et de sa probité, était M. Chouteau, dont j'eus l'honneur de aire la connaissance à Saint-Louis. Peu de temps avant mon arrivée dans le Missouri, M. Chouteau, qui allait voir souvent les Indiens pour conserver avec eux de bons rapports, avait fait une visite aux Sioux avec

quelques autres gertlemens ‘de ses compagnons, M, Catlin, raconta le voyage dans une lettre que publitrent les journaux américains, Nous ue saurions mieux faire que d'extraire quelques passages de son intéressant récit,

Quelques jours apres larrivée du bateau à vapeur qui portait M. Chouteau, le major Sanford, M Mac-Kensie, et M. Catlin, les deux principaux chefs des Sioux firent annoncer qu'une fôte pu blique serait donnée aux grands chefs blancs qui les avaient visités. Une vaste tente, capable de contenir environ cent cinquante à!

gr

personnes, fut dressée en orme de demi-cerele pour servir de salle de réception, Les Américains prirent place sur des siéges élevés disposés pour eux dans un endroit réservé de la tente; les chefs se mi- j rent à leurs côtés, assis à terre à la façon des tailleurs, et plus de cent LA

. . , v* * " « CE , sel guerriers vinrent s'asseoir de la même manière en formant un vaste

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Au centre de ce cerele on avait planté un grand arbre supportant à : RTE , re un drapeau et deux calumets en eroix en signe d'amitié. Au pied de

l'arbre étaient rangées sur une seule ligne huit où dix marmites con- ne tenant des viandes préparées. Auprès des marmites se trouvaient des Fe plats de bois destinés à recevoir les viandes, et trois Indiens pour les seevir et allumer les calumets. Autour de Fassemblée se pressait tout le qu reste de la tribu, curieuse d'assister à la réception faite aux Américains. ï Le grand chef des Sioux, Hawanyetah, se leva quar toute la société fut RU réunie, et, se plaçant devant M, Sanford, lui fit un beau discours, puis Fe se dépouilla de sa belle coiffure de plumes d'aigle, de son collier de ax grilles d'ours gris, de sa tunique et de ses mocassins magniliquement Va brodés, les déposa gracieusement aux pieds de l'agent américain, mil ue par-dessus tous ces présents deux beaux calumets, et passa dans une pe autre tente pour se vètir d'une peau de buffle, Le major Sanford fit ni également un discours approprié à la circonstance, envoya chercher oh le tabac, les couvertures et les autres cadeaux qu'il avait apportés Ne pour les distribuer aux Peaux-Rouges ; mais avant que cette distri- d'a \ RAS Career e : LA les

bution fût faite, les principaux guerriers de l'assemblée vinrent chacun à leur tour prononcer devant le major quelques paroles d'amitié, ct dk : déposer à ses pieds leurs plus beaux ornements. À la fin de cette céré- He mi

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quatre points cardinaux, au soleilet à la lune, prononca une prière en honneur du Grand-Esprit, tira quelques bouffées de fumée, et fit passer le calumet à la compagnie, Dès que la pipe est allumée, personne ne doit dire un mot jusqu'à ce qu'elle soit éteinte et consumée; une seule parole proférée pendant qu'elle brûle serait considérée comme un mauvais présige, et le chef la viderait aussitôt pour la remplir et Fallumer de nouveau, Quand toute assemblée eut fumé, on servit dans des vases de bois Les viandes de chien contenues dans les marmites ; chacun dut en manger; et, le repas achevé, les sauvages commencerent les courses à pied, à cheval, et les autres réjouissances publiques dont ils purent gralilier la curiosité américaine,

Si les Peaux-Rouges sont hospitaliers, ils veulent que Fhospitalité leur soit rendue avec les mêmes égards et les mêmes attentions, malheureusement les Faces-Pâles traitent les Indiens avec pareimonie lorsqu'ils les reçoivent; aussi ces peuples naïfs ont-ils une médiocre idée de notre hospitalité; lorsqu'un Indien va chez un blane et que celui-ci ne s'empresse pas de le servir, il lui dit : «€ Pourquoi ne me donnes-tu pas à manger? Grois-tu que j'aie apporté des provisions avec moi pour les manger chez toi? »

I existe de ce côté-ci des montagnes Rocheuses des banquets qui ont lieu à époques fixes et auxquels n'assistent que des jeunes gens, la maîtresse du logis et deux autres personnes qui président à cette fête, L'objet de ectte réunion est l'instruction de la jeunesse des deux sexes sur leur avenir, Avant le repas, une personne invitée fait un discours aux jeunes convives sur les difficultés de a vie, sur le respeel et l'obéissance qu'ils doivent à leurs parents et aux vieillards; puis,

elle Les engage à être charitables, hospitaliers, modestes, vertueux, à ne

jamais se moquer de ceux qui sont frappés d'une infiemité où d'une

difformité queleonque, et surtout à craindre, à vénérer le Grand-Esprit, à l'aimer, le servir et le remercier de tous les services que les mortels reçoivent de lui. Ces conseils et ces préceptes sont toujours accompagnés d'anecdotes et d'exemples qui laissent une impression profonde sur tous les convives. Après le discours, l'orateur se retourne vers son auditoire et lui dit : « Que votre vie soit toujours juste et droite, et le Grand- Esprit suppléera continuellement à vos besoins. » Alors les convives

mangent ce qui leur est servi, Ces repas, toujours gais, ne sont jamais

520 VOYAGE PITTORESQUE bruyants, et ne ressemblent en rien à nos banquets publics où tout le monde parle à la fois de tout ce qui passe par l'imagination,

Les Américains, qui ont intérêt à noireir la réputation des Peaux- Rouges afin de faire excuser les procédés qu'ils emploient pour les dépouilier de leurs terres, ont souvent essayé de les faire passer pour des voleurs endurcis et des pillards déterminés, Nous croyons servir la cause de la vérité en ramenant cette accusation à sa juste valeur, Les Indiens qui vivent loin du contact des Faces-Pâles ne s'approprient jamais le bien d'autrui; aussi n’ont-ils aucune loi contre le vol, car ce genre de délit est inconnu chez eux. Ils ne ferment jamais leur porte; un Indien peut voyager pendant plusieurs mois en laissant sa cabane ouverte; à son retour il retronve tout ce qu'il a laissé. Chez certaines tribus du Nord- Ouest on voit souvent au milieu du village un poteau appelé l'arbre de probité. On y suspend les objets trouvés; celui qui les a perdus n'a qu'à venir les reprendre, et il est sans exemple que ce procédé peu compliqué ait jamais soulevé des difficultés. Tels sont les Peaux-Rouges livrés à eux-mêmes et abandonnés à l'influence d'un caractère naturellement honnête ; mais le voisinage des Américains les corrompt, ils deviennent voleurs par représailles; voyant les Américains s'approprier leurs terres et leur enlever les castors, les hermines et les autres animaux dont la fourrure est leur seule ressource, ils croient n'être que justes en s'emparant des chevaux et des bestiaux de leurs voisins.

Mais si les Peaux-Rouges ne sont pas naturellement voleurs, ils sont souvent cruels, Leur vengeance a un caractère de sang-froid qui en double l'atrocité. Ils ne l'exécutent presque iamais dans un moment de colère ; ils la méditent iongtemps, et attendent avec patience le moment de l'accomplir. Un chef mandan, Mahtotopa, trouva un jour près du village le corps de son frère traversé par une lance que le meurtrier avait laissée dans la blessure. Il jura de le venger, prit la lance encore sanglante et la porta au village, où elle fut reconnue pour être celle de Ouonyatop, un des plus braves guerriers riccaries, Alors le chef mandan saisit l'arme du Riccarie dans ses mains, la brandit au-dessus de sa tête devant chaque cabane, et déclara à haute veix qu'il tuerait Ouonyatop avec le même fer. Quatre ans durant il attendit en vain l’occasion d’accomplir son projet. Enfin, ne pouvant plus contenir son impatience, il prit la lance, et criant que le sang de son frère demandait vengeance, il

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ajouta : « Que chaque Mandan se taise et ne prononce plus le nom de Mahtotopa ; que personne ne demande où il est, ni où il est allé, jusqu'à ce que vous entendiez le eri de guerre devant votre village, et qu'il vous montre la chevelure de Ouonyatop. Le fer de cette lance boira le sang de Ouonyatop, ou l'ombre de Mahtotopa ira rejoindre celle de son frère. »

I partit et parcourut une distance de plus de deux cents milles, n'ayant pour toute provision qu'un peu de maïs dans un sac, marchant la nuit et se cachant le jour pour n'être pas surpris. Arrivé près du village des Riccaries, il rôda quelque temps autour des cabanes, et, profitant de l'obseurité de la nuit, il s’approcha de celle de Ouonyatop. I vit celui-ci allumer sa pipe et se coucher; alors Mahtotopa entra résolüment et s'assit près du feu, au-dessus duquel était suspendue une marmite pleine de viande; il se mit à manger avec toute la voracité d'un homme qui meurt de faim, puis il alluma à sou tour la pipe que son ennemi avait laissée près de lui après s’en être servi. La femme de Ouonyatop, qui était également couchée, demanda à son mari quel était cet homme qui mangeait ainsi dans leur cabane. Le Riccarie répondit : « Qu'importe? c'est un homme qui à faim, laisse-le manger, »

Mahtotopa, se retournant alors insensiblement pour mieux voir la position de sa victime, prit tout d’un coup sa lance, la lui plongea dans le cœur, lui enleva sa chevelure en un instant, et prompt comme l'éclair il se sauva dans la prairie tenant entre ses mains son trophée. Tout le village fut bien vite sur pied, mais personne ne savait qui venait d'ôter la vie au chef Ouonyatop; et Mahtotopa, après avoir couru plusieurs jours et plusieurs nuits en priant le Grand-Esprit de donner du courage à son cœur et de la force à ses jambes, arriva le sixième jour chez lui, épuisé de fatigue, mais heureux et fier d’avoir vengé son frère et de rapporter la chevelure de Ouonyatop.

Les Peaux-Rouges qui vivent sur les frontières des États-Unis commettent quelquefois des actes inouïs de cruauté. Ils massacrent ou brülent des familles entières, hommes, femmes et enfants. De 1846 à 1852, nous comptions annuellement au Texas plus de deux cents personnes égorgées de la sorte. A l’époque de nos longues guerres contre les Anglais dans le Canada, les Indiens à la solde de ces derniers firent prisonniers quelques missionnaires français. Ces glorieux martyrs furent brûlés à petit feu ou coupés en morceaux. D’autres eurent les yeux arrachés,

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et dans les orbites vides les sauvages introduisaient des charbons ave dents.

Les blancs ne sont pas, d'ailleurs, les seules victimes dela férocité des Indiens, Dans leurs guerres continuelles ils ne se traitent pas moins cruellement entre eux, Les prisonniers sont ordinairement mis à mort, Les femmes indiennes sont plus cruelles encore que les hommes, Les Shoshonies livrent aux femmes de leurs tribus celles qu'ils ont enlevées à l'ennemi; elles sont mises à mort au milieu des tourments, Souvent les Indiennes torturent les prisonniers de guerre avant que leurs maris les livrent au supplice. Autrefois, au Texas, elles ies coupaient par morceaux, Pour savourer plus longtemps les souffrances de ces malheureux, elles les attachaient à un arbre; chaque jour elles venaient les contempler et leur arracher un lambeau de chair.

Le supplice du feu est encore pratiqué par quelques tribus qui n'ont pas été converties au christianisme. Autrefois il était d’un usage général, Mais les Renards et les Ojibbeways avaient particulièrement acquis une certaine réputation par les raffinements qu'ils savaient introduire dans la pratique de cet art affreux, Un jeune guerrier renard, fils d'une ferme ojibbeway qui avait été enlevée par sa tribu, fit un jour prisonnier son oncle maternel, Voulant montrer qu'il était insensible aux lieus de parenté qui lPunissaient aux Ojibbeways, ilattacha les bras etles jambes du prisonnier à deux pieux plantés en terre, puis il alluma un grand feu pour le réchauffer, disait-il par dérision, Quand il l'eut fait rôtir d’un côté, ille tourna de l’autre. Le corps du guerrier ne fut bientôt plus qu'une plaie; alors son neveu le détacha et lui dit : « Retourne dans ton village et raconte aux Ojibbeways comment les Renards empêchent leurs oncles d’avoir froid. » Le malheureux guérit et parvint plus tard à faire son neveu prisonnier, Alors il lemmena dans son village, lattacha tout nu à deux pieux plantés en terre, et prenant la peau fraîche d'un élan qui venait d'être écorché, il exposa à l'action du feu cette peau à laquelle adhérait une épaisse couche de graisse; lorsqu'elle fat complétement allumée, il la jeta sur les épaules de son neveu, en lui disant : «Neveu, quand j'étais dans ton village, tu m'as réchauffé devant un bon feu ; maintenant, à mon tour je te donne ce manteau pour te tenir chaud. » L'horrible manteau enflammé couvrit et entoura le corps de Pinfortuné Renard, qui fut bientôt consumé.

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peau à laquelle complétement sant : « Neveu, un bon feu; tenir chaud. »

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existe chez quelques tribus indiennes du Nord un usage assez étrange, qui sauve quelquefois les prisonniers destinés à la mort, Quand «ne famille a perdu un de ses membres sur le champ de bataille, elle peut adopter, pour le remplacer, un des ennemis pris dans le combat, Le prisonnier prend alors le rang qu'oceupait Le mort lui-même, et jouit de toutes ses prérogatives; souvent 11 devient le chef d'une famille qu'il m'avait jamais connue; et tous les enfants du défunt, jeu es ou vieux, l'appellent leur père, Cette coutume a quelquefois jeté dans la plus étrange surprise certains voyageurs, étonnés d'entendre des hommes adultes donner le nom de père à un guerrier moins âgé qu'eux.

Les Indiens de FEst faisaient ordinairement souffrir à leurs prisonniers les plus cruelles tortures, mais ils violaient rarement la pudeur des fem nes, Ceux des prairies, au contraire, se servent bien plus souvent des prisonniers pour leurs travaux domestiques qu'ils ne les mettens à mort, mais ils obligent toutes les mlheureuses femmes qui tombent en leur pouvoir à se soumettre à leur brutale sensualité, Dans FOrégon il y a des tribus qui ne font quelquelois la guerre que pour avoir des prisonniers, qui sont considérés par les sauvages comme un butin avantageux et peu coûteux, car ce sont des esclaves qu'on laisse mourir de faim lorsque vieux où infirmes ils ne peuvent plus travailler. Les Natchez rendaient eselaves et coupaient les cheveux aux femmes qu'ils faisaient prisonnières ; quant aux hommes, on les transportait en triomphe pour être lorturés ensuite. Le jour de l'exécution arrivé, le malheureux était attaché à un poteau et brûlé à petit feu. Quelquefois une femme attendrie par les souffrances de la victime mettait fin à ses tortures en lui brisant la tête d’un coup de tomahawh; ou bien une jeune veuve dont le mari était mort sur le champ de bataille prenait le prisonnier pour se marier avec lui, et le s avait ainsi de l'horrible mort qui l'attendait,

Parmi les tribus pauvres du nord-ouest des États-Unis, on abandonne les vieillards qui ne peuvent marcher ni monter à cheval, soit à cause de leur âge, soit à cause de leurs infirmités, Dans ces cruelles circonstances, la résignation de ces malheureux est vraiment admirable, Lorsque la tribu est sur le point d’'émigrer, les parents et les anis du vieillard infirme qui doit être abandonné se réunissent pour lui faire leurs adieux, puis ils déposent à côté de lui un vase plein d’eau, de la viande et du bois, pear entretenir le feu auprès duquel il est couché : «Mes enfants,

121 VOYAGE PITTORESQUE, ETC, leur dit-il, je suis trop luible et trop vieux pour marcher; notre nation est pauvre, et il faut que vous alliez dans le pays où vous trouverez à manger, Mes jours sont comptés, et je suis un fardenn pour mes en fants, Je ne puis pas vous suivre, et je désire mourir, Gardez vos cure courageux et ne pensez pas à moi, car je ne suis plus bon à riens et je vais partie pour le pays des ombres, rejoindre mes péres attendre mes enfants, » Après avoir entendu ces paroles touchantes, chacun prend congé du vieillard en tai servant la main, Le pauvre délaissé meurt bien 106 de faim, et son corps devient le pâture des oiseaux de proie, Men n'est plus touchant que ces séparations causées par une absolue nécessité, W'un côté l'on entend les eris des enfants et des parents; de l'autre l'on est témoin de li résignation calme des pères et mères âgés où infirmes, Quelquefois on leur construit une petite hutte d'herbes sèches, pour les garantie de la chaleur du soleil ou des intempéries de la saison, leur laissant autant de provisions possibles avant de les abandonner à leur malheureux sort,

Mais ce ne sont pas les vicillards seuls qui sont ainsi délaissés dans les déserts par leur famille; le eholéra et la petite vérole effrayent tellement les Indiens qu'ils abandonnent parfois leur village et leurs malades, quels que soient leur âge où leur sexe. Un convoi américain allant du lot Kearny au fort Laramée rencontra en 1852 plusieurs tentes solitaires plantées dans les prairies, En les examinant on y découvrit les cadavres de neuf Sioux morts du choléra : dans Pune de ces tentes reposait le corps d'une jeune Indienne, âgée de seize où dix-huit ans, d'une admirable beauté et magniliquement vêtue, La vie n'avait probablement quitté cette infortunée que depuis vingt-quatre où quarante-huit heures, Contre la coutume des tribus, la poitrine de la défunte était entièrement découverte et semblait indiquer que des misérables avaient eu linfâme idée de satisfaire sur elle une coupable curiosité, car les sauvages ensevelissent

leurs morts avec une religieuse pudeur.

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