CHAPITRE XVI
Enigration des tribun, — Marehes à pied, — Manitre de ae procurer des chevaux, leu des prairion, Lino d'obaervation, Aatronomie naturelle, Manière de gudrir ten maladie, Thérapeutique indienne, — Cannes dus maladies aux dénerts, Bains de vapeur, — Ovganiaation chiite des tribus indiennes, — fudtioo, me CHnens (ouvure nument des Chorokoux, Gouvernement patriareal, Chefs indiens, — Lol martiale,
l'ouvoir des chefs, Gouvernement des Natchez, — Anvedotos, Conseils généraux ot particuliers des tribus indiennes, — Guerriers indiens, — Manière de faire des levées d'hommes, — uses de guerre, Bravoure des Indiens, — Anecdote, — Gornmbats nine guliera, — Du nealp, — Maniôre de nealpor, — Du deuil chez lex Indions, — De l'enne-
vellmoment des morts, Canots funébren, Villages de la mort, Entercrements,
Supplice des Tabhalis, = Cérémontes mortuaires, — Dette du mort, — Coutumes den
Natehez, — Sacritiéos lunèébres, — Enterrement d'un grand diguitaire,
— Mort volontaire de Malitotopa.
Cette alfreuse coutume d'abandonner les infirmes et les vicillards au moment d'entreprendre un voyage provient de ce que ces voyages sont toujours dictés pur la plus impérieuse nécessité, Les émigrations sont périodiques comme celles du gibier et du poisson; elles dépendent aussi de la maturité des plantes alimentaires, Nous avons vu que dans l'Orégon les Indien: vivaient à peu près exclusivement des produits naturels que fournit en quantité cc vaste territoire; Parrivée du saumon et les différentes récoltes de racines sont pour les sauvages autant de causes de changement de localités. Sur le versant oriental des montagnes Rocheuses, c'est le mouvement annuel des buffles qui nécessite ces émigrations.
Lorsque le conseil général a décidé que la tribu doit quitter un campement, soit pour suivre les émigrations de buffles, soit pour aller dans une autre contrée plus riche en pâturages et en gibier, le chef avertit les funilles de se tenir prêtes à partir, puis il fait enlever quelques-unes des perches qui supportent sa tente; la partie qui n'a plus d'appui flotte alors au vent : c’est le signal du départ. En un moment toutes les tentes
outa bas: de gérées sol Lieu eu Dauisccaux, Ces liiscenunx auxquels ont atteles les éhevans, reposent par terre et supportent de petiés bâtons placés transversalement, Sur ces cspeces de cles toprotisées si placent les peaux de baffle roulées, es fourrures et les ueteneites di iédages des chacune recoivent égatenent teur charge, et li caravane se ieten route, Les femmes, à pied, conduisent tes chevaux lorsqu'elle sont fatiguces, elles s'asscoient sur les paquet Les Dons, nine
chevauehent autour de la caravane, qui savane lente
de toute piece dent au malien des prairies couvertes de hautes herbes ot a travers es Hionlaghes CeCar peer
arrive souvent que par pénurie dé chevaux ou par prudence fes Baicns voyagent à pied, nous devons fre remarquer ter que leur sn aire de marcher et differente de celle des blaness Les sauvages, en Hiarehant, plu ent fui devant Pautre en droite igne, ét Porteilies je Loue au dedans où au dehors, Quand ane fanalle ou plosieu piétons vont cnecrnble, is se mettent ordinairement en file Den pu cunenn, celui que marche dernese place soigneusement son pied les traces de celui qui le précede, afin de ne pus déceler te nonibre de li Loupe, Les sauvages ont aussi un pas moins lourd que celui des bilan et a des distances comparativement grandes, en placant Porte sur de s0t, ds fout la différence cutre les pus un Baden et ceux d'un bilan,
Bu hiver, ya des Padiens qua voyagent en traneaux laits avec des morceaux de cône blanc et rainés par des chiens croisés de difererites races et dune halle moyenne, Ces chiens peuvent narehet du matin an soi, charriant un poids de cent hilogranmes et allant aussi vite qu'un home à pied, Dans les pouries, les tébun pauvres, qui ont niche Vaua, hiinulets, pe serve egalement des chiens pour transporter teurs bagages dun paye à un autre, A a veille d'une expédition lointaine, il se pratique chez les Sacs et les Henards une coutume aseës singuliore, Les honines qui manquent de chevaux, et qui demrent en avoir, vont les épaules nues, s'asseoir en cercle dans une plaine pres du dillage et lune eur pipe en silences, Hientôt un certain nombre de cavaliers arr vent au galop, tournent autour du cercle, s'approchent peu à peu des fuineure jusqu'a ce que ceuxecr soient à la portée de leur fouet, Chaque
cavalier choisit individu à que veut larve présent de son cheval, et to
applique sur les épaules uu vigoureux coup de fouet eu bai dant: a Tu
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linant : à Fu
estiment, je te donne mon cheval made tu porteros bioimarque de mon fouet suites épaules, Les cavaliers continuent leur ronde en frap
pat de nouveau ces malheureux jusqu'a ce que le sang roisselle, puis es leur remettent Les chevaux, Cest ace que les fodions appellent duner des chevaus
Cest presque toujours dans leurs crigrations que les üilicns met
lent Le feu aux proies, soit pour avoir de Pherbe nouvelle et frtehie, not par des motifs de guerre où de vengeanée. Les prairies ant génie
talomeut recouvertes d'une herbe courte offrent pus ee sperti le: éraniiose qu'on ehnagine lorequelles sont en feu, et, conine nous Davons dit dns le Journal dun mosonnmanre ou Leras et au Mesique, ta ben ouperagere Peel de cette seene, Qui ee renouvelle chaque abbé sui toute da euilace dés softudes minenicnunes, Mais loreque le feu delate dunes des bas-fonds de FAtlanens, du Nebraelon et du Haut Mis
sourde spectacle prend'un caractere vraiment efrayant, parce que Vi les herbes atteignent quelquelos der et trots metres de hauteur, et que les broussulles, les roseaa et les tournesol out en grande quantité, Où voit alors des tourbillons noirs d'une épaisse foie s'élever dunes les aire a tue prodigieuse hauteur, ut cerele unenee de fanines rouges ul soinbres enveloppe les Dis fonds, ls herbes, lie lOeCHUNX. [TES plantes, les broussutles et les arbres brñtent avec fracas Don dirait te brut sourd dune ninenee cataracte où le roulement lointons du tonnerre; puis, à mesure que ba flame avance, le craquenment des branches devient plus detail et Hit par resecinbler à Pengloutiscnent subit dune forêt verge, Les hotmines et les anna qui ont le inalheur de se trouver das ces basdonids en un pareil moment échappent difiedement au sup
pliée du leu, car da flan court avec one rapadité ctraordininres les chevaux, hé pouvant pus galoper à case de a hauteur des herbes, sont obligés de suivre des sentiers tortueux des bulles, et tous ces détours catieeht souvent feu perte, Heureuecnaient 4 el lrén-rare que ls fui
prenne dans ces sobitudes, lee Hadiens ne PY mettent jus, ets Pat
Wibüeut toujours à une cause surnaturelle, Nous avons point caché les plus mauvais côtés du caractere dés Padiene, Où nous perneltre initie nant de dire quelques note de leurs qualités et surtout de leur titels ligune,
La inosse d'observation des fadions n'a point été exagerée par lon
historiens et les romanciers. Peut-être n'en ont-ils pas donné une idée suffisante, Les sauvages de l'Amérique du Nord, en examinant seule ment l'empreinte laissée par les pieds, reconnaissent immédiatement, et sans se tromper, le jour où a lieu un campement, le nombre des voyageurs et la quantité des chevaux qui s'y trouvaient, Une fois, un Indien, en rentrant dans sa cabane, s'aperçut que le gibier qu'il y avait laissé venait de lui être enlevé; il jeta un coup d'œil autour de lui et se mit aussitôt à la poursuite du voleur, Rencontrant quelques personnes, il leur demanda si elles n'avaient pas vu un petit vieillard de la race des blancs, armé d’un petit fusil et suivi d'un petit chien à court queue, Elles répondirent affirmativement, et indien, leur assurant que l'homme qu'il venait de dépeindre lui avait volé son gibier, elles lui demandèrent comment il S'y prenait pour décrire si exactement un homme qu'il n'avait pas vu. L'Indien répliqua : ©Je sais que le voleur est un petit homme, parce qu'il a entassé des pierres pour pouvoir atteindre l'endroit où j'avais pendu mon gibier; je sais que c’est un vicillard, parce qu'en suivant ses traces dans les bois j'ai vu qu'il faisait de très-petits pas; et je sais que c’est un blanc, parce qu'il tourne ses pieds en dehors en marchant; je sais que son fusil est court par la marque que la bouche du canon a faite à l'écorce de l'arbre contre lequel il était appuyé; je suis que son chien est petit par la trace de ses pales; je sais que son chien à la queue courte par l'empreinte qu'il a laissée en se couchant sur le sable pendant que son maître dérobait mon gibier, »
Les Peaux-Rouges, étant exposés à toutes les intempéries des saisons, ont appris à prévoir les variations de l'atmosphère : ils les annoncent avec une justesse extraordinaire. Du reste, leur science astronomique est à peu près nulle. Ils croient presque tous que la terre est plate et immobile, que le soleil tourne autour d'elle, que le firmament est une voûte solide à laquelle sont attachés tous les astres.
Les Dacotas, ainsi que la grande majorité des Indiens, divisent l'année comme nous en quatre saisons, ayant chacune trois mois; ils comptent le temps par des lunes qui se composent de vingt-huit naits; ils ont des noms pour chaque lune et pour quelques étoiles. Les Creeks et les Muskogies croient que la terre est plate, stationnaire et formée d'une substance animée, D'après leurs idées, les étoiles fixes sont peu nom-
breu
solei lune étoile
tériel extré chien cours plant qui h baron Peaux excell végéti d'obse elle le leur se dies ot
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DANS LES DÉSERTS DU NOUVEAU MONDE, 524 breuses ; les autres tournent autour de la terre, ainsi que la lune et le soleil, Ils croient également que le soleil est une matière chaude, que la lune est habitée par un homme et un chien; quant à la nature des étoiles, ils l'iguorent complétement. Le ciel est pour eux une masse matérielle semi-cireulaire à laquelle les étoiles sont suspendues et dont les extrémités ne touchent pas à la terre, Is expliquent les éclipses par le chien qui est dans la lune et qui avale le soleil de temps en temps. Le cours de la nature, là pousse des bourgeons, la floraison de certaines plantes, le passage de certains oiseaux, le eri des différents animaux qui habitent les vastes solitudes du nouveau monde, sont autant de baromètres, de thermomètres et de calendriers pour les sauvages, Si les Peaux-Rouges sont des astronomes médiocres, en revanche ils sont excellents botanistes. Vivant constamment en présence de la nature végétale, ils ont appliqué à l'étude des plantes leur précieuse faculté d'observation. La connaissance qu'ils en ont acquise est merveilleuse ; elle les aide à se guider au milieu des solitudes les plus profondes et leur sert à trouver aussi des remèdes pour un grand nombre de maladies ou de blessures.
L'art de la médecine est fort répandu chez les Indiens; mais il est presque toujours mêlé de magie. Dans certaines tribus les docteurs magiciens forment une sorte de corporation secrète, une espèce de franc-maconnerie. Les candidats y sont reçus au milieu de cérémonies mystérieuses qu'il leur est défendu de divulguer. Les médecins, avant de procéder à la guérison d'un malade, revètent ordinairement un costume appelé #édecine (mystérieux), à cause de la disposition étrange des différentes pièces dont il se compose. Quelques-uns traitent leurs patients par des passes magnétiques , d'autres se servent de simples dont ils connaissent les propriétés euratives. Dans les cas désespérés on à recours à la danse de la médecine. Cette danse consiste en sauts furibonds, accompagnés de cris et de contorsions atroces; le médecin tourne autour du malade en le faisant tourner lui-même dans tous les sens. Si le malade guérit, la réputation du docteur s'accroît d'autant; s'il meurt, c'est la volonté du Grand-Esprit, et la renommée du sauvage Esculape n'en est point ébranlée, D'autres remplacent la danse par un chant lugubre, que les assistants accompagnent au son du tambour. Ensuite le patient est étendu sur le dos, massé et frictionné avec force; et enfin le docteur
“+ ot’
330 VOYAGE PITTOREÏQUE
presse violemment sa poitrine, afin, dit-il, de faire sortir la maladie put la bouche. Malgré ces pratiques superstitieuses, certains médecins indiens ont acquis, par la pratique et par l'observation, un véritable talent. Les médecins les plus renommés se trouvent chez les Dacotas, Is attribuent la cause des maladies à l'esprit d’un animal malfaisint qui s'est introduit dans le corps du patient. Ils connaissent un peu à anatomie grâce à leur habitude de disséquer les animaux ; iis connaissent le nom et la forme de tous les ossements qui composent la charpente osseuse de l’homme; ils savent user avec succès des frictions, des douches, des fumigations et des sinapismes. Ils emploient contre les pleurésies des décoctions de sassafris, ils préparent des purgatifs avee une espèce d'euphorbe ou avec de l'huile de palma-christi (ricin). Pendant notre résidence sur les frontières du Mexique, nous avons nous-mêmé gucri de la dyssenterie plus de trente personnes avec un remède indien, L'écorce d'une espèce d’aune remplace pour eux la charpie dans le pansement des blessures. Ils savent se servir de l'huile camphrée, qu'ils ont reçue des blancs. Enfin, la saignée elle-même est en usage chez eux : ils la pratiquent au moyen d'un couteau ou d’un silex aigu.
Les Comanches sont très-habiles à guérir les morsures des reptiles venimeux et les blessures d'armes à feu. Les Natchez étaient au moins aussi experts que les Français dans l'art de la médecine et possédaient des remèdes puissants centre toutes sortes de maladies, Ils pratiquaient la saignée avec discernement et succès; ils connaissaient l'hydrothérapie et faisaient un usage fréquent de bains froids où de vapeurs. Ils découvrirent plusieurs baumes fébrifuges d’un excellent effet; le meilleur d'entre eux, et dont l'efficacité équivalait au quinine, était la graine rouge du magnolia. Pour les maux de dents, ils mâchaient du bois d'amourette où d’acacia; ils prenaient des décoctions de la racine du lilas de Chine pour se faire transpirer ou empècher la chute des cheveux. Is connaissaient également les propriétés médicales du sassafras, de Ja salsepareille, des fougères et d’une multitude de plantes, de feuilles, de racines où d'écorces d'arbre, qu'il serait trop long d'énumérer.
Les maladies ordinaires des Peaux-Rouges sont les rhumatismes, les pleurésies, les fièvres intermittentes et les inflammations pulmonaires. Quant aux blessures, leur guérison tient souvent du merveilleux, et tous les médecius indiens sont très-habiles dans ce genre de traitement, Au
Sat dan cou sub Un ; pois prof dien mise par | De déco!
du & ment depui morst la par multi améri et d'a trèés-a afin q plante la cire Par bains, femme uelles ç écarter frotten Omaha de la C planten fermant murs p
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as, Ils attriant qui s'est 1 d'anatomie ssent le nom ente OSseuse louches, des leurésies des > une espèce ’endant notre mème guerl e indien, L'éaus le panseée, qu'ils ont se chez eux :
u. s des reptiles ent au moins et possédaient ls pratiquaient hydrothérapie is. Is décou- ; le meilleur tait la graine Luient du bois , Ja racine du e des cheveux.
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de feuilles, de érer.
unatismes , les pulmonaires.
jlleux, et tous
raitement. Au
Saut Sainte-Marie, un sauvage, ayant recu un si violent coup de hache dans la poitrine que l'instrument ne put en être arraché qu'avec beaucoup de peine, marcha au bout de six jours d’un traitement que lui fit subir un médecin de sa tribu et fut complétement guéri an mois après. Un autre Indien, çn traversant un laë, tomba sur la glace et se coupa le poignet avec une hache qu'il portait sous son bras; la blessure était si profonde que la main ne tenait plus que par un lambeau de chair ; l'Indien coupa ce lambeau, se fit une ligature avec un morceau de sa chemise, continua sa route jusqu'à son village et se guérit en peu de jours par l'application des simples dont il connaissait les facultés curatives.
Derniérement nous lisions dans les journaux qu'un Allemand avait découvert en Amérique une herbe qui paralysait les effets de la morsure du serpent à sonnettes : nous n'avons Jamais pu comprendre létonnement ou la sensation que cette découverte à causé, car il est notoire que depuis des siècles les Indiens ne se guérissent guère autrement de la morsure des reptiles venimeux que par l'application de cette herbe sur la partie mordue. Les trappeurs, les voyageurs, les missionnaires et une multitude d’autres personnes qui vivent où voyagent dans les déserts américains connaissent cette plante, que les uns appellent 4erbe noire, et d’autres herbe du serpent à sonnettes, La Providence la même rendue très-abondante, précisément dans les endroits où ces reptiles se trouvent, afin que le remède soit à côté du mal. I suffit de bien mâcher cette plante et de l'appliquer sur la morsure pour que lenflure s'arrête et que la circulation du sang reprenne sa marche ordinaire.
Par goût, autant que par hygiène, les Indiens font grand usage des bains, IIS en prennent presque tous les matins. Les hommes et les femmes se baignent séparément, Ces dernières placent mème des sentiuelles de leur sexe à une certaine distance du lieu qu’elles ont choisi pour écarter tout indiscret. Après le bain, les baigneurs et les baigieuses se frottent tout le corps de graisse d'ours. Les Mandans, les Paunies, les Omahas, les Comanches et presque toutes les tribus du haut Missouri et de la Colombie prennent beaucoup de bains de vapeurs. Pour cela, ils plantent près d’un lac ou d’un fleuve une tente en peau de buftle, fermant hermétiquement, Au milieu de la tente on construit deux petits murs parallèles d’un mètre à un mètre et demi de hauteur, sur lesquels on pose un grand panier d’osier. Le baigneur se place dans le panier.
532 VOYAGE PITTORESQUE Sa femme ou Fun de ses parents met au-dessous du panier des pierres
rougies au fou sur lesquelles on jette Le feu, et le baigneur est bientôt
enveloppé d'une épaisse vapeur, Après cette opération et tout couvert
de sueur, il va se jeter dans la rivière ou dans le lue voisin, et revient se frotter de l'inévitable graisse d'ours, .
L'organisation des tribus indiennes est peu compliquée, L'Indien est naturellement droit, généreux et simple dans la vie privée comme dans la vie sociale; il ne sent pas le besoin d'une forte autorité pour le diriger, car les disputes au sujet de la propriété et les querelles de funille lui sont pour ainsi dire inconnues, Les prêtres et les docteurs président aux cérémonies publiques, Les chefs dirigent les expéditions; mais, dans la paix, ils n'ont que l'influence acquise par leurs vertus, leurs exploits et leur habileté, Du reste, dès que Pâge ou les intirmités les rendent incapables de garder le pouvoir militaire dont ils disposent, ils sont remplacés par leurs fils où par d'autres guerriers, st ceux-ci sont jugés plus dignes de commander. Chez certaines tribus, les affaires publiques sont dirigées par un conseil d'anciens; le conseil prononce à lt majorité des voix, Le chef de famille juge seul et sans appel dans les affaires privées,
Comme il se commet rarement des crimes parmi les Peaux-Rouges, la justice y a peu d'occupation, Néanmoins, les passions faisant des victimes partout, il arrive quelquefois que les sauvages, dans un moment de colère, frappent et tuent un des membres de leur tribu, Mors le coupable doit racheter le meurtre par des présents, st les parents du mort les acceptent; dans le cas contraire, justice est faite par ceux-ci, Personne ne peut se soustraire à cette loi du talion : l'opinion publique fétrirait celui qui prendrait la fuite, Dans certaines tribus le meurtrier se peint le visage en noir et les lèvres en rouge pour montrer qu'il à bu (versé) du sang, Gette espèce de pénitence publique dure quelque fois un an, et méme davantage. Les Peaux-Rouges ont le droit de vie et de mert sur leurs femmes, mais il est rare qu'ils exercent,
L'adultere, chez les femmes comanches, est puni par la section du nez, depuis les cartilages jusqu'aux lèvres, C'est ordinairement la famille du mari offensé qui juge les coupables; si elle Les condamne, ils sont pris, battus et on leur coupe le nez; mais le plus souvent le crime est racheté par des cadeaux, Chez les Assinniboins l'adultère est puni de mort: le
sédu OUTTIT Coup sur ti vieille SES pi inflig inille dans | Les civilis huit « nation des ter peine « acheta des ch cheval, intérie notre.
nation ne vol de la G nement vingt-c terres, lArkar revêtu ct la v Depuis :
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de mort: le
séducteur échappe rarement au dernier supplice, ete*est ce qui rend ce crime si peu commun, La femme, lorsqu'elle n'est pas tuée, a les cheveux coupés ras, son corps est barbouillé de vermillon, ensuite elle est placée sur un cheval également vermillonné, et promenée dans la tribu par un vieillard qui proclame hautement son infidélité; enfin elle est rendue à ses parents, qui lui donnent la bastonnade, Ces punitions ne sont pas infligées par an tribunal de justice; c'est l'opinion publique ou la fa inille qui jugent, condamnent et exéeutent les lois pénales indiquées dans le code du désert.
Les Cherokies formaient avant leur expulsion de la Géorgie la plus civilisée de toutes les nations indiennes, Leur territoire était divisé en huit districts, qui envoyaient chacun quatre membres à la législature nationale, calquée sur celle des États-Unis. Un Cherokie ne pouvait vendre des terres aux blanes sans le consentement d'un conseil supérieur, sous peine de mort, Leurs terres étaient cultivées par des esclaves noirs qu'ils achetaient aux Américains, L'usage des liqueurs spiritueuses était puni des châtiments les plus sévères. Les Cherokies avaient une milice à cheval, chargée de l'exécution des ordres des chefs et du soin de la police intérieure; les fonctions de cette milice ressemblaient assez à celles de notre gendarmerie, La législation était à la fois sage et simple, La nation prospérait, et sa population S'augmentait considérablement; aussi ne voulut-elle pas se soumettre aux lois proclanées par la législature de la Géorgie, en 4829, qui la privait de tous ses priviléges, Le gouvernement des États-Unis fut saisi de cette question, et offrit aux acrokies vingt-cinq millions de franes pour l'abandon de leurs droits et de leurs terres, et de plus la cession d'un grand territoire sur les frontières de LArkansas. Les Cherokies refusérent cette transaction dans un mémoire revêtu de quinze mille signatures; mais leur expropriation était résolue, et la violence acheva ce que l'intrigue et la ruse avaient commencé. Depuis son expatriation, cette malheureuse tribu, autrefois si nombreuse et si prospère, à vu sa population décroître d'une manière effrayante, L'histoire des Cherokies est à peu près celle de toutes les tribus exproprices et expulsées des États-Unis.
Le type du gouvernement des Indiens est tout à fut patriareal; rien est plus simple que ses lois; le respect pour Pâge et l'expérience en est
le principe et l'opinion publique en est la force, Les individus n'ont d'autre
influence que celle qu'ils acquièrent par leur sagesse dns les conseils et leur courage dans les combats. Les liens /otemiques ne constituent pas une puissance physique où morale dans les tribus, mais seulement une fraternité, une parenté que l'on cherche à rendre le plus éclatante possible par des actes dignes d'éloge et non par l'intrigue. Un vieil adage fran. qais dit : « Noblesse oblige, » et l'on a vu des familles tellement pénétrées de cette vérité, que pendant des sicles elles ont su se conserver un rang très-élevé au-dessus d'autres familles non moins nobles qu'elles, Hen est de même dans les déserts américains : on a vu des clans conserver pendant plusieurs générations le commandement de leur tribu comme un honneur héréditaire, Et pourtant le commandement ne se perpétuait ainsi dans Ja famille à la mort du chef qu'en recevant sa consécration par le vote de l'opinion publique, renouvelé à chaque mutation causée par la mort ou les infirmités de l'âge.
Li puissance des chefs n'est que nominale lorsque leurs qualités morales et leur bravoure ne sont pas à la hauteur de leur dignité, et leur influence est complétement nulle, Alors celui des guerriers qui s'est acquis le plus de gloire et de renommée est mis à la tête de la tribu, à la place du chef reconnu indigne où incapable de son rang. Chez les Comanches, l'autorité des chefs est plus fictive que positive; les chefs n'imposent pas leurs volontés; leur influence est toute personnelle, et n'est point attachée à leur titre. Cette tribu possède un nombre infini de petits chefs, qui conduisent des bandes de maraudeurs et de guerriers dans des expéditions dangereuses ou difficiles qui leur attirent de la gloire et quelquefois les honneurs du commandement par le consentement tacite de la population.
Lorsque quelques difficultés surgissent dans la tribu, ce sont ordi-
nairement les vieillards qui les aplanissent; mais, en général, il règne une grande harmonie parmi les différents membres de la tribu. I arrive souvent que certains chefs, à l'instar des corsaires, font des razzias pour leur propre compte et celui des guerriers qui les accompagnent, tandis que le chef suprême vit tranquillement en paix avec ceux qui sont victimes de ces actes isolés de piraterie; aussi la plupart des traités avec
ces hordes de pirates des prairies sont-ils illusoires et sans aucune
valeur réelle, Le principe démocratique forme la base du gouvernement
des Comanches; c'est la force morale et la force physique des individus
diti dor hér des u par que ave con U plad mat d'hi d'en
unes
crait TI pens les c soir seul taire.
ou d sache pour
Le par | band fortu de la s'exe Mais
les conseils et pnstituent pas eulement une éclatante poseil adage fransent pénétrées er ver un rang qu'elles. I en ans conserver tribu comme : se perpétuait à consécration
utation causée
leurs qualités lignité, et leur riers qui s'est e de la tribu, n rang, Chez + positive ; les te personnelle, nombre infini us et de guereur attirent de ar le consente-
ce sont ordinéral, il règne tribu. Il arrive es r'azzias pour agnent, tandis ‘eux qui sont les traités avec
sans aucune
gouvernement
des individus
qui les élèvent au commandement, et non le prestige de leur naissance,
Parmi les Dacotas il n'existait pas autrefois de chefs; d'après les tra ditions, cette institution est d'origine récente, elle ne date que depuis la domination anglaise dans ces régions, et le commandement est devenu héréditaire comme dans la plupart des tribus du Nord; aussi le pouvoir des chefs est-il tres-restreint, Les individus ne se croient obligés d'obéir à une décision suprême que lorsque cette décision à été promulguée par le conseil général de la nation. On peut dire que les chefs ne «ont ue les représentants de la volonté des guerriers, que leur office meurt avec eux, et ne passe à leurs descendants que lorsque ceux-ci sont reconnus capables de continuer la gloire acquise par leurs pres,
Une coutume assez singulière, que l'on retrouve parmi plusieurs peuplades, et particulièrement chez les Sacs et les Renards, c’est la proclamation de la loi martiale par les sachems, qui déposent lenr pouvoir civil dans la main des chefs guerriers, au retour des grandes chasses d'hiver, La raison de ceci est une mesure de précaution, qui a pour but d'empêcher les families de se séparer en route, d'aller plus vite les unes que les autres et d'arriver au village avant le reste de la tribu, de crainte qu'on ne massacre ceux qui S'isoleraient ainsi et que les premiers arrivés ne succombeut à la tentation d'approvisionner leurs silos aux dépens des retardataires. Aussitôt après la promulgation de la loi martiale, les chefs guerriers réglaient la marche par terre ou par eau, et chaque soir ils ordonnaient que les tentes et les canots fussent groupés en un seul endroit et non éparpillés selon le caprice de chacun; les réfractaires étaient punis immédiatement par la destruction de leurs canots ou de leurs tentes. Cette loi durait jusqu'au retour au village, où les sachems reprenaient naturellement l'autorité dont ils s'étaient dépouillés pour la sécurité des familles.
Les Selishs n'ont pas de forme régulière de gouvernement; ils vivent par bandes de deux ou trois cents individus. Néanmoins, dans chaque bande il se trouve toujours un homme qui, par certains avantages de fortune, de valeur et d'intelligence, acquiert de l'influence sur le reste de la tribu, et prend le titre de chef, Gette influence toute personnelle s'exerce par voie de persuasion plutôt que par un commandement direct, Mais si c’est un homme déterminé, son pouvoir est parfois considérable.
La punition des coupables qui transgressent les lois reçues par l'usage est réglée par les circonstances et non par un code quelconque, Quelquefois cs criminels sont punis par le bannissement de la tribu,
Chez les": ‘es-Plates, les Kalispels, les Pendants-d'Oreilles et les Cœursd'Alènes, 1l 1egne une union fraternelle et une obéissance à leurs chefs vraiment admirables, Ces chefs sont réellement les pères de leurs peuples ; ils parlent toujours avec calme, mais jamais en vain. Lorsqu'un membre de la tribu est pauvre, malade ou désire voyager, il consulte son chef et se conforme aux conseils qu'il en reçoit. Il en est de même des mariages, qui sont sanctionnés ou désapprouvés par les chefs selon qu'ils les considèrent utiles où contraires au bonheur des parties, Depuis que
le catholicisme a pénétré dans ces peuplades, leur gouvernement pa-
triarcal à pris un caractère exceptionnel qui rappelle l’âge d’or tant vanté des poëtes, Le chef, en qualité de père, s'efforce toujours de pourvoir aux besoins de sa nation. C'est lui qui règle la chasse, la pêche et la récolte des raisins et des fruits. Le gibier et le poisson sont apportés dans sa loge et divisés en autant de portions qu'il y a de familles : la distribution s’en fait avec une scrupuleuse impartialité. Les vieillards, les infirmes et les veuves reçoivent une part égale à celle des chasseurs.
Les Natchez se divisaient en trois elasses, savoir : le Grand-Soleil qui était le souverain, les Petits-Soleils qui constituaient la noblesse, et le peuple. Afin d'être sûrs que leurs souverains seraient toujours du sang du législateur qui descendit du soleil pour les civiliser, ils établirent comme loi fondamentale de leur politique nationale que le droit de succession au trône serait dévolu aux hommes provenant de la ligne féminine, Aussi les personnes du sexe féminin descendant du Grand-Soleil restaient toujours nobles et retenaient le privilége de donner le jour à leur souverain, tandis que le petit-fils du Grand-Soleil ne devenait qu'un simple citoyen.
1 y avait parmi les Natchez deux lois qui empêchaient la noblesse de se perpétuer dans la même famille par voie de naissance : la première était qu'aucun noble ne pouvait être mis à mort par justice, et la seconde, qu’à la mort d’un homme ou d’une femme noble, la femme ou le mari devait être immolé. M. Le Page du Pratz, qui a demeuré huit ans dans les colonies françaises près des Natchez, raconte à ce sujet une tentative qui fut faite auprès de lui pour abolir cette loi cruelle. Voici
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DANS LES DÉSERTS DU NOUVEAU MONDE, 537 l'anecdote que M. Gayarré raconte pareillement dans son ouvrage sur la Louisiane, Un jour une femme noble entra avec sa fille âgée de dix-huit ans dans la chambre de M. du Pratz; après avoir soigneusement fermé la porte, elle s’assit avec dignité, resta silencieuse pendant quelques minutes, puis se levant elle lui dit : « Nous connaissons tous, et moi mieux que personne, que tu es un homme de mérite, que le mensonge n'habite point dans ton cœur et que ta langue est ennemie de la profusion des paroles. Tu parles notre langage. Nous t'aimons comme un frère, et nous regrettons que tu ne sois pas un de nos soleils, J'ai des choses importantes à te dire, par conséquent ouvre tes oreilles et ton cœur pour recevoir l'impression de mes paroles, Mais ferme ta bouche, et ne confie jamais aux vents ce que je vais te dire dans le secret, » lei elle s'arrêta comme pour réftéchir, puis elle dit à M. du Pratz, « Serai-je écoutée? » Celui-ci lui répondit : « Mes oreilles sont ouvertes comme tu le désires et je n'entends rien que le murmure du vent. »
Alors la noble Indienne lui fit le discours suivant : « Ma fille que tu vois ici est jeune, mais si elle a le corps faible d'une femme, elle a l'esprit fort d’un homme. Sachant que ses lèvres sont fermées, je n'ai pas craint de l’amener avec moi afin qu’elle entende les paroles que je t'adresse. Quand tes compatriotes parlent, jé les écoute, parce que plusieurs d’entre eux sont sages. Je les ai entendus dire que plusieurs de nos coutumes sont mauvaises et coupables, que dans leur pays les nobles se marient avec les nobles, et le peuple avec le peuple, que c’est cruel de forcer une femme de mourir avec son mari, et au mari de mourir avec sa femme, et que le Grand-Esprit, qui leur a communiqué ses volontés, s'irrite d'une coutume si barbare, que c’est une erreur de croire que les époux continuent à vivre dans le monde des esprits comme sur terre, car les esprits n'ont ni corps ni sexe. J'ai réfléchi sur tout cela et sur bien d’autres choses tout aussi sages. Nos coutumes sont mauvaises et nous conduisent à la destruction de notre race. Mais comment les changeronsnous? Qui aura le pouvoir et l'énergie d'essayer d'écraser toute opposition? C'est pourquoi je suis venue vers toi que j'aime, en qui j'ai confiance et que je respecte. Épouse ma fille, elle est la plus proche parente du Grand-Soleil, et ton fils deviendra notre souverain. Élevé par toi et supporté j r les Francais, il aura la pensée, la volonté et le pouvoir de changer ces lois que vous regardez comme mauvaises et destructives. »
M. du Pratz, surpris de cette demande, ne savait d'abord que répon dre: il savait qu'il y a des propositions dont les femmes ne pardonnent jamais le refus, et ne voulant pas S'attirer la haine mortelle de son tuter loeutrice, répondit adroitement. «Ta fille est belle comme lareonciel et mon ecœur vole vers elle, Mais ibus, Ti-bas, dans le pays où je suis né, ilexiste une jeune femme aux veux bleus avec qui je suis marié ot auprès de laquelle je dois retourner aussitôt que je le pourrai, Le Dieu aux lois de qui j'obéis me défend de prendre sur mon sein une autre femme que celle que jai tant qu'elle vivra, Comme tu le vois, c'es un obstacle insurmontable, Ainsi, sois satisfaite de mes remerel ments et sentiments de ma profonde gratitude.» Après ces mots l'in dieune se leva désappointée, mais ne donnantaueune marque de tristesse et saluant M. du Pratz avec une royale dignité, elle lui GE signe de se taire et se retira avec su lille,
Les grandes peuplades indiennes dispersées sur tn vaste territoire ont quelquefois des assemblées où se rendent les représentants de tous les villages de ln tribu, Ces assemblées n'ont lieu que pour résoudre les questions d'un intérêt général, Elles sont ouvertes avec solennité, Les chefs entrent successivement, par rang d'âge et de dignité, Le grand chef prend la parole et explique le but de la réunion: les autres membres se lèvent à leur tour et donnent leur avis, Là, comme dans les conversations particulières, celui qui a la parole la conserve aussi long temps qu'il veut; une interruption serait une insulte que personne ne souffrirait, Lorsqu'un orateur a cessé de discourir, on lui laisse quelques minutes pour réfléchir et dire ce qu'il aurait oublié; puis il S'assoit et attend silencieusement une réponse où une approbation, Si lorateur a dans le cours de sa vie perdu la confiance publique par un seul mensonge, on ne lui répond pas, quelle que soit l'importance des commu nications qu'il a pu faire, Quoique la majorité décide toujours des questions, il arrive souvent que l'opinion du chef l'emporte sur le conseil lorsqu'il s'est acquis une grande influence par ses talents, st valeur et son éloquence, Outre ces conseils généraux, ilexiste aussi des conseils particuliers dans chaque village et qui ont pour but Fexpression de li volonté publique dans toutes les circonstances sérieuses où la volonté du chef est insuffisante pour faire prendre une détermination, Dans ces assemblées il règne le même ordre et la même manière de procéder que
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dans les assemblées générales: la seule différence que l'on retrouve entre les unes et les autres, c'est dans la nature des intérêts discutés; mais dans les unes comme dans les autres il règne la mme dignité, la môme sagesse et un décorum qui pourrait bien servir de modele aux parle ments et aux chambres de notre monde civilisé,
Cest surtout dans les combats que Vadien peut déployer sex qualités naturelles, Par la vigueur de son tempérament, par sa patience à supporter toutes les fatigues et toutes les privations, par son courage, par son audace, son habileté, semble né pour ces luttes qui sont si fréquentes entre les tribus de sa race, Les Poaux-Rouges ont point d'armées permanentes, Quand une guerre est décidée dans un conseil des membres les plus influents d'une peuplade, le chef réunit tous les hommes valides et les appelle aux armes dans une ehaloureuse improvisation: où bien il fait porter devant chaque cabane le calumet de guerre, orné d'un morceau de drap rouge; quiconque fume ce ea lumet se déclare par même prêt à s'enrôler,
Les Sacs et les heñards, les Kickapous et quelques autres tribus ont une manicre lort singulière de faire une levée de boucliers, Quand'un chef veutse battre contre desennemis,ilse peintlatigure en noir, jeûne et s'établit dans un wigwam temporaire en dehors de son village : là, il s'assoitet fumetranquillementsapipe du matin au soir, Au milieu du wigwa est suspendu un wampum ouun morceau d'étoffe écarlate, et tous les guerriers qui désirent accompagner leur chef dans son expédition viennent auprès de lui, touchent de la main gauche l'objet suspendu et s'assoientensuite pour fumer la pipe. Lorsque le chef juge suffisant pour son entreprise le nombre de ses compagnons, il ferme la porte de sa cabane. Le lendemain matin il écoute les rêves de chacun de ses guerriers et raconte les siens, Si les rêves sont reconnus favorables, lon se met en route immédiatement; dans le cas contraire Pexpédition est remise à une époque indéterminée, Si l'expédition est résolue, le chef se choisit le plus brave de ses guerriers, à qui il confie le sac de médecine qui doit le rendre invincible; puis il prononce un discours chaleureux dans lequel il promet la victoire à ses compagnons d'armes, et, se mettant à leur tête, tous marchent aussitôt vers l'ennemi. Le guerrier qui remporte le premier scalp a conquis par cet exploit le droit de
commander les troupes à son retour et il reçoit le wampum ou le mor-
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ceau d'étolfe écarlate comme trophée de son courage, Les prisonniers sant ensuite livrés aux parents des braves tués sur le champ de bata.se. Chez les Pottowatomies, scalps et prisonniers reviennent au chef qui conduit l'expédition, et il en dispose selon son bon plaisir, Quelquefois il remet les prisonniers aux familles qui ont perdu des parents dans les combats, afin d'être adoptés et traités comme ceux qu'ils remplacent.
Dans les guerres le chef revêt toujours son plus beau costume pour se faire mieux reconnaitre des siens et des ennemis; les autres guerriers, alin d'avoir les mouvements plus libres, ne portent guère que leurs armes. Les ruses de guerre sont en grand usage chez les Peaux-Rouges. En voici une qui est fréquemment employée par les tribus du Nord et de l'Ouest. On s'approche d'un village ennemi au moment où celui-ci célebre des réjouissances publiques. Une partie des guerriers se met en embuscade; les autres, revêtus de peaux de buffle, se placent en vue du village, mais à une distance qui ne permet pas de distinguer la supercherie, Aussitôt les danseurs quittent avec précipitation leurs divertissements pour se mettre à la poursuite des buffles et vont se jeter dans les mains de leurs ennemis, Les Comanches et les Paunies, qui sont les meilleurs cavaliers de l'Amérique du Nord, profitent de cet avantage de la facon la plus singulière, Ts se laissent glisser du côté du cheval opposé à l'ennemi en se tenant à la selle par une seule jambe. Un licou er crin est caché et attaché à la crinière du cheval, le cavalier passe le bras dans le licou et s’en sert de point d'appui; de cette manière il ne montre à son adversaire que la jambe qui le retient à la selle, et il se sert de ses armes par-dessous le cou ou le ventre de son cheval avec la même habileté que S'il était dans sa position normale.
La bravoure des Peaux-Rouges est telle, qu'on à vu des guerriers. ayant la poitrine traversée d'une flèche, courir encore sur leurs ennemis eten tuer plusieurs avant de tomber, Quoiqu'on ne puisse pas attendre de ces natures sauvages beaucoup de générosité dans les combats, néanmoins, de temps à autre, 1lse présente des faits qui semblent indiquer que la barbarie à chez eux aussi des limites. En voici un exemple. A l'époque de nos guerres contre les Anglais, un chef des six nations,
se battant du côté de nos ennemis, reconnut dans une bataille son pére,
qui combattait dans les rangs des Français, Au moment où il allait le
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frapper d’un coup mortel, il s'arrêta tout à coup et lui dit : «€ Vous m'avez une fois donné la vie, et maintenant je vous la laisse : tâchez de ne plus vous rencontrer en face de moi, car j'ai payé la dette que je vous devais. » La guerre est certainement l'affaire li plus importante des sauvages, comme elle est à peu près tout le fond de leur politique. Causée souvent par des motifs d'intérêt et des haines héréditaires, elle est aussi alimentée par l'ambition de devenir grand guerrier : c’est cette ambition qui absorbe le plus toutes les facultés, tous les talents et toute l'énergie des Indiens. Les grandes expéditions guerrières sont toujours précédées de cérémonies religieuses, qui ont pour but de se rendre favorable le Grand-Esprit; car, malgré la contiance que les Indiens ont dans leur bravoure, ils n'espérent le succès que par l'intervention divine et surnaturelle d'un puissant manitou.
Les Chinouks et les autres tribus qui dérivent de cette famille se peignent le corps de la plus hideuse et de la plus grotesque manière quand ils se mettent en campagne. Quelques-uns portent des armures composées de morceaux de bois très-durs et enduits de graisse d'ours ; d'autres ont des espèces de cotte de mailles en cuir très-épais et un casque en écorce de cèdre, Ces armes défensives sont à l'épreuve de la flèche, Les Natchez, avant de se décider à se battre, assemblaient un conseil de guerre, qui, après avoir décidé que la nation avait recu une injure quelconque, envoyait une ambassade pour demander réparation, Si cette réparation était donnée, les ambassadeurs fumaient le calumet de paix; dans le cas contraire, ils revenaient promptement chez eux. Alors les guerriers se réunissaient pour la danse des combats, pour fumer le calumet de guerre et festoyer le départ dans un grand banquet suivi de discours de circonstance, où les convives arrivaient armés de toutes pivees et peints de la manière la plus effrayante. Après le repas et certaines cérémonies qui l'accompagnaient, lon entonnait le chant du départ et l'on se mettait en route pour commencer les hostilités, 1arrive quelquefois que deux chefs de tribus ennemies vident leur querelle dans un combat singulier pour épargner la vie de leurs guerriers, Ce genre de combat à toujours lieu à armes égales et rappelle par ses circonslances les coutumes de la chevalerie au moyen âge. Celui que nous publions est resté eélébre dans les traditions indiennes, et il a même
été raconté par plusieurs auteurs americains,
Un parti de cent cinquante guerriers sheyennes avait fait irruption sur le territoire des Mandans. Mahtotopa, le jeune mais célèbre guerrier dont nous avons déjà parlé, se mit à leur poursuite, à la tête de cinquante des plus braves de sa tribu. Au bout de deux jours il les atteignit, Les Mandans, inférieurs en nombre, hésitaient à engager le combat, lorsque tout à coup Mahtotopa plante en terre sa lance, ornée d'un morceau d'étoffe rouge, en signe de défi. Les Sheyennes, qui s’approchaient pour attaquer, s’arrêtèrent à la vue de ce trait de courage, et leur chef, s’avançant seul en face du jeune guerrier mandan, demande quel était celui qui avait défié seul l'ennemi. C’est Mahtotopa, répondit celui-ci, second chef dans le commandement des braves et vaillants Mandans. — J'ai souvent entendu parier de lui, reprit le Sheyenne, c’est un grand guerrier. Est-ce qu'il oserait avancer et se battre contre moi seul, tandis que nos guerriers nous regarderont? — Est-ce un chef qui parle à Mahtotopa? ajouta le Mandan. — Vois la chevelure qui pend au mors de mon cheval, répliqua le Sheyenne; vois ma lance ornée de la peau d'hermine et des plumes de l'aigle de guerre. — Tu as assez parlé, dit le Mandan. Le chef sheyenne partit au grand galop et revint plante sa lance auprès de celle de Mahtotopa. Les guerriers des deux tribus s’approchèrent et formèrent un vaste cercle. Les deux champions s'avancèrent au milieu de ce champ-clos formé de barrières humaines ; ils étaient à cheval, ornés de leurs plumes et couverts de leurs plus beaux vêtements. Ils tirèrent chacun un eoup de fusil sans se toucher ; Mahtotopa montra alors à son adversaire sa poire à poudre qui avait été traversée par une balle, et Ja jeta à terre ainsi que son fusil, désormais inutile. Le Sheyenne, voulant combattre à armes égales, en fit autant; et pendant quelques moments ils galopèrent l'un autour de l'autre en se décochant des flèches avec une incroyable rapidité. Le cheval du Mandan roula percé d’une flèche, Au moment où Mahtotopa se relevait pour continuer le combat, son adversaire sauta à terre, et encore une fois le combat redevint égal. Les carquois furent bientôt épuisés, Alors le Sheyenne tira un couteau et le brandit en l'air, «Oui, » répond Mahtotopa, qui comprit cette invitation muette, Et les deux guerriers se débar-
rassèrent de leurs carquois et de leurs boucliers ; mais le Mandan n'avait
pas son couteau, il l'avait oublié dans sa cabane; n'importe; il pare les coups de son adversaire avec le bois de son arc, dont il se sert comme
d’un coute à s'el arrac se te] derni puis aux $s Te singu de ce L'aigl cet où décor peinte exploi L’'o vainet Is por
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rruption re guerà tôte de is il les igager le ce, ornée nes, qui courage, demande , répondit ants Man- », c’est un mntre moi n chef qui i pend au rnée de la ssez parlé, int planter eux tribus ns S'avünnaines ; ils plus beaux her ; Mahait été trabrimais inuautant; et utre en se il du Manlevait pour e une fois s, Alors le bnd Mahtos se débaran n'avait il pare les ert comme
d’une massue; bientôt il réussit à faire lâcher prise à son ennemi, Le couteau tombe, les combattants se jettent l'un sur l’autre et cherchent à s'emparer de l'instrument qui se trouve à leurs pieds, il est pris et arraché plusieurs fois des mains des deux adversaires, et chaque fois il se teint du sang de l'un ou de l’autre. Enfin Mahtotopa s’en saisit une dernitre fois, et le plonge tout entier dans le cœur du chef sheyenne, puis il l'en arrache, enlève la chevelure de son antagoniste, et montre aux spectateurs le trophée de sa victoire.
Telles sont à peu près les différentes péripéties de tous les combats singuliers chez les Indiens. La récompense ordinaire d'un haut fait de ce genre est une plume d’aigle, dont le vainqueur orne sa coiffure. L'aigle est rare et difficile à tuer dans ces contrées. Une seule plume de cet oiseau a donc une énorme valeur; aussi les Indiens en ont-ils fait la décoration la plus estimée. Avant de la porter, ils l'ornent de marques peintes où d'entailles, sortes d'hiéroglyphes qui rappellent par quels exploits elle a été méritée.
L'opération du scalp, qui consiste à enlever la chevelure d'un ennemi vaincu, fournit encore aux guerriers indiens une marque de distinction. Is portent toujours sur eux, soit un couteau spécialement destiné à cet office, soit un autre instrument tranchant, formé d’une obsidienne, d'un silex ou d'un coquillage. Avec l'un de ces instruments le vainqueur fait une incision profonde autour du erâne de la victime, et en arrache la peau avec les cheveux; c’est cette touffe de cuir chevelu qui est appelée scalp ou chevelure; son diamètre est de dix centimètres environ, quelquefois moins, Avant de porter en triomphe le scalp, il faut que la peau soit séchée, et que la danse du scalp l'ait consacrée. Cette danse est comme un brevet, une consécration qui prouve que la chevelure à été le prix d’un acte de courage et de valeur. Quand les Indiens ont scalpé un ennemi, et qu'ils ont le temps, ils coupent souvent le reste de la chevelure, dont ils se servent pour faire des franges à leurs vêtements.
Des lois sévères, imposées sous peine de déshonneur, règlent l'opération du scalp. On ne peut scalper qu'un guerrier d'une tribu ennemie, IL est sans exemple qu'un Indien ait enlevé la chevelure d’un homme de sa tribu ou d’une nation alliée tué dans une querelle ou un mouvement de colère, ]l est également interdit de scalper un ennemi qui ne serait pas mort. Les Indiens, qui ont conservé dans toute leur pureté les usages
et les traditions des ancêtres, n'enfreignent jamais cette règle, Quelques Peaux-Rouges, dont le caractère avait probablement été corrompu par le voisinage des blancs, ont quelquefois scalpé des adversaires qui respiaient encore, L'opération du scalp est d'origine fort ancienne, Les Seythes scalpaient en faisant d'abord une incision circulaire à la hauteur des oreilles, et prenant ensuite les cheveux, ils arrachaient la peau en secouant la tête, Comme les Indiens, les Seythes nettoyaient cette peau et la suspendaient à la bride de leur cheval, paraît aussi que le decalrere des Germains m'est autre chose que le scalp mentionné dans la loi des Wisigoths: capillos et cutem detrahere. W'après les annales de Flude, les lranes scalpaient encore vers lan 879, et les Anglo-Saxons aussi,
Quoiqu'il en soit de l'origine de cette coutume barbare, le scalp conslitue en quelque sorte le blason du guerrier indien ; c’est, on peut dire, un titre de noblesse qui augmente d'un quartier à chaque nouvelle vieline. Attaché au bout d'un bâton, le sealp est placé dans li cabane du vainqueur, où devant cette cabane les jours de parade où de combat: les chefs le suspendent au mors de leur cheval. y a dès Indiens qui enterrent les chevelures après les avoir consacrées; cette coutume provient sans doute de la frayeur qu'ont les sauvages des esprits de leurs ennemis, car on procède à cette cérémonie au milieu de chants tristes et lugubres, qui ont pur but d'apaiser l'ombre du défunt.
I nous reste à donner quelques-détails sur le deuil et les funérailles des Peaux-Rouges. Le culte des morts est assurément la partie la plus touchante de leurs institutions; la tombe, comme le berceau, reçoit des soins assidus ; l'être qu'elle renferme devient l'objet d'une sollieitude qui ne s'éteint pas. Le noir est le signe du deuil chez les Indiens comme ehez nous; Mais, au milieu de ces populations sauvages, la douleur se mantfeste par d'autres signes que par K teinte lugubre des habits, Chez les Sioux, et chez plusieurs autres tribus du Noré, la femme qui a perdu un enfant au berceau le place dans son petit lit d'osier, qu'elle remplit de plumes noires, le porte avec elle pendant un an dans toutes ses émigrations, le place dans sa cabane, lui parle et lui chante des airs tristes où guis, comme si l'enfant était toujours là pour lui sourire et lui répondre, Les Corbeaux se coupent une partie de leurs cheveux à la mort de leurs parents. Les veuves des Renards, en signe de deuil, restent plusieurs mois sans changer de vêtements ni s'oceuper de leur toilette, Ge usage
est ce pari parer sures au n peind
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iants tristes
iérailles des la plus touit des soins tude qui ne omme 2hez ur se mani ts. Chez les a perdu un remplit de ses émIgrit- "tristes ou \ répondre. ort de leurs it plusieurs
. Cor usage
est commun à plusieurs autres tribus du Nord, Chez les Shoshonies et parmi d'autres peuples de l'Ouest, ceux qui ont perdu un de leurs parents témoignent de leur douleur par des mutilations et des blessures. Le deuil d'un Indien pour la perte d'un parent dure six mois au moins, Il consiste ordinairement à négliger sa personne et à se peindre la figure en noir. Une femme pleurera la perte de son mari pour le plus souvent pendant un an; durant tout ce temps elle paraît sincèrement affligée, ne parle jamais à personne que lorsqu'elle y est forcée par la nécessité ou les convenances, elle recherche toujours la solitude et désire rester seule pour se livrer plus librement à sa douleur. Après le deuil elle reprend ses meilleurs vêtements et se peint le plus coqueltement possible afin de trouver un autre mari.
Les usages suivis pour l'ensevelissement des morts différent suivant les tribus, La seule coutume qui soit à peu près commune à toutes est assez étrange : elle consiste à peindre les cadavres en noir, Les Omahas entourent les morts de bandelettes de peau, ce qui leur donne Faspect des momies égyptiennes; ainsi enveloppés, on les place sur les branches d'un arbre, et l'on met à côté un vase de bois rempli de viande séchée, qui est renouvelée de temps en temps. Les Sioux enterrent leurs morts sur le sommet d'une colline où d'une montagne, et plantent sur la tombe un cèdre qui puisse être apereu de loin. À défaut d'élévation naturelle, ils construisent un échafaudage de deux à trois mètres de hauteur.
Les Chinouks et plusieurs autres peuplades de la Colombie et de l'Oréson ont une coutume plus gracieuse et plus poétique, Hs entourent de peau les corps de leurs parents morts, leur bandent les yeux, leur mettent de petits coquillages dans les narines, et les revêtent de leurs plus beaux habits, puis ils les placent dans un canot qu'ils laissent voguer au gré des vents et des courants, sur un lac, sur une rivicre ou sur l'océan Pacifique, Lorsqu'il n'y a ni lac, ni rivière, ni mer auprés du village, le canot funèbre est attaché aux branches des arbres les plus élevés, Ces sépultures aériennes où flottantes sont toujours placées dans des lieux où les animaux ne peuvent les profaner; les endroits favoris sont les îles solitaires et boisées. Souvent on amarre ces eanots mortunires dans une petite baie, sous des arbres touffus, dont le feuillage épais retombe sur eux comme un dôme protecteur, I y a des les dans les grands fleuves de la Colombie qui ont jusqu'à vingt et trente canots de
ce genre attachés aux cèdres et aux bouleaux dont elles sont couvertes. Les oiseaux des solitudes se reposent sur ces barques funèbres, et chantent des cantiques qui ressemblent à des prières mélodieuses: le veut se joue dans le feuillage des arbres; la brise du soir et du matin berce inollement ces tombes vacillantes et caresse doucement par ses murmi"es harmonieux l'oreille du défunt. Ces voix mystérieuses de la nature se perdent dans l'espace sans écho, comme un hymne touchant que la terre élève vers le ciel pour implorer la miséricorde de l'Éternel en faveur des pauvres créatures dont le dernier soupir s'exhale daus le silence des déserts.
Dans nos descriptions nous avons parlé d'un rocher isolé situé non loin du Colombia et qui servait de cimetière aux peuplades du voisinage, Eu examinant ce grand village de la mort, on voit que les tribus de pêcheurs ont pour les morts les mêmes soins religieux que nous avons remarqués parmi les tribus des chasseurs. Chez les uns comme chez les autres on place à côté du défunt les objets favoris dont il se servait durant sa vie. Dans la Colombie la rame et les filets reposent près du pêcheur enseveli dans une barque; dans les grandes prairies la lance, l'are, les flèches et souvent le cheval de bataille, s'enterrent dans la fosse du chasseur. À l'orient comme à l'occident des montagnes Rocheuses. les sauvages véuèrent, aiment, respectent et soignent leurs parents et leurs amis, lors même que la mort a glacé leur poitrine; la douleur et les prières des vivants résonnent chaque jour à l'aurore et au crépuscule, sur le bord des lacs limpides, des fleuves bruyants, des ruisseaux solitaires et de la grande mer, comme au milieu des forèts séculaires, des prairies sans horizon et sur le sommet des collines et des montagnes; partout où se trouvent des tombeaux on voit des homme: qui prient et des femmes qui pleurent auprès des restes inanimés des êtres chéris qui ne sont plus.
Au Nouveau-Mexique les blanes ont singulièrement modilié les coutumes des Iudiens; ce qui reste de leurs anciens usages participe du caractere superstitieux des naturels et des habitudes espagnoles. Ainsi les habitants du pueblo de Laguna, qui sont moitié chrétiens, moitié sectateurs de Montézuma, enveloppent le corps de leurs défunts de ses vètements ordinaires, le déposent dans une fosse étroite et peu profonde ei posent auprès de lui du pain et un vase rempli d’eau. Ensuite ils lui