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liront pour apprécier la valeur de ces trois opinions, également hostiles à l'unité du berceau, Que les espèces animales aient des patries circonscrites qui nous indiquent pour elles, comme pour les plantes, plusieurs centres de création, c'est chose toute simple, puisqu'il s'agit d'espèces différentes, c'est-à-dire de créations distinctes, Dans l’animalité, le cosmopolitisme n'appartient pas aux espèces particulières, mais au règne ct tout au plus à quelques grandes classes. L'homme, au contraire, a le monde pour domaine, comme espèce aussi bien que comme règne, du moment que ces deux caractères se confondent en lui. Et, en fait, on serait très-embarrassé de compter les prétendus centres de création des races humaines et d’en déterminer les limites respectives.
Mais faut-il absolument supposer la multiplicité des centres primitifs de population pour expliquer la présence de l'homme sur toute la terre depuis une époque plus ou moins ancienne? Si quelque indice certain établissait ou rendait seulement vraisemblable que toutes les régions du globe habitées aujourd'hui l'ont été aussi anciennement les unes que les autres, la supposition dont je parle serait parfaitement fondée et pourrait seule rendre compte d’un pareil fait. Mais, quelle que soit l'antiquité réelle de certains peuples et de certaines civilisations, les traditions sont beaucoup plus favorables à un fait de population successive qu’à l’idée d’une population simultanée. La vie nomade semble avoir précédé partout les établissements fixes; l'instinct des déplacements a constamment animé certains peuples; du fond de l'Asie, un monde barbare a inondé de ses flots successifs l'empire romain et jeté les Vandales jusqu’en Afrique; les migrations de l'Europe moderne ont à leur tour porté dans toutes les parties du monde les races qui doivent en renouveler la population et en changer la destinéc; et nous voudrions, en présence de ces faits, nous refuser à croire que la tradition sacrée dise vrai lorsqu'elle fait irradier d'un premier centre et d’un même berceau cette humanité qui représente sur toute la terre une seule et même espèce! Le fait des migrations, l’impulsion vers les terres inconnues ont joué un trop grand rôle dans le monde pour que nous éprouvions la moindre difficulté à penser que de proche en proche les descendants de Noé ont fait le tour du globe et ont peuplé le nouveau monde et l'Océanie, après avoir peuplé le continent asiatique par la route des Indes, et l'Afrique par la vallée du Nil. La Bible a proclamé antérieurement à toutes les études anthro-
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