SOS ANSE
qu'ils peuvent obtenir son aide et son appui dans l’accomplissement de leurs projets, quelle qu'en soit la nature, par des prières, des sacrifices, des jeùnes et des mutilations corporelles. Leur code religieux, fort restreint dans ce qui concerne l'essence de la divinité, est bien plus détaillé dans ce qui regarde les rapports du Grand-Esprit avee l'homme. Aussi nous serait-il difficile d'extraire de toutes les traditions indiennes une page des attributs et des qualités inséparables de la nature divine, tandis qu’il est peu de tribus qui n’ont pas sur la création de l'homme et l'introduction sur terre des arts de première nécessité une croyance arrêtée, un dogme complet.
Une des traditions les plus curieuses sur ce sujet est celle des Satsikaas. Suivant leurs récits, deux lacs qui se trouvent à l'est des montagnes Rocheuses (et qui pourraient bien être un symbole autant qu'une réalité) donnèrent naissance, l’un à une troupe de jeunes gens, beaux et vigoureux, mais pauvres et nus, et l'autre à un nombre égal de jeunes filles iudustrieuses qui se faisaient elles-mêmes leurs vêtements, Ces êtres vécurent longtemps séparés et inconnus les urs aux autres, jusqu'à ce qu'un vieillard, du nom de Wilzakeschak, les eut visités. Ce vieillard, que les Satsikaas invoquent encore, apprit aux jeunes gens l’art de chasser, et les conduisit à la demeure des jeunes femmes, qui reçurent leurs hôtes en dansant et en poussant des cris de joie, On leur présenta des vêtements ; chaque femme choisit un hôte et lui offrit un plat de graines et de racines. Les hommes, désirant contribuer au festin, allèrent à la chasse et revinrent chargés ce gibier. Les femmes trouvèrent ce nouveau mets délicieux et furent admirapiement étonnées de la force, de l'adresse et de la bravoure des chasseurs. Ceux-ci ne furent pas moins réjouis de la beauté des parures qu’on leur avait données et du talent des femmes. Les deux parties commencèrent à penser qu'elles étaient nécessaires l'une à l’autre et Wilzakeschak présida au pacte solennel par lequel il fut convenu que les hommes seraient les protecteurs des femmes et pourvoiraient à leur entretien, tandis que tous les autres soins de la famille seraient dévolus aux femmes.
La théogonie des Potowatomies constate l'existence de deux grands esprits qui sont en lutte permanente. L'un, Kitchemonedo, est la bonté même et le créateur de toutes choses; l’autre, Matchemonedo, est la personnification du mal, La puissance de ces deux esprits supérieurs est à
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