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Les procédés employés à l'égard des Cherokies pour les déposséder de leur magnifique territoire sont également entachés d'une mauvaise foi qui révolte tout cœur honnête, Un certain ministre de New-York, du nom de Schemerhorn, fit adopter au gouvernement un plan qui consistait à séduire quelques chefs avec de l'argent, et les amener à conclur: un trdité qui lierait le reste de la nation. Après des essais infructueux, il parvint à réunir en conseil un certain nombre de Cherokies, et lit avec eux un traité par lequel tout leur pays devait être remis entre les mains des blancs deux ans après la ratification du traité par le sénat des Etats-Unis, La grande majorité des Cherokies ne voulut point avoir affaire avec Schemerhorn, et par conséquent tout ce qu'il faisait n'avait aucune valeur pour eux : aussi, lorsqu'ils apprirent que son prétendu traité avait été reçu et accepté à Washington, ils le renièrent dans un mémoire signé par 45,000 Cherokies, protestant, dans les termes les plus énergiques, que l'instrument procuré par Schemerhorn était faux et non autorisé. Malgré cette protestation générale, le traité fut publié à Washington le 14 mars 1836, comme étant un acte de la nation.
Peu de temps après, les Cherokies, apprenant que le parti qui avait signé le contrat se rendait à Washington pour le faire ratilier, se réunirent dans un grand conseil, et envoyérent à la capitale vingt de leurs meilleurs sachems investis de toute l'autorité nécessaire pour représenter légalement leurs compatriotes. Comme il était évident pour tous ces Indiens que s'ils ne voulaient pas vendre leur contrée pour ce qu'il plairait au gouvernement de leur donner, on les en chasserait sans compensation , il ne restait à ces délégués qu'un seul devoir à remplir, c'était celui de retirer de leurs terres le meilleur prix possible. Il fut alors convenu que l’on subirait la décision du sénat, pourvu que cette décision fût acceptée par la nation. Ross, un des principaux chefs de la délégation , disait à ce sujet : « qu’il ne se plaindrait pas de la sentence du sénat si elle était pleinement et légalement obtenue; mais la résolution fut soumise à la chambre le 3 mars à minuit, au moment où le sénat allait se séparer ; le rapporteur statua que dans son opinion le président devait allouer pour l’expropriation des Cherokies une somme n’excédant pas 5,000,000 de dollars. Cette résolution proposée à la hâte fut adoptée immédiatement, et quoique ce ne füt qu'une simple opinion ne forçant ni le président ni le sénat à agir en conséquence, on nous la
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représenta comme une décision, et on nous dit que nous nous étions liés par elle. » Les délégués firent connaître à la nation leschoses telles qu'elles se trouvaient à la suite de leur mission; la décision du sénat fut rejetée à l'unanimité, Mais le général Jukson, alors président, prit cette cause en main et déclara «que les résolutions des conseils indiens ne changeraient jamais la sienne, et que désormais il ne leur ferait aucune proposition plus favorable que celles déjà offertes; que la somme de cinq millions de dollars était un ample dédommagement pour la cession de tous leurs droits et de toutes leurs possessions; que cette proposition serait la dernière, » ete,
Les négociations étant ainsi interrompues , les Indiens durent se soumettre à leur expatriation basée sur un traité qui, d'après Schemerhorn lui-même, n'avait été signé que par 600 personnes , parmi lesquelles se trouvaient quarante Cherokies seulement, trente émigrants de l'Arkansas et cinq ceut trente femmes et enfants, Pourtant il serait injuste de jeter sur le gouvernement de Washington tout l'odieux d’une telle conduite: c'est l'État de la Géorgie qui, devant profiter le plus d'une telle spolation, s’en est rendu l'instigateur et le champion infatigable, jusqu'à la complète réussite de ses iniques projets ; le gouvernement des États- Unis n'est coupable que de les avoir sanctionnés de son autorité; plusieurs fois même il se montra le défenseur des droits indiens. Ainsi le président John Quincy Adam disait dans son message au congrès du 5 février 1827: «Il est de mon devoir de dire que si les autorités exécutives et législatives de l'État de la Géorgie persévèrent duns leurs actes d’empiétement sur le territoire assuré aux Indiens par des traités solennels, et si les lois de l'Union doivent rester intactes (wnaltered), une obligation, plus élevée que celle de l'autorité humaine, obligera l'exécutif des États-Unis de renforcer les lois et de remplir les devoirs de la nation par toutes les forces commises à sa charge pour cet effet. »
A toutes ces infortunes, dont la conséquence fatale est le dépérissement de la race indienne, nous devons ajouter les maladies, qui chez J:8 Peaux-Rouges prennent tout le développement et tous les caractères d’une épidémie, Aux exemples déjà cités dans notre chapitre sur la statistique, nous en ajouterons d’autres tout aussi frappants pour appuyer notre assertion. Le pays environnant les chutes du Colombia était autrefois très-peuplé; mais, en 1823, il fut ravagé par une fièvre
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