ROCHER
des instruments de icr, Au milieu des ruines on rencontre fréquemment des débris de belles puteries peintes et des pointes de flèches en obsidienne, En face de l'E Moro, au delà d'un ravin profond, on voit également les ruines d'un autr: puebla, Des écrivains distingués ont eru que ces espèces de forteresses avaient été construites par un peuple de pasteurs pour se mettre à l'abri des excursions de quelques tribus nomades et sauvages; mais la régularité et la beauté de ces villes annoncent une civilisation plus avancée que celle des peuples pasteurs, et nous voyons par Acoma, Laguna et d'autres pueblos actuellement habités, que c'était une coutume générale des anciens Indiens de construire leurs demeures sur les hauteurs. Tout ce pays est très-riche en cactus, lichens et autres plantes dont les variétés sont inconnues à l'Europe et même au reste du continent américain,
Après la vallée de l'E Moro vient celle de l’Oja-Pescado, Le Pescado est un très-joli ruisseau, qui prend sa source dans une couche de lave et possède des poissons d’une espèce particulière, Autrefois cette source était entourée d’un mur dont les débris jonchent encore le sol. Près de ce mur se trouvent les ruines de deux pueblos tellement anciens que les Indiens eux-mêmes en ignorent l'origine; ces deux pueblos ont une forme presque circulaire et des dimensions pareilles, de trois cents mètres de circonférence; ils faisaient probablement partie du ê royaume de Cibola. Un peu plus au sud on aperçoit aussi une ville déserte, mais abandonnée seulement depuis peu; les Zuñis qui cultivent des légumes et des céréales dans la vallée de l'Ojo-Pescado habitent cette ville pendant l'été. Ce pays est dépourvu de haute végétation jusqu'auprès de Zuñi; quelques cèdres nains et des pins rabougris | végètent seulement çà et là dans des fissures de rochers. Le Rio-Pescado És se perd bientôt dans un lit de lave et reparait de nouveau en prenant le nom de Rio de Zuñi. La contrée qu'il arrose, quoique d’un aspect triste et désolé, est néanmoins fertile. À draite et à gauche du Rio se dressent de grandes falaises de raches noires métamorphiques, et découpées en colonnes comme la Ch: issée des Géants en Irlande; quelques-unes de ces colonnes sont entièrement détachées de la masse principale et restent debout comme d'immenses phares à l'entrée d'un désert, Au milieu de la vallée, le pueblo de Zunñi s'élève en amphithéâtre sur une éminence, qui de loin produit l'effet d'une presqu'ile. À quelques kilo-
mètres au sud de Zuñi s'étend un plateau dont les côtés sont perpendiculaires et au milieu duquel se trouve Zuñi-Vieja (le Vieux Zuni). De distance en distance apparaissent sur les hauteurs des tours dans lesquelles les bergers et les cultivateurs veillent pour se garder de toute surprise de la part des Apaches.
Lui est située entre le 108° et le 109° degré de long. ouest, et le 35° de lat. nord, Ce n’est qu'en 1694 qu'elle fut définitivement conquise par les Espagnols, sous le commandement du capitaine général Carro Diégo de Bargos Zapata. Sa population actuelle est de deux mille âmes tout au plus, car en 1852 la petite vérole y fit de grands ravages. Beaucoup d'habitants ont la peau blanche, les cheveux blonds et les yeux bleus. Une ancienne tradition explique cette particularité de la manière suivant:, Des mineurs du pays de Galles vinrent autrefois dans cette région
et furent massacrés par les Indiens, qui épargnèrent les femmes pour se marier avec elles. De ces mariages naquirent des enfants ressemblant à leurs mères, et cette race blanche se serait ainsi perpétuée jusqu’à nos jours. A l'appui de cette tradition on pourrait citer un grand nombre de mots zuñis ayant de l’analogie avec des mots anglais signifiant la même chose; néanmoins les Indiens nient cette histoire, qui ne ferait pas honneur à leur hospitalité. Les Zuñis ont conservé une profonde vénération pour Montézuma ; ils ont réservé, au milieu de leur ville, une cour spacieuse pour les danses en l'honneur de ce demi-dieu. A l’époque de ces réjouissances publiques, les danseurs prennent des costumes singuliers, représentant pour la plupart des animaux à cornes et des bêtes féroces ou fantastiques.
Les maisons des Zuñis ont le même caractère que celles des autres pueblos indiens leurs étages à gradins sont presque tous festonnés de longues guirlandes de piment rouge séchant au soleil. La ville possède une église catholique ayant trente-trois mètres de longueur sur neuf de large; elle est bâtie en adaubes, et derrière son unique autel est suspendu un tableau représentant Notre-Dame de la Guadeloupe, patronne du Mexique; quelques statues entourent le tableau; les murs latéraux sont complétement nus. Le gouverneur habite une maison à trois étages, dans laquelle se réunissent fréquemment les caciques ou chefs du gouvernement. Les caciques sont au nombre de quatre et leur office est héréditaire; le fils succède au père quand celui-ci meurt ou
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