‹ Voyage pittoresque dans les grands déserts du Nouveau-Monde [microforme]Chapitre 4 sur 137 · RL ESS · texte numérisé non relu

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bord des émigrations des lres ou peuples de l'Irlande, qui ont émigré en Islande et en Amérique à des époques plus ou moins incertaines. « L'opinion de quelques savants familiers avec les antiquités du nouveau monde est que si, dans les plus anciens documents de l'Islande (comme on le voit par les manuscrits), les premiers habitants de cette île sont appelés les Aommes venus par mer de l'Ouest, il en faut conclure que l'Islande n'a pas été peuplée par des colonies venues directement de l'Europe, mais par des lres, transplantés de bonne he tre en Amérique, c'est-à-dire par des hommes qui, après avoir habité la grande Irlande, partie de l'Amérique appelée pays des hommes blancs, vinrent s'établir sur la côte sud-est de l'Islande, à Papyli, et dans la petite île de Papar, voisine de cette côte !,»

Au sujet des voyages des Irlandais en Islande, nous citerons ici un passage fort important du manuscrit De mensura orbis terræ, écrit en 825 par Dicuil ou Dichullus, abbé de Pahlacht, en Irlande. Après avoir parlé de l'ile de Thulé, il donne sur elle les détails suivants, qui lui ont été communiqués par des clercs (clerc

@ Il y a maintenant trent ans que des clercs, qui avaient demeuré dans cette ile depuis les calendes de février jusqu'à celles d'août, me raconterent que non-seulement lors du solstice d'été, mais encore quelques jours avant et après, le soleil disparaît pour peu de temps et semble se cacher derrière une colline; en sorte que, même pendant cette courte absence, on n'est pas privé du jour. Aussi voit-on assez clair pour se livrer à toute espèce d'occupations. Il est probable que si l’on était sur le sommet d'une haute montagne on ne verrait pas le soleil se coucher. Au reste, ceux qui ont écrit que cette île était entourée d'une mer de glace en ont évidemment menti, de même que ceux qui ont prétendu que depuis l'équinoxe du printemps jusqu'à celui d'automne on jouissait sans interruption de la lumière du soleil, et, vice versd, qu'on en était privé jusqu'à l'équinoxe du printemps de l'année suivante; car les clercs susdits qui ont vogué vers cette ile dans le temps du grand froid ont pu y aborder, et, en y demeurant, ils ont continuellement vu l'alternative du jour et de la nuit. Ilest vrai qu'à une journée de navigation au nord de cette île ils ont trouvé la mer gelée. »

1 Humboldt, Cosmos, 1.

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ya un grand nombre d'autres Îles ! dans l'Océan, au nord de la Bretagne, Les vaisseaux voguant à pleines voiles et poussés par un vent toujours favorable emploient deux jours et deux nuits pour s'y rendre des îles septentrionales de la Bretagne, Un religieux digne de foi m'a raconté qu'après avoir navigué deux jours et une nuit d'été dans un petit bätimeut à deux rangs de rames, il aborda dans une de ces iles, Ces iles sont petites pour la plupart, presque toutes séparées les unes des autres par des détroits fort resserrés ; elles étaient, ily a une centaine d'années, habitées par des ermites sortis de notre Scottia ?, Mais de même qu'elles avaient été désertes depuis le commencement du monde, ainsi abandonnées maintenant des anachorètes à cause des courses des Normands, elles sont remplies d'une multitude innombrable de brebis et d'oiseaux de mer de diverses espèces. Nous n'avons trouvé ces Îles mentionnées dans aucun auteur, »

S'appuyant sur ces deux longs paragraphes, M, Letronne, commentateur de Dicuil, démontre ingénieusement que les anachorètes irlandais, ayant été chassés des îles Féroër par les Normands, commencèrent, dans la seconde moitié du huitième siècle, à visiter l'Islande, et qu'ils y avaient demeuré, soit dans des établissements de pêche irlandais, soit dans des monastères fondés par de fervents solitaires jaloux de surpasser les moines de la Thébaïde, Dans le prologue du Landnamabok, où Livre des origines islandaises, imprimé en islandais et en latin, il est dit : « Avant que l'Islande füt habitée des Norwégiens , il s'y trouvait des hommes que les Norwégiens appellent papas (pères) ; à{s professaient la religion chrétienne et passaient pour être venus de l'Occident par mer, On a trouvé des livres irlandris, des cloches et autres objets qu'ils y avaient laissés, et qui paraissaient indiquer que ces hommes étaient des Occidentaux. Tous ces objets ont été trouvés dans les cantons de Papeya et Papyli, sur la côte orientale. Les livres anglais fournissent encore à présent la preuve que les expéditions vers ces parages ont été jadis très-fréquentes #, »

. 1 Lesiles Féroër,

. A n + : + + , n tt

? Au moyen âge, il y avait synonymie entre les mots Hiberuia et Scottia pour siguitier lrlande ; ee n'est guère que vers le règne de Malcolm 1 que l'Écosse commença à prendre

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% Landnamabok, sive de orig. island., li, in prolog,

Ainsi, selon les documents historiques islandais, un canton de l'Is-

lande, avant l'arrivée des Scandinaves, avait été déjà habité par des lrlan-

| dais, qui non-seulement le visitérent, mais y avaient même séjourné, MEL Si, maintenant, comme on peut le conjecturer par le témoignage de cet

écrivain, les objets trouvés en Islande appartenaient aux anachorètes irlandais venus des îles Féroër, on se demande pourquoi les moines (paj pas) s'appelaient, selon les traditions du pays, vestmenn (hommes de l'oues!, venus de l'ouest par la mer (kommir tel vestanum haf?). Nécessairement, c'étaient des navigateurs de l'Huitramannaland, dont les ancôtres, à une époque encore inconnue, avaient colonisé les côtes orientales du nouveau monde, Dans la suite de ce chapitre nous verrons que cette assertion n'est point une conjecture, mais un fait basé sur des traditions sérieuses admises comme authentiques dans le domaine de l'histoire, ê| ut « Dans la seconde partie du nenvième siècle, probablement en 860, le

pirate Naddod fut le premier Scandinave qui ait abordéen Islande, poussé

| par une tempête dans une traversée qu'il fit de ie Norwége aux îles * Féroër !, «Ce pirate gravit une montagne très-élevée de la côte orientale

pour voir s'il n'apercevrait pas quelques traces d'habitation, Comme ilne

trouva rien de tel, ilrevint aux îles Féroër, » Ces détails, appuyés d'autres h i autorités, ont paru suffisants à Torfœus et à plusieurs savants danois ki Ji qq pour établir queles îles Féroër étaientle pivot des expéditions de Naddod?, En 863, le Danois Garder fit, le premier, connaitre l'islande aux Normands; et, en 874, le Norwégien Ingolf y fonda le premier établissement #1 j | scandinave, Malgré la proximité du Labrador, situé en face du Groën- { que h land, il s'écoula cent vingt-cinq ans entre le emier établissement des

Normands dans l'Islande et la grande découverte de l'Amérique par Leif,

li VHS Le }' JUS À tant étaient insuffisantes pour les besoins de la navigation les ressources il #1 qu'offrait à cette race noble et vigoureuse, mais pauvre, ce coin de terre 1114 isolé et désert, uit Les colons, appartenant pour là plupart aux familles les plus distin- | LA guées et les plus éclairées du nord, établirent en Islande une république

| florissante, La situation de l'île et les rapports que la jeune colonie entre-

tint, pendant sa première période, avec des peuples étrangers, devaient

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1 Codex Flateyensis ap, Torleum in hist, Norv, ? Torfowus Arngrimus, Joannes Finneus ad lib. orig, irland,

à canton de l'Isdité par des Iran mème séjourné, moignage de cet anachorètes 1rles moines (pamn (hommes de mm haf?), Nécesnd, dont les anles côtes orienre nous verrons fait basé sur des

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DANS LES DÉSERTS DU NOUVEAU MONDE. il

nécessairement la porter au développement de l'art de la navigation, dont la connaissance était un héritage de ses ancêtres, et lui inspirer ensuite l'envie d'aller à la découverte d'autres pays au delà de l'Océan. Déjà, en 877, le navigateur islandais Gunbiorn voyait pour la première fois le littoral montagneux du Groënland !

D'après les manuscrits scandinaves, dans lesquels se trouvent les relations des premiers voyages des Normands en Amérique, et qui furent probablement compilés dans le douzième siècle par le savant Thorlak Runolfson, auteur du plus ancien code ecclésiastique islandais, et petittils de Tortinn Karlsefne, qui commanda l'expédition la plus considérable qui fit voile à cette époque vers le nouvel hémisphère, d'après ces précieux manuscrits, disons-nous, il paraîtrait qu'en 983 le célèbre Ari Marsson de Beykjanes, de la puissante famille islandaise d'Ulfe le Louche, faisant voile vers le sud, fut jeté par la tempête sur la côte américaine, à laquelle il donna le nom d'/rland it Mikila ou la grande Irlande, En 986. Éric le Roux établit sur ces rivages la première colonie, composée d'Islandais émigrés. Cette colonie fut fondée sur la côte du sud-ouest, dans la contrée où plus tard, en 1424, fut établi l'évêché de Gardar, qui subsistu pendant plus de trois cents ans*, Dans cette même année 986, Byarne Herjufson partit du Groënland, vit l'île Nantoucket, un degré audessous de Boston, puis la Nouvelle-Écosse, et enfin Terre-Neuve,

Stimulé par les récits de Byarne, Leif, fils aîné d'Érie le Roux, acheta un vaisseau et partit, l'an 4000, avec trente-cinq compagnons pour faire de nouvelles découvertes. Leif s’approcha des côtes visitées par Byarne, et donna le nom de Litla Helluland à Terre-Neuve, S'embarquant de nouveau, il arriva dans le pays situé entre Terre-Neuve et le Canada, et l'appela Markland. Enfin, 1 débarqua sur une plage agréable, où un certain Tyrker, Allemand, qui faisait partie de l'expédition, trouva une grande abondance de vignes et donna à cette contrée le nom de Vinland (pays de la vigne où du vin), maintenant la Nouvelle- Angleterre, Leif y fit bâtir des maisons spacieuses, nommées d'après lui leifsbudir, et s'y fixa pendant quelque temps. Dans ce principal établissement scandinave, les colons eurent souvent à combattre les lsquimaux, qui s'étendaient, à cette époque, beaucoup plus vers le sud

Y Rafn, Découverte de l'Amérique par les Normands, * Bulle du pape Nicolas V, ap, Egid,

qu'aujourd'hui. Ce fut l'an 1424 que le premier évêque du Groënland, Erik-Upu, d’origine irlandaise, entreprit d'aller raffermir dans le christianisme les colons du Vinland.

En 1002, Thorwald Ericson, frère de Leif, entreprit un nouveau voyage sur le même vaisseau, et visita les côtes déjà découvertes par son frère; il pénétra en 100% près du cap Cod, où se trouve actuellement la ville de Boston; il eut une rencontre avec les Skrellings (Esquimaux), et reçut sous le bras une flèche dont la blessure le fit mourir. Thorwald fut enterré dans un endroit qu’il avait lui-même désigné, et qui reçut le nom de Ærossanes (pointe de la croix).

En 1006, Thorstein, troisième fils d'Érie, s'embarqua pour une autre expédition, qui fut malheureuse; accablé de chagrin, il vint mourir au Groënland, sans avoir vu les contrées visitées par ses frères. Sa veuve Gudride épousa le plus célèbre des premiers explorateurs de l'Amérique, Thorfinn Karlsefne, Islandais, qui, selon les anciennes chroniques, comptait parmi ses ancôtres des Danois, des Suédois, des Norwégiens, des Écossais et des Irlandais, dont quelques-uns étaient même d’une souche royale. A l'invitation de Gudride, Thorfinn résolut de faire avec elle un voyage dans le sud. En 1007, avec l’aide de Snorre Thorbrandson, il équipa une flottille comnosée de trois barques montées par cent soixante hommes, ayant coutes les provisions nécessaires pour l'établissement d’une colonie. Laissant la route suivie jusqu'alors, il prit une direction plus méridionale et s'arrêta à l’île Martha’s Vineyard (la vigne de Marthe); puis, faisant voile vers l’ouest, il passa deux hivers dans la baie du Mont de l'Espérance, près de Seconnet, un degré et demi de latitude plus près de New-York.

Malheureusement, les bonnes relations des Seandinaves avec les Esquimaux ne durèrent pas longtemps; ces derniers attaquèrent les navigateurs avec une force supérieure, et les auraient entièrement exterminés sans le courage inouï d’une femme du nom de Freydis, qui les sauva. Cet événement déplorable engagea Karlsefne à abandonner le plan qu'il avait formé de coloniser les côtes, et il retourna au Groënland au commencement de l’année 1044.

Jusqu'au milieu du quatorzième siècle, on a des renseignements positifs sur les progrès des colonies de la Scandinavie américaine et de ses

relations avec le Groënland et l'Islande. Les colons éleverent sur la côte

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orientale de la baie de Baffin, au nord-ouest d'Upernavik, dans une des Iles des Femmes, trois monuments avec des inscriptions runiques, dont l'une porte la date de 1135. D’après Rafn, la pierre runique était placée au plus haut point de l'ile Kingiktorsoak, «le samedi avant le triomphe, » c'est-à-dire le 21 avril, grande fête du paganisme, qui, lors de l’introduction du christianisme, fut changée en une fête chrétienne. Par les monuments, les inscriptions, les armes, les ustensiles de toutes sortes et les ossements humains récemment découverts dans les Etats de Rhode- Island, Massachussetts et autres, on peut supposer que les émigrations des Normands ont été bien plus considérables que ne le font croire les documents manuscrits auxquels nous empruntons ces détails.

Dès le douzième siècle, le Groënland eut des évèques suffragants de Hambourg. Jusqu'en 1418, les colons norwégiens établis sur ces côtes glacées payèrent au saint-siége 2,600 livres pesant de dents de morses pour dîme et denier de Saint-Pierre. En 1266, des prêtres groënlandais de l'évêché de Gardar conduisirent une expédition de pêcheurs, qui partirent de la baie de Baffin pour aller pêcher depuis le détroit de Lancastre jusqu’à celui de Barrow !.

Dans les récits historiques de Thorfinn Karlsefne et dans le Landnamabok islandais, les côtes méridionales comprises entre la Floride et la Virginie sont appelées Huitromannaland (pays des blancs) et même Grande-Irlande. Ceci s’accorde parfaitement avec une tradition des Esquimaux, qui rapporte que dans leur voisinage se trouvait une nation blanche portant des vêtements blancs, chantant souvent et faisant usage de longs bâtons au bout desquels pendaient des morceaux d’étoffe. Cette tradition peut s'expliquer par le témoignage du petit-fils d’Ari Marsson, le célèbre Ari Frode, qui certifie « que certains Irlandais assurèrent à son oncle que, d’après la relation verbale de JarlThorfinn Sigurdson, des îles Orcades, le nom d’Ari Marsson était connu dans l'Huitramannaland ; une version dit même qu’il y fut baptisé, que cet intrépide navigateur possédait une grande autorité dans ce pays, mais que les naturels ne lui permirent pas de le quitter, et qu'une population catholique habitait ce même pays. » Les hommes vêtus de blane, les étoffes flottantes au bout d'un bâton et les chants mentionnés par la tradition correspondent par-

1 Wilhelmi ueber Island, Huitramannaland, Groenland und Vinland.

ne m0 % FF REY

faitement à ce que nous voyons de nos jours dans les processions catholiques. Le récit de Jarl Thorfinn indique visiblement qu’à une époque antérieure à celle de l’arrivée d’Ari Marsson dans l'Huitramannaland, il y existait déjà des communications entre l'Irlande et le nord-est de l'Amérique septentrionale.

Dans les mêmes manuscrits on voit une autre relation changeant en certitudes les conjectures de Jarl Thorfinn. Bioern Astrandson, surnommé Breidskingakappi, membre de la fameuse ligue des héros de Jomberg et un des plus braves combattants de la bataille de Fyrisvalle, en Suède, devint amoureux de Thuride, :€ ur du puissant chef Snorre Go le d'Islande, et fut obligé, à cause de sou intrigue, d'émigrer l’an 999. I s'embarqua à Hraunhofen (Snafellsness): poussé par un vent du nordest, le vaisseau perdit bientôt de vue le rivage et disparut à l'horizon. Pendant longtemps on ignora le sort de Bioern, et l’on finit par supposer qu'il avait été englouti au fond des mers. Enfin, un marchand islandais, appelé Gudleif Gudlangson (frère de Thorfinn, ancêtre du fameux historien Snorre Sturluson), voulut retourner de Dublin, où il se trouvait, en Islande, sa patrie. Le navire sur lequel s’était embarqué Gudleif fut assailli par une violente tempête provenant du nord-est; poussé d'abord vers l’ouest, puis vers le sud-ouest, il arriva enfin sur une côte inconnue, après un long et dangereux voyage. À peine descendu à terre, Gudleif fut saisi par les naturels, qui vinrent au-devant de lui en foule et parlaient une langue ressemblant à l'érlandais. Un vieillard à cheval, d'une noble apparence et précédé d’un étendard, dirigeait les naturels et leur commanda de lui amener Gudleif, auquel il demanda en scandinave son nom et d’où il venait. En apprenant que son prisonnier était Islandais, le vieillard lui révéla qu’il se nommait Bioern Astrandson, puis il lui rendit la liberté ainsi qu’à ses compagnons, en leur conseillant de quitter aussitôt une contrée aussi peu hospitalière. Gudleif retourna à Dublin, emportant avec lui un anneau pour Thuride et une épée pour son fils Kiartau, que lui avait remis Bioern pour eux, et l'été suivant il retourna en Islande, où il rendit à leur destination les présents de Bioern.

Cette histoire, écrite peu de temps après les événements, est une importante preuve en faveur de opinion généralement admise qu'il existait des colonies irlandaises dans l'Huitramannaland, c'est-à-dire dans les Ca-

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Le dernier voyage enregistré dans l'histoire scandinave est celui d’un vaisseau parti en 1347 à destination de la Nouvalle-Boosse, Four ÿ chercher des bois de construction; ballotté par la tempête, il fut obligé de relâcher à Straumfjoerd, sur la côte occidentale de l'Islande, La grande peste qui, vers le milieu du quatorzième siècle, ravagea l’Europe et dépeupla surtout le Nord, s’étendit jusqu'au Groënland. Le commerce avec cette région devint ensuite un droit régalien de la couvenne: de Norwége. À ces causes de décadence se joignit enfin, en 1418, une me vasion ennemie. Une flotte, appartenant probablement au prince Zichmni de Freslande, vini on ne sait d’où et détruisit par le fer et le feu toute la colonie.

La relation des frèr:s Zens, dont l'authenticité est indubitable, dit M. Maie-Brun dans son Histoire de la géographie, donne enfin sur ces contrées septentrionales des notions fort curieuses; elle fait connaître, dès la fin du quatorzième siècle, les sauvages de la Nouvelle-Angleterre; elle parle des nations plus civilisées vers le sud-est, et ensuite des peuples policés qui, connaissant l'usage des métaux précieux, bâtissaient des villes et des temples où ils offraient des sacrifices à leurs idoles. Cette relation complète ainsi les données historiques concernant le nouveau monde, et commençant dans la nuit des temps pour finir à l'époque de la découverte de Christophe Colomb. Ces données, il faut le reconnaitre, ont une valeur incontestable; la plupart d’entre elles ont même tout le caractère d'authenticité que peuvent fournir les anciens documents historiques généralement admis comme véridiques; néanmoins, nous ne les donnons qu’à titre de base et d’essai pour édifier, par de nouvelles recherches et la découverte de nouveaux matériaux, cet important édifice de l’histoire ancienne du nouveau monde.

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Les Indiens ne sont pas autochthones, — Aperçu sur les races animales de l'Amérique, —

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