‹ Voyage pittoresque dans les grands déserts du Nouveau-Monde [microforme]Chapitre 53 sur 137 · FA Ÿ 4 Ê Î Ë · texte numérisé non relu

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autour de lui plus de mille sept cents perles en coquillages marins univalves, cinq bracelets en cuir et cent cinquante plaques de mica, Mais l'objet qui inspira le plus d'intérêt parmi les découvertes de ce tombeau, c'est l'inscription alphabétique sur laquelle nous donnerons plus tard des détails.

Dans un autre tumulus, situé près de Marietta, État de l'Ohio, on a parcillement trouvé des objets très-curieux enterrés avec la personne en l'honneur de laquelle ce monument avait été élevé. Comme dans le précédent, on découvrit le squelette d’un homme au centre du tumulus; immédiatement au-dessus de sa tête il y avait trois morceaux de cuivre circulaires, recouverts d'argent et ayant probablement servi d'ornements à un baudrier : deux petits morceaux de cuir reposaient à côté de ces objets. Près du squelette on trouva également une plaque d'argent longue de dix-sept centimètres, large de cinq, pesant trente grammes, et qui parut être le haut d’un fourreau d'épée; puis déux ou trois compartiments d’un tube de cuivre semblant appartenir à la partie inférieure du même fourreau, mais 6n ne trouva aucun indice de l'épée elle-même; enfin d’autres ornements de cuivre et d'argent gisaient encore près du squelette. Des recherches faites dans d'autres tumuli amenèrent de nouvelles découvertes, parmi lesquelles nous citerons d’abord les coquilles de l'espèce marginella florida, trèscommune sur les côtes de la Floride; des grains de chapelet formés de ce coquillage accompagnent invariablement les restes humains ensevelis dans ces tombeaux.

La conchyliologie pourrait bien avoir quelque importance dans l'étude de la question de l’origine des premiers habitants de l'Amérique septentrionale, qu’on fait descendre des peuples de l'Asie; car il paraît que les anciens habitants du continent américain se servaient de grands coquillages marins en guise de coupe pour leur usage personnel et pour leurs sacrifices : les tumuli et l'enceinte des fortifications recèlent un grand nombre de ces coquillages, dont la plupart sont des espèces connues sous les noms de murex, canis cornutus et fulqur perversus; ces coquilles ont été le sujet de longues discussions parmi les savants les plus distingués, qui ne s'accordent pas sur le pays d'où elles furent tirées. Suivant Rumphius, c'est à Amboyne, dans la presqu'ile de Malacea et sur les côtes de l'île qui est en face d'elle, que se pêche

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le cassis cornutus. Humphreys prétend qu'il est particulier aux Indes orientales et à la Chine, Linné croyait qu'il se pêchait sur les côtes de l'Amérique; mais Brugnière, auteur plus moderne, nous apprend que Linné a du être induit en erreur, et que ce coquillage est réellement originaire de l'océan Asiatique. Quoi qu'il en soit, le cassis cornutus n'a jamais été découvert sur les côtes de l'Amérique, et il est probable qu'il y été apporté de l'Asie.

Aux objets extraordinaires découverts dans les monuments construits par les anciens Américains ou trouvés près de leurs habitations nous devons ajouter de nombreux bracelets en cuivre uni et poli, des anneaux et des tubes du mème métal ou en pierre, des pipes de terre cuite, en ardoise ou en stéatite, des morceaux de jaspe et de granit, des sculptures grossières en bois et en diverses substances minérales, de la poterie très-belle et des idoles qui méritent une description particulière, Parmi les plus curieuses de ces idoles nous citerons celles qui furent trouvées dans l'État de Tennessee. L'une d'elles était enfermée dans une coquille de l'espèce cassis /lammea, d'origine tropicale; les autres étaient privées de cet accessoire, Toutes evs statuettes sont assises sur leurs talons où agenouillées les mains posées sur les cuisses ou l'abdomen ; ces idoles sont nues, appartiennent à l'un ou à l'autre sexe, et la plus grande à environ quarante-trois centimètres de hauteur. Elles sont sénéralement faites: d'une espèce de grès très-commun sur tout le continent américain. M. Troost, professeur à l’université de Tennessee, croit que toutes ces idoles servaient à des représentations de Phallus et de Steis ou Chteis, dans le genre de celles qui étaient exposées dans les sanctuaires d'Éleusis. Le P. Kircher, sur l'autorité de Cortez, assure que ce culte égyptien, qui rappelle les mystères d'Isis et d'Osiris, était établi en Amérique. L'une de ces idoles paraissait être une mauvaise image de Priape. Celles qui sont fabriquées avec un mélange d’argile et de coquilles marines concassées représentent, par la coupe de la figure, les yeux et le menton allongés, un type tatare facile à reconnaître. Une d'elles porte au sommet de la tête la toufte du scalp, qui pourrait bien être une imitation de la mèche de cheveux que l'on voit sur les têtes chinoises. On a reconnu ce type asiatique sur une autre petite idole en pierre, trouvée à Natchez, dans l'État de Mississipi, au milieu d'un terrain sur lequel la tradition

rapporte qu'il existait un temple indien longtemps avant l'arrivée des Européens,

Près de Sandusky, dans l'État de l'Ohio, on a pareillement découvert, à deux mètres de profondeur en terre, une pipe artistement travaillée et dont on croit que la matière est le véritable ae graphique dont on fait les idoles en Chine, et comme il existe pas dans cette contrée, on suppose encore que cet objet a été apporté d'Asie, Une autre découverte non moins singulière a été faite près d'un affluent du Camberland dans le Kentucky, c'est celle d'un flacon composé de trois têtes admirablement modelées et d'un col où goulot évasé, Ces trois têtes, jointes ensemble par derriére, ont chacune environ dix centimètres du haut du front an menton, Les visages sont très-bien conservés sis indiquent un type tatare et des Ages différents, La plus jeune des trois figures est reconverte d'une légere couche de vermillon, et porte sur chaque joue, ainsi qu'au mention, une petite marque plus foncée de la mênie couleur, Li deuxieme figure représente un personnage dans Pâge viril et est peinte de plusieurs couleurs. Une ligne d'un rouge foncé entoure les veux; une autre ligne également rouge part du bout d'uneæoreille, passe sons le menton et va rejoindre la partie supérieure de autre oreille, La troisème figure est celle d'une personne d'un âge avancé: elle est peinte en jaune autour des yeux, et porte une ligne également jaune qui suit à peu près le même chemin que celle de la figure précédente, Le colon goulot est triple, sa longueur est moins grande que celle des tôtes, si largeur est de quinze centimètres de circonférence à son embouchure et va en S'élargissant vers sa base, Ce vase est fait d'une belle argile de couleur foncée et dureie par l'action du feu; il peut contenir environ un litre de liquide, Dans la eave de salpêtre du comté Warren (Tennessee)}, on a trouvé deux cadavres assis dans des paniers de roseaux. L'un était celui d'un homme et l'autre celui d'une femme, A Fépoque

de cette découverte les deux corps avaient encore leur chair, leurs che-

veux, leurs dents et leurs ongles, Ts étaient enveloppés de peaux de chevreuil et d'un tissu de fibres d'écorces d'arbre, orné de plumes de couleurs, La femme portait un éventail dans sa main: eet éventail. formé de plumes de dinde, pouvait se fermer et s'ouvrir à volonté,

Une autre découverte non moins importante pour Fhistoire des an-

clcpnes populations américaines est celle des momies trouvées partien-

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liérement dans le Kentukey, et surtout dans la grotte de Memmouth, près de Louisville. Cette grotte renferme une quantité prodigieuse de nitre, et c'est en partie à la présence. de cette substance, dont la terre est saturée à des profondeurs considérables, que l’on attribue la préservation des corps humains qui y ont été ensevelis, Une de ces momies fut trouvée à trois mètres au-dessous du sol; elle était placée entre de larges pierres et recouverte d'une dalle plate. Le corps accroupi avait les genoux repliés sur la poitrine, les bras croisés et les mains placées l'une sur l'autre à la hauteur du menton, Les mains, les ongles, les oreilles, les cheveux, les dents et généralement tous les traits étaient dans un état parfait de conservation. La peau ressemblait à un cuir d'une couleur jaunâtre ; on n'y découvrait ni suture ni incision qui indiquât que les viscères eussent été retirés. Quoique cette momie annoncât un personnage de deux mètres de hauteur, elle était tellement desséchée que son poids ne dépassait pas six ou 5ept kilogrammes. Le corps n'avait autour de lui ni bandage, ni substance bitumineuse ou aromutique, mais il était entouré de quatre enveloppes. La première à l'intérieur se composait d’une sorte d'étoffe faite de ficelle double et tordue d'une manière particulière, ainsi que de grandes plumes entrelacées avec beaucoup d'art. La seconde enveloppe était de la même étofte. mais sans plume. La troisième consistait en une peau de daim sans poil, et la quatrième et dernière, à l'extérieur, d’une autre peau de daim avec le poil. Ces momies ont beaucoup préoccupé les antiquaires amérietins, car elles semblent appartenir à un peuple antérieur à la race actuelle des Peaux-Rouges, et servent d’argument puissant contre les partisans des races autochthones. Les momies américaines sont pour la plupart emmaillotées à la manière égyptienne, et n'ont été trouvées qu'aux environs des grands fleuves, c’est-à-dire près des en'roits où les vaisseaux pouvaient aborder, Quelques écrivains se sont emparés de cette découverte pour prouver que les peuples qui ont habité l'Amérique avant la ‘ace indienne actuelle venaient de l'Orient. Le savant docteur Mitchell, dans une dissertation qu'il a faite au sujet de ces momies, assure que les anciens habitants de l'Amérique étaient originaires de la Malaisie, et ressemblaient aux naturels des îles de l'océan Pacifique et de l'Asie australe, Il appuie son opinion 1° sur la ressemblance qui existe entre la toile qui a servi à envelopper ces momies et celle rapportée

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282 VOYAGE PITTORESQUE des iles Sandwich et Figi, également fabriquée avec de la ficelle double et tordue sans le secours du rouet; 2° sur les manteaux de plumes, affectés au même usage que ceux des insulaires de la mer du Sud, ot sur plusieurs raisons qui nous semblent moins sérieuses que les precédentes.

Les grands travaux qu'ont occasionnés ces tumuli, ces fortifications, ces murs et ces routes, leur régularité et le but proposé dans leur érection, les “Gbjets d'art et les momies trouvés dans les tertres artiliciels 1 les tombeaux, dénotent un peuple qui, de l'état nomade ou sauvage, avait passé à celui d'agriculteur, et que, s'il a émigré d'un pays à un autre, ce n'est que lentement, en faisant de longues stations dans le même lieu et s'y établissant d'une manière solide et durable. La condition de l'art parmi ces populations capables de construire des monuments si réguliers et si imposants, devait naturellement fournir un sujet de recherches aussi curieuses qu'intéressantes aux antiquaires; plusieurs savants s'en sont occupés, mais leurs études n'ont encore amené aucun grand résultat; personne n'a pu donner un nom à ces peuples. personne n'a donné une date certaine à ces monuments. Espérons que la <cience, par de nouvelles découvertes et des études comparatives, résoudra bientôt cette énigme, jugée indéchiffrable jusqu'à présent. Dans la vallée de l'Ohio et du Mississipi, où les tumuli et les fortifications anciennes sont en plus grand nombre que partout ailleurs, on voit des arbres pousser du sein de ces ruines et prendre des proportions prodigieuses. C’est ordinairement d’après la grosseur de ces arbres que l'on juge de l'époque où ces différentes constructions furent abandonnées. Au sommet du tumulus de Grave-Creek se trouvait un hôtre, qui, jusqu'à la hauteur de trois mètres trente centimètres, était couvert de noms et de dates remontant jusqu'au règne de Georges If, en 1754. À une petite distance de ce hêtre était couché un chêne tombé de vieillesse, et dont le tronc fut scié en 1828, et sur lequel on compta environ cinq cents cercles concentriques, qui, à raison d'un cercle par an, montraient que l'arbre avait commencé à pousser en 1328, c'est-à-dire cent soixante-quatre ans avant l’arrivée de Christophe Colomb en Amérique. Un écrivain ou naturaliste, dont nous ignorons le nom, certifie que le chêne croît pendant cinq cents ans, qu'il reste dans un statu quo durant un pareil laps de temps et qu'il met cinq cents ans à mourir : d'après ce caleul, on peut se faire

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une idée de la haute antiquité des tumuli américains, sur lesquels on voit d'énormes chênes qui poussent au milieu de détritus d'autres chônes tombés en poussière par leur extrème vieillesse, Le docteur Cutler, en 1787, trouva sur les ruines de Marietta des arbres d'une dimension prodigieuse, Plusieurs de ceux qui furent abattus étaient creux; mais un d'entre eux, qui ne faisait qu'entrer en décomposition, comptait quatre cent soixante-trois cercles concentriques, et devait avoir au delà de ce nombre d'années. D'autres avaient de trois à quatre cents cercles; et à la surface du sol on remarquait de vieux troncs pourris de six à huit mètres de circonférence. Tout portait à croire qu'il ÿ avait eu antérieu= rement à la croissance d'arbres qui s'y trouvaient alors une autre poussée à peu près du même âge; de sorte qu'on peut conclure de ce fait que ces ouvrages ont été abandonnés depuis plus de neuf cents à mille ans,

Maintenant tous ces travaux gigantesques sont-ils l'œuvre des Peaux- Rouges, où d'une race antérieure à celle qui existait en Amérique lors de sa découverte par Christophe Colomb? Sur cette question fondumentale la grande majorité des antiquaires et des ethnographes des deux mondes répondent que ces monuments ont été édifiés par un peuple entièrement différent des Indiens actuels; mais lequel? personne n'a

jamais pu le nommer. Les uns croient que les constructeurs des monu-

ments américains étaient très-nombreux, idoltres, et qu'ils venaient des régions tropicales asiatiques. Cette opinion est fondée sur la quantité de tumuli et sur la nature des idoles qui se rencontrent dans toutes les contrées où se cultive le maïs, et particulitrement dans la.partie méridionale des États-Unis. À cela on pourrait répondre que les Natchez furent idolâtres, et que ce culte étant encore en vigueur parmi eux lors de l’arrivée des Européens, il est très-possible que les Natchez soient des débris de ces peuplades prétendues éteintes. D'autres écrivains, au contraire, assurent que ces peuplades vinrent de l'Asie par le détroit de Behring, et qu'elles durent naturellement prendre la route des grands lacs et des grands fleuves situés entre les montagnes Rocheuses et les Alleghanys, et de là se répandre ensuite sur le nouveau continent; la raison de cette assertion est que lors de l’arrivée des Européens en Amérique, aux seizième et dix-septième siècles, la population indienne était bien plus nombreuse au nord que dans le sud de l'Amérique. Toutes ces opinions contradictoires, fondées sur des observations partielles, sont

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loin de nous mettre sur la trace des auteurs de ces vastes constructions. À qui font l'admiration de tout le monde.

Le célèbre historien de l'Amérique, Robertson, à cherché à détruire par ses raisonnements l'idée de l’ancienne existence d’un peuple civilisé dans le nouveau monde; il soutient que les nations les plus avancées de ce continent n'avaient aucune connaissance de plusieurs inventions simples, aussi vieilles que la société dans les autres parties du globe, et qu'on retrouve partout aux premières époques de la vie sociale, « Il est 1 manifeste, dit-il, que les tribus qu‘ originairement ont passé en Amérique sortaient de nations qui doivent avoir été aussi barbares que leurs descendants l’étaient quand ils farent découverts par les Européens : car:les arts de goût et de luxe peuvent bien décliner et périr par jes secousses violentes , les révolutions et les désastres auxquels les peuples sont exposés; mais les arts nécessaires à la vie ne peuvent plus se perdre chez une nation qui les a une fois connus. : Probablement, lorsque Robertson parlait ainsi, il ignorait l'existence des magnifiques travaux dont nous avons fait la description, il ne savait pas que les anciens Américains avaient des connaissances métallurgiques, et que même de 1 nos jours les Navajos, les Zunñis et les Jémez fabriquent des tissus de coton et de laine très-estimés.

Dans son Essai sur les mœurs, Voltaire fait preuve d’une plus grande 4 ignorance encore lorsqu'il assure « que FAmérique était partagée en petites sociétés à qui les arts étaient inconnus; que toutes ces peuplades vivaient sous des huttes, se vêtissaient de peaux de bêtes dans les climats froids, et allaient presque nues dans les tempérés; les unes se nourrissant de la chasse , les autres de racines qu'elles pétrissaient: qu'elles n'ont point recherché un autre genre de vie, parce qu'on ne désire point ce qu'on ne connait pas, et qu'entin leur industrie m'allait pas au delà de leurs besoins. » Depuis ce philosophe, la science ethnographique à fait de grands progrès; et quoique les annales des populations indiennes offrent encore des lacunes considérables , les découvertes journalières des voyageurs nous prouvent que toutes ces théories ne reposent que sur l'imagination de ces grands réveurs. É

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lument rien; il n'a pas vu ces ouvrages d'art dont nous avons parlé, car

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DANS LES DÉSERTS DU NOUVEAU MONDE. 285 pas même de vestiges d’une antiquité quelconque. « L'on ne cite, ajoute-t-il, dans toute l'Amérique du Nord (le Mexique excepté), ni un édifice, ni un mur en pierre taillée ou sculptée, qui atteste des arts anciens. Tout se borne à des buttes de terre où tumuli servant de tombeaux à des guerriers, et à des lignes de circonvallation. »

Nous savons maintenant à quoi nous en tenir sur les assertions de M. Volney, qui ont autant de valeur que celles de Voltaire. M. de Humboldt, qui a visité les antiquités américaines, suppose que ces monuments sont l'ouvrage des peuples scandinaves qui, depuis le onzième jusqu'au quatorzième siècle, ont visité les côtes du Groenland, de Terre-Neuve, et d'une partie de l'Amérique du Sud. Mais nous savons par les arbres qui ont envahi les ruines de ces monuments qu'ils sont abandonnés depuis une époque antérieure à celle que M. de Humboldt assigne à leur crection. Ces opinions contradictoires et contredites par les faits nous prouvent qu'il règne encore une grande obseurité sur l’origine de ces vastes débris d’une puissance anéantie, S'il nous était permis d’avoir un avis sur une question si difficile, à peine élaborée par des savants du premier ordre, nous dirions d'abord, avec tous les écrivains qui ont parlé pertinemment des antiquités américaines, qu'elles sont, en effet, l'ouvrage d'un peuple nombreux et civilisé; mais, ne pouvant comprendre comment un peuple nombreux et civilisé a pu exister pendant tant de siècles et passer complétement inaperçu sur là terre, nous croyons fermement à sa décadence et à sa fusion avec la race actuelle des Peaux-Rouges, qui erre et végète dans les solitudes pour enseigner au monde les vicissitudes des peuples et des empires, Serait-ce done la premivre fois qu'un peuple civilisé serait anéanti et absorbé par des peuplades plus barbares? Et si en Amérique celles-ci n'ont pas su absorber les traces de cette civilisation passée, c’est que peut-être elles ont été elles-mêmes soumises aux mêmes lois de destruction et d’anéantissement que leurs ancètres,

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