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fait historique très-détaillé, à en juger par les signes totémiques, les figures humaines, les mains ouvertes, symbolisant l'amitié ; les zigzags indiquant la foudre, les lignes ressemblant au plan d'un pueblo, ete, Mais on est obligé de deviner en quelque sorte et par voie de comparaison le sujet de ces récits hiéroglyphiques ; car les Indiens, naturelle. ment soupconneux, sont très-réservés dans leurs conversations .vec les étrangers, et divulguent difficilement le secret de ces signes au moven desquels ils perpétuent le souvenir de leurs annales.
Un fait digne de remarque, c’est que dans ces contrées les hiéroglvphes indiens, quoique très-anciens, sont assez bien conservés et bravent mieux les injures du temps, des saisons et des hommes, que les inscriptions espagnoles même les plus récentes. Il est étrange de voir que les compagnons de Coronado n'aient pas fait mention de ce rocher dans le récit de son expédition pour la conquête du Nouveau-Mexique : sans doute le pueblo qui est au-dessus était déjà en ruine, ou bien faisait-il partie des sept villes de Cibola.
A l'intérieur de ces petits monuments appelés estuffas (étuves), et qui sont très-communs surtout dans les anciens pueblos, on voit un système de peintures figuratives plus perfectionné que celui des inscriptions ordinaires de l'Amérique septentrionale. Les tribus du Nouveau-Mexique, qui ne sont pas encore converties au catholicisme, adorent les astres et le feu, comme le faisaient leurs ancôtres ; des représentations de ce culte, ainsi que des signes de leur vénération pour Montézuma, sont peints sur la surface intérieure des murs des estuffas, Ces peintures ont beaucoup d'analogie, dans leurs formes et leurs couleurs, avec la pictographie moderne des Peaux-Rouges; néanmoins, elles sont toutes d'une date antérieure À la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb, et nous paraissent être l'intermédiaire entre la pictogriphie perfectionnée des Mexicains et l'art graphique primitif des Indiens du Nord.
Les contours des signes symboliques sont assez corrects ; ils dénotent une connaissance déjà avancée de l’art d'imiter la nature. Dans les estuffas un peu ruinées du pays de Jémez on voit, peints en rouge et en bleu, des plantes, des oiseaux et des quadrupèdes, tels que dindes, cerfs, loups, renards, chiens, etc. Les cerfs et les biches surtout sont remarquables par l'exactitude de leurs proportions et ln pureté des lignes. Les Jémez assurent Lue ces figures n'ont aucune signification
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que ce sont des ornements et non la représentation de quelques événements de leur histoire politique, civile ou religieuse. Mais, lorsqu'on connaît le caractère de ces Indiens, il est permis de douter de leur sincérité; et puis dans ces peintures il y a des signes et des figures groupés de telle façon, qu'ils indiquent évidemment un fait quelconque, un souvenir, une idée complète. Ainsi, une de ces peintures représente l'intérieur d’une chapelle dédiée à Montézuma; au premier étage, on voit deux hommes assis l’un en face de l’autre et sonnant de la trompette, sans doute pour demander de la pluie à leur protecteur, car à gauche de cette peinture il s'en trouve une autre représentant la même chapelle, mais sans les deux adorateurs ; au-dessus du temple dans lequel ils prient est peint un éclair avec un dard, indice de l'orage, ce qui montre sans doute que Montézuma a promptement exaucé la prière de ses fidèles croyants.
Les gorges étroites du Chaco, du Chelly et presque toutes les vallées du Nouveau-Mexique possèdent, ainsi que les estuftas, de nombreuses inscriptions de tous genres indiquant le même degré de barbarie, sinon les mêmes époques. La grotte du Rocky-Dell, située sur les confins du Llano Estacado, au nord du Texas, a le plafond couvert de peintures symboliques; et les murailles ainsi que le plancher sont remplis de signes hiéroglyphiques. Une de ces inscriptions les plus curieuses représente un homme nu ayant un tomahawk dans une main et un sabre dans l’autre; de chaque côté de la tête il porte deux énormes appendices qui semblent indiquer des oreilles. Un autre personnage, probablement le Grand-Esprit, est représenté avec des ailes et un soleil au bout d'une main. Outre ces personnages isolés, on voit encore des groupes de figures allégoriques représentant des faits historiques. D'abord, c’est un navire avec ses voiles, puis un homme debout sur un cheval et un Indien aux jambes nues, qui le regarde par derrière. Des prêtres avec des croix et des Espagnols viennent ensuite. Une autre peinture, plus compliquée que la précédente, se compose de lignes droites et courbes, de traces de mocassins, de flèches, d'hommes, de chevaux et d'un soleil. Des Indiens racontent qu'autrefois cette localité était un rendez-vous de chasse, où leurs ancêtres se rendaient pour chasser les buffles. Après s'être réjouis pendant longtemps, ils se reposaient près du ruisseau et traçaient sur les murs de la grotte quelques épisodes histo-
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300 VOYAGE PITTORESQUE riques. Dans ces hiéroglyphes ils reconnaissent Montézuma placé dans cet endroit pour le sanctifier et conserver les sources du ruisseau; ils y voient aussi le grand serpent créé par Montézuma pour donner de là pluie et préserver la vie de ses adorateurs. Les hommes ayant des cornes sur la tête représentent la danse des buffles, que les chasseurs indiens célèbrent encore de nos jours avant de commencer leurs chasses. Les hiéroglyphes trouvés dans la vallée de William, près du Rio Colorado de l'Ouest, ressemblent à ceux de l’El-Moro et du Rocky-Dell; mais ils paraissent moins compliqués, les scènes sont plus simples ou plus abrégées, les signes sont pour la plupart des figures humaines, des animaux symboliques, des mains, des soleils et des lignes de différentes sortes, Aux environs de Saint-Louis, dans le Missouri, on a trouvé l'empreinte parfaite de pieds humains ciselés sur une pierre calcaire d'un bleu grisâtre, d'environ deux ou trois mètres de long sur un ou deux de large, et qui fut extraite d’une carrière voisine. Ces empreintes sont tout à fait semblables à celles qui ont été copiées sur les terrasses des temples de Thèbes en Egypte, de Karnack, et particulièrement à Nakhaur dans le Bihar méridional; mais personne n’a pu découvrir encore le sens et les auteurs de cette singulière sculpture. En 1759 ou 4760, les Américains, voulant surprendre un célèbre Indien du nom de Natanis (probablement de la tribu des Abenakies), envahirent sa maison, qu'ils trouvèrent vide;
mais sur les bords de la rivière qui coule auprès de la cabane de Natanis ils
découvrirent une carte dessinée sur de l'écorce de bouleau et suspendue à une perche : cette carte décrivait très-exactement le cours des rivières vers le Canada et les endroits où elles devaient être traversées sous le point de vue stratégique. Les Américains ne manquèrent pas de profiter de cette découverte, qui prouve que les Indiens ne sont point aussi ignorants qu'on se plait à le croire. Les Lénapes en particulier s’occupaient beaucoup de l’art de graver, appelé par cux o/a-1valum.
Il serait trop long d’énumérer toutes les inscriptions indiennes découvertes jusqu'à ce jour sur le granit des solitudes américaines, dans les gorges obscures et profondes, d'où le ciel ne paraît que comme un léger ruban d'azur flottant au-dessus des montages informes, blanchies par le soleil ou brüûlées par les volcans. Que de fois, en parcourant ces régions désertes et sauvages que nous aimions tant à contempler, nous nous sommes surpris à rèver tristement sur l'origine, l'état actuel el
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l'avenir des Peaux-Rouges, lorsque, en nous frayant un chemin au milieu des ronces et des broussailles, nous trouvions sur une roche isolée, sur un cèdre plusieurs fois centenaire, sur un bouleau gigantesque quelques-unes de ces figures grossières, semblables aux dessins que l'enfant, d'une main malhabile, trace sur les murs pour essayer son jeune talent d'artiste !.…
Les Indiens sont encore des enfants d’un naturel sauvage que les faces päles abrutissent ; mais il y a des tribus qui résistertt à la corruption et qui profitent même de leur contact avec la civilisation anglo-saxonne pour faire des progrès dans les arts et dans 'inaustrie. Ainsi les lroquois, les Chippeways et toutes les tribus algonquines du Nord ont développé l'art graphique d’une manière surprenante. Nous avons vu des originaux et des fac-simile de leur pictographie qui sont d’une exécution artistique passable, quoique barbare encore. La représe:tation d’une danse d'Iroquois, dont parle M. Schoolcraft dans son grand ouvrage sur les Indiens, et qui a été dessinée par un de ces sauvages, dénote réellement une vraie connaissance des traits humains, des formes et des proportions anatomiques ; il y a de l'imagination dans cette composition et de la souplesse dans les contours. Cette danse, quoique grotesque, est peut-être le chef-d'œuvre de la pictographie moderne chez les Peaux-Rouges. Quelques dessins iroquois e. même chippeways rappellent, par leurs formes et leurs couleurs, les figures placées sur les vases étrusques; mais nous avouons qu’ils sont encore bien loin de la perfection de ces produits italiques. Les Iroquois ont montré de tout temps une grande aptitude à symboliser leurs pensées. Lorsque le comte de Fontenac, à la tête d’une petite armée, envahit leur pays, il trouva sur les bords de l’'Oswego un arbre sur lequel les Indiens avaient figuré l’armée française. Au pied de cet arbre les soldats trouvèrent deux fagots de bois composés de quatorze cent trente-quatre petites branches, indiquant par là le nombre des ennemis que les Français auraient à combattre, Actuellement les Peaux-Rouges retracent bien moins souvent leurs idées, leurs annales et leurs souveuirs sur les rochers que sur les arbres et sur les peaux dont ils se servent soit pour leurs vêtements, soit pour leurs tentes. La plupart des guerriers ont ainsi l’histoire de leurs hauts faits tracée sur leurs manteaux, leurs tuniques et leurs wigwams. Il est rare de voir un de ces vêtements sur lequel ne se trouve pas quelques dessins peints en noir, jaune, rouge,
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302 VOYAGE PITTORESQUE blanc ou bleu, représentant des fusils, des lances, des flèches, des boucliers, des chevelures, le soleil, la lune, des hommes, des chevaux, des routes ou quelques sujets mythologiques. Nous avons eu en notre possession des manteaux de Comanches en peaux de buffle, dont la partie interne était couverte de figures symboliques qui, avant d’être peintes, avaient été légérement incisées, au moyen d'un instrument tranchant, dans l'épaisseur du cuir. Sur l'un de ces manteaux on voyait figuré un Indien tenant un couteau à scalper dans une main et une chevelure dans l'autre; huit crânes humains étaient à ses pieds, signifiant probablement que le personnage représenté avait tué huit ennemis. Sur un autre manteau se trouvait dessiné un homme désarmé en face d’un chef guerrier recouvert de ses insignes et brandissant une lance au-dessus de sa tête, Autour des deux combattants on voyait les empreintes rouges des mocassins, dénotant que des Peaux-Rouges avaient assisté comme témoins à ce combat singulier entre deux chefs; un troisième dessin représentait un immense soleil, autour duquel se déroulait le panorama d'une cérémouie du baptème de feu donué au bouclier,
On n'a jamais douté qu'il n'existât parmi les tribus de l'Amérique septentrionale une espèce d'alphabet pictographique , une série de figures homophoniques qui, par la juxtaposition de signes symboliques, représentaient des actions et des idées obscures, imparfaites, il est vrai, mais ayant un sens défini. Outre cet alphabet commun, qui puraissait être connu de tout le moude, on croyait que les Aommes-médecines, c’est-à-dire les prètres et les magiciens, possédaient, comme les prètres égyptiens, un système graphique plus complet pour les chants sacrés et les mystères religieux, et dont ils se servaient phonétiquement pour rappeler à la mémoire des initiés les notes musicales et Les paroles qui devaient être chantées. En effet, on a remarqué, particulierement dans les tribus du Nord, que les Indiens se servaient dans leurs cérémonies mystiques et superstitieuses de notes pictographiées, peintes sur des écorces de bouleau. Les premiers missionnaires observèrent aussi que les Peaux-Rouges avaient un système héraldique par lequel on reconnaissait la division des tribus en clans ou familles, au moyen d'un emblème appelé cotem (prononcez dodem) qui démontrait les affinités et les liens de consanguinité. Ce totem ou blason se plaçait sur les tentes et sur les poteaux mortuaires pour indiquer le clan auquel la famille ou
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le défunt appartenait. Au Texas, nous avons vu des familles entières de Peaux-Rouges portant leur totem tatoué sur le visage. Le mot totem est dérivé d'un terme générique des langues indiennes du Nord qui veut dire vèlle ou village, et se rapporte au mot de z#aison employé dans un sens héraldique. En effet, le totem est un vrai signe de blason ; il représente à la fois le nom, les armes et la devise des grandes familles sauvages. Les personnes qui ont le même totem ne peuvent pas se marier entre elles ni l'échanger contre un autre.
Si la pictographie est la plus ancienne méthode adoptée par les peuples primitifs pour exprimer leurs idées, comme les monuments anciens nous en fournissent des preuves surabondantes, le système totémique, c'est-à-dire la représentation d’un nom ou d'un personnage par un signe symbolique, réchune la priorité dans cet art. Les sceaux etles cachets mis en usage pour indiquer la devise, la marque ou la signature d’une personne confirment notre assertion, Cette division d’une tribu en différents clans ayant le même emblème, comme les Highlanders en Écosse, existe chez les Peaux-Rouges depuis une époque immémoriale. Cet emblème est ordinairement un quadrupède, un oiseau, un poisson ou un reptile; c'est rarement une plante, un arbre ou un corps invrganique. A la mort d'un grand chef, lorsqu'on met un poteau mortuaire ou une pierre tumulaire sur le lieu de la sépulture, on peint toujours sur cette pierre ou sur ce poteau le totem du défunt dans une posture renversée. Ce genre d'épitaphe est facile à lire. 11 y a des hiéroglyphes que nous appellerons totériques, parce que les totems en forment les signes principaux et caractéristiques. Ils indiquent ordinairement une sorte d'unité de vue et de pensée d’une manière fort simple; c’est un mode d’arrangement systématique et presque uniforme dans toutes les tribus du Nord,
Nous avons vu la représentation d’une émigration de Chippeways venant des bords d’un lac et allant à travers des rivières, des forêts et des montagnes dans un pays civilisé. Cette scène était peinte par les sauvages eux-mêmes sur une écorce de bouleau, En bas du tableau on voyait plusieurs petits lacs bleus placés les uns à côté des autres; plus haut, une grande rivière de la même couleur, et se dirigeant de l’est à l'ouest ; au-dessus de cette rivière, des criques, des arbres, symboles des lorèts, et des tumuli imitant des montagnes se trouvaient disséminés çà
et là; enfin, au sommet du tableau, il y avait une douzaine d'animaux Lt - (totems des chefs chippeways) portant un cœur peint en rouge sur la | il po:trine, et placés les uns derrière les autres. Des lignes noires partaient a A des yeux et du cœur de tous ces animaux emblématiques et allaient { 4 il | aboutir aux yeux et au cœur de celui qui était à la tête de la troupe et RE semblait commander l'expédition. On voyait également deux autres il lignes noires tracées dans cette pictographie; la première partait du le Fe: fu inférieur pour aboutir à l'œil de l’animal qui guidait les autres, et là L f 1 seconde sortait de son cœur pour pénétrer dans une cabane située en F. face de lui. T’explication de cette scène est presque inutile, tant
pensé: ‘'° l'artiste est simplement et clairement rendue dans ce sujet Les ligu:: noi: convergeant vers le même point symbolisaient l'unité de vues, d idées et :{ sentiments des chefs chippeways dans l'exécution du projet qui leur faisait quitter les bords solitaires d’un lac où ils demeuraient, pour aller s'établir dans un pays civilisé, figuré par la cabane, et sous la conduite du chef qui les guidait. Il y a des totems qui représentent une idée plus ou moins abstraite; dans ce cas, le symbole de cette idée prend une forme arbitraire dont on ne devine la signification qu'approximativement et d’après des données déjà reçues. Ainsi le Vent-qui-souffle, nom d’un guerrier ottawa, est symbolisé par un totem représentant une feuille de saule traversée par des lignes obliques; l’Aurore-qui-se-lève, nom d’un autre chef indien, est représenté par un cygne qui secoue ses ailes; le 7 onnerre-qui-gronde est dépeint par des zigzags semblables à la foudre, que l’on place dans les serres de l'aigle, etc.
Outre les signes totémiques, la pictographie des Peaux-Rouges coniprend encore deux sortes d’écritures figuratives, dont l'une se compose de signes vulgaires et l’autre de signes hiératiques. M. Schoolcraft divise la pictographie indienne en deux catégories, dont les noms et les divisions sont en algonquin. Quoique cette double division ne nous paraisse pas très-exacte, puisque l’auteur lui-même place un épisode de chasse dans la catégorie du kÆekeewin, elle est néanmoins fort utile, et nous la
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mentionnerons brièvement. La première catégorie, appelée Aeleewin (prononcez kikiouinn), comprend les voyages et les sépultures (ad/idatigwum); la seconde, désignée sous le titre de kekeenowin, comprendh médecine (medawin), la nécromancie (jesukawin), les révélations
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{wabeno), les chasses (keosawin), la guerre (aundobeuwunewun), l'amour (sageawin) et l'histoire (muzzinabikon). Le mot kekeewin signilie écriture peinte ou pictographie, et désigne les signes représentatifs simples. Le mot kekeenowin signilie pictographie instructive, et désigne plus particulièrement les signes symboliques. Les inscriptions indiennes concernant les voyages, les sépultures, les guerres et les chasses sont d'une interprétation facile, et pour peu que l'on soit familiarisé avec le système totémique et les signes symboliques des Indiens, on déchitfre ces sortes d'inscriptions sans beaucoup de difficultés. Ainsi l'épisode de chasse à laquelle nous faisions allusion plus haut était consigné sur un pinus resinosa, près du Namakaxgon, tributaire du Sainte-Croix. Il représente deux animaux totémiques placés au-dessus de deux canots, se dirigeant vers un ours noir, et au-dessous de cet ours se trouvaient six barbots. Cela signifiait que deux chasseurs (de la tribu des Chippeways), présentés par les deux animaux totémiques, tuërent un ours et prücat barbots du temps qu’ils campaient sur les bords de la rivière.
Les inscriptions tracées sur les poteaux funéraires (adjidatigwum) rappellent les regrets des vivants et la gloire ou les vertus des d'funts. Les Peaux-Rouges ont toujours eu une vénération profor‘'e pour les morts, et le culte assidu qu’ils leur rendent est vraiment touchant. Les tombeaux indiens sont généralement situés dans des lieux pittoresques, sur des éminences d’un aspect gracieux et romantique, et au-dessus ou à côté des tombeaux de personnages illustres ou vénérés on plante un poteau avec le totem du défunt et des signes symboliques qui indiquent les principaux événements de sa vie. Dans ces sortes d'épitaphes, le totem est peint renversé, ou bien à côté de lui on dessine une espèce de croix de Saint-André fermée et ayant la forme d’un sablier.
Les autres inscriptions sont beaucoup plus compliquées que les précédentes, et sont particulièrement l'œuvre des prêtres magiciens ou hommes-médecines, pour rappeler leurs cérémonies mystérieuses, l’art de la médecine magique et les oracles qu'ils prétendent rendre sous l'influence des esprits qui les protégent.
Ceci nous oblige à dire quelques mots sur l'existence, dans les grandes tribus du Nord, de deux classes d'hommes qui font profession, les uns de connaître l’art de guérir les maladies par la magie et par des simples, et s'appellent medas où midés ; les autres prophétisent, interprètent les
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