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monta jusqu'à la surface de la terre. Un des jeunes gens de la tribu grimpa sur ce cep et arriva à l'endroit où est le village actuel. S’étant aperçu de la fertilité du terrain et de l'abondance des buffles sur les prairies voisines, il tua plusieurs de ces animaux et descendit avertir ses compagnons, qui grimpèrent en foule après lui et virent les mêmes choses. Parmi ceux-ci se trouvaient deux jeunes et jolies filles, trèsestimées des chefs et des guerriers parce qu’elles étaient vierges. Il y avait également une femme grosse et grasse qu’on voulut empêcher de monter; mais, comme elle était très-curieuse, elle profita d’un moment où on l'avait laissée seule pour grimper à son tour : le cep de vigne se brisa sous son poids, et elle retomba dangereusement blessée, Les Mandans se montrèrent furieux de la rupture du cep qui leur servait d'échelle, car, par suite de cet accident, ils ne pouvaient plus monter à la surface de la terre, et leurs compagnons qui y étaient arrivés les premiers ne pouvaient plus retourner dans leur patrie souterraine. C’est alors que ces derniers bâtirent le village qu’ils occupent encore.
I y a plus d’un siècle les Mandans habitaient les deux bords du haut Missouri à deux mille kilomètres de son embouchure; ils possédaient neuf villages entourés de murs circulaires en terre; un de ces villages mesurait plus de huit acres, ce qui prouve une grande population.
Depuis un temps immémorial les Mandans ont été en guerre avec les Dacotas et les Assinniboins, leurs ennemis invétérés; c’est sans doute à cause des combats continuels qui ont résulté de cette inimitié que le nombre des Mendans a diminué si considérablement. La petite vérole les décima en 1832 d'une manière affreuse; quelques écrivains même publièrent que la tribu entière était anéantie, mais c’est une erreur; les Mandans vivent toujours sur les bords de la rivière de la Pierre- Jaure, Nous terminerons cette esquisse en disant que la couleur des cheveux de ces Indiens provient d’un état morbide analogue à celui qui se rencontre chez les albinos. Le crâne des Mandans et leur angle facial présentent un développement exceptionnel, qu’on ne retrouve nulle part chez les autres Indiens du continent américain, si ce n’est chez les lroquois.
Les Mandans sont d'un caractère agréable, et leur personne comme leurs coutumes ont un intérêt réel et peu ordinaire. D'une humeur peu guerrière, ils ne laissent pas de se battre avec un courage et une valeur
fort rares. Leurs villages parfaitement fortifiés les mettent à l'abri des maraudeurs et leur donnent une sécurité qui leur à permis de faire des progrès dans la manufacture des objets indiens.
Minaturies. Ces Indiens, appelés Gros-Ventres par les Français, habitent, au nombre de quinze cents, trois petits villages situés à quelques lieues [des Mandans. Ils vivent sous la protection de leurs voisins, dont ils ont adopté plusieurs coutumes, quoique leurs langues soient tellement différentes l'une de l'autre, qu'ils ne peuvent se comprendre entre eux. Ils racontent qu'autrefois ils faisaient partie d’une grande ation dont ils ont été séparés à la suite d'une guerre, Il est probable que c'est des Falls que veulent parler les Minataries; car, d'après Lewis et Clark, ces deux tribus n’en faisaient qu’une avant l'émigration des Minataries. Fuyant leurs ennemis, ils arrivèrent, pauvres, sans chevaux et sans tentes, auprès des Mendans, qui ne voulurent pas les recevoir dans leurs villages, ni les laisser approcher davantage. Les Minataries ayant perdu dans le combat et dans la fuite la plupart de leurs guerriers, il ne leur restait guère plus que des femmes. Ils demandèrent à leurs voisins de les aider à construire leurs cabanes; ceux-ci s’y prètèrent volontiers, et depuis il y eut entre les deux tribus une alliance offensive et défensive qui dure encore,
Mojaves. Nous avons déjà parlé dans nos descriptions de cette tribu voisine du Colorado, dont il n'avait encore été fait mention dans aucun ouvage ethnographique. Ces Indiens sont musculeux, bien proportionués ; ils ont des formes athlétiques et une humeur guerrière qu'ils satisfont quelquefois. Ils sont également industrieux et cultivent admirablement la terre. Ils conservent dans leurs habitations des figurines de terre non cuite, qui rappellent un peu celles que les Égyptiens préseraient chez eux. Néanmoins, ces figurines ou statuettes, de trente-cinq centimètres de hauteur environ, ne paraissent pas Ôtre regardées comme des idoles; il serait possible que ce soient des joujoux d'enfant, des souvenirs de parents décédés ou des amulettes à l'usage des homimces-médecines, Nous ne connaissons aucune tradition historique sur cette peuplade, qui est dans son état de nature le plus primitif,
Moquis. Cette nation, fameuse dans l’histoire de la conquête espagnole par son amour pour la liberté, par leurs succès dans leurs luttes contre les invasions étrangères et par leur hospitalité, l'intégrité de leur caractère
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et leur application à l’agriculture, est établie dans de belles vallées situées où sont les sources de plusieurs rivières tributaires du Petit-Colorado. Ils ressemblent sous plusieurs rapports aux Zuñis, avec lesquels ils sont trèsamis. Vers la fin du dix-septième siècle les Moquis se révoltèrent contre les Espagnols et cherchèrent à les expulser de tout leur territoire. Depuis ce temps il ne fut fait aucun effort pour les réduire. Ces Indiens sont les plus industrieux de tous ceux qui demeurent dans cette partie du côntinent américain. Ils cultivent la terre comme aucune tribu ne le fait ; leurs récoltes de céréales, légumes et fruits sont admirables. Ils se tissent eux-mêmes l’étoffe dont ils se couvrent. Les femmes portent une grande tunique sans manches et un châle blanc, noir ou rouge, qui leur sert de mantille. Les hommes sont à peu près vêtus comme les Mexicains; dans les combats ainsi qu'à la chasse ils se servent de la lance ou de flèches ; la couleur de leur épiderme est très-peu foncée. Leurs villes sont trèsbien bâties; elles se composent de maisons à un ou deux étages, avec une terrasse à chaque étage, sur laquelle on arrive au moyen d’échelles portatives. Chaque ville est gouvernée par un cacique. Ces Indiens aimeut passionnément la danse. Quelques écrivains pensent que ces Indiens sont d’origine aztèque; nous le croyons aussi, mais nous n'avons d'autres preuves à l'appui de notre croyance que les vagues données tirées de l’histoire confuse des nations du Nouveau-Mexique, de leur civilisation et du caractère de leurs monuments. Le territoire des Moquis est à l’ouest de celui des Navajos, près du fort Défiance.
Muskogies. Ce n’est qu'après le massacre des Français par les Natchez que les Muskogies, formant la principale tribu des Creeks, commencèrent à prendre de l'importance. Cette nation se répandit, dans l’espace de trente années, sur un pays très-fertile ayant plus de deux cent soixante-dix kilomètres carrés ; elle possédait cinquante villes et près de quatre mille guerriers. Leurs principales résidences se trouvaient sur les bords de deux belles rivières, l'Alubama et l’Apalachicola. Les Muskogies croient que le Grand-Esprit les a fait naître du sol, et qu'ils en sont les légitimes possesseurs. Avant que la Nouvelle-Orléans existât, ils avaient découvert dans cet endroit deux Mexicains, et plus tardils virent même un grand no"ubre de blancs; mais nous pensons que ces blancs étaient des Espagnols de la Floride, car cette tradition n’indiquant pas de date, nous n'avons aucune raison de supposer qu’elle cite un fait anté-
rieur à la découverte de Christophe Colomb. Ils croient que les animaux domestiques ont été introduits sur le continent américain par les blanes, que le territoire occupé par toute la nation des Creeks n'avait jamais appartenu à des blancs, mais bien à un peuple dont ils n’ont aucune idée certaine. Avant la découverte de l'Amérique, ils jouissaient d’une paix profonde avec tous leurs voisins et d'un bien-être réel; ils n'avaient ni traités d'amitié, ni alliances avec aucune autre tribu, mais leurs forts et leurs camps retranchés leur donnaient une grande sécurité au milieu de tous leurs ennemis. Au moyen d'hiéroglyphes ils perpétuaient le souvenir de leurs victoires et de leurs douleurs, dont la plus grande était celle que leur causait la mort d’un parent.
Natchez. Le territoire de la Louisiane depuis un temps immémorial à toujours été habité par une multitude de petites tribus différant très-peu entre elles; mais parmi ces peuplades il s'en trouvait une surtout dont la puissance faisait une exception, c’est celle des Natchez, qui jadis pouvait conduire quatre mille guerriers sur le champ de bataille. Diftéventes causes qui agirent avec une effrayante rapidité sur cette vieille nation la réduisirent en très-peu de temps à peu près au néant,
D'après leurs traditions, le berceau des Natchez fut quelque part vers le soleil, d'où ils allèrent ensuite à Mexico, qui paraît avoir été leur demeure pendant plusieurs siècles. Quelques-unes de leurs légendes assurent même qu’ils aidèrent Fernand Cortez à renverser l'empire de Montézuma. Mas, s’apercevant que les conquérants espagnols se disposaient à exercer sur eux une tyraunie plus insupportable que celle de l'empereur des Aztèques dont ils avaient voulu s'affranchir, ils résolurent d'aller dans un pays étranger chercher la paix et la liberté. Ils se dirigèrent alors du côté du soleil levant et arrivèrent en face des belles collines de la Louisiane, qu'ils choisirent pour s’y établir. A cette époque les Natchez comptaient cinq cents soleils ou membres de la famille royale. Ces Indiens ont la peau brune avec des yeux et des cheveux noirs; leurs traits sont fort réguliers et l'expression de leur figure est aussi noble qu'intelligente. Leur stature est élevée; peu de Natchez ont moins de six pieds anglais, et leurs membres sont bien proportionnés. Il est rare d'en voir de contrefaits ou de difformes per une excessive maigreur ou trop de graisse. Comme tous les Indiens de la Louisiane, ils avaient l'habitude d’aplatir la tête de leurs enfants. Les femmes, comme
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