‹ Voyage pittoresque dans les grands déserts du Nouveau-Monde [microforme]Chapitre 71 sur 137 · QUI · texte numérisé non relu

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Comme ils ignoraient l'art d'écrire, leur l'histoire s'est perpétuée de génération en génération au moyen de la tradition orale; mais, afin de lui assurer toute l'authenticité possible, on avait choisi un certain nombre de jeunes gens les plus intelligents et les plus probes pour être instruits de ces traditions, les conserver et les propager. (es jeunes gens formaient ainsi une espèce de collége historique; ils étaient obligés de respecter et de regarder comme sacré le précieux dépôt qu'ils devaient préserver avec une religieuse fidélité, et de le transmettre à leurs successeurs dans tous ses plus minutieux détails. On appelait ces jeunes Indiens les dépositaires de la voir du passé, et de temps en temps an les obligeait de réciter devant les vieillards de la nation ce qu'ils étaient chargés de garder, afin de savoir s'ils ne se rendaient. pas coupables d'omissions volontaires, d’additions ou de changements provenant de négligence ou de mauvaise volonté.

Plusieurs siècles avant l’époque où les Natchez arrivèrent sur les bords du Missiseipi, ils vivaient presque dans un état de brutale ignorance, lorsqu'il leur apparut un homme et une femme qui descendaient du soleil, Leurs vêtements brillaient tellement qu'aucun œil humain ne pouvait les contempler. Cet homme leur dit que du haut du soleil il avait vu qu'ils étaient les misérables victimes de l'anarchie parce qu'ils n'avaient pas de maîtres, et qu'ils ne savaient pas se gouverner eux-mêmes, quoique chaeun d'eux s’imaginât pouvoir gouverner les autres. C'est pourquoi il était descendu pour leur apprendre à écrire, Ses préceptes, en petit nombre du reste, convenaient parfaitement au peuple qu'il venait instruire. Cet homme parlait avec une telle autorité qu'il fit une profcnde impression sur les Natchez. Les vieillards de cette nation se réunirent en conseil pendant la nuit, et le lendemain ils allèrent au-devant de l'étranger pour lui offrir le gouvernement de toute la nation. Celui-ci refusa d’abord, sous prétexte que les Natchez ne lui obéiraient pas, et que leur désobéissance entrainerait leur mort et leur ruine; mais, cédant à de nouvelles instances, il consentit à devenir leur souverain, à la condition que la peuplade émigrerait dans le pays qu'il indiquerait, qu'on suivrait strictement tous ses ordres et que ses descendants seraient toujours leurs souverains, «Si j'ai un fils et une fille, leur dit-il, ils ne pourront pas «e

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354 VOYAGE PITTORESQUE marier étant frère et sœur, mais ils pourront choisir parmi votre peuple quelqu'un pour perpétuer ma race, Le premier né de mon fils sera mon successeur, ensuite ce sera le fils de sa fille uinte, où celui de sa sœur ainée, dans le cas où sa fille n'aurait pas d'etifaut mâle, » Après cet arrangement il entra dans les plus petits détails des lois de succession au trône. 1 Hit cusuite descendre du feu du solcil, et ordonna qu'il fût éternellement entretenu avec du bois de noyer débarrassé de sun écorce, Cemystérieux personnage se faisait appeler Thé, qui, d'après M, Goyarre!, signifie doi; il vécut dans un âge très-avancé, il vit les enfants de ses petits-lils, et fut l'auteur de toutes les institutions qui prévalurent parmi les Natchez jusqu'à leur destruction. Après sa mort, ses enfants furent désignés sous le nom de soleil pour rappeler leur origine,

Cette tradition des Natchez a tellement de rapport avec celle que nous avons rapportée au sujet de la fondation de Cuzco, qu'on serait tenté de croire qu'elle en est une réminiscence, et que les Natchez et les Péruviens ont sinon une commune origine, du moins une grande analogie dans la manière dont leur organisation civile et religeuse s'est formée sous lintelligente main d'un législateur. Quoi qu'il en soit, ilest un fait positif sur lequel nous devons nous appuyer à cause de sa valeur dans la questioi des émigrations des peuples, c’est que les Natchez sont venus du Mexique dans la Louisiane, et qu'ils ont apporté avec eux Ges lois et des coutumes à peu près semblables à celles qui sont encore en usage parmi la plupart des tribus indiennes de l'Amérique septentrionale. Les Natchez, chantés par M, de Chateaubriand , n'existent guère plus qu'à l'état de légende; ils ont été presque tous détruits par leurs ennemis blancs et rouges. Ceux que nous avons vus ne conservaient que de bien faibles vestiges de leur grandeur passée. L'exil, la misère et la tristesse les avaient marqués du sceau de la décrépitude, et c'est en vain qu'on chercherait sous les haillons qui recouvrent les quelques débris de cette malheureuse peuplade des traces de leur ancienne splendeur.

Noches. Cette jolie petite peuplade vit, ainsi que les Cuabajais, su le bord des rivières situées entre le Colorado cet l'océan Pacilique: leurs terres, riches et très-boisées, ont des sites d’une grande beaute.

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