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Les Noches sont bors, affables, bien proportionnés et d'une noble appurence; leurs femmes sont propres, b'en vêtues quoique légèrement : elles ont un soin tout particulier de leur chevelure, Le passe-temps favori de ces Indiens est de se baigner dans les eaux claires de leurs norbreuses rivières : comme plusieurs tribus du nord-ouest, ils font aussi un grand usage des bains de vapeur, Les Noches n'ont aucune tradition historique qui leur soit propre; leur origine comme leurs souvenirs paraissent être les mêmes que ceux des autres peuplades de la vallée du Colorado.
Ojibbeways. Un à quelquefois confondu ces Indiens avec les Chippeways, auxquels ils sont liés par une commune origine; mais, quoique toutes les deux soient algonquines, elles sont néanmoins distinctes l'une de l’autre, Les Ojibbeways n'ont aucune tradition qui ait rapport aux causes et à l'époque de leur séparation, Le mot od-jib-way, pluriel de Odjñva, signifie une singularité dans la voix ou dans la prononciation. Les Ojibbeways se rappellent avoir vécu sur les bords de l'océan Atlantique, puis sur une grande rivière, et de BR sur un grand lac, où ils exterminérent une grande tribu appelée Muudan; enfin, ils arrivèrent près du lac Supérieur, qu'ils occupèrent pendant deux siveles, mais avec une tendance d'émigration vers l'ouest, de sorte que maintenant ils occupent une partie du bassin où se trouvent les sources du Mississipi, On compte environ huit siécles depuis le commencement de ce mouvement de l'Atlantique au Mississipi. Outre les traditions historiques que possèdent les Ojibbeways et qui sont les mêmes que celles de la race algonquine, ils en ont encore plusieurs fort curieuses sur le feu sacré dont ils se servent dans leurs cérémonies nationales et religieuses, sur la création de i’homine et la vie future. Leur population peut s'élever au nombre de six mille,
Osages. La tradition de ces Indiens au sujet du premier homme de leur tribu doit être prise d’une manière symbolique; malgré son étrangeté, nous la donnerons telle qu’ils la racontent ; car on en comprendra facilement le sens, quoiqu'elle jette peu de lumière sur leur origine. Le premier Osage naquit d’une coquille ! sur Le territoire de la mer, En ! Les coquillages daus plusieurs hiéroglyphes indiens sont le symbole d'un vaisseau. Les
Usages auront pris par la suile le symbole pour la chose tigurée, Ce fait se rencontre souvent dans les traditions indiennes,
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se promenant sur la terre, il rencontra le Grand-Esprit qui lui demanda où il demeurait et ce qu'il mangeait. À quoi celui-ci répondit qu'il n'avait aucune demeure fixe et qu'il ne mangeait rien du tout, Alors le Grand-Esprit lui donna un are, des flèches et du feu, en lui disant d'aller chasser dans les prairies, de faire cuire le gibier qu'il trouverait, et de se couvrir avec la peau du premier animal qu'il tuerait. Un jour que le chasseur, revenant d'une excursion, se mourait, de soif, il arriva sur le bo:d d'une rivière où il vit un grand nombre de castors. Le chef de la famille, assis sur le sommet de sa hutte, demanda à l'Indien qui il était et d'où il venait. L'Osage lui répondit qu'il revenait de la chasse et qu'il avait soif, — Bien, dit le vieux castor, je vois que vous êtes un honnête homme : je désire que vous veniez vivre avec nous; j'ai plusieurs filles à marier et je vous en donnerai une. — L'Indien accepta l'offre, se maria et eut beaucoup d'enfants qui formérent le commencement de la nation osage. Voilà la raison pour laquelle cette peuplade est la seule tribu qui ne tue jamais de castors, car ils les considèrent comme des membres de leur famille.
Les Usages comptent environ six mille âmes, habitant les frontières de l'Arkansas, à neuf cent trente-cinq kilomètres du Mississipi, sur les bords du Néosko et du Verdigris; on peut les appeler à juste titre les géants du désert, car on en voit rarement ayant moins de six pieds anglais de hauteur, et ceux de six et dei et même de sept pieds anglais sont assez communs. Malgré cette taille gigantesque, ils sont bien proportionnés; leurs mouvements sont gracieux et vifs, et leur bravoure à la guerre comme à la chasse est égale à celle des plus vaillants guerriers du continent américain. Les Osages se vasent la tête en ne laissant que la mèche du scalp, qu'ils decorent avec goût. La tête de ces Indiens présente cette particularité, c'est que l'os occipital est à peu près aplati et que la région du crâne est un peu pyramidale. Nous croyons devoir attribuer cette singularité non pas à un caractère typique de race, mais bien à l'usage qu'ont les femmes de cette tribu d'attacher très étroitement leurs enfants sur la planche qui leur sert de berceau et sur laquelle l'occiput est pressé fortement, Cette coutume, qui est l'inverse de celle des Chinouks, qui aplatissent l'es frontal, a pour but, disent les Osages, de donner une apparence mâle et fière à leurs enfants. Ces Indiens ont également l'habitude de se couper une partie des oreilles en lanières et
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DANS LES DÉSERTS DU NOUVEAU MONDE, 357 d'y suspendre des ornements, Quoique situés sur les frontières de la civilisation, ils m'ont voulu rien accepter d'elle, si ce n'est les couvertures dont ils s'enveloppent. Pour le reste ils ont conservé leurs coutumes, leurs vêtements de peau et leurs habitudes sauvages, sans vouloir en rien retrancher.
Les Osages ont plus de vertus que de vices; ils sont affables, affectiounés aux blanes et vivent en parfaite harmonie, non-seuleruent avec leurs voisins, mais encore avec tous ceux qu'ils connaissent, si ce n'est avec une bande dê Pawnies, dont ils ont ‘continuellement à se phindre. Le vice prédominant et presque unique des Usages est l'ivrognerte ; leur passion pour le wiskey est telle, qu'on à vu dans un seul printemps trente jeunes gens d'un petit village périr victimes de cette funeste boisson. Autrefois, cette tribu était très-puissante ; elle portait triomphante la terreur de ses armes parmi tous ses ennemis quels qu'ils fussent, Mais depuis qu'ils ont été obligés d'émigrer si souvent, le nombre de leurs guerriers à considérablement diminué et leur caractère est singulierement moditié,
Pawnies. Depuis 1832, où la moitié de cette tribu fut détruite par la petite vérole, les Pawnies ne comptent plus que dix mille individus disséminés depuis le Kansas jusqu'au Nebraska. Ces Indiens sont braves, courageux et pillards ; ils se rasent la tête comme les Osages; ils eultivent un peu le maïs; mais passionnés pour la chasse et les aventures, le mais ue sert guère qu'aux femmes et aux vieillards; les guerriers se nourrissent des animaux qu'ils tuent dans les grandes prairies où qu'ils volent à ceux qui passent sur leur territoire, Les Pawnies sont divisés en quatre bandes, ayant chacune leur chef; au-dessus de ces quatre principaux chefs, il en existe un autre à la voix duquel la nation entière obéit, Cette peuplade à quatre villages situés auprès du Nebraska; elle est alliée aux Omahas et aux Ottoes, leurs voisins, et en cas d'invasion ces trois tribus unies pourraient repousser un ennemi formidable. Nous ue croyons pas que ces Indiens aient aucune tradition historique, du inoins nous n'en avons pu trouver aucune, mais ils en ont sur d'autres sujets de fort curieuses, que nous mentionnerons plus tard.
Pémas. Sur les limites de la province de la Sonora et sur les bords du Gila habite la nation des Pimas, comptant deux mille cinq cents âmes et
vivant dans cinq villes, nommées Atison, San-Juan Capistrano, San-Se-
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458 VOYAGE PITTORESQUE ferino de Napgub, Sutaguison et Tubuscabor. Ces cinq villes commandent le territoire nommé Pimeria. Les Papagos demeurent près des Pimas, presque à l'embouchure du Colorado, au nombre de quatre mille, Les Pimas sont très-industrieux ; ils cultivent la terre, possèdent de belles fermes et récoltent du blé, du maïs, du coton et des légumes; ils élévent aussi de la volaille, des moutons et des chevaux. Ils s'habillent avec des couvertures de laine ou de coton de leur propre manufacture. Leurs armes sont les mêmes que celles des autres Indiens, et ils en font souvent usage contre les Apaches et d'autres tribus du Colorado. Pourtant ce n'est pas par humeur belliqueuse, car les Pimas sont laborieux avant tout, sociables et très-unis entre eux. Les hommes et les femmes ont des cheveux d'une longueur remarquable, les hommes surtout; quelquefois ils les laissent tomber plus basque leur ceinture; d'autres fois ils les enduisent de boue et se les arrangent en turban au-dessus de Ja tête ; ceux du front sont coupés chez les deux sexes de manière à protéser les yeux des ardeurs du soleil, La Pimeria était immensément peuplée avant l'invasion espagnole, si l'on en juge par l'énorme quantité de ruines et de débris de poterie que le voyageur rencontre à chaque pas. Les Pimas assurent que leur premier parent fut enlevé au ciel et que, depuis ce temps, Dieu les a oubliés; ils venaient du côté du soleil levant, et depuis l'ascension du père de leur tribu, ils émigrèrent vers l’ouest en suivant les bords du Colorado et du Gila. Leurs chefs pensent qu'ils sont placés par Dieu à la tête de leur nation; ils donnent au peuple les meilleurs conseils possibles, les engageant à ne rien prendre de ce qui ne leur appartient pas, à dire toujours la vérité et à être en paix avec tout le monde, C'est sur le territoire des Pimas que se trouvent les fameuses Casas grandes attribuées aux Aztèques.
Pueblos (Tudiens des). Il est un fait bien digne de remarque, c’est de voir que lors de la conquête de Fernand Cortez il existait, à plus de douze cents kilomètres au nord de Mexico, une collection de tribus indiennes, dont la civilisation, moins avancée que celle des Mexicains, était pourtant bien supérieure à celle de toutes les autres tribus de l'Amérique du Nord, Il est probable que ce phénomène doit être attribué à quelques colonies toltèques qui se seront établies sur les bords du Gila et dans la vallée du Rio-Grande longtemps avant l'émigration des Aztèques pour le Mexique. Ce qui confirmerait cette opinion, c'est la culture du mais,
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des haricots et des citrouilles, qui sont d'origine tropicale et en nsage parmi les Indiens des pueblos, co qui prouverait que la civilisation de ces peupladesest venne du Sud Ces Fndiens vivent pour la plupart dans le Nouveau-Mexique et forment un contraste frappant avec les autres Wibus du continent américain, Hs demeurent dans des villes bien bâties et d'un caractère tout à fait partieutier sis cultivent li terre et l'arrosent au moyen de petits canaux, tel qu'ils le pratiquaient avant lt conquête espagnole, La population des vingt-deux pueblos du Nouveau-Mexique mentionnés dans notre statistique du précédent volume peut s'évatuer à soie mille Ames environ, Dans ce caleut, nous faisons abstraction des Moquis, des Apaches et des autres tribus du Colorado et du Gil, qui demeurent égalementdans des villes, Depuis deux siècles qu'ils sont connus, ls Indiens des pueblos ont toujours 616 caractérisés par leurs dispost- Lions paciiques, leur honudteté notoire, intégrité de leurs mœurs et leur sobriété, Prévoyants et sages, ils ont soin de récolter plus que ee doute ont besoin pour leur entretien, atin de ne pas se trouver au dépourvu dans lesmanvaises saisons où dans les années de disette, Quoique anis des blancs, ils ne S'unissent point avec eux par des mariages inter HATONAUX,
En général, on apprend peu de chose des Indiens sur leur propre compte; leurs traditions de tous genres sont nombreuses, mais ils les communiquent rarement et à grands traits, sans détails, de sorte qu'ilest dificile de savoir à quoi s'en tenir; aussi destee qu'avee le secours des récits des premiers conquérants, des quelques traditions orales des ludiens modernes, de leurs superstitions et des antiquités trouvées daus leur pays, que lon peut d'une maniere approximative connaitre leur origine, Les habitants des pucblos conservent un vif souvenir de Montézuma, comme étant leur premier législateur, une sorte de prophète-roi qui leur ineulqua les premiers éléments de la civilisation ; aussi leur religion est-elle un mélange de rites catholiques et de souveairs de leur ancien paganisme, Dans le courant de cet ouvrage nous resiendrons sur les traditions de ces singulières peuplades et sur leur gouvernement, dontnous avons déja dit quelques mots,
Queres. Quelquefois on a confondu les Querès où Kerès avec les Te guas ou peuples du Tiguex, mais c'est à tort, car les uns vivent dans
ls pueblos du sud-ouest et les autres duns ceux du nord-est. Santo
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Domingo, Sau-Philippe et Acoma, dont nous avons parlé dans nos descriptions, sont habités par des Querès. Les habitants d'Acoma ont eu très-peu de rapports avec les Mexicains ; aussi leur langue conserve-t-elle encore toute la pureté primitive qu'elle avait avant l’arrivée des Européens dans le Nouveau-Mexique. Les Zuñis appellent le peuple d’Acoma Hah-Kou-Ki-Ah, ce qui prouve que cette peuplade est la même que celle désignée sous le nom d’Acuco par les Espagnols, qui la visitèrent dans le seizième siècle. Dans la relation du voyage d’Augustin Ruyz de l'ordre de Saint-François en 1581, et d'Antonio de Espego en 1583, nous voyons que les Querès possédaient alors cinq villes contenant quatorze mille personnes adorant des idoles; ils avaient chez eux des espèces d'écrans ressemblant à ceux des Chinois et sur lesquels étaient peints le soleil, la lune et des étoiles. On se rappelle que les Querès attendent le retour de Montézume, dont ils ont conservé un profond souvenir dans leurs traditions, et qu'à Santo-Domingo un Indien monte chaque matin sur la maison la plus élevée du pueblo dans l'espérance de le voir arriver du côté du soleil levant.
Ricaries. Ces Indiens habitent un grand village admirablement situé sur les bords du haut Missouri, à deux cent soixante-cinq kilomètres au-dessous de celui des Mandans. Les Ricaries ont dû appartenir à la pation des Pawnies du Nebraska, car leur langue est à peu près lamême: mais on ignore à quelle époque à eu lieu la scission. Lorsque MM. Levis et Clark visitèrent cette tribu au commencement du dix-neuvième siècle ils furent traités avec beaucoup d’égards et de bonté par les sauvages; imais depuis ce temps les Ricaries ont beaucoup souffert de leur contact avec les faces pdles et ils leur ont juré une haine éternelle, qui se traduit par le meurtre et le pillage de tous ceux qui leur tombent sous la main.
Sahaptins où Nez-Percés. Cette tribu demeure sur les bords du Lewis- Fork ou rivière au Serpent, branche méridionale du Colombia. Les Sahaptins ressembient moins à leurs voisins les Selishs qu'aux Indiens du Missouri. Ils possèdent beaucoup de chevaux et sont de bons chasseurs. Autrefois ils étaient toujours en guerre contre les Corbeaux, les Pieds- Noirs et les Shoshonies; mais maintenant ces querelles sont peu fréquentes. Comme toutes les tribus de l'Orégon, les Sahaptins n'ont aucune tradition historique digne d’intérèt.
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