‹ Voyage pittoresque dans les grands déserts du Nouveau-Monde [microforme]Chapitre 73 sur 137 · ES · texte numérisé non relu

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Satsikaas ou Pieds-Noirs. Cette grande nation se compose de cinq tribus, savoir : les Satsikaas proprement dits ou Pieds-Noirs, les Atsinas où Gros-Ventres des prairies, les Kenas ou Indiens du Sang, les Peganes ou Payens et les Sarsio quelquefois appelés Sussies. Nous croyons que ces tribus réunies donnent une population de quinze à vingt mille âmes, quoique le P. Point, ancien missionnaire, la limite à dix mille et que M. Catlin la fasse monter de quarante à cinquante mille âmes, ce qui nous paraît très-exagéré. Les femmes, parmi eux comme chez toutes les tribus guerrières, constituent les deux tiers sinon les trois quarts de cette population. Cette nation occupe tout le pays environnant les sources du Missouri, depuis les grandes prairies du nord-ouest jusqu'aux montagnes Rocheuses, et s'étend même jusqu'au Colombia et au Saskatchawan. Le nom de Pieds-Noirs leur vient de la couleur sombre des mocassins qu'ils portent. Ces Indiens sont guerriers, cruels, voleurs; ils parcourent avec une rare hardiesse des distances considérables pour voler, piller et guerroyer contre les tribus ennemies; leur taille est herculéenne, leurs épaules larges et leur poitrine bombée, Leurs costumes sont réellement d'une richesse sauvage incroyable et que l’on ne retrouve que parmi les Corbeaux. Les Gros-Ventres sont peut-être les plus adroits et les plus braves de la nation et les plus attachés à leurs vieilles superstitions ; les Peganes sont les moins barbares, mais les plus voleurs: les Gens du Sang sont les moins malpropres et les plus beaux, et les l'ieds-Noirs les plus hospitaliers. Cette nation, entièrement adonnée aux vices de leur existence, n'ont aucune tradition relativement à leur histoire ancienne ou moderne; leur théogonie grossière n'inspire rien de l'intérêt que l’on rencontre dans les dogmes religieux d’autres tribus plus intelligentes.

Selishs où Têtes-Plates. On ignore l’origine de la dénomination de Tètes-Plates donnée aux Selishs, qui n’ont pas l'habitude de se déformer la tète comme leur nom le ferait supposer. Ils habitent la partie supérieure de la Colombie et le pays arrosé par le Spokan , l'Okanagan et quelques autres tributaires du Colombia. Cette nation se divise en plusieurs tribus, dont les plus importantes sont les Selishs, les Kullespelms, que nous croyons être les mêmes que les Kalispels, les Soayalpis, les Tsakaïtsitlins et les Okinakans ou Okanagans. Toutes ces tribus réunies forment une population de trois à cinq mille âmes. Les Selishs semblent

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être une classe intermédiaire entre les tribus de la côte et celles du sudest, En stature et proportions ils sont supérieurs aux Chinouks et aux Chikilishs, mais inférieurs aux Sahaptins, Leurs traits sont moins régu. liers etleur pean moins chire que ceux de ces derniers. Le P, de Smet de la compagnie de us a publié des détails très-intéressants sur les Tôtes- Plates et les anti : tribus de l'Orégon, que nous nous abstiendrons de reproduire ici.

Seminoles. Nous ne pouvonspasser sous silence le nom de cette fameuse tribu qui soutint une longue guerre contre les États-Unis. Nous n'entreprendrons pas de faire leur histoire, qui est à peu près la même que celle des Creeks et des Cherokies, afin de ne pas nous répéter; nous dirons seulement que le mot Seminoles est un mot creck, qui veut dire fugitifs, Ce nom fut donné à la partie de la nation muskogite qui émigra en masse vers la Floride jusqu'au territoire des Euchies, qui furent anéantis ou absorbés par les envahisseurs. Le gouvernement des États-Unis ayant voulu les transporter dans les déserts de l'Ouest, où ils sont actuellement, les Seminoles résistérent courageusement aux volontés du gouvernement américain : de là il en résulta une guerre poussée de part et d'autre avec une opiniâtreté et une cruauté inouïes, guerre horrible, qui dura plusieurs années, coûta des sommes énormes et dont le savant

M. Drake nous a laissé des détails affreux, sur lesquels nous devons jeter le voile de l'oubli. ;

Senecas, Des six tribus formant la grande confédération indienne appelée les six nations, et qui se composait des Cayugas, des Mohawks, des Oneidas, des Onondagas, des Senecas et des Tuscaroras, les Senecas sont certainement les plus nombreux. Ils demeuraient sur les bords des lacs Senecas et Cayugas, mais ils vendirent peu à peu leur territoire et se répandirent vers l'ouest. Les environs de Buffalo et les chutes du Niagara sont leur résidence actuelle, Lors de l'existence de la confédération, cette tribu comptait huit à dix mille habitants; maintenant ils sont un peu moins de trois mille. Ils avaient pour chef un Indien célèbre, du nom de Jiquette Rouge. Depuis que la petite vérole et le wiskey oni fait leurs ravages ordinaires parmi les Senecas, cette tribu à été anuihilée; il ne lui reste plus que sa gloire passée et le souvenir de ses triomphes sur ses anciens ennemis.

Seris. Ces Indiens vivent près des côtes de la Sonora, sur le fameux

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(erro-Prieto et dans son voisinage immédiat, [ls sont cruels, sanguinures et voleurs; autrefois ils formaient une bande nombreuse, qui commettait toutes sortes d'atrocités dans cette province; avec leurs lvches empoisonnées ils firent périr des milliers de paisibles colons, Le gouvernement mexicain organisa une expédition contre eux, mais elle n'eut aucun résultat, Les Américains, plus heureux ou plus énergiques dans leurs entreprises, en tuèrent un bon nombre; ce qui reste de cette tribu est tenu en respect par trois postes militaires établis pour empêcher ces Indiens de continuer leurs excès, Les Seris n'ont aucune des coutumes des tribus civilisées; leurs notions religieuses et leur organisation civile dénotent un degré d'abrutissement peu commun parmi les autres nations américaines.

Shaunies. L'histoire de cette nation, qui fut si puissante autrefois, st intimement liée avec celle des États-Unis et de la guerre de l'indépendance. Avant leur émigration première dans les États de l'Ohio et de lIndiana et leur établissement définitif dans la vallée de la Canadienne, ks Shawnies habitaient la Pensylvanie et le New-lersey. Quelques auteurs pensent que ces Indiens viennent de là Floride orientale, parce qu'ilexiste dans cette contrée une rivière du nom de Su-wa-nee, d'où serait venu le nom de Sha-wa-nos que portent également le Shawnies ; mais ce qu'il y a de certain, c'est qu'ils ont été connus sur les côtes de l'Atlantique, près des baies Delaware et Chesapeake, depuis l'époque historique, c'est-à-dire depuis l'arrivée des Anglo-Saxons dans ces parages. Les Shawnies, comme les Algonquins dont ils faisaient partie, ant la tradition d’une origine transatlantique ; il y a peu d'années encore qu'ils faisaient des sacrifices annuels pour remercier le Grand-Esprit de leur heureuse arrivée en Amérique. Les Shawnies et leurs voisins, les Delawares, furent tour à tour amis et ennemis; ils se battirent souvent ensemble et rétrogradèrent vers l'ouest à la suite de l'invasion des blancs. Les Shawnies actuels sont aussi civilisés que les Chactas; ils s’habillent peut-être moins richement; à part des anneaux, des boucles d'oreilles et des broches de leur manufacture, ils font peu de cas des ornements auxquels les Indiens tiennent tant. Leurs figures sont singulières, leur nez à une coupe grecque assez gracieuse, leurs cheveux sont coupés ila hauteur du cou et divisés au milieu du front. Les hommes portent des moustaches à la francaise ; les femmes sont plutôt belles que lides,

du VOYAGE PITTORESQUE

et, malgré la couleur foncée de leur peau, on voit sur leurs joues tous mul, € les indices d'une florissante santé, blez di Muy a pus de tribus qui aient fourni autant d'hommes célèbres qu nation les Shawnies, Parmi les plus fameux nous ne pouvons nous empé- slide cher de citer Tecumseh, qui organisa une vaste conspiration indienne autres ses et

dans le dessein de massacrer où de chasser tous les blancs de l'Amérique

du Nord, et Ten-squa-ta-way (la porte ouverte), frère de Tecumseh, qui tiver

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nil l'aida dans sa gigantesque entreprise, Ten-squa-ta-way était prophète et tracditis

| borgne; dans la main droite il portait le /eu sacré, et dans la gauche il disent Een avait une sorte de chapelet, Avec ces deux objets il parcourut toutes les qui

jh tribus du nord-ouest, engageant les guerriers à se joindre à son frère dans |

H' rs, 4 pour chasser les blancs et venger le droit des Indiens, Cet homme extraor- is fur fi dinaire réussit à merveille dans la mission qu'il s'était imposée; partout repos pan où il passait des tribus subissaient l'influence de son ascendant et pro- Noires

f | mettaient de s'unir à Tecumseh pour son œuvre bératrice ; mais des Sho ‘a | ennemis politiques de Ten-squa-ta-way le suivirent partout et détrui- pale £ sirent l'effet de son prestige en assurant qu'il était fou, C'est ainsi qu'a- dessot f | vorta le projet de cette insurrection, qui aurait fait couler des flots de dans sang si elle n'avait pas été étouffée sitôt, Population actuelle des Shawnies, Bonnu quinze cents habitants environ. mune

Sheyennes. Ces Indiens forment une tribu de trois mille âmes, qui de chi

vit dans le voisinage des Dacotas, entre les collines Noires et les Noirs,

montagnes Rocheuses, C'est une des plus belles races du nord de l'Ame- grâce rique ; leur stature n'est sur passée que par celle des Osages ; leur nez est miséré

aquilin et les pommettes de leurs joues sont saillantes; ils sont pour la qui s plupart presque nus et pourraient servir de modèles pour la statuaire, Lo plante Les Sheyennes sont très-riches en chevaux ; leur pays en possède d'in- gene nombrables troupeaux, qui paissent tranquillement dans les prairies, et sont o autres

que ces sauvages prennent et vendent aux tribus voisines, ainsi qu'aux blancs des compagnies de fourrure, Ce sont aussi les plus intrépides et la uvaliers et les meilleurs guerriers de cette région; leurs guerres inces- sl de

santes contre les Pawnies et les Pieds-Noirs les ont rendus d'une agilite dénûr et d'une bravoure exceptionnelles, Le gouvernement des États-Unis soufr parait avoir oublié ces sauvages dans son œuvre de bienfaisance envers laitenr tous les Peaux-Rouges de l'Ouest : aussi s’en plaignaient-ils à des officiers 4 malle

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américains en leur disant : « Nous ne vous avons ni volé, ni fait aucun

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DANS LES DESERTS DU NOUVEAU MONDE. 36% mal, et vous ne faites nullement attention à nous; tandis que vous comblez de présents les Pawnies, qui volent et tuent les hommes de votre nation,» Les Sheyennes ont la réputation d'être plus libéraux dans leur commerce avec les blancs et d'être moins voleurs que les Indiens des autres tribus, O-cum-who-wust, un de leurs chefs, a récemment engagé es compatriotes à se construire des habitations permanentes, à cultiver la terre et à élever des troupeaux, comme le font les blanes, Leurs traditions ressemblent à celles de la majorité des tribus nomades; ils disent être les descendants d'un grand peuple appelé les Showays, qui habitaient une branche de la Rivière Rouge du Nord, qui se jette dans le lac Winnipeg. Après des combats acharnés contre les Sioux, ils furent obligés d'émigrer au delà du Missouri et ne trouvèrent de repos contre leurs trop nombreux ennemis que derrière les collines Noires,

Shoshonies. Gelte nation, mère de plusieurs grandes tribus, vit prinei= palement dans les montagnes Rocheuses; mais on en voit également près dessources du Missouri, sur le Lewis-Fork, vers le 22° degré 30° de lat. N., dans le Grand-Bassin, F'Ütah, la Californie et le Texas. Les Serpents, les Bonnacks, les Comanches et quelques familles de l'Utah ont une commune origine avec les Shoshonies. I y a plusieurs siéeles, leur territoire de chasse se trouvait sur les bords du haut Missouri; mais les Pieds- Noirs, après bien des combats sanglants, finirent par les en chasser, grâce aux armes à feu que leur procurérent les Espagnols. Les plus misérables de ces Indiens sont les Chercheurs de racines (Root-Diggers), qui se nourrissent presque exclusivement des racines de quelques plantes qu'ils prennent dans les ravins ou dans les plaines, Ces pauvres gens souffrent extrêmement de la faim et de toutes sortes de misères; ils sont obligés de passer les deux tiers de l'année dans les montagnes, sans autres ressources qu'un peu de poisson ou des racines, Aussi, quand l'un et l'autre manquent ou deviennent rares, on ne saurait dire à quel point ces parias du désert font pitié; et pourtant ils ne s’affectent pas de leur dénûment, ils sont même gais et conservent de la dignité dans leurs souffrances. Avec les étrangers ils sont francs et communicatifs et parfaitement honnêtes dans leurs transactions. Les Serpents sont moins malheureux que les Shoshonies proprement dits; ils sont assez propres de leur personne et ne mangent jamais de la viande de cheval ou

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