LE MILAN
Je vole, je vole très-haut.
Moi seul je dédaigne les airs Jusqu'à ce que j'arrive dans les cieux,
Comme suspendu par un cheveu.
L’AIGLE (regardant en bas, répond avec un air de mépris).
Qui monte dans ies cieux?
Quel est celui dont la langue caquette
Et qui se suspend au-dessus des nuages orageux ? Quel est celui qui vole si haut?
LE MILAN (répond d'une voix faible et tremblante ), C'est le grand khakaki!, Qui, je le supposais, devait voler si haut,
Afin qu'il pût voir dans les cieux, Lorsque l'aurore se réveille.
L'AIGLE (ne peut s'empêcher de répondre avec d‘dain). Je vous méprise tous gens habillards.
Que de fois j'ai passé près de vous Quand mes ailes larges, puissantes et légères S’élevaient dans les airs, d'où le tonnerre grondet Vous ne pourriez oser, avec vos faibles ailerons, Monter sur le sommet des collines célestes.