‹ Voyage pittoresque de Constantinople et des rives du BosphoreChapitre 25 sur 87 · DU SÉRAIL · texte numérisé non relu

DU SÉRAIL

Ï-JE tableau représente une ambassade européenne qui se rend avec appareil à l'audience du Grand -Seigneur. Cette cérémonie est en elle-même si intéressante, et d'ailleurs l'artiste s'est attaché à en retracer toutes les particularités avec une exactitude si scrupuleuse , que nous croyons devoir écarter de notre texte tout ornement étranger.

M. Melling a saisi le moment où le cortège traverse la seconde cour du sérail; mais reprenons sa marche depuis le commencement de la cérémonie, pour rendre notre description plus complète.

A l'aube du jour, l'Ambassadeur sort de son palais, situé dans le faubourg de Péra. Il est précédé d'un nombre considérable de Janissaires; les interprètes, les secrétaires et les gentilshommes d'ambassade l'entourent; les autres personnes attachées à la légation viennent ensuite : tout le cortège est à pied ; l'Ambassadeur seul est porté dans une chaise à porteur magnifiquement ornée. Il se rend à l'échelle de Top-Hané. Là, il trouve le grand kaik, à sept paires de rames, du Tchaouch-Bachi ^ grand maître des requêtes, troisième ministre d'état; il s'embarque avec le secrétaire d'ambassade : le colonel du régiment des Janissaires tient le gouvernail. Le reste du cortège traverse le port sur un grand nombre de bateaux disposés à cet effet.

Arrivé à l'échelle dite Baktché-Capoussi , porte des jardins, à Constantinople, l'Ambassadeur est reçu dans un kiosque par le Tchaouch-Bachi. Ce ministre lui fait offrir la pipe , le café , le sorbet et le parfum. L'Ambassadeur monte ensuite sur un beau cheval richement harnaché, que le Grand-Seigneur lui a fait envoyer de ses écuries, avec nombre d'autres chevaux destinés pour les personnes de son cortège. Le Tchaouch- Bachi, également à cheval, accompagne l'Ambassadeur; vingt-quatre officiers Tchaouch, le Mihmandar, maréchal-des-logis, et trois cents Janissaires, viennent encore se joindre au cortège, qui arrive ainsi près du palais du Grand-Visir, en face de XAlài-Kieuschk, kiosque d'où le Grand-Seigneur voit les cérémonies de ce genre, ainsi que la revue des troupes. Prévenu de l'arrivée de l'Ambassadeur, le Grand^-Visir paroit aussitôt entouré d'une cour nombreuse, et accompagné àu Reïs-Effendi , ministre des affaires étrangères, et du Kiaya-Bey, ministre de l'intérieur. Après les salutations réciproques, l'Ambassadeur, avec son cortège, se range immédiatement après celui du Visir, qui doit toujours précéder au sérail les ministres étrangers.

On arrive à la fameuse porte dite Bab-Humaïoun, ou porte auguste, qui donne son

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