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PRÈS DE L'ARSENAL, DANS LE PORT DE CONSTANTINOPLE

L'orgueil de posséder et le besoin de contempler la plus belle rade de l'univers ont inspiré à l'un des successeurs de Mahomet II le désir d'avoir un palais sur le port de Constantinople. Celui à'Jïnali-Kavakj occupe un emplacement qui devoit ce nom à un tremble dont la grandeur prodigieuse étoit un objet de curiosité. Les Turcs appellent le peuplier kamk, et le tremble aïnali-kamk (peuplier luisant), parceque son feuillage reluit comme un miroir présenté au soleil. Un fait historique a accrédité l'erreur dans laquelle sont tombés presque tous les voyageurs, et que partagent les habitants même du faubourg de Péra , qui traduisent Jïnali-Kamk par palais des miroirs.

Les Vénitiens ayant conclu, en 1718, avec les Turcs la paix de Passaro{^vitz , qui leur coûta le Péloponnèse , envoyèrent au sultan Achmet III les plus belles glaces de leurs manufactures. Il les fît placer dans son palais d'Ainali-Kavak, le seul qui fut propre à les recevoir. L'intérieur des appartements chez les Orientaux est tel, que cet ornement n'y peut être admis.

Ce palais , illustré par cette espèce de tribut d'une république qui avoit long-temps lutté contre le Croissant, a depuis été témoin d'un fait qui attestoit la prompte décadence de FEmpire Ottoman. Ce fut là que le sultan Sélim III ratifia la cession de la Crimée à la Russie. Ce fut encore là que les orgueilleux usages des empereurs turcs fléchirent pour la première fois devant la dignité du grand arbitre de FEurope. Le général Sébastiani, alors colonel, chargé d'une lettre du premier Consul à Sélim III, ne voulut la remettre qu'au Grand-Seigneur lui-même. Le nom de Bonaparte renversa la fiere étiquette que les Sultans avoient conservée à l'égard des Envoyés de Charles- Quint et de Louis XIV. Le général Sébastiani , admis devant Sa Hautesse , se présenta en uniforme de hussard et le sabre au côté , sans la pelisse dont il avoit été revêtu et qu'il laissa dans l'antichambre. Le Capitan - Pacha , favori du Grand- Seigneur , avoit ménagé cette double innovation; et les Turcs eux-mêmes ne parurent point étonnés d'une exception portée en faveur de l'envôyé d'un grand homme qu'ils avoient appris à connoitre.

Ainali-Kavak n'est recommandable que par l'avantage de sa position; construit sans élégance et sans hardiesse, il a été réparé plusieurs fois, et en dernier lieu par Sélim III. Ce monarque qui avoit paru d'abord s'en occuper avec prédilection, après l'avoir habité un seul printemps , fut bientôt attiré et retenu par les délices de Beschik-Tasch,

Après les maisons tout- à -fait à gauche du tableau, on remarque un minaret ou clocher; c'est celui de la mosquée de Hass-Kieuï , village auquel ces maisons appartiennent. L'extrême malpropreté de ses habitants, la plupart juifs, y entretient la peste plus long -temps que dans tout autre quartier de Constantinople; et le dégoût des

VUE D'AÏNALI-KAVAK.

Sultans pour la résidence d'Ainali-Kavak, a pu être l'effet d'un voisinage aussi incommode. Le vaste terrain qui s'abaisse en pente douce derrière le village et le palais est YOkméïdan, Là les monarques ottomans se faisoient jadis un plaisir de signaler leur vigueur et leur adresse dans des jeux dignes d'une nation conquérante ; mais l'adulation et la mollesse ont fait dégénérer ces brillants exercices. Les Sultans , toujours applaudis par ceux qu'ils avoient facilement vaincus , ont cessé de voir de la gloire dans des prix qui leur étoient mal disputés. Aujourd'hui les troupes manœuvrent dans l'Okméidan; les Itchoglans y jouent au dgirid; et le Grand-Seigneur lui-même y vient quelquefois ajuster un but à coups de flèche ou de fusil. Les petites bornes dont ce terrain est parsemé sont en marbre , et indiquent les endroits où le but a été atteint par Sa Hautesse.

Entre la mosquée de Hass-Kieuï et le kiosque avancé dans la mer, qui occupe le milieu de la gravure , sont les bâtiments affectés au logement de la garde et des officiers du sérail. Un vaisseau dégréé, à droite et fort près du kiosque, indique une petite anse de retraite pour ceux qui ont été mis hors de service. Derrière la partie ombrée du mur qui borde le rivage, paroit le harem du Grand-Seigneur, et ses appartements s'étendent depuis l'angle où le mur commence d'être éclairé jusqu'à la pointe d'Ainali- Kavak.

Le port de Constantin ople forme à cette pointe une espèce de golfe le long duquel sont rangés de gros vaisseaux. L'emplacement des premiers chantiers est désigné par celui de ces vaisseaux dont on voit la poupe et les agrès. Les mâts et les hunes des autres sont seulement apperçus et peuvent servir à mesurer la profondeur du golfe en se mêlant aux arbres de ses rives. L'arsenal de la marine, Tersané, y est établi; il sera l'objet d'une Vue particulière, ainsi que le palais du Capitan-Pacha , dont la position est indiquée dans celle-ci au-dessus du harem et entre deux groupes de cyprès.

Plusieurs détails du genre de ceux dont l'immortel Vernet a fait connoitre la grâce et l'utilité appellent encore l'attention du spectateur. En remarquant à gauche et sur le premier plan une barque de l'Archipel nommée besch - tchifté ^ il peut comparer ce bâtiment, de forme et de voilure antiques, avec les vaisseaux et frégates qu'il voit mouillés à la droite du tableau ; et tout en suivant avec intérêt les progrès de l'architecture navale, il admire ce qu'ont su faire les anciens, privés de nos savantes méthodes; il ne se croit plus au milieu d'un peuple sorti depuis quelques siècles des rochers du Caucase; les grands souvenirs des Phéniciens, des Carthaginois, des Romains, et des Grecs, s'offrent à sa pensée; Constantinople redevient pour lui Byzance.

Entre le besch-tchifté et un petit bâtiment à voiles latines [kirlankitsch) qui se dirige vers la pointe d'Ainali - Kavak on voit le Bostandgi-Bachi faisant sa ronde avec son lieutenant qui le suit dans un kaik plus léger que le sien.

Le lointain de cette Vue offre de gauche à droite la tour de Galata, la pointe du sérail, et la mosquée de Sainte-Sophie.

VUE DE L'ARSENAL DE CONSTANïINOPLE.

Qu E seroit devenue l'Europe , si les princes guerriers qui occupèrent avec tant d'éclat le trône des Ottomans avoient su créer une marine digne du port de Constantinople, et s'ils avoient eu sous leurs ordres des Ruyter, des Tromp, des Tourville, et des Duquesne? Quels moyens ne leur offroient pas la rade la plus spacieuse et la plus sure de Punivers , les canaux du Bosphore et des Dardanelles si bien fermés ; enfin cette Propontide , cette mer Noire , et cet Archipel dont ils avoient soumis les rivages ! A défaut même de ces grandes escadres , qui demandent le concours des sciences , des arts , et de presque toutes les ressources de la civilisation , combien n'eussent pas été redoutables des flibustiers turcs, dont l'audace et la cupidité eussent été animées par un fanatisme religieux! Eût-on jamais pu réprimer des pirates qui, sur des points différents , auroient eu les châteaux d'Europe et d'Asie pour protéger leurs entreprises ? Heureusement alors le port de Constantinople resta privé , sous un peuple ignorant , de la destination qu'il tient de la nature. Des armateurs vénitiens et génois suffirent pour humilier la puissance navale de ces conquérants , qui tenoient sans cesse en alarmes Vienne, Varsovie, et quelquefois Rome elle-même. Les bâtiments à rames des Turcs, leurs galères, et leurs demi-galeres , soutenoient sans gloire de petits combats contre des flottilles italiennes , évitoient le plus souvent les chevaliers de Saint- Jean de Jérusalem , et , après leur avoir enlevé Rhodes , les trouvoient aussi redoutables à Malte. Ainsi cet ordre religieux, ce brillant débris des croisades empéchoit que l'Europe ne fut troublée dans le continuel accroissement de ses richesses; et fatigant sans relâche les Turcs, ne leur permettoit pas de connoître ou d'employer leurs avantages maritimes.

Enfin l'exemple des nations européennes inspira aux Sultans le désir d'avoir des vaisseaux d'une grande dimension: mais de lourdes escadres mal commandées, et où l'on ignoroit les plus simples manœuvres, ne furent pour eux que des objets d'une ostentation dispendieuse. Ces flottes eussent été bientôt anéanties dans leurs promenades sur l'Archipel, si, depuis le XVP siècle, la Porte n'eut été presque toujours en paix avec les puissances maritimes du premier ordre. Le désastre que subit la flotte turque à Tchesmé, en 1770, montra combien cette marine étoit inférieure à celle que Pierre P"^ avoit donnée depuis soixante ans à la Russie. Mais lorsqu'on croyoit la marine turque anéantie, Hassan-Pacha en rendit les restes formidables aux vainqueurs; il put combattre Elphinston et Spiritoff , à l'aide de mauvais bâtiments que son intrépidité et son génie sans culture faisoient mouvoir avec une agilité, une force et un ensemble faits pour étonner les marins les plus exercés. Quoiqu'il eût eu l'insigne bonheur de pouvoir se passer de la science au milieu des avantages qu'il obtint, il se garda bien

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de l'orgueil insensé d'en dédaigner le secours dans un moment plus calme; il voulut, en créant une marine, faire pour son pays ce que Pierre -le -Grand avoit fait pour la Russie. Cependant ses tentatives n'eurent qu'un foible succès.

Les grands services qu' avoit rendus Hassan-Pâcha , ceux qu'on attendoit de lui, son ascendant sur l'esprit de sultan Abd-ul-Hamid , enfin un caractère qu'on croyoit indomtable, ne purent vaincre qu'imparfaitement les préjugés religieux des Turcs, et leur orgueilleuse apathie. La France, dont la politique étoit alors prudemment dirigée vers tous les moyens de recouvrer l'indépendance des mers , qu'un traité ignominieux lui avoit fait perdre, seconda les desseins de Hassan-Pacha; elle n'avoit plus à s'effrayer des progrès futurs de la marine ottomane. D'après les instances de M. le comte de Choiseul-Gouffier, M. Le Roi, habile ingénieur de la marine, fut envoyé à Constantinople avec plusieurs maîtres constructeurs attachés à l'arsenal de Toulon. Un vaisseau de soixante et quatorze canons fut entrepris ; mais la construction n'en fut achevée que lentement ; les intrigues du Divan excitoient des mutineries parmi des ouvriers qui s'indignoient d'être dirigés par des infidèles. M. Le Roi n'obtenoit pas sans peine de se servir de telle pièce de bois qui lui étoit nécessaire; quelquefois Hassan-Pacha paroissoit lui-même découragé de ces obstacles. Enfin ce vaisseau fut lancé à la mer, pour servir de modèle à ceux qui composeroient une nouvelle marine. Mais l'indifférence avec laquelle les Turcs le contemplèrent faisoit croire qu'ils n'avoient reçu qu'avec regret ce moyen de puissance.

Une entreprise qu' avoit seulement ébauchée l'intrépide Hassan-Pacha, fut, sous le règne suivant, celui de Sélim III, continuée avec succès par un Pacha dont le nom étoit loin d'avoir le même éclat, mais qui joignoit à une rare persévérance dans ses desseins, beaucoup de flexibilité dans les moyens de les accomplir. Ce nouveau réformateur étoit Hussein, judicieux ami d'un prince qui vouloit sans violence, et par des degrés insensibles, civiliser ce peuple barbare. Il avoit gagné la confiance de son maître dans des entretiens fréquents que lui procuroit la charge de Tchokadar-Aga, ou premier valet -de -chambre. Leurs pensées s'étoient unies. Le Divan céda peu- à -peu à l'autorité constante et modérée d'un souverain qui étoit résolu à enrichir ses peuples des arts et des connoissances des Européens. On vit, sans s'effrayer, des innovations qui avoient été quelques années auparavant des objets de terreur et de scandale. Hussein se donna tout entier à la formation d'une marine. Son maître le revêtit de la charge éminente de Capitan-Pacha. Dans les pays même dont l'existence et la gloire se fondent sur une marine puissante, il n'existe aucune place qui approche des vastes attributions et des privilèges de celle-ci; elle donne le gouvernement de toutes les îles, de toutes les côtes maritimes de l'Empire; le revenu en est de deux millions de piastres, c'est-à-dire d'environ deux millions cinq cent mille francs de notre monnoie; il se compose de tributs fort onéreux auxquels sont assujetties les îles habitées par des Grecs, de droits plus foibles que paient les îles dont la population est turque, enfin de taxes fort arbitraires sur les expéditions des bâtiments de commerce, et sur les commissions des bâtiments armés. Hussein fit de tant de pouvoir et de richesses l'usage

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le plus libéral et le plus utile à sa patrie. Monté sur une frégate , et accompagné de quelques bâtiments légers, il parcourut l'Archipel. Dès qu'il rencontroit des vaisseaux étrangers, il se présentoit à bord, s'entretenoit avec les capitaines, ëtudioit à la fois l'architecture navale, les manœuvres, le régime de l'équipage, enfin tout le système des lois et des opérations maritimes. Il revint de ce voyage avec un plan habilement adapté aux moeurs de sa nation; Sélim III l'approuva, et l'Ambassadeur de France en prépara le succès; le cabinet de Versailles seconda encore une fois les projets éclairés d'un allié fidèle. M. Brun , qui fut envoyé à Constantinople avec de bons ouvriers de construction, n essuya aucun des dégoûts qui avaient mis à 1 épreuve la patience de son prédécesseur; les trésors de Sélim III étoient mis à la disposition du Capitan-Pacha. Ishac- Bey, son ami, qu'un assez long séjour dans les cours étrangères avoit rendu le plus éclairé des Turcs, concouroit avec activité à ce mouvement. L'amour de la patrie et son amitié pour le Capitan-Pacha excitoient son zele désintéressé; il ne voulut avoir aucun emploi dans la marine qu'il aidoit à créer. En peu de temps, vingt beaux vaisseaux de ligne, quinze frégates, et dix corvettes ornèrent le port de Constantinople.

Ce spectacle d'une activité soutenue , et d'un grand effort de civilisation fait au milieu du peuple le plus obstiné à la repousser, soffroit aux regards de M. Melling quand il dessina la Vue de l'arsenal de Constantinople. Là, il ne voyoit plus l'image de l'apathie orientale; l'ignorance étoit respectueuse devant le savoir; les préjugés sembloient avoir disparu de l'esprit même du peuple; le robuste ouvrier se montroit chaque jour plus industrieux. Une école de marine s'étoit formée par les soins de Hussein-Pacha et d'Ishac-Bey; de jeunes Turcs y puisoient, auprès de quelques savants étrangers, le goût de ces belles et vastes connoissances qui changent le système social d'un peuple dès qu'elles y sont répandues. Par-tout un ordre exact et vigilant simplifioit le travail; la récompense en étoit bien assurée, bien répartie; la faveur surprenoit peu de choix dans la nomination aux emplois maritimes. Si le bagne construit dans l'enceinte de l'arsenal étoit encore la prison commune des malfaiteurs et des prisonniers de guerre, il n étoit plus leur tombeau; les soins de la propreté y pénétroient, et sauvoient l'existence des uns et des autres; la captivité des guerriers malheureux étoit adoucie. Depuis peu de temps , on avoit vu se former de vastes hangards où étoient remisées des chaloupes canonnières toujours prêtes à se porter aux détroits de FArchipel, ou à l'embouchure de la mer Noire, et s'élever sur les quais de superbes magasins qui recevoient les agrès, les canons, et la mâture des vaisseaux désarmés.

M. Melling, dans son tableau, indique cette époque trop peu durable d'un mouvement industrieux, en y plaçant l'amiral habile qui préparoit la gloire de ces rivages. C'est le Capitan-Pacha Hussein que l'on voit, dans un bateau à sept paires de rames, se rendre aux travaux de FarsenaL II est accompagné du Tersanè-Emini ^ intendant de Farsenal, qui monte un bateau à six paires de rames.

On voit , dans le premier plan , le capitaine de port LimanrRéjssi se concerter avec l'ingénieur français pour les travaux de l'arsenaL A droite et à gauche sont des offi-

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ciers de marine qu'on peut considérer comme des aides-de-camp du grand amiral et des officiers -généraux.

Au second plan sont des bateaux qui ont déchargé des bois de construction ; le rivage est couvert de curieux qui viennent jouir du mouvement sans cesse renouvelé de Farsenal.

Au troisième on voit différents magasins; l'un de ceux-ci, qu'un donjon avancé fait remarquer, sert de remise à l'un des grands bateaux qui reçoivent le Grand-Seigneur, soit lorsqu'il se rend en pompe à la mosquée, soit lorsqu'il visite quelque palais voisin, ou qu'un incendie considérable appelle sa présence.

Le Capitan-Pacha donne ses audiences dans ces bâtiments qu'on voit se prolonger sur le rivage. Son palais est au quatrième plan; il n'occupe que la nuit cette demeure; car pendant tout le jour les travaux de l'arsenal réclament sa surveillance. Hussein- Pacha déployoit un grand luxe dans ce séjour, qu'il avoit fait meubler avec plus de goût et d'élégance que n'en offrent les palais orientaux; il eut deux fois l'honneur d'y recevoir sultan Sélim , qui poussa l'amitié pour son digne favori jusqu'à lui donner la main d'une Princesse de son sang.

La fête qui eut lieu à l'occasion de l'une de ces visites avoit un caractère de grandeur particulier. Le chemin que devoit fouler le cheval de Sa Hautesse étoit, depuis le bas de la colline jusqu'au palais, couvert des étoffes les plus riches; les cours et les escaliers étoient tapissés de beaux schalls de cachemire; schalls , étoffes, tout fut ensuite distribué entre les officiers et les pages du Grand-Seigneur. A cette prodigalité qui caractérise les fêtes orientales se joignoient des soins délicats et des idées ingéïiieuses qu'un juste sentiment de convenance révéloit à Hussein-Pacha, et que d'ailleurs il pouvoit puiser dans son commerce habituel avec les Européens. Une mort prématurée enleva à Sélim III cet amiral aussi éclairé que vigilant; et depuis ce temps, les plus cruelles épreuves de la fortune vinrent assaillir ce monarque et renverser ses projets. La barbarie, à laquelle il avoit fait une guerre constante, eut des vengeurs dans rme milice qu'il avoit plus mécontentée qu'effrayée. La catastrophe qui le fît descendre du trône ranima les préjugés et l'anarchie. Il est vrai que les Turcs n'ont pas renoncé à cette marine qu'ils dévoient à Sélim; ils ont même augmenté le nombre de leurs vaisseaux, parmi lesquels il s'en trouve aujourd'hui trois à trois ponts, et un quatrième sur le chantier: mais comment pourroient-ils faire des progrès dans la marine tant que l'influence d'intérêts contraires se fera sentir dans les délibérations du Divan?

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