CÉRÉMONIE D'UNE NOCE TURQUE
vivement dans ses bras. Malgré cet empressement, il revient bientôt dans la compagnie des hommes, et laisse l'épouse dans celle des femmes. Quand on se retire, il vient la retrouver. Elle est couverte d'une tunique qui la cache de la téte aux pieds. Une vieille femme est à ses côtés: c'est elle qui engage l'entretien entre les deux époux; elle les invite à se donner la main, puis elle leur fait servir une soupe et une volaille. C'est alors qu'elle découvre la nouvelle mariée; et, presque toujours, c'est la première fois qu'elle s'offre aux regards de son époux. On mange la soupe; le mari prend la volaille avec ses mains, et la déchire avec violence, en signe de l'autorité qu'il a droit d'exercer chez lui. Après le souper, la vieille se retire.
Nous voyons ici le moment où la noce se met en marche pour conduire la nouvelle mariée à la maison de l'époux. Le cortège se trouve auprès du palais des Itchoglans, à Péraj il est ouvert par un homme qui porte un énorme bâton en forme pyramidale, que traversent cinq planches, de chacune desquelles descendent de longs fils de clinquant d'or qui figurent des gerbes de blé : c'est un signe de l'abondance qu'on souhaite aux deux époux. Puis viennent deux hommes portant sur la tête de grands plateaux chargés de vases pleins de fleurs; un bouffon, avec son bonnet pointu, danse et chante des airs en l'honneur de l'hymen : il a en main un mouchoir qu'il secoue, et un caducée dont il agite les grelots. Le personnage qui vient ensuite conduit le mouton que l'on offre en sacrifice à l'époux, et dont les morceaux doivent être distribués aux pauvres. Puis l'on voit paroître les chevaux chargés du trousseau de la nouvelle mariée; le premier porte les sofas, les coussins; le second porte deux coffres où sont renfermés les objets d'habillement, par-dessus un tapis et quelques objets de ménage. Deux hommes armés de sabres et de boucliers font un grand cliquetis de leurs armes. Il est difficile d'expliquer pourquoi cet appareil guerrier se mêle à une fête si riante. Les parents et les amis s'avancent à cheval , entourés de leurs gens à pied : dans cette partie du cortège on porte une seconde pyramide de clinquant d'or. Les plus proches parents suivent le char de la mariée : celui-ci est également précédé et entouré d'une foule de parents ou d'amis qui vont à pied. Ce char est soigneusement fermé par-tout; à la place de glaces ce sont des treillages grillés qui ne permettent de rien voir à travers; souvent même ces treillages sont recouverts de stores en drap rouge. C'est un Turc qui mené le char; il est assis sur le siège en dehors; et ordinairement c'est un vieillard respectable qui est chargé de cette fonction.
Cette cérémonie attire toujours une foule de curieux, hommes et femmes, qui augmente de beaucoup le cortège.
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VUE GÉNÉRALE