ROUTE DE NIJNI - NOVGOROD
Départ de Moscou. — La tarantass. — Mon compagnon de voyage, le prince Alexandre Alexandrovitch 1*". — Aspect de la route et du pays. — Le maître de poste. — Souper à la station de Pokrou*. — Rencontre. — Ingratitude de la camérUte. — Caractère du prince T*'\ — Ses gens. — La ville de Vladimir. — Sa situation. — La ville moderne, la ville ancienne. — Départ. — Arrivée à Mjni.
Il est peu de voyageurs qui ne quittent Moscou avec regret. Ou s'attache vite à cette ville hospitalière; les yeux s habituent à ses monuments, et cet aspect partout original et pittoresque, ces palais élégants, ces hôtels entourés de jardins, ce frais boulevard de la Tverskaïa, si propre, si coquet, si verdoyant, si animé; cette vie toujours facile et commode ; ces réceptions cordiales , cet empressement hospitalier, ces mains et ces cœurs sans cesse ouverts devant vous, on ne saurait quitter tout cela sans regret, surtout quand c'est pour s'enfoncer plus avant dans l'intérieur du pays et aller à la rencontre d'un inconnu, toujours un peu effrayant à la suite d'une réalité, qu'on regrette.
Cependant nous étions déjà entrés dans le mois de juillet; la foire de Nijni-Novgorod était près de s'ouvrir, et je voulais voir Nijni-Novgorod pendant cette foire célèbre; mais il n'était pas facile de s'y rendre à une pareille époque. Toutes les voitures publiques étaient arrêtées pour le reste du mois : de place, nulle