‹ Voyage SardaigneChapitre 10 sur 205 · PIERRES LEVÉES · texte numérisé non relu

PIERRES LEVÉES

CUAP. I. — PIERRES LEVEES. S»

appartenu à une fée, dite Lucia-rajosa ou rabbiosa. (Lucie enragée) qui s’en serait servie en guise de pelle pour placer et retirer le pain du four ; cet ustensile , ordinairement en bois, se dit en sarde su furcone (la fourche, la grande fodrche).

On voit dans le territoire de Noragugurne , prés de la Gi„rgi«-Ra. rive droite du Tyrse, une autre pierre isolée Semblable à ; r/. ii 5. la précédente, mais plus élevée, à laquelle on donne le nom d’une autre fée, dite Giorgia-rajosa; elle fi’offre d'ailleurs aucune particularité remarquable.

Nous n’avons pas indiqué toutes les mesures des pierres décrites ci-dessus-, on peut les. déduire de l’échelle tracée dans cette planche, qui sert pour toutes les figures, excepté pour la fsg. I.

On trouve encore en d’autres lieux de l’île quelques pierres semblables, mais nous n’avons pas jugé à proposd’en faire graver un plus grand nombre (1); il nous a , suffi 1“. de constater l’existence en Sardaigne: de ces monuments répandus dans toutes les parti&s de l'ancien continent , -et qui paraissent se rattacher à des époques bien lointaines; 2". de faire remarquer leur rapport intime avec ’ les pierres parfaitement coniques et travaillées au ciseau . dont nous allons nous occuper.

La PI. Yll.fig. 1 et 1 bis représente un Nur-hag pas-- Monument, Je

Tamvlir

1 L! ! — «ni 1

rt 1 bis.

(1) On en voit deux dans l’isthme qui unit la Sardaigne proprement dite à Pile de Sant-Antiocd, et on fait également sur ces

pierres les contes les plut ridicules; selon quelques bons paysans qui m’ont servi de guides, ces deux pierres seraient les corps d’un moine et d’une religieuse qui, fuyant ensemble, auraient subi une métamorphose approchant de celle de la femme de botli. A la limite méridionale de la province d’Ogliastra , il y a une aube pierre. fille, où , dans. les tournées du Reggidor, on l’arrêtait au moment où il mettait le pied dans le fief, et eu lui faisait jurer l’observation des privilèges. > c

10 LIVRE I. — MOHEMBNTS l»E LA l*k PÉRIODE, sablement conservé qu’on voit dans un lïeu dit 'Tamuli( 1), à une heure de chemin de Macomer, à l’ouest de ce village : au pied oriental du Nur-hag se trouvent les restés de deux autres monuments que nous avons dieu de croire des tombeaux : celui que désigne la lettre a est ' surtout remarquable par une rangée de six pierres coliques qui sont tout près de là, et dont trois son! caractérisées par deux mamelles parfaitement reconnaissables, placées aux deux tiers de leur hauteur; ces pierres ont environ 1 mètre d’élévation. Trois autres pierres, également travaillées avec assez de soin , sont disposées de manière que deux d’entre elles font l’office -de cloison , et séparent en deux compartiments , dans le sens de Sa longueur, l’intérieur du monument; la troisième est en dehors , en face de l’entrée. On petit remarquer que deux de ces pierres , celles qüe désignent les lettres e et f de la fig. 3, sont sculptées de manière à présenter en bas-relief un triangle et»n cône. Cette même forme conique se retrouve encore dans le contour extérieur du tombeau , et dans la petite cellule du fond de l’intérieur; il est assez curieux de voir cette forme conique se reproduire ici , comme on voit se dépéter partout la croix dans certaines églises chrétieiines du moyen âge. Une simple rangée de pierres disposées en- ligne courbe borde de chaque «ôtf les angles extérieurs du tombeau ; ces. pierres composent un de ces hémicycles dont nous avons déjà fait mention et que nous retrouverons dans tous les monuments de la planche suivante.

L’autre tombeau c,fig. 1 et-1 bis , est à 100 mètres environ du premier (2). Sa forme est plus simple; il est

(i) Ce nom pourrait bien être une corruption de Tumuli , latin, (a) Nous avons rapproché dans notre plan ces deux monuments du Nur-haft , bien plus qu’ils ne devaient l’être , et cela par défaut

•' CKAP- 1. . — COLONNES CONIQUES.

plus étroit que celui-ci , et sa partie intérieure est beaucoup plus allongée; il offre cependant une particularité dans la pierre qui.lo termine au NO ; cette pierre est tout d'une pièce ,'ellë a la forme d’un cône tronqué ^ur deux sections perpendiculaires, et elle est évidée dsun côté. On voit le dessin d’une pierre à peu près, semblable et d’un tombeau analogue , découvert dans les Iles. Britanniques, inséré dans le cinquième volume de Y^4rchaeofogia, or Misccllaneous tracts de l’année 1779, p. 221. Ce fait nous a paru assez curieux pour nous engager à réduire ce dessin et à le reproduire ci-dessous.

Nous avons cru reconnaître sur le devant du tombeau sarde les traces d’un autre hémicycle , semblable à celui (lu tombeau voisin . Nous ne nous arrêterons pas à décrire minutieusement le Nur-hag qu’on voit à l’ouest de ces deux tombeaux, nous réservant d’entrer ci-après d’une

d’espace sur te papier; voili pourquoi nous les avons séparés les uns des autres par des lignes irrégulièrement tracées. La Jig. t donne la vue de tout l’ensemble de ces antiquités , prise par nous S la chambre claire. . *

12 LIVRE I.' — MONUMENTS' DE LA l“ PÉElODE.

manière spèciale dans les détails. (le ces monuments; nous dirons seulement qu’il est passablement conservé au dehors, mais qoe nous ne pûmes, à cause des décombres, pénétrer dans la chambre intérieure; celle-ci fut visitée U y a quelques années par les habitants de l’endroit (1). La porte et la rampe , qui traversent une espèce de corps avancé, .sont dans un état passable de conservation, et on monte par là pour arriver sur la cime actuelle du Nur-hag;. le tout est bâti sur des roches basaltiques dont les prismes ont une certaine régulat-ité de forme. •'

Les six -pierres coniques bbb , ddd, ( 'fig . 1, 1 bis et 3) sont ce que les antiquités de Tarnuli offrent de plus remarquable ; ces pierres ne sont pas ici, comme-à Perdas- Fittas et à Neww-Grange , placées en face du tombeau ; on les voit au contraire 6ur le flanc de ce dernier. Quoi qu’il en soit , elles paraissent indiquer six divinités , dont trois appartiennent aux sexe féminin, si l’on en juge pâlies mamelles qui les distinguent des autres. La forme conique pourrait rapprocher ces pierres des six Cabires, enfants d'Hæphaïslos et de Cabira , qui, selon Phérécidcs, étaient trois mâles et trois femelles ; cette même forme conique nous rappelle la statue de la déesse de Cypre décrite par Tacite (2) et .par Maxime de Tyr (3), ainsi

(i) Ce» habitants-, en fouillant cette chambre souterraine, ont • trouvé des idoles en terre cuite ; d’après leur récit ces idoles devaient être analogues à celles de notre Pt. XXXIV, Jpg. 8, qui paraissent représenter la bonne déesse i ils y trouvèrent également des objets en terre cuite ronds et aplatis, percés de part' en part. Ces espèces de disques devaient être les pièces d’un collier, et ressembler À ceux que nous avons vus aux lies Baléares figurés dans notre PI. XXXIX, Jig. 5, ci-après.

(aj Simulacrum detr, non ejjigie humana, continuus orbis laliore mitio tenufm in ambitum mette modo exsurgens , et ratio in obtcuro. Tacit., /fut. , II, 3.

(3) P enus à Pnphiis colilur, cujus simu/acrum nulli nei maçts

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