CHAP. I, — PIERRES LEVÉES
dites dans le pays Perdas-fittas (pierres fittes) (1), qui ont donné leur nom à la région où elles se trouvent , et au torrent voisin ; dit rio de Perdas - fittas . Ces trois pierres, égdlemènt granitiques, sont plates, et, vues de face, elles présentent , quoique imparfaitement, la forme conique qui,- au reste, paraît être tout-à-fait naturelle. Elles sont placées dans une espèce de prairie , au- pied oriental d'un rnonumentque nous avons tout lieu de croire un ancien tombeau j cèluî-ci n’est plus qu’un amas de pierres éparses en désordre t à fleur de terre; mais on y trouve encore les traces bien reconnaissables d’un de ces hémicycles qui accompagnent en Sardaigne les tombeaux dits des géants , dont nous parlerons ci-après -, elles sont posées l’une à cêtêde Vautre, et travaillées au ciseau ou au marteau ; deux ou trois d’eptre elles ont la forme conique et gisent renversées sur le sol. Ce monument ressemble beaucoup à ceux qui sont figurés dans notre PI. IV, etsurtout à celui de la fig. 1 de la même planche, auquel . nous renvoyons le lecteur; nous ferons seulement observer que ta stèle; qui fort probablement occupait le centre du derrfi-cercle, manque , et que sa place est actuellement vide ; ce qui paraît annoncer que cette pierre du milieu a existé réellement; elle aura ensuite été enlevée ou brisée.
Une chose digne de remarque , c’est que dans Cette antiquité de Perdas-Filtas , les trois grandes pierres n’offrent, comme nous l’avons déjà dit, aucune trace du ciseau, tandis que celles du monument voisin, que nous croyons un tomheau , sont évidemment façonnées par la main de l'homme ; on pourrait supposer que celles-ci ap- : 1 : >j-„ ... a.-» ;■> .
(i) Ce qu’il y a de. curieux, c’est que ce nom sarde représente relui par lequel on désigne ailleurs des pierres semblables ; on trouve des pirrres-fittei dans le Roussillon, et dans d’antres provinCcs'de la France. ; -, * ’
8 LIVRE I. — MOXUMBNTS DE I.A lY PÉRIODE.
par tiennent à une époque plus récente, ou peut-être |es trois pierres vierges du ciseau étaient-elles réputées bien plu» sacrées que les autres, comme étaient .les, Betyles , et ces pierres de l'Ecriture qu’il était défendu de profaner par le fer (l),'ou tout autre instrument de métal. L’usage d’employer des pierres brutes était encore eu vigueur en Orient dans les temps plus modernes. • - .
Entre autres rapprochements qu’on peut faire de ce curieux mouument , nous citerons la fameuse grotte de Neuw-Gmnge dans le comté de Meath en Irlande (2) dont nous donnons ici. une vue prise du dehors.
On y voit quatre Men-hirs , placés vis-à-vis de la porte de la grotte , à peu près de la même manière que les trois pierres de Perdus- Fittas le sont par rapport au centre du tombeau ; celles-ci sont, relativement à ce dernier, placées du côté du soleil levant , et peut-être sont elles toi) tes les trois" des représentations différentes de cet astre dans le’sCns que nous l’avons dit ci-dessus.
Furcune de La fîg. 4 représente une autre pierre levée , plate p /ai d’un côté, et ayant également dans son ensemble la forme
conique; on la voit encore debout au sommet d’un monticule près 'du village A' Aies; nous n’avons dbserVé aucun vestige d’ancien monument auprès de ce Men-hir , qui paraît avoir été isolé ; la tradition locale est’ qu’elle a
.(i) Voyez üeulemnom. , 37, 5 [de lapidibus). .
('>) Colleclanende Rebus Hybernieis, vol. IV, p. 207, Pf.IlI et' I Y .