CU AP. I. COLONNES CONIQUES
que' les deux cônes que nous avons eu occasion de voir nous- meme, un dans l’fle de Malte à Gibet-Schil , et l’autre dans la Gigàntefa , ou la Tour des Géants do l’ilc de Gozô (1). Nous reproduisons ici le dessin de ce dernier, qui rappelle également la statue des monnaies do Chypre (2). * ,
, On . voit dans^ une médaille, égyptienne de Domitien donnée par Zoéga (3), la représentation d’un bœuf dont les cornes, qui ont plutôt J’appafence du croissant de la lune, supportent un disque; le croissant de. la lune est marqué fur le flanc droit de l’animal , et devant lui se trouve un cône \qui payait être surmonté par un autre croissant avec un disque ; quelques personnes prennent ce cône pour un autel ; -nous serions tenté d’y ; voir au
assimile , qudm alliée gyramidi ( mfapi'ft Ma*. , Tyr.
diss. , 38. ■»
(i) Lettre A M. Raopl-Rochettc mr le temple de Goto, citée ci-desSus, • ...
(a) y oyez surtout Laissa, Mémoire sur le culte de V ertus . Gui-' cniaut, Reliq. de l’Antiquité, et une dissertation du même savant jointe aux notes dut, IV des OEuvres cqmplètes "de Tacite, Paris, ;8i7, pages 9 et suivantes. Ouç dissertation est intitulée. la Vénus de Paphos’et son Temple ; les mêmes sujets Sont également traités par plusieurs auteurs, parmi lesquels Ggurent Mctrrm et Cssuzts.
‘(3 ) Num. Æpypt. imper. T<fb , II, 5; Gohsniaot, Reliq. de I Antiquité', PI. 1,111 , 166*.
1* LIVRE 1. — MONUMENTS 1»K LA l“ l“ÉIUODE.
c ontraire, une image conique de la déesse de la nature , assimilée à la lune; nous aurions dans cette médaille la jonction du soleil et de la lune indiquée plus particulièrement par ce croissant , qui est marqué sur le flanc du boeuf ; ce dernier parait être une représentation d’Osim soleil -. voyez ci-dessous. * •
On peut comparer le cône de cette -médaille avec celui d une médaille de Chypre dont nous insérerons également dam notre teste une reproduction, lorsque nous traiterons dehftg. 2, PL XVH. . ,,, •
Les six statues en question peuvent être partagées en deux groupes , distingués parla différence de sexe (.1) , qt se rapporter aux figures V5 , 16, 41, 23 et 24 de notre PI. XIX; celles qui ont des mameHes offrant quelque analogie avec la partie conique de la fig. 23. Malgré tous ces rapprochements , nous ne saurions expliquer la présence en ce lieu de ces pierres dont le sens symbolique parait Indiquer bien plus la génération que la destruction des êtres animés , à moins qu’on ne veuille se rappeler le culte rendu à Bacehus comme dieu des Enfers, adoré en cette qualité à Thèhes sous la forme phallique (2). Nous
( i ) ÎSous aurons occasion de signaler ci-après, dans les représentations symboliques de quelques idoles sardes' la combinaison du dualisme -avec la triade. .
fs]' Payez sur oe injet la note de la page 5io-5vj de» Annale* île r Institut de correspondance ahclie'ulogique de T année 1BÔ9.
Cil AV*. COLOHNM CONIQUES. . 15
pouvous également renvoyer le lecteur à une statpc d'une espèce de Dieu-Priapq, sculptée dans le . roc et trouvée par M. de Stakelberg dans un tombeau de l’ancienne Tarquinie (1). Nous en donnerons ci-après un dessin , inséré dans notre texte à la suite de la description de la fig. 1 ,
p/.xvn.
À trois heures de chemin de Tamuli, en allant vers TomUiu,ie<?«l’est, on trouve dans le territoire de Dualchi, le Nur-hag pi. ni , fig. %. Cuvas b. fig. 2, qui était jadis remarquable , et qui n’est actuellement qu'un immense amas de pierres entassées pêle-mêle dans le plus grand désordre ; à une centaine de pas des ruine» de oe monument, vers le NE, on voit les restes d’un tombeau dopl le plan offre comme celui e de Tamuli Informe conique, soit' au dehors soit dans l'intérieur; il est, également accompagné de pierres coniques, qui maintenant sont au nombre-' de cinq; mais d’après leur position respective, nous avons Heu de croire qu'il, y en avait une sixième, placée vers le nord, au lieu désigné dans notre planche 'par un petit cercle pointillé.
Ces colonnes indiquées par les lettres j (fig- 2 et 3) sont beaucoup plus élevées que celles de Tamuli , comme on peut le voir par la comparaison des pierres j , b et d de notre fig. 3 , aiusi que par l’échelle -, mais elles sont toutes pareilles : elles, sont lisses et • n’offrent aucune trace de mamelles. Leur position en lace de l’entrée, du tombeau est analogue à celle des Perdas-filtas, vis-à-vis du tombeau voisin , et à celle des pierres de Neuiv-Grange à l’égard de l’entrée de la grotte. Nous ne saurions Pops, éteudre davantage sur les antiquités de C«e<u(2),qui uous présen-
(i) GiilUMn, Rcliq. de t Antiq. , second cahièr de l’explication des planches PI CLV,/îfi. 5q5‘, „ ^
(3) On prétend <)ue ce nom de L'iuiafi vient de la forme de ce» colonpe». qu'on aurait comparée» à des tonneaux, cuves.
16 UVRfi 1. — MOMMEYTS UE d/A 1“ PÉRIODE.
lent’ une analogie certaine avec celles de Tamuli, sans . ' qn’ou puisse les envisager comme identiques.
Pierre conique Dans les environs de Pauli-I^ttino , lieu dit Perdu Pes Pauiî-Latino. ' * on trouve les débris de tombeaux pareils à celui de Tamuli 3’ '' (lettre c); la pierre du fond , en tout pareille à celle que désigne la lettre j , fig. 3 , est encore en place (1). Il paraît même qu’il y avait plusieurs de ces tombeaux dans la même localité ; au-devant d'un de ces monuments qui est le mieux conservé, on remarque, au milieu des décombres et des broussailles , trois colonnes coniques abattues dont une est figurée «n fig. 3. Ces cônes sont plus grands que ceux de Tamuli avec lesquels ils se rappro- • chent davantage quant ît la forme ; mais ce qu’il y a de • très remarquable , c’est qu’au lieu de mamelles, ces pierres
ont au contraire des cavités cylindriques ou plutôt coniques qui pénètrent jusqu’au centre de la colonne sans la traverser. Nous regrettons de ne nous être trouvés que deux personnes dans- cet endroit lorsque, nous le visitâmes , et d’avoir été aitisi hors d’état de remuer et retourner ces pierres pour compter le nombre de ces cavités que chacune renferme ; une d’elles nous a paru en ayoir six , une autre trois, et la troisième deux.- La signification de ces cavités est pour nous une véritable, énigme ; nous croyons cependant, qu’elles n’avaient d’autre destination que celle de recevoir, des mamelles postiches, ou faites et placées après coup ; quant à leur nombre , nous pouvons croire qu’il était quelquefois indéfini, et que la pierre conique, ainsi garnie de plusieurs mamelles, pouvait êtée utie manière toute particulière, et jusqu’ici inconnue , de représenter la déesse de la nature. Cette idée symbo-
(i) Elle ressemble également à la |>ierre trouvée en Angleterre, et représentée ci-dessus par la vignette de la page û, lettre B, avec ' cette différence qu’en Sardaigne ce* pierres sont d’une seule pièce.
CHAI». 1. — 'eOLOXNBS CONIQFK&. f 7
lique serait d’ailleur? en harmonie avec la composition des deux idoles sardes dont nous parlerons ci-après , et qui sont figurées dans notre PI. i XIX ,-fig. 19 et 20.. Dans la première , que nous jugeons être une si s tarte réunissant les emblèmes de la lune à ceux de Vénus, de la Diane
d'Ephèse et de' la déesse de la nature, on remarque six mamelles à la partie inférieure faite en cône , ou si l’on veut en gaine , tandis que son sein n en a qu’une seule.
En voyant que la/?£. 22 h’a également qu’une seule ma- ' mellé placée au rpiiieu du sein , tandis que celle du n° 20 en a . onze, et que dans la composition de la fig. 23 on voit un cône avec deux mamelles placées au-dessous d’une tète barbue ornée d’un bonnet conique , il est impossible de ne pas croire que dans les‘ idées symbolique» des anciens habitants de' la Sardaigne , cette partie caractéristique du ‘corps féminin (1) devait jouer un grand rôle; cette observation est pour nous d’autant plus importante qu’elle lie en quelque sorte les monuments figurés dans 1 à ?/. DI qui nous occupe, et dans la suivante , avpcles idoles en bronze trouvée? dans le pays.
La fig. 4 de notre PJ. III nous donne lè dessin d’une' conique autrè pierre conique / plus remarquable encore que les ptutsr.%, /. précédentes (“2). Elle • se trouve maintenant dans la cour . attenante à une chapelle rurale dédiée h. saint Constantin , près do village de Saeii/à. Elle a 2 mètres d’élévation etelle est beaucoup plus étroite à sa base qu’aux déifie tiers de sa hàüteur ; ce qui lui donne uneforpie évidemment
fl j "Nous aurons occasion dp faire remarquer, parmi les iderfes , . ,
sarde^ qae nous décrirons, la réunion des mamelles et d’un ventre féminin', à des caractères 'évidents de Virilité. ' \ ®
(ay J’en dois laL. connaissance à mon collabora tour dans les travaux de la carte, M. le chevalier.de Candia, qui la découvrit par ’>• ha^ajd , et en ju it lus mesures et un dessin, sachant que cCtte antiquité pouvait m'intéresser.
P!(frr« de t musei.
pi m ,fig.
phallique ; mais ce qu'elle offre encore de fort remarquable , c’est de n’ayoir qu’une mamelle seule et une seule cavité conique , de manière qu'elle participe à la fois des deux espèces de cônes décrits ci-dessus. Là véritable mamelle fait évidemment partie intégrante de la pierfe même, où elle a été ménagée par le sculpteur ; la cavité cylindrique ou conique eSt semblable à celles de la pierre k. Nous ne saurions en aucune façon nous rendre raison de cette cavité, si ce n’est en supposant qu’elle servait à fixer une seconde tnamolleen pierre, ou en toute autre matière placée après coup , et qui maintenant sera perdue. Il est probable que ce monument bien singulier n’était pas seul en çet endroit (1)1 et peut-être la découverte d'autres cônes de cette espèce mettra-t-elle sur la voie d’une explication que pour le moment nous sommes dans l’impossibilité de proposer; nous insistons cependant sur la particularité offerte par cette pierre de la forme phallique associée à un signe éminemment féminin , ce qui nous reporte aux idées de dua- Usmé ou d’hermaphroditisme que nous croyons retrouver . 'dans une quantité de nos monuments de la Sardaigne.
La- .Nous termineront la description' des monuments figu-
. 4, rés dans nôtre Pl. DI, par les troté cônes représentés en ni, n, o, fis. 4. Nous les avons tirés nous- même du.
^1) Le P. V. Atteins, dans le cahier 5 delà Bibliotcen. sarda, page 179, parte de trois pierres coniques tronquées, qui furent transportées dans la coür de la maison de M. le marquis de Sédilo, dans le village de ce nom. Nous regrettons de ne passes avoir observées, lorsque nous visitâmes Ces lieux. D’après Le P. Angius , la plus élevée a 1 mètre o5 cent, de hauteur, sa plus grande circonférence est de 5 mètres, sa plus petite de i, mètre 90 cent. ; le plan supérieur (*) ést percé d’un petit trou qui Occupe le cefitre . jl est curieux dé voir ici des cônes tronqués offrant la forme des IVur-hags.
(?) 0 y a une erreur dans le testa qui dit le èkre tuyinturt , au lieu de. dire
U plan , la face supérieure . , * ‘ '
; ' CHAP. I. — COLOSWBS CONIQUES. 19
lieu où ils se trouvaient pour les déposer au Musée [de Cagliari, où ils sont maintenant. Malheureusement, lorsque nous vîmes pour la première fois ces pierres, elles avaient déjà été dérangées de leur véritable place, et elles gisaient sur le sol , au milieu des décombres d’un monument en grosses pierres qu’on venait de détruire , et d’où l’on avait retiré clandestinement une quantité d’pbjets en bronze , parmi lesquels se trouvaient plusieurs monnaies , et deux idoles que nous eûmes l’occasion d’avoir dans nos mains. Quoique averti trop tard, nous fîmes opérer dans le même endroit (1) de nouvelles fouilles, et celles-ci nous ont prouvé que le local où elles avaient été pratiqqéês n’était autre chose que la chambre intérieure et souterraine d’un Nur-hag : tout ce monument était construit de blocs granitiques la plupart non travaillés; mais il n'en était pas ainsi d’une espèce de petit puits voisin, fait èn entonnoir, composé de pierres volcaniques (2) bien travaillées au ciseau et jointes avec beaucoup de soin ; les chercheurs de trésors l’avaient tellement dégradé qu’il nous fut impossible d’en connaître la véritable destination (3). Les trois cônes en question, également en pierres volcaniques, se trouvaient au pied oriental de ces débris; et fort probablement il* étaient rangés d’une manière analogue à celle des autres pierres dont nous avons parlé ci-dessus! La section de ces trois cônes est elliptique, ce
(1) Ce local est près de l.anmei, lieu dit Fontaha prulenti de
Baccai . - - , • ‘ \ }
(s) Ces pierres provenaient d’un cratère éteint qu’on trouve près du village de Barï. On se sert de cette lave pour faire ies petites meules dont nous avons parlé dans notre T* partie, a’ édition , pages i5g et s4°- *
(3) Nous avons observé jadis. Un pnits à peu près semblable près de l'église de Santa- flristina , non loi 6 de Pauli- f.atinn , il était en partie comblé çt rempli d’éiu lorsque nous le visitâmes .
20 LIVRE I. — MONUMENTS DE LA 1“ PÉRIODE, qui tes l'approche plus du la pierre dcf»ozb (1) que dés autres cônes de la Sardaigne. Les monnaies trouvées dans la -première feuille Sont presque toutes puniques : quel-
• ques unes .appartement .-ru Bas-Empire ; les deux idoles représentent deux prêtres, dont un' patte un bonnet conique, voyez ci-après PI. XXXI ,Jig- 180; I kutre ; que nous dç pûmes voir qu’en passant , nous a paru analogue à celle de .notre PI. XXIX , fig. 135 ; dans les secondes fouilles nous eûmes des fragments d’ornements én bronze, des espèces de bracelets > des anneaux, dés bouts de flèches, et quelques monnaies également puniques. On
• yitil que nous avons ici des rapports assez remarquables
entré les trois cônes, un Nur-hag , des monnaies cardia? ginoises et des idoles de bronze qui représentent des prêtres coiffés. d'un borinet conique. , ^ t
. (i) F oyez cudrssus pige 6.