CHAPITRE
Tombeaux des-' Géants.’ '
*. Nous dous, occuperons maintenant d'une manière plus spéciale de ces soi-disant tombeaux des géants', dofit nous - avons déjà, fait mention ci-dessus , pages 7 et 10. Ces mo- «
numènt» sont épars dans plusieurs Cantons do l’îje," mais nous lès avous surtout remarqués dans les environs d©
Pauli-I.fitino , de- fllacomer, de Bôlotana , de. Svdîfo , de Duakhi , d'Orani'èt d'Orosei. Celui dont nous don- Monument de ’’ norts le" dessin , PL IV: Jig. 1 et l 'bis , se trouve à' une ‘"pLisi.jig. x petite distance de Paulé-Latino ? vers l’ouest , sur une pe- rt 1 tite colline qui porte le non» de Goronna ; .on y Voit un Nur-hàg en partie détruit , à côté duquel sont deu x sépul- * tures de géants (sepolturas de iS gi gante s ) ; n’avant pas •lé loisir-de nous arrêter en cetendroit autant que nous ■ l’aurions désiré, polir examiner en détail tops oès monuments, noua nous Occnpàme's spëciarfèment.dc’ celpi qui nous a paru je plus remarquable. On y trouve d’abord un hémicycle- dans lé genre de c'enx dont il a été question • oi-dessus , d’orme de • on*é pierres ; dix sont placées ’ l’une’ à côté, de l'autre sans se touchée, et disposées à droite et à gauche de la onzième 'qui est fiohée perpendi- «ulairement . dans. lo sol : celle-ci est pla lé, et travaillée avec soin qn forme de stèle 'sépulcrale , telle qUe nous.en offrent plusieurs. monuments funéraires de l l .gypfe , et d’autres localités^ Quoique celle stèle soit actuellement cassée, il nous. a été facile de la restituer entièrement par dès points, dans le dessin fjue nous cir offrons. 'puisque ses
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fragments gisent sur le sol-, d'ailleurs sa restauration est également indiquée par les autres antiquités de ce genre qu'on trouve encore intactes en plusieurs lieux deTile.
On remarquera d'abord que cette pierre a la même forme conique que nous avons déjà rencontrée dans le plan des tombeaux de Tamuli et de Cuvas ; mais la stèle qui nous occupe est garnie d’uu bord de 30 centimètres environ qui en -fait tout le tour ; une bande de la même largeur traverse la pierre à un tiers de sa hauteur, et forme à sa base un compartiment carré , au bas duquel se trouve une petite porte carrée, également garnie comme la stèle d’un bord de plus petite dimension. Cette ouverture , par laquelle passerait à peine un jeune enfant, communique avec l’intérieur du monument, qui consiste en une espèce de fosse de J. mètre et demi de largeur sur 7 , de longueur : d’après ce qu’il en reste, on voit qu’elle était toute bordée de dalles plates, ou stèles grossières fichées en terre les unes contre les autres .formant ainsi une double ligne ou plutôt une espèce de corridor qui était couvert par des pierres plus larges et également plates , postes eu travers un guise de toiture : une de ces pierres transversales est encore en place (1). Il est facile de restaurer cette antiquité, soit d’après celte pierre, soit en voyant les autres monuments de ce genre et principalement celui de la ftg. 7, qui conserve encore toute sa toiture. La fosse oq espèce de corridor a beaucoup d’analogie-avec certains Dolmens et Cromlelks de la France et des Iles Britanniques, mais elle se trouve ici dans une direction nrt peu oblique à l'égard de la stèle, dont la face est tournée à r«?t,.10 degrés au sud. Cette direction de la stèle est constante dans tous les monuments sardes de ce genre, comme on peut le voir dans notre PI. IV.
(vyr«y<aM-. r-et i'Us;, b, ,
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Les deux pierres de l’hémicycle les plus rapprochées de la stèle en question ont la forme conique ; celle qui est marquée c dans notre Jig. 1 est visiblement travaillée au ciseau, et se rapproche des cônes que nous avons déjà figurés dans les planches précédentes; la pierre d est également conique dans son ensemble, mais les tracés du travail de l’homme ne sont pas aussi certaines; quoi qu’il en soit , nous, voyons ici deux pierres coniques placées aux deux côtés d'une stèle cunéiforme dans sa face , comme nous avons vu les deux petits obélisques de Perdalunga flanquer l’obélisque du milieu , quicst à la fois le principal et le mieux travaillé des trois. On peut dire que ’ tous ces monuments, malgré quelques différences notables, ne laissent pas d’être étroitement liés- les uns aux autres , sous plusieurs autres rapports. L'autre antiquité de ce genre qu’on trouve à quelques pas de là, est plus dégradée sur le devant; la stèle et l’hémicycle ont disparu, mais le reste est mieux conservé. Les larges dalles qui recouvrent ce que nous nommons le corridor, sont encore à leur plaee , et reposent sur un double rang de stèles verticales ; ce corridor, que nous croyons être un tombeau, est plus large et plus élevé que le précédent ; il ressemble bien davantage encore à un Kromlek qué celui-ci. >■
Le Nur-hag voisin est, comme nous l’avons dit, en fort mauvais état. -Cependant cette localité mériterait d’être revue avec soin et mieux étudiée que nous n’avons pu le faire en passant, lorsque nos travaux géodésiques et nos recherches géologiques nous y conduisirent. • .
A quelques centaines de pas du village de Borore, et p;„r* de .9,,en face du Nur-hag Jmberti se trouve un monument ana- pt x logue au précédent; mais il en diffère 1“. par l'hémicycle, qui, au lieu d’être formé par des pierres séparées les unes des autres, se compose d’un mur à double rang, de grosses pierres unics.sans ciment et placées en trois assises les
24 Ll VltE I.' — MONUMENTS I)E LA I” l’ÉHIOltE.
• unes sur les autres; *2°. par la courbure inférieure de la stèle -
qui sê rétrécit .vers le bas comme vers le haut, de manière qu’elle offre à .peu près la , forme de la section d’un mul ; les pierrcs'qui recouvrent ce que nous cfoyonS être la tombe proprement dite , -ne posent pas sur des stèles placées verticalement, mais sur un, nny souterrain et très bas^ le tout est (^couvert de terre, et offrirait l’aspect d une
fosse de nos cimetières modernes, s’il était plus cüurt , ■ • de moitié : il a environ 9, mètres de longueur. Le Nur-
hog Imbert i qui se trouve tout près .vers l’est-sqd-eat est
eu partie détruit , et nsoffrb rien de particulier.
Il existe près de là une autre pierre semblable , qui est encore siir pied , quoique cassée dans la moitié de sa largeur -, elle se trouve non loin de la grande route, et on peut . la voir en passant, lorsqu’on va de Macomcr à Pauli-Latino, après avoir dépassé l’église de San-Lussorio (cette église et cette pierre brisée se distinguent dans le second plan de notre fig. 2 ).
Allait de Lo~ Le monument figuré dans notre PI. IV ,Jig. 3 et3 bis ,
pi iv"/!>. 3 « so trouve dans le territoire de Sarrule, près d’ Orani) il est connu dans le pays sous le nom à' Allure de Logula. La première fois que nous' visitâmes cette antiquité.(l)| nous ne pûmes en prcndi'e qu’une idée très imparfaite, et nous y’vîmes d'abord un hémicycle mystérieux au milieu duquel sè trouvait Une pierre .carrée , plate , bien travaillée et placée dechamp. mais un peu inclinée, tandis qu’au bas était [rosée à plat une autre pierre , également plate-, mais ayant 1^ forme conique ; la partie postérieure de ce monument, qui ressemble à celle du tombeau de Gororma, figt I,
(i) J’en dus la connaissance aux indications que m’a fournies ' le P. V. .Vngiûs, préfet de Scotnpcs , auquel je suis redevable de plusieurs services en ce genre; je me plais à lui ert témoigner publiquement^ toute >ma gratitude.
• chai*. U. tombeaux des géants. • â5
élail pour nous inexplicable le non! que cette antiquité porte dans le paysl celle pierre « oniqpe poséfc à plat devant l'autre pierre carrée, (hémicycle, l-’orientatioii à l’est, tout concourait â faire croire d’abord à l’existence d uii autel : la stèlo carrée nous rappela la pierre symbolique adorée par les anciens Arabes,, comme une. représentation dp la déesse de la nature ; la pierre conique sur laquelle on voit .réellement des, traces de fou.dovenuit nalurelleindnt l’autel des sacrifices, etc. C’est un exemple que nous citons pour démontrer comment, à la première inspection d’un monument mutilé , ou simplement dérangé dans quelques unês de ses parties, il est facile,; de se laisser induire en erreur et de chercher des' explications que la découverte d’autres monuments analogues mieux .conservés détruit entièrement. L’autel de Logula est une.se-1 palture de géants (comme on appelle ces monuments dans le pays), toul-à-fait analogue aux autres , avec cette seule différence, que la stèle du milieu, au lieu d’èlye monolithe, était dès l’origine formée de deux pièces placées 1 une sur l’autre ; les arbres qui ombragent cet endroit , ont , en croissant, poussé d’abord la stèle hors de son aplomb (.1), et ont fini par abattre la piècç.de dessus . dont la face , en tombant, resta contre terre ; cotte pierre oc présenta plus alors que sa partie postérieure, $ür laquelle les pâtres peuvent fort bien avoir fait leur feu aanA. que pour cela on puisse y voir les traces d’anciens sacrifices, lin coup d'œil sur nos ftg, 3 et 3 bis rendra facilement raison de ce que nous venons de dire sur ce sujet. A côté du tombeau q4, si l’on veut, de 1 autel de Logula , on trouve une autre antiquité de ce genre , mais beaucoup plus dégradée : on n’y voit plus -ni stèle, pi hémicycle.
(v) EUe-ent maintenant un peu péneheo en amuil.
86 • LIVRE U — MONCMEltTS DÉ LA î“ PERIODE.
Noire fig. 4 représente un autre monument du genre pi. i\,fy. <j des précédents , dont la stèle est également formée de deux pièces; celle de dessus, au lieu' de tomber à terre . sur le devant, comme cela a eu lieu à Logula , est ici tombée on arrière : l'hémicycle est formé de douze • pierres placées à une certaine distance les unes des autres; la partie postérieure est en tout semblable à celle du monument de la fig. 2 et 2 bis. Cette antiquité se trouve près du village de Loculi, arrondissement d’Orosei; on lui donne le nom de Perda-Latta dessu crovu marteddu , nom que nous traduirons, sans vouloir trop l’expliquer, par ces' mots : pierre large du corbeau marteau. ^ fort peu de distance de la précédente, en se rappi- ivffir'5. prochant du village de GaltelU , on voit un autre mo- , nument semblable nommé dans le pays pierre hébraïque
ou pierre du sacrifice. Nous la produisons dans notre fig. 5 sur une échelle plus grande que nous ne l'avons fait pour les autres, afin qu'on puisse facilement en saisir les détails, et se convaincre que ce n’est pas ici une table plate . supportée dès l’origine du monument par douze pieds placés tout -exprès , et destinée aux sacrifices humains , / comme on paraît le croire dans le pays , mais que c’est tout simplement une stèle conique analogue aux autres, que les chercheurs de trésors ont dérangée de sa place et meme cassée dans sa partie inférieure. Cette pierre, en . tombant, a porté sur les stèles qui, placées sur deux rangs comme dans les monuments de Goronna et t}e Logula . supportaient jadis la toiture du tombeau ; la circonstance toute fortuite qui a fait rester cette large pierre suspendue d’une manière inclinée (par suite de l’inégalité actuelle de l’élévation dos stèles en question), a suffi à quelques personnes pour y voir uué intention manifeste, celle de faire couler, le long du bord en relief dt) la pierre , le sang des victimes ; ce bord, que l’on rencontre dans toutes
CHAt>. IL — TOMBEAUX DES SÉANTS. .' y Î7
les autres stèles de cette nature aurait, disent-elles , été fait tout exprès pour retenir le sang et le faire couler au gré du sacriÇcaleur ! Nous ne croyons pas pouvoir nous étendre davantage , pour prouver que la pierre hébraïque ou pierre du sacrifice n'est que la stèle d’un tombeau de géants , comme toutes celles qui figurant dans notre PL IV. < .. ■
Dans les environs de Boivre, mais du côté de l’est, en /w«* <u s**allaut vers Dualchi, on trçuve l'église de San-Baingiu , pi. tvjf/. 6auprès de laquelle existe un Aur-hag de ce nom , et près de là un tombeau de géant dont la stèle est connue dans le pays sous le nom de perda de San-Baingiu (pierre de Saint-B.) Voy. fig. 0. Cette pierre a beaucoup de rapport avec celle de notre n° 2, qui se trouve d’ailleurs fort près de là ; mais sa partie inférieure est encore plus arquée que celle de la précédente : le reste du tombeau est absolument le même que dans celui-là , hormis que l'hémicycle de notre fig. 6 est formé d’une seule rangée de pierres brutes posées l’une à côté de l’autre. Le Nur-hag voisin marqué d dans notre planche est presque entièrement détruit. v- •
fin se dirigeant de San-Baingiu pour aller vers Sila- Pmia ,u .• utnus, et avant d’arriver au Aur-hag e Ponte, on trouve j>i iv,./»V un autre tombeau de géant, dit dans le pays fa perda de s'altare (la pierre de l’autel) représenté par. notre /ïg. 7.
Ce monument est en général d’une plus grande dimension que les précédents. Aussi sa stèle conique, au lieu d etra monolithe, ou même en deux pièces, comme celle des n°* 3 et 4 , est composée de trois pierres : l’inférieure est tout entière, les deux autres forment la partie supérieure ; une d’elles est encore en place , quoique renversée par derrière; l’hémicycle , dont le diamètre est de 11 mètres, se compose d’un mur fait -de deux doubles rangées de grosses pierres dans le genre de celui du n” 2. Mais ici
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lé- tombeau proprement dit est’ beaucoup plus large que' les précédents, 1 espace vido «le. l’intérieur .est de U mètres en long ,'/y compris le passage très étroit et'très lias, qui. coniniuni(]U0 avec, l'ouverture de la stèle’; sa lurgeur est de 1 mètre et demi tout au plus, et sa hauteur de 1 mè-
tre environ; ce tombeau, pris dans sort ensemble, a beaucoup «le rapport, «pianl à la forme, avec celui de TJomuli, Pl. DI, h. Ce dernier est construit en pierres bien taillées à l’équerre , tandis «jfic celui qui nous occupe maintenant l’est en- pierres moins façonnées pelles sont cependant placées avec beaucoup d’art ; leurs assises vont toujours eu diminuant de largéur à mesure qu’elles sé surmontent les unes les autres, à la manière des murs des Nur-hags, de façon que notre tombeau , vu de l’ouest , oflre l’image d’un cône tronqué; la muraille ep question est d’une épaisseur remarquable , elle est faite d’ailleurs pour supporter toute la pesanteur du toit, «|ui est encore tout entier; il seco repose de cinq énormes pierres d’une largeur extraordinaire , placées de inauière à faire une toiture très solide- (ffér. la Jig. 7, c.) Op ue remarque, ni. dans le mur ni dans le loit„ aucune espèce d 'ouverture pour pénétrer dans l’iutérieur, qui n’à d’autre communication au dehors’ que par la petite porte de la stèle; d’après ce quenous veuoos .de dire, -et à la seule inspectiop «lu dessin , il, est facile de voir que l'intérieur de ce monument n’a jamais pu avoir .d’autre destination que celle de contenir des cadavres; Ou peut trouver unç notice suf ce tombeau , aceompagnéo «l’un dessin, dans un article qui nous &p|>articut . inséré uu Bulletin de. /’ Institut archéologique de Rome , Septembre et octobre 1 833 , page 121.
Nous avons borné les dessins de «-<»s monuments à cettx
que nous vi'nons dé décrire, mais nous en avons rencon- ‘tré un bien plus grand nombre ; In eopli ée comprise entre
tjBÀP. II.- — tOMBKAB.t DBS GEANTS. • . 29
Orosei et Oliena en est èncore retnplie ; nous y avons' re-
1°. CéluiquieSt tout prèsalu tieu dit saena de Loghe,
( la Fontaine de Loghe), jwès du Nur-hag dit Casteddu de' Loghe ; la pierre du fond de cé tombeau est pareille à celle de la Pl. Ul.,Jig. 3, lettre i.
2°. Celui du lieu dit Orroule , territoire de ‘Galtelli ; sa stèle, qui e$t monolithe, est remarquable par son élévation.- *-•** • '
- 3°. Un autre sur le chemin de Galtelli à Oliena, connu sous le nom d ' Ahariltu (petit autel)', la stèle de cèlui-ci était en deux pièces : l’inférieure est encore en place , et les fragments de l’autre sont épars sur le “sol.
4°. Un autre tout près de la , dit Portàle d 'Oliena.
■ 5*. Un autre, dont nous ignorons le nom, sqr la gauche du chemin, en allant iV Orosei à Oliena.
6°. Un autre près du village d 'Oliena, dont la stèleest cassée ; on le nomme Gigantùiu (1) dessapirct mêla .
' 7‘\ Un, autre à côté, dit Gigantinu de Loitli.