CI1AP. III
PÉHIPfcE.
tn stade* de Sou En stade* de 831 -J au degré. an degré.
, Ctrdri Ostia. — Feronia 13' 27’ = 23' 25"
Feronia. — Olbia 20, 13. = 34, 1
Total ’. . . . 33' 40" = 56' 6t
On voit par là que les différences notables que nous amènent les mesures réelles , comparées avec les résultats des données anciennes , peuvent s’expliquer d’une manière assez satisfaisante , par un échange dans l’évaluation des stades. Ces différences sont inexplicables de toute autre manière ; les positions il' Olbia et du Ceedrus étant positives , toute la difficultcaurait consisté à placer convenablement la ville de Feronia; or en partant de l’embouchure du fleuve Orosci , et en remontant la côte de 22 minutes d’un degré d’un grand cercle , nous arriverons , près de l’embouchure du fleuve actuel de Posada, au village et au château de ce nom, cl nous y parviendrons de la même manière en partant d’ Olbia , efen suivant le rivage dans la longueur de 34 minutes environ : le nom de Posada parait dériver de l’espagnol et répondre au mot hôtellerie; mais son château était counu dans les guerres du moyeu âge sous le nom de château délia Fava. Aucune donnée ne nous porte à croire que Feronia ait occupé jadis l’emplacement même de Posada, ou qu’elle se trouvât sur la rive gauche du fleuve, non loin de la mer, au pied du Monte Ervili; nous serions assez tenté de croire qu’une partie des lieux maintenant couverts par les eaux de la . rivière et devenus aujourd’hui de véritables étangs , étaient jadis occupés par la mer, et que là était l’ancien Luquidonis Portus , dont il sera fait mention ri-oprès. ,
y oyez sur Olbia ce qui a été dit ci-dessus, page 365. Olbia Cieiias.
L’ Olbianus Portus ne peut être que le golfe actuel de Terra- Olbianu > Pornova, y compris le golf edeg/i Aranci , où se trouve un excellent mouillage; il parait que VOlbianus Portus s'étendait jusqu-’au Capo Figari, que les mesures données par Ptolémée ne permettent pas de prendre pour le Colymbarium Promontorium , quoique ce cap soit un des plus remarquables de la côte ; il en sera de
Coljrmbarium
Promontonum.
Arcli Promontorium.
ce cap comme de ceux delta Caccia, et délia Frasca, qui n’auront pas été nommés par notre géographe parce qu'ils formaient la partie essentielle d’un port ou d’une localité déjà indiquée sous un autre nom.
Ce cap tire son nom des plongeons et non des pigeons , comme l'ont cru quelques personnes qui ont pris le mot Çoljmbarium pour Columbarium ; il se trouve placé entre deux stations positives, puisque la position du promontoire de VOurs est aussi certaine que celle 'de la ville à'Olbia; malgré cela nous avons une peine extrême à l’indiquer d’une manière satisfaisante , d’abord à cause du grand notnbrc de variantes que nous donnent sur ce cap les différents textes que nous avons consultés , et ensuite à cause de la difficulté que l’on éprouve à mesurer une côte découpée , sans trop voir si le compas doit suivre tous les contours du rivage ou bien s’il faut négliger une quantité de sinuosités qui se trouvent , pour ainsi dire , hors de route; la détermination qui nous a paru la plus probable est celle qui fixe ce promontoire au Capo di Ferro d’aujourd’hui , non loin des lies delle Biscie, où finit réellement la côte orientale de la Sardaigne; on pourrait aussi le placer à Capo Libano ou à Monte Zoppo , mais il se trouverait alors, relativement au cap de l'Ours, à une distance bien plus grande que ne l’indique Ptolémée.
Notre géographe donne aux deux caps les plus septentrionaux de la Sardaigne, c’est-à-dire au Capul Arcti et à V Errebantium , une latitude supérieure à celle des points méridionaux de la Corse ; mais comment le Marianum Promontorium de Corse et la villé de Palla, de cette même île, seraient-ils placés, l’un au 39°30' et l’autre au 39“20' de latitude, tandis que les deux promontoires de la Sardaigne seraient également à 39°30' ? il est évident qu’il y a ici Une erreur ; mais est-elle dans les positions de la Corse , ou bien dans celles de la Sardaigne ? plusieurs raisons nous engagent à croire que’l’erreur est dans la latitude assignée aux deux caps de la Sardaigne^ d’abord, parce qu’en partant de Torres , qui est un point certain sur l’autre côte, ou trouve aussi un excédant de près de 20 milles en latitude, lorsqu’on arrive à l’ Errebantium Promontorium; en second lieu,
CIIAP. III. — l'ÉKIPLE.
parce que si l’on place graphiquement les positions de ces deux caps sur une projection tracée d'après Ptomélée , on voit prendre à la partie de la Sardaigne limitée par les deux caps en question , un développement allongé qui sort entièrement de la forme actuelle du nord de l’île ; l’erreur de chiffres , si elle a eu lieu , cynnic nous le pensons , doit être très ancienne , et avoir été commise sur les premiers manuscrits grecs-; or, en cherchant à rétablir le texte, tel que nous l'a suggéré la position des lieux, nous substituerons les chiffres 39°10' à ceux de 39°30' pour la latitude de nos deux caps ; rien de plus facile que les anciens copistes aient écrit /^Q- pour ^0 Ç'*. Une semblable erreur est tout-à-fait dans l’ordre des choses possibles ; sans cette rectification, nous n’aurions aucun moyen de réunir sur une carte l’ile de Sardaigne à celle de Corse, à moins de bouleverser entièrement les données de latitude de Ptolémée touchant tous les points de cette île, tandis que celte correction, telle que nous la proposons, ne porte que sur deux caps placés à l'extrémité septentrionale delà Sardaigne, et empêche de donner à celleci un prolongement lout-à-fait vicieux. (Voy. PI. 1 bis,Jig. 1 .)
Efi farrio* Cap de la Nuit , est ainsi nommé par oppo-
sition au jour, c’est-à-dire au midi; ce nom correspond à celui de Capo di Mezza-Notte que lui donneraient les Italiens, et pourrait indiquer le cap le plus septentrional de l’ilc ; ce cap ne peut donc être placé ailleurs qu'à la Punta délia Marmorata d’aujourd’hui, ou à celle del Falcone qui en est tout proche, et qui a la latitude la plus élevée de toute la Sardaigne.
Nous exposerons plus tard les raisons qui nous engagent à reconnaître dans tous les textes de Ptolémée une erreur de nom au sujet de celle ville, que nous envisageons comme celle de Tibula , et non comme Plubium. Ce géographe assigne à Tibula une latitude plus méridionale que celle de Juliola et de Plubium, tandis qu’aillenrs il dit positivement que les Tibulatii habitaient la côte la plus septentrionale de T île: Tibula, selon la version commune, aurait été placée près de Castel-S ardo , ce qui ne saurait en aucune façon se concilier, soit avec ce que nous venons de dire ci-dessus, soit avec les données que nous
Errebanltum
Promontohum.
Plubium Cit'i tas.
400 LI VUE II. — DEUXIÈME l' EK IODE. GÉOOUAPDIE.
fournit l'itinéraire <rAntonin. Nous nous réservons de traiter cette question dans le clmpitre suivant , et nous nous bornerons à chercher l’emplacement de la ville à laquelle nous conserverons provisoirement le nom de Plubium. ,
La plupart des éditions de Ptolémée donnent à cette ville 31°30' de longitude cl 39"5' de latitude; ce qui^p placerait sous le meme méridien que l’ Errebantium Promontorium , et à une distance de-cinq minutes, et même , selon quelques textes, de vingt minutes dans l’intérieur des terres ; nous ne saurions nous en tenir à cette détermination, puisque Ptolémée a évidemment voulu parler d’une ville maritime, nu placée du moins près de la mer, et située à l’occident de la station précédente. Une connaissance parfaite des localités ne nous permet pas d’adopter cette version plus générale du géographe d’Alexandrie; c’est pourquoi nous nous sommes décidé pour la variante que fournit l’édition de 1478, au moyeu de laquelle Plubium serait placé sous un méridien plus occidental de cinq minutes; par ce moyen on ne se trouverait plus forcé de placer la ville dans l’intérieur , puisque le développement de la côte à l’occident du cap en question permet de chercher un point maritime qui puisse se trouver à une distance de cinq miuutes, en longitude et en latitude, du cap Errcbantium. Si nous nous en. tenions rigoureusement à cette distance de cinq minutes , nous aurions de la peine à placer la ville ancienne à la position que nous lui assignons, et qui , à notre avis , se trouve plus rapprochée du cap que se l’indiquent les mesures. Mais on doit penser que Ptolémée compte toujours ses moindres distances en cinq minutes de degré, et que celles qui ne montent pas à ces chiffres ont été données dans les tableaux de ce géographe dans une proportion plus grande que la réalité ; ainsi tous les chiffres compris depuis 0 jusqu’à 5 pourront être employés dans la comparaison des distances réelles avec celles déduites de Ptolémée , sans que ers données ou leur application puissent être jugées erronées.
On trouve des restes de constructions romaines, soit à la presqu’île de la Testa, ou de Santa Reparata, soit à Longon-S ardo , soit enfin au fond du port de ce nom, un peu avant dans* les
- CHAP. III. — PERIPLE. *01
terres , entre ce port et l’églisede B non Canunino ; c’est près de là que nous croyons pouvoir placer la ville dont il s’agit, et sur laquelle -noutf reviendrons dans le chapitre 6; page 431.
• La position de cette ville , déduite de Torres et de la station JuUnU Ctvitat. précédente , paraît devoir être rapportée prés de la tour actuelle de Jfigiiola , où, selon l’itinéraire d’Antimin , était une station de la fnute occidentale; nous en ferons mention dans le chapitre 7, page 450.
Son port est très étroit et n’oiTrc aucune sécurité pour le* bâtiments
Ttbula Civilas.
(Plubtum «o-
lu».) ; «
qu’il faut tirer à terre au moindre gros temps ; il èst impossible que là ait existé cette Tibula , qni servait de point de départ à la plus grande partie dès routés romaines de la Sardaigne. A'àj yez ci-après , pages 428 et suivantes, f'js/e; ci-dessus, page 3ti2.
Truris : Libjsortit.