CHAP> III- . NUR-HAGS
IjCS' simples , dit-il . sont- les plus nombreux ; ils ressem- simi>i«. bien là destonrs isolées (voyez le N. Nictblu de Plodghe ,
Pi. X, fig. 2). Nous ajouterons cependant, que plusieurs d’entre eux ne paraissent simples que par la démolition de ceux qui existaient jadis à leyrs côtft , et dont on trouve bien, souvent des- traces très reconnaissables , pour peu qu’od observe, ou que l’oh fouille le sol ; nous devons dire encore qu’autour d’un grand nombre de ces cônes isolés, on vqit bien distinctement les restes d’enceintes circulaires faites en très -grosses pierres; nous avons eu lieu d obsçrver que ces enceintes sont souvent triples , et soit qu’elles entoùrent tout le monument, soit qu’elles n’en ceignent qu’un côté, qui est toujours celui de la porto d’entrée, elles sont bien souvent disposées en étages, ou en espèces de terrasses devant cettq entrée principale du monument. {Voyez quelques uns-de ces murs indiqués dans les PL V, fig. 2’; PI. VI, fig. 2* ; PI. IX).
Les Nur-hags agrégés , tels que les entend le P. Angius, AgntgM. sont plusieurs Nur-hags qui font corps de batiment sans discontinuité!; d cite à ce propos celui de Domus-Novas représenté dans notre PI. XIV, fig. 1, 1‘, 1*.
Il nomme Nur-hags réunis, ceux qui figurent comme . RéunU. des espèces de tours faisant partie d’une' grande enceinte demème construction, qui couronne la cime d’une colline ou d’un monticule. {Voyez le N, Saretki, ou Saurecii de notre PL XI, fig. 1.) Le môme érudit cite également le N. Cugadu près d 'Uschiri, que l’historien Para a pris pour un ancien château , et que nous regrettons' de n’avoir pu visiter. > , • (
Les Nur-hags de là -quatrième catégorie-, ceux que le Ceint».
P. Angius nomtqe ceints , parce qu’ils sont, ceints par des >
ouvrages extérieurs, ressemblpnt, dit-il, à des tours d’ob-* servation {Spéculé fi qüL s’élèvent autour d’un château ' muni de plusieurs tours; nous proposons pour cette crf-
*6 LIVKB T. — MONCJIENTS DB 'LA I»* PÉHIOI1E.
tégorie le nota de N. Flanqués ; tels sont je N. Oë.s de la PI. XI, vt le N. de Borghidu, PL XIII. Tels devaient être également dans leur état d’intégrité celui de Sant-Antine, Pl. X, et celui dit N. Adoni, Pl.\\,ftg. 2. Dans ceux-ci surtout, le centre est occupé par le cône principal qui s’élève vm-dessus de tout le reste du monument. La plupart de ces Nur-hags offrent , comme le N. . l.oza de la PL IX , les restes d'une ou de plusieurs enceintes', et l’on trouve près de là d’autres petits Nui-hags simples et isolés qui sont «pour ainsi dire, au N. principal ce que des satellites sont à leurs planètes.
Nous avons adopté ces divisions, parce que nous craignons d’apporter nous-méme de la confusion dans une matière déjà assez compliquée par elle-même; mais nous devons dire que ces divisions seraient loin -de suffire, si l’on prétendait que ces catégories ne peuvent se confondre réciproquement entre elles. Sans s’écarter des caractères généraux que nous avons exposés ci-dessus, tous les Nur-hags sardes offrent une telle variété de détails, que si l’on voulait tenir un compte rigoureux de leurs différences , on n’en trouverait peut-être pas deux entièrement Nunihra- tic* identiques, sür plus de trois mille de ces monuments que la aaruaigne compte encore de nos jours; voda pourquoi ils sont, et seront probablement pendant long-temps couverts de ce voifc mystérieux que nous nous efforçons de déchirer, sans nous flatter cependant de pouvoir y parvenir dans cet ouvrage. Nous venons de dire que le nom- ' bre actuel des JVur-hags sardes monte à plus de trois mil- . lej; ce nombre u’est pas exagéré , nous le croyons même àn-dessous de la vérité, et certainement il doit être très inférieur à celui de cl» monuments qui existaient jadis; • ‘car depuis près de deux millo ans, èt peut-être d>van- - ' lagc. il, lui paraît pas que l’on ait pu en-eonstruire, tandis
qtiu leur destruction doit toujours avoir été- progressive.
H . CHAP. III. Nl'H-HAGS. > *7
..•Nous nous sommes occupé dans le temps de dresser un catalogue des- dillerents ffur-hàgs existants tjans l’ile ; mais üos -travaux géodésiqùcs nous ayant empccjté de • nous consacrer à cette besogne, nous eûmes recwyvà l’obligeance du P. Angius, qui voulut bien nous remot- ,re » * * 5 (б) 7 8 * (io) il Y a quelques années , la liste que nous produisons ci-après en forme de note (1); elle est loin d’être complète t puisqu’elle ne va que jusqu'à la lettre P, et qu’il y manque plusieurs communes qui devraient, y figurer ; nous pensons cependant quelle peut suffire pour donner une idée de la quantité de ces monuments épars dans toute l'ile, et pour faire connaître leurs noms les plus communs, et les rapports qu’ils peuvent avoir avec les autres antiquités qui paraissent appartenir à une mémo époque.
Nous ne nous arrêterons-qu’en passant sur les noms particuliers que les Nur.-lmgs portent dans leurs cantons respectifs; car ils sont presque tous insignifiants; quelques uns tirent leur origine de la position locale du monument, par exemple du voisinage d’une fontaine (2) , d’un pont (3) . d’une ou de plusieurs routes (4), ou d’un arbre (S), ou bien de ses proportions (6), de sa couleur ^7), ou de ses ruines mêmes (8). D’autres ont pris celui du propriétaire du londs (9), ou d une église rurale voisine (10);
(\) y oyez la Note à la fin du présent Chapitre. - • .
(а) NI. de. s. sa kna (de la Fontaine), inter aquas, de abba ca/dn, etc.
(5) N. e Ponte ( du Pont ). i
(4) NI. de Très bitts ( des Trois route»),
(5) N. de.ssn hlry,he (du Chèue veh) , Ederosu (couvert de lierre).
(б) .N. Majori ( plus grand), Picinnu (petit), Mannu, Pi), eu, Ladu, Longu, Curzu. ( y oyez ci-dessus, pag. 56. )
(7) NI. Albu, y,eddu , Ruju ( yoyez page 56. )
(8) N PerdosU ( pierreux )', Perdaja ( idem ). * ‘
(g) N. de Andriü Pinna, de Perdu Melon, , etc.
(io) N. de S. Antonio, de Snntn Barbara, de S. Bningiu , été.
48 LIVRE I. — MQKCMENTS DE Lk I" PÉRIODE.
, un grand nombre de ces noms ne penl se rapporter a l ieu dé-çonnU; il y en a qui proviennent de quelque • circonstance fortuite, du séjour que fit dans le Nur-hag quelque personne (l) , ou bien un animal qui s’y est établi (2); d’autres ont été nommas d’après leur 'réunion , ou leur voisinage entre eux (3) 5 enfin on ne saurait trouver qu’un très petit nombre de ces.norfis qu’on puisse rattacher à des dénominations antiennes, ’ comme le* N. Adoni, le N, A/ercuiio, etc. qui 'pourraient appartenir au culte de certaines divinités; nous mettrions dans ce même nombre les villages de Luna-Matrona (4), de Martis, et les monts Minerva et Erculentu.
Portion icpo— La manière doht les Nur-hags sont placés relativement graPi,iqut. au e{ jeur8 rapports entre eux méritent d etre signalés : les trois petites cartes que nous offrons' dans notre PI. Vin sont destinées .à en donner une idée.
Nous avons choisi de préférence les topographies des cantons qui sont plus à portée «lu voyageur, c’est-à-dire de ceux qui sont traversés par la grande route, ou qui en sont proches, pour lui faciliter les moyens de reconnaître ces localités, s’il n’a pas le loisir de se rendre dans celles qui sont dans les autres parties de l’ilc.
Piur-kaf* de La petite carte de cette planche, Jig. 7, offre le plan H-Latum. de la vallée qui va de Iiauladu à Pauli- Latino; c’est la pi. vin, /îj. prem;£re région où |es Nur-hags commencent à se montrer en nombre, lorsqu'on va de Cagliari à Sassari par la route royale; on remarquera que nous y avons scul«îmenl inséré lçs Nur-hags qui se trouvent dans cette es-
(1) Dessu Menante ( du Marchand ). ■*
i\idude Crobu ( Nid «le Corbeau), de. Perdighes , de Ois ( ou Boos'), de Potxos , de is CntumÜos , etc.
(3) Dtuis-Ntiraglics , Tres-Nuraghes , etd.
(4) Pnrez U carte des environs <]’/((// . PI. VHI.
CHAP. ni. — r KUR-ltAOS.
pèpc de lisière de 2 kilomètres de largeur*, nous n’v avons pas compris reux de. la même contrée qui sont hors de ce rayon ; le nombre en est. cependant considérable ; mais il s’agissait ici de la topographie de la vallée, En étudiant un peu cette topographie , on reconnaîtra que presque, tous les monumejits en question ont été bâtis sur la hauteur, et qu'ils sont principalement placés aux angles saillants au-dessus de la vallée » sans cependant que l'on puisse tirer de cette particularité une induction quelconque, puisque l'on en voit en même temps deux dans la partie la plu$ basse de eelte même vallée, à côté du torrent.
La ftg. 6, même planche, est un fragment de no- Nur-haft du Ire gruode carte de la Sardaigne; elle présente la topographie de la région occidentale dite le Sinis. La mul-' titude de Nur-hags qu'on remarque dans cette planche est cependant encore au-dessous de la réalité;- car nous nvonSf négligé, en levant le terrain , de tenir un compte scrupuleux de tous les vestiges do ces monuments qui ne s’élèvent pas au-dessus de la surface du sol, et de ceux qui sont couverts par les broussailles; parmi les 25 que nous avons insérés dans notre plan, deux ou trois seulement sont placés dans la plaine ou à mi-côte ; les autres se trouvent sur les endroits les plus saillants du plateau basal-, tique qui couronne cette colline, dont l’élévation est'd’environ CO mètres au-dessus du niveau de la mer; on voit plus loin , vers le nord, s’élever cinq petites buttes naturelles placées l’une à côté de l’autre ; nous avons cru reconnaître sur la cime de chacune d’elles les traces d’un Nur-hag. .
La Jig. 5 de la même planche , également tirée de notre yltr.hag» An grande carte, représente une partie de la province d 'Iiili; *■"' *r'1"* a ls,hon verra que les Nur-hags y sont disposés d’une manière remarquable, surtout ceux qui entourent le grand pla-
50 I.IVRE I. — MONUMENTS DE LA 1“ PÉRIODE, tcau dit 1er Giara , qui n’a pas moins de 6 lieues de circonférence, et qui est couvert d’une coulée basaltique. Ces. monuments occupent tous les angles saillants de ce plateau isolé ; on les prendrait pour des tours bâties tout exprès pour en défendre l’entrée de tous côtés; au milieu de cette grande plaine, aussi unie qu'une table, -s’élèvent deux espèces de buttes dites sa Zepera et sa Zeperedda , qui sont probablement des restes d’un -cratère ; chacun de ces monticules porte également sur son sommet les débris d'un Nur-hag. La plupart de ces monuments de la Giara sont détruits , mais les bases en sont encore reconnaissables. Ceux qui se trouvent à l’ouest de.iVum sur le Monte Gussini, sont aussi placés aux angles saillants du petit plateau, vers le 'bord qui regarde la vallée-, mais celle-ci en renferme également plusieurs, qui se trouvent dans les parties les plus basses ; nous devons dire toutefois que , dans ce dernier cas , les Nur-hags sont toujours posés sur un petit tertre. On pourra observer dans la mémo carte d'autres Nur-hags situés sur de petits plateaux étroits et allongés qu’on dirait défendus par ces monuments ; le plus remarquable de ces petits plateaux est celui qui est nommé Planu-è-Olla; il domine le village d’Isili ; on y remarque trois Nur-hags passablement conservés , qui se suivent presque en ligne droite. Le nom de ce petit plateau basaltique pourrait nous rappeler celui du héros Iolaus (1) que l’auteur du livre de Mirabilibus croit être le principal constructeur des nombreuses et remarquables constructions que bon voyait jadis en Sardaigne. ( Voyez ci-après.)
Les trois petites cartes en question peuvent suffire pour
(■} D’après Diodorc de Sicile, il y avait de son temps une région de file <pii portait le nom d’Ioias. ( y oyez notre première partie , liage 5. ) ...