CHAP. 11. CONCLUSION
parallèles établis ci-dessus nous démontrent son existence, et son extension même par la voie de mer, à une époque antérieure à la venue de ces navigateurs déjà plus civilisés, qui savaient bâtir les Nur-hags avec cet art admirable que nous remarquons dans la manière dont sont faits les détails de ces édifices d’apparence grossière et barbare.
En voyant que les monuments coniques mentionnés cidessus paraissent non seulement avoir été limités à la Sardaigne , aux îles Baléares , et peut-être aux îles Britanniques, mais se rencontrer plutôt dans les parties occidentales de la Sardaigne et des Baléares que dans les parties opposées de ces mêmes îles, tandis qu'on n’en voit pas vestige en Corse, nous sommes autorisé à penser qu’on doit les attribuer a un peuple qui fréquentait la partie méridionale de la Méditerranée, et qui était à peu près excla de la partie septentrionale, comme aussi de la Corse. Cette dernière circonstance nous porterait à croire que les peuples qui élevaient les monuments coniques avaient pour rivaux les Etrusques, qui les empêchaient de dominer dans la Corse et dans toute la mer qui baigne les côtes de la Ligurie, de la France et d’une partie de l’Espagne, tandis qu’ils parcouraient à leur gré les eaux comprises entre les îles de la Méditerranée et la côte septentrionale de l’Afrique. (1)
Les idoles de la Sardaigne, décrites ci-dessus, dont quelques unes (2) semblent se lier aux pierres coniques travaillées et aux Nur-liags, ces idoles, disons-nous, dans lesquelles nous croyons reconnaître plusieurs éléments de la religion des Phéniciens, concourent, avec ce
(i) Nous ne saurions, au reste, trop concilier ce raisonnement avec les idoles étrusques trouvées aux Iles Baléares.
(a) Fig a3-a4, PI. IX, pag. ai4 et suivantes.
que nous savons sur la navigation de ces peuples , à nous faire penser que ce. sont eux qui bâtirent les Nurluigs et les Talayots, et peut-être les tours des îles Britanniques, où il est certain qu’ils avaient des établissements.
Le fa uic de la Syrie, trouvé par M. Tecco, et dédié au Dieu très grand, dont nous avons fait mention -ci-dessus pages 14* et 145, pourrait être l’anneau de l’extrémité orientale de la chaîne de ces monuments coniques, dont l’anneau occidental serait formé par les -tours des Pietés et les tours d'Irlande (1), regardées par quelques uns comme des anciens temples du feu.
Nous ne sommes pas en mesure pour entrer dans ces questions et faire des rapprochements qui exigeraient un travail spécial , ce qui est tout-à-fait en dehors du cadre de ce Voyage ; mais nous rappellerons avant de finir, 1*. que les Nurhags et les Talayàts ont des tombeaux disposés autour d’eux, et que leur destination funéraire est loin d’être prouvée ; 2°. qu’aux îles Baléares ces monuments coniques paraissent dominer plusieurs autels , et que par conséquent ils se présentent dans ces contrées bien plus sous l’aspect de monuments religieux que sous celui de mausolées; 3°. enfin, que le mot Nur-hag paraît venir d’une racine orientale exprimant l’idée du feu, et que l’île de Minorque, où ces monuments coniques abondent, aussi bien qu’en Sardaigne , portait jadis le nom A-lnsula Nura. (2)
(i) Poyez, sur l’Irlande, l’ouvrage bien remarquable de M. J. Laurent Villanueva, intitulé Ibernia Phœnicia, et la version anglaise qu’en a donnée M. Henry O’Brien; Londres et Dublin, i833. M. O’Brien s’est également occupé des Tours d’Irlande dans un ouvrage spécial que nous avons cousnlté, et que nous regrettons de ne pouvoir citer, ne l’ayant pas sous la main au moment où nous écrivons cette note.
(i) Insula Nura; Salearis Minor. (Itin. d’Anton.)
EXPLICATION DES PLANCHES
QUI ACCOMPAGNENT l’aTLAS JOINT A CE VOLUME.