CHAP. VI. — IDOLES. TL. XVII
et dans sa main gauche se trouve un corps sphérique. Sa poitrine est ornée d'une écharpe en sautoir allant de ' gauche à droite, sur laquelle sont gravées trois lettres en caractères inconnus (1)*. Deux espèces de bourrelets , placés sur les épaules, et deux autres aux genoux, semblent indiquer les extrémités d'une espèce de. juste» au-corps : on croirait réellement cette figure vêtue, si elle n’avait pas la gorge et le nombril découverts.
I,a statue est plate par derrière et présente même une cavité; elle a en cet endroit deux espèces de crochets recourbés , dirigés ^’un vers l’autre ; ils servaient fort probablement à, fixer l’idole cqntre une planche ou quelque autre corps à surface plane , mais de peu d’épaisseur. ■ •
Bronze du Cabinet royal de'Cagliari (S): ‘
L’idée de la sphéricité de notre globe ne remontant pas au delà de l'époqye. de l’école d’Alexandrie , ,pt plusieurs raisons nous engageant à assigner aux idées symboliques des statues de cette collection' (a) uné origine plus éloignée, nous ne saurions croire que le.corps sphérique tenu dans la main par cette fig. 1 puisse indiquer le globe terrestre ; nous savons qUo dans les anciens temps notre planète était représentée par un disque , ou uuedemisphère , mais jamais par une sphère entière.
Cet attribut sphérique, considéré comme tm oeuf, convient parfaitement, à notre avis, (A) à une ligure qui, pareille à la Vénus de Paphos , réunissant un des symboles les plus caracté-
ft) Cès caractères sont reproduits dans la même planche de grandeur naturelle- f^ojret I*.
(%) y ojriz G uiob Met, Religions de l' antiquité , Planches , as caliier, n* ai4 bis, page 1 10. •
(a) Nous n’eutendons pas dire que ces bronzes ne puissent àp-
|iartenir à une époque plus moderne, mais nous croyons qu’ils représentent des idées symboliques qui datent d’une haute antiquité. J, i ■
(b) Poyez ci-.après, n“ 18. \ , •
178 LIVRE t» — MONUMENT* I>E LA IM RÉU10DE.
■ istiqncs de l’esAence virile (In harlie) «■ un corps de femme , coiislilue une divinité génératrice et nndrogyne..
A ce caractère, toul-à-lait dans le» idées des penples orientaux , * ’ la statue en question paraît joindre celui, d’un dieu cablre., autant qu’on peut en juger par son bonnet conique; mais et* bonnet est recourbé, il semble se terminer eu trompe d’éléphant ; et certçf rien ne conviendrait mieux & caractériser ut> dieu fort, un dieu puissant [a), qu’un semblable attribut; l’écharpe est encore up autre caractère d’un dieu raùire, elle rappelle celle qu’dn portait dont la pompe des inities aux mystères’ de Samolliracé (b).
li 'animal fixé oii travers au bout de cette espèce de trompe qui lermine le bonnrl, paraît être un serpent ; sa tète est ornée «Tune crête comme celle' du n° 35, et ressemble aux têtes des serpents •reproduit# si souvent sur les Àbraxas. (c) Sa queue fourchue rappelle un animal ;► peu près semblable que nous avons trouvé ’ sculpté dans une pierre du temple, probablement phénicien, de l’îlç de tiozn près de Malté, que nous croyons avoir été dédié Jt la déesse de la nature; tious-rèproduisoiis ci-dessous le dessin «le celle pierre. •
Le serpent parait devoir, être ici la représentation d’un di«m analogue à Kneph ou Protôgonns , dieu sans commencement et sans fin, esprit pénétrant toute chose, le principe de toute organisation , l’Ame du monde , qu’il gouverne et qu’il éclaire. Considéré comme poisson, il pourrait, aussi Lien «pie comme ser-
(a) P oyez snr le mot Kabire, Metnoircs de T AcfntSmiedes Inscriptions rl Belles-Lettres, vol. XXXVII, pag 8a.
,f l>) Csrozsi apud Guicmsut,' vol. ?, page 3ap. * ' i(ç) On sait qu'une grande quantité des symboles adoptés dans les représentations de cette espèce,, étaient tirés des repré «-ntations . religieuses des anciens peuples, et sdrtout des Égyptiens et des. Phéniciens " • ’*• .