IDOLES. VI. $VI
telleque la décrivent Tacite et Maxime de Tyr (a) ; mais ici on croit voir le croissant associé au cône , à moins qu’on n'ait pensé indiquer des bras; quoi qu’il eu soit , nous n’en regardons pas moins les deux colonnes, ou longues stèles, qui accompagnent ce cône , comme indiquant l’idce de dualisme.
Dans l’état actuel de boa connaissances sur les auciens caractères asiatiques ét africains , nous- ne saurions prononcer sur les trois lettres qui ornent l’écharpe de notre divinité, et qu'on voit dans la même planche, ainsi que dans la PI. XXXII , figurées sans réduction (voy. 1). Nous ferons néanmoins observer le rapport qu’elles offrent avec trois lettres à peu près semblables , mais combinées différemment, dans des médailles phéniciennes que nous avons trouvées eu abondance aux îles Baléares. {Voy. PL XXXIX U, d, g.) ,
L’ensemble de cette composition pourrait avoir du rapport avec 1 e Mot phénicien , analogue au Mât égyptien , la réunion de l’ esprit eS de Iti matière première, comme le Moût des Indiens qui était également caractérisé par un œuf. [Voy. Euslbe, Prtrpürat. Evang., Idc. eit., et Guioniaut , Rcl. de l’antiq., t. II, p. 14.)
Nous ne saurions passer à l’examen' des autres statues de cette collection, dans lesquelles nous croyons reconnaître des divinités androgynes, sans reproduire ci-dessous le dessin d’un cône babylonien en agate , offrant la réunion des deux principes mûlc et femelle, associés à deux serpents qui figurent évidemment le soleil et la lune , et à plusieurs autres symboles que nous trouverons dans nos idoles sardes.
(a) Voyez page n. Voyez également la médaille de la (rage i<.
. 18* LIVRE I. t— MONUMENTS IME LA 1“ PÉRIODE.
Gc monument, très important parlés lumières qu’il apporte sur le symbolisme des divinités génératrices 'de l’Orient, est tiré du bel ouvrage de M. Lajnrd sur le culte de Vénus (a) ; nous aurons plusieurs fois occasion de revenir sur cette représentation dans le cours de cet ouvrage.
Figure humaine barbue, pourvue, comme la précédente, de mamelles qui paraissent devoir être celles d’une femme ; le bas de son abdomen est voilé par un petit tablier fes- tonné. Les festons de ce tablier sont au nombre-de sept 'dans la partie supérieure et de six dans l’inférieure ; ces derniers sont beaucoup plus longs , à l’exception d’un seul. La main droite de cette statue tient un petit instrument Fourchu aux deux bouts; dans sa main gauche se trouve aussi un globe. Sa tête est entièrement découverte; ses yeux , de forme sphérique , sont très saillants ; ses oreilles, placées très haut, sont mal exécutées- La partie postérieure de son corps n'offre d’autre particularité que eelle d’avoir une queue assez courte , et recourbée vers le bas. , . .
Bronze du Cabinet royal de Gagliari. • ,
La réunion de la barbe à un corps humain avec des mamelles de femme , et l’œuf qne cette figure parait avoir dans sa main gauche, semblent indiquer une autre divinité androgyne et génératrice ; l’attribut qu’elle a dans l’autre main parait , au premier abord , pouvoir être pris pour une espèce de navette , ou pour la double fourchette dont se servent les pêcheurs dans la confection de leurs filets ; mais de pareils instruments ne pouvant se prêter à une explication satisfaisante, il sera plus naturel d’y voir un double bâton fourchu offrant ici l’idée du double dualisme. .
(a) Nouvelles annales publiées par la section française de l’Institut archéologique , tom. I, pag. 161 et suivantes. Recherches sur Je culte de V t'nus, premier cahier, Pl. l ,/îg. i. •*
v. - CI1AP. VI. — IDOLES. PL. XVII. ’ 185.
En l’envisageant sous ce point de vue, cet attribut pourrait jeter quelque lumière sur les deux colonnes doublement bifurquces dont nous avons fait mention ci-dessus, page.. 182. Cette idce>de l’attribut en question doublement reproduit , se retrouve dans une pierre gravée du Cabinet des médailles de Paris, publiée par Caylus (a); nous en donnons un dessin grossi.
Elle semble représenter une divinité solaire à tète radiée, tenant dans chaque main un bâton fourchu, et dont le corps pose sur trois globes qui peuvent signifier les trois soleils , ou les trois saisons. Cette pierre nous parait porter les caractères d’un travail plutôt sarde qu’étrusque.
Le nombre de» festons supérieurs et inférieurs de la fig. 2 n’étant pas égal , ét ne correspondant pas exactement à celui des festons du tablier de la . figure suivante , nous ne nous arrêterons pas sur cette particularité.
Cette statue rappelle la Vénus de Chypre , avec U barbe ; quoi qu’il en soit de son caractère d’androgyne , indiqué par les mamelles pleines , le sexe masculin semble dominer dans cette représentation.
Figure humaine nue, imberbe, et dont toutes les
(a) Ton». IV, pag. 84, PL XXVIII, fig. i. Caylus paraît envisager cette figure comme la représentation d’une Syrène ou de Scylla ; mais plus loin ,' il décrit une figure analogue , PI. XXX, n°5, qu’il considère, avec raison, comme un dieu soleil.
parties du corps et la forme du ventre annoncent le sexe féminin. Elle porte un tablier analogue à celui de la figure précédente ; mais ici les festons sont au nombre de neuf à la partie supérieure , ét de sept h l’inférieure. Sa main droite tient' un bâton crochu à ses deux extrémités , qu’on pourrait prendre pour la partie supérieure d’une balance , si les crochets n’étaient pas dans un sens inverse l’un de l’autre. Sa main gaqche tient une tète humaine très mal exécütée , et coiffée d’une espèce de bonnet phrygien. La tète de la figure principale est découverte , comme celle de la précédente. Ses yeux sont globuleux et saillants ; mais ses. oreilles sont , au contraire , placées plus bas que dans la position naturelle : elles sont pendantes. Derrière le dos se trouve une cavité; il n’y a pas de trace de queue dans cette statue. ■
Trouvée avec la précédente dans un Nur-hag de la partie orientale de la Sardaigné.
Bronze du Cabinet royal de Cagliari.
Quand même cette statue n’eût pas été trouvée avec la précédente, on ne pourrait méconnaître entre elles la plus étroite liaison; d’où il résulte que par cela même que cette dernière nous a paru indiquer une divinité génératrice , dans laquelle domine le principe mâle ou actif, nous croyons reconnaître dans ce n° 3 une représentation analogue du principe passif. L’oeuf est remplacé ici par une tête humaine déjà produite par la fécondation. Cette tète pourrait aVoir du rapport avec celles des n°‘ 18 et 30, dont nous parlerons ci-après. Le bâton doublement recourbé que notre statue tient dans sa main droite, rappellé le pedum ou sceptre à crochet qui, dans les mains d'Isis , était l’emblème des qualités régulatrices et modératrices de cette déesse de la production. , ,
Nous avons ici un double pedum , comme la figure précédente nous a offert un double bâton fourchu. Ces symboles, reproduits