CHAP. VI. ' — IDOLES. PL. XIX
indications de dents ; elle parait plus encore que la précédente devoir représenter une tète de chien , et elle est aussi ornée d’une espèce de nimbe, ou ', si l’on veut , d’un triple nimbe. L’autre tète est celle d’une figure humaine ; elle est coiffée d’un bonnet conique bordé d’une triple frange. Entre cette tète et le corps de la figure principale s’élève verticalement .un corps pyramidal , probablement un phallus.
La partie postérieure de ce bronze n’offre rien de remarquable ; sa base , en forme de fond de nacelle , se termine en deux pointes latérales , relevées comme celles d’une barque.
Bronze du Cabinet royal de Cagliari.
Pour peu que l’on soit exercé à l’étude de ce genre de monuments, il est impossible de ne pas voir dans le groupe que nous examinons , une répétition du précédent, quoiqu’ils présentent entre eux des différences notables.
La figure principale est également une Aslarlé ; mais celle-ci,'au lieu de se rapprocher de la Vénus de Cypre , réunit les caractères de la Diane d' liphese à ceux du dieu Lunus ou Pharnace ; c’est ujç réunion des formes asiatiques de la lune à celles de l’antique déesse de la' nature.- (a) La mamelle unique qu’elle porte au milieu de son sein est èncore un attribut propre aux idées religieuses de ces mêmes contrées, soit qu’elle indique un caractère négatif féminin, par allusion à la mutilation des amazones , dites uninfammicz, (6) soit qu’elle veuille signifier une époque de l’année à laquelle la terre est peu productive (c).
Le caractère précis de virilité (là barbe), manque à cette
(a) Cette réunion se retrouve dans la Description de la de'esse de Syrie , par Lucien. • . ' • * -,
(A) Sed Pharasmenes quoque Cliorasminorum rex équités adduxerat Alexandra militatum, vicinus Sfythicis Unimammis. Itin. Alex., ed. Mai, page 63, §. 96.
2©fi LIVRE I. — MONUMENTS DB LA-l** PÉRIODE.
figure qui n’est pas entièrement celle d’une femme , mais un signe masculin se trouve clairement indiqué plus bas par le petit corps pyramidal qui s’élève aux piods de la statue (a).
La partie inférieure de son corps et la position de ses bras lui donnent trop de rapports avec la Diane d’Éphèse pour avoir besoin de plus amples commentaires. Nous produisons cependant ici le dessin d’une médaille de l’impératrice Sabine frappée à Éphése, où l’on voit la déesse avecplusieurs rangs de mamelles, et dont le corps se termine en gaine. Elle porte le croissant sur sa tête et elle est placée entre deux cerfs.
On trouvait jadis à Athènes une ancienne statue de la V énus des jarJins , décrite par Pausanias (b) , dont le corps se terminait également en gaine ; le même auteur décrit aussi une Aphrodite s\e Détos, dont la partie inférieure du corps offrait le même caractère, (c) .
• (a) Cet attribut rappelle parfaitement un cône ou une pyramide
qui s’élève de la même manière à côté d’Astarté, dans une médaille impériale de Tÿr, figurée par M. La jasd, Culte de V ehus, PI. XII ,
( b ) « A l'égard de ce quartier de la ville que l’on appelle les Jar- ' n dins et où l’on voit un temple de Vénus, avec une statue de la
« déesse de figure carrée , comme sont les Hermès, on n'a su m’eu « rien dire de particulier. L’inscription porte seulement que e’est « Vénus la Céleste, et la plus ancienne de ces déesseS à qui l’ou « donne le nom de Parquas. » Lib. i, cap. ’lg, vol. I, pag. m. Tradnct. de Gedoyn.
(c) « Je connais encore à Délos une Vénus du même- ouvrier