CIIAP. TI. — IDOLES. PL. XI
Nous avons dono encore ici une représentation d’une déesse androgync de la nature, qui est à la fois lune et nourrice. Les deux têtes qui s’élèvent de la base , ont la même signification que celles du groupé précédent ; on peut aussi avec plus de raison prendre la tête de l’animal pour celle d'un chien ; la tète humaine manque ici de nimbe, -mais son bonnet, conique orné d’un triple bandeau rappelle la mitre des rois de l’Asie occidentale. G’est pour nous une tête du- soleil ou d’Âdonis. (a) Les deux bouts recourbés de la base qui se termine ainsi en nacelle rappellent la Ban des Égyptiens , symbole de la marche dans l’océan céleste , équivalant à peu près à celui des ailes que nous avons remarqué dans la figure principale du groupe précédent. On pourrait peut-être , avec plus de raison , voir dans cette espèce de barque qui supporte tout le groupe , le symbole de l’élément humide ; notre déesse joindrait ainsi aux caractères de Diane, d’Aphrodite, et, peut-être même de Cybéle, (b) celui d’Amphitrite : la réunion de tous ces attributs dans notre bronze semble assigner une très haute antiquité à l’idée de sa composition , qui remonterait à une époque antérieure à la séparation successive des attributs divers, isolés depuis dans des divinités particulières, (c) Cette antiquité parait également indiquée par les signes de tatouage que nous croyons voir sur la
« ( Dédale ). C’est une petite statue de bois, dont la main droite est « fort endommagée par le temps, et qui se termine en gaine, car « elle n’a point de pieds. « Lib. tx , c. 4° . trad. de Gedoyn , vol. lV,‘ pag. 137. t'oyez sur ces deux passages, Lajabii, Culte de t'émis, pag. 60 ' ■.
(a) On peut aussi reconnaître, dans ce bonnet, la couronne mi-
thriaqué qu’on plaçait sur la tête des milites lors de leur initiation, eu leur disant : Mi Aras est ma couronne. (Tirtcll. de. corona, sect. i5. ) Voyez Guigsiadt, Religions de (antiquité, i'* partie, pag. SSg, 741. ” . : : ,
(b) L’emblème qu’on voit sdr la tête de notre statue principale
pourrait être pris, soit pour un lutulus, soit pour-un fragment de tour crénelée , attributs de Cybèlc/ -, .
(c) V nyjrs , à ce su jet , les Recherches du culte de V tous , par-
M. Lajabd! • . • •
Fig . 10.
joue du la statue principale, et par la forme de sa partie inférieure terminée eu game, ce qui ne se retrouve que dans les plus anciennes idoles.
Figure analogue à la précédente. Il est difficile de se bien rendre compte de l'idéo de l'artiste qui a moulé cette tête. On peut , il est vrai , y reconnaître une face humaine ayant le nez très allongé . et la barbe ; mais en prenant ,1a barbe pour une langue et pour la lèvre inférieure d'un animal , il en résulterait la tête d’un chien dont la gueule serait ouverte. Cette manière de voir serait corroborée par les deux narines qui sont au bout de cette espèce de museau ; si l'artiste eut voulu en faire un nez humain , les narines auraient été placées bien différemment. Sa tête est ornée d’une coiffe à festons, comme celle de la ftg. 12 ; mais elle est ici surmontée d'un véritable croissant.
Deux espèces de mamelles , ou deux boutons sphériques, sont placés sur chaque épaule; sa poitrine est garnie de deux mamelles de femme qui sont à leur véritable place. Ses bras, entre-croisés sur le ventre, sont semblables à ceux de la figure précédente ; mais les mamelles inférieures sont ici rangées sur trois rangs et avec plus d’ordre : elles sont au nombre de onze. Enfin . neuf croissants sont gravés ou frappés en différents points de ce petit monument; deux sont placés en sens inverse l'un de l'autre , et forment comme un disque complet ; quatre autres de ces croissants sont à droite, vers le bas de la statue , et trois à gauche. La base se termine en un carré oblong, assez irrégulier.
Bronze du Cabinet royal de Cagliari.
Cette statue n’est dans son ensemble que la répétition de la précédente : elle en diffère pourtant par le croissant qu'elle porte sur sa tète , par ces espèces de mamelles on oeufs non éclos qu’elle