‹ Voyage SardaigneChapitre 57 sur 205 · CUAP. VI. IDOLES. PL. XX · texte numérisé non relu

CUAP. VI. IDOLES. PL. XX

quelques personnes regardent comme l’indication de l’intersection de l’écliptique et de l'équateur aux points équinoxiaux.

Nous ne croyons pas pouvoir nous arrêter k de semblables considérations , et nous avouons l’impossibilité où nous sommes d’expliquer convenablement ce bronze dans lequel parait dominer le sexe féminin.

Autre statue humaiue à tète d’animal , probablement de rtg. 33. cerf ou de daim , si l’on en juge par son museau , et surtout par ses cornes. Son corps paraît revctu d'une espèce de tunique; sur sa poitrine on voit une écharpe en sautoir allant de droite à gauche, avec des caractères assez analogues à ceux de la figure précédente (1); ses bras, très allongés et sans attributs , se terminent tous les deux par sept doigts. Sa queue est longue et tortueuse.

Bronze du Cabinet royal de Cagliari.

Si les cornes de cerf de cette statue étaient associées à une tête humaine , nous la rapprocherions des deux autres décrites ci-dessus n°* 30 et 31 ; mais sa tête n'indiqunnt rien d’humain et se rapportant à celle d’un cerf, ou d’uu daim , nous ne saurions lui trouver d’autres rapports qu’avec la figure d’un Action ; si cependant , comme il est probable , on doit lui assigner le sexe féminin , on peut la rapprocher de Y Artcmis des Grecs , et de YAstarté de quelques monnaies de l’Asie occidentale, qui nous représentent ces déesses au milieu de deux biches cornues (a) ; d’ailleurs Artémis n'a-t-elle pas , selon la Fable, combattu Typhon sous la forme de cet animal? Le cerf est encore l’emblèiuc de la longue vie , de l’éter-

(i) Voyez même planche, l’inscription de grandeur naturelle 33*. (<z) Voyez ci-dessus la médaille figurée page aoô. Au sujet des biches cornues et du daim à peau tachetée , pris pour emblème du ciel étoilé , consultez le savant Mémoire de M. le duc de I.uynes , sur le Casque de Vulci. Nouvelles Annales publiées parla section française de l’Institut archéologique, i836, tom. I , pag. 3i-75.

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nité. Les sept doigts de sa main semblent, comme ceux de la figure précédente , indiquer des périodes lunaires , qui au reste s'accorderaient assez bien avec la lune Artémis. Quoi qu’il en soit , l’explication de ce bronze nons parait aussi difficile que celle du précédent , et nous nous abstiendrons de pousser plus loin nos conjectures à ce sujet.

Figure humaine , barbue ; sa tête est découverte et garnie de cheveux; son corps n'offre aucüne indication de sexe. Elle tient, dans sa main drpite , une espèce de feuille lancéolée; peut-être est-ce un instrument tranchant? avec la main gauche elle élève un serpent allongé et développé ; au sommet et au bas de ses cuisses, on voit des bourrelets ou anneaux. Derrière son dos sont tracés douze croissants , qui composent une espèce de bordure autour de trois autres signes dont un paraît avoir la forme d’un lituus. Âu bas de ces signes, il y a un anneau trans- , versai.

Bronze du Cabinet royal de Cagliari.

Parmi les différentes allégories dans lesquelles on faisait figurer le serpent comme attribut , celle du serpent développé était souvent employée pour désigner un espace de temps déterminé, par opposition à la forme circulaire du même animal qui, en se mordant la queue , désignait un temps indéfini , Y Eternité. Nous savons aussi que parmi les autels élevés par les navigateurs phéniciens dans le temple de Gades (a) , il y en avait un dédié au mois, et un autre à F année.

Notre statue , offrant à la fins la particularité du serpent développé et l’indication des douze croissants derrière son dos, nous serions porté à l’envisager comme une représentation de l’année divinisée. Chez les Égyptiens, les mois, quoique solaires ,

(a) Gadibus aram unam an no , al te ram mensi , erectam esse in honorem lemporis nunc brevioris tiuic longions. ( Ælian ap. Jimtath. in Dyoniys , Pahasït, n. 453.)

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