‹ Voyage SardaigneChapitre 58 sur 205 · CHAP. VI. IDOLES. PL. XXI · texte numérisé non relu

CHAP. VI. IDOLES. PL. XXI

étaient figurés par des .croissants ou demi-lnnes qui se groupaient ensemble par quatre , et formaient ainsi trois tétrades , ou saisons dans l'année. L’indication de ces trois saisons pourrait encore avoir lien dans notre monument ; elles seraient figurées par les trois signes qui se suivent en ligne droite au centre de l'espace circonscrit par les douze demi-lunes.

L’attribut qu’on voit dans la main droite pourrait être envisagé comme une feuille de palmier, prise ici pour une branche de cet arbre , et même pour l’arbre entier. Selon les idées des anciens, le palmier et l’arbre musa (a), poussant une branche à chaque mois ou lunaison , étaient pris pour l’emblème de l’année, comme leurs branches pour celui du mois.

Voici à cet égard, et à l’égard de la représentation du mois par l’image de la demi-lune les paroles d’Horapollon : aliter quoque annttrn indicantcs palmam pingunt , quod arbor hac sola ex omnibus ad singulos lance ortos , singulos etiam ramos procréét , ita ut duodecim ramorum produclione annus expleatur; mensem autem notantes, ramum pingunt ac lonam deor&os conversam , ramum quidem ob. causam jam in palma dictam, lunarn vero deorsum vergentem quod in orlu quidem , ut inquiunt , quindecim partes supersint , ut sursum erectis cornibus apparent ; ut in occasu triginta diebus complctis , cornua deorsum inflexa gérât. Horapollo, lib. VI , 13, 14. La seule difficulté consisterait à expliquer pourquoi cet attribut lancéolé qui a réellement l’apparence d’une feuille de palmier , peut être pris ici pour une de ses branches, et même pour l’arbre entier. Quoi qu’il en soit , nous donnons ce bronze pour une représentation de l’année divisée en trois saisons et en douze mois.

Autre figure humaine , dont la tête également nue porte deux petites cornes ; à la place des mamelles, elle a deux croissants sur son sein. Ces mêmes signes, quoique bien imparfaits, semblent exister également le long des

(a) C’est une espèce de palmier à larges feuilles, commun en Palestine et en Égypte.

misses et des jambes ; ils seraient (en comptant les deux premiers) également au nombre de douze. Sur son abdomen on voit un signe phallique; elle tient dans sa main droite une espèce de serpent , avec, une crête à trois pointes, qui ressemble à ceux qui sont figurés dans lès Abraxas ; dans sa main gauche se trouve un attribut consistant en un bâton recourbé en forme de demi-cercle, dont chaque extrémité est fourchue.

Bronze du Cabinet royal de Cagliari.

Cette représentation a beaucoup de rapports avec la précédente, quoique les signes qui pourraient indiquer les mois où lunaisons soient exécutés d’une manière encore plus imparfaite.

Le serpent développé serait de nouveau 'ici l’emblème de l’année ; la crête à trois pointes qui surmonte sa tête ferait allusion aux trois saisons. Quant à l’attribut doublement fourchu aux deux bouts , et plié vers le milieu , nous serions embarrassé d’en proposer une explication convenable; il rappelle un peu le sceptre doublement fourchu de la Ji g. 2 ; mais le symbole d’un double dualisme ne serait guère applicable à notre statue, si elle doit indiquer une personnification de l’année.'

Figure virile, barbue ; sa tête est surmontée d’une tête d’animal avec des cornes, ou plus probablementdcs oreilles. Nous la croyons une tête de chat, à cause de son analogie avec celle de la figure suivante. Son sein paraît être celui d’un homme , quoique ses mamelles soient un peu saillantes. Sur le haut de la poitrine se trouve une écharpe , ou plutôt une ceinture avec’ des caractères (1). Dans l’espace compris entre les cuisses et la cheville, sont quatre compartiments déterminés par des anneaux. Dans chacun de ces compartiments, on voit une rangée de

(i) Ils sont reproduits de grandeur naturelle n° 36' , même planche.

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