‹ Voyage SardaigneChapitre 60 sur 205 · PI. XIV · texte numérisé non relu

PI. XIV

(c) Les Arabes et les peuples allemands donnent encore aujourd'hui à cet astre un nom masculin

CUAP. VI.

IDUEHS. PL. XXI.

Phéniciens ; toutes les (ois oepcndanl que la lun«.u’était pus considérée comme puissance passive, ou comme lurte malfaisante; car dans cet deux cas elle nous- paraît avoir etc regardée comme femellei

Cette idole nous semble représenter les trois phases principales de l'astre nocturne ; la tête de chat qui se trouve sur ia poitrine serait, l’emblème de la nouvelle lune ; le disque entier qu’elle porte ;ur sa tète, serait celui du plein parfait , ou de lp pleine lune , tandis que le disque écliancré , et plus développé qu’un croissant ordinaire, que tient la main droite, figurerait la Inné gibbeuse , autre forme dé cet astre. Le serpent développé , placé en travers du disque , pourrait être expliqué par ce que nous avons dit ou sujet des jserpenlstlcs/i^. 34 et 35 ; dans notre cas il pourrait indiquer un espace de temps déterminé, celui du mois , caractérisé par le'crolssant sur l’épaufe , attribut du dieu Men. Le serpent pourrait avoir ici une autre signification. Nous savons, par les fragments conservés par Eusèbe, Prœparat. Evang. , que l’on comparait à nn © grec la représentation d’un serpent placé au travers d’iin disque, pour indiquer la marche tortueuse du soleil et de la lune h travers l’écliptique.

Il nous resterait à parler de la forme singulière des pieds de notre idole , qui semblent se terminer par trojs doigts ; cette particularité pourrait assez, convenir à l’image d’une divinité lunaire représentée avec ses trois phases principales , et considérée comme lune bienfaisante et supérieure; mais il est |x>«~ siblc encore que ces trois pieds fassent allusion à la trifemue Hécate, lune malfaisante et inférieure; jl pourrait au restç se faire que Ces pieds informes rte fussent dus iju’à un pur accident de la fonte; mais comment expliquer alors cette répétition du même accident aux deux pieds , et dans une symétrie parfaite? . . , ■ ■ >

Nous ne saurions terminer ce qui concerne le dieu Imhu* r sans faire un rapprochement assez curieux de notre statue avec le dessin d’une idole trouvée en Prusse , aju’oti Regarde comme une représentation de la lune, et qui a égaleiprut un croissant sur ses épaules; cette idole Xrst tirée de l’aneiev» temple de

Hhelra ; elle e»t figurée .dans un ouvrage bien remarquable (a) sur ce temple et sur plusieurs divinités rlumiques qni , dans leur ensemble, offrent des points de ressemblance avec les idoles sardes . Le dessin que nous donnons ci-dessous représente la statue Vue par derrière; on y remarque deux inscriptions ; celle qui est placée sur le croissant offre le mot Rethra. Nous donnerons également en son lieu une figure solaire de cette même collection

r\jr 3g. Figure humaine dépourvue de barbe, avec deux petites corne» sur la' tète , et sans indication de sexe ; èUe tient dans sa main gauche une baguette recourbée en demi-cercle : derrière ses épaules ou voit une espèce d’anneau destiné à là suspendre ou à la fixer contre un corps extrêmement mince.

Bronze du Cabinet royal de Cagliari. , .

Cette composition, tout-à-fait insignifiante, pourrait avoir quelque rapport ayec Ifi luhte ou bien avec le n" 35.

(/ijlbsiB.. Woow. Bit gottestiitnstlicken Aelttrlhuemer3.tr Obotntrn qus 3em Tetnpel zu Kheira , am TelUmer-See. Berlin , 1771.

• . CHAP. VI. ' — IDOLES. PL. XX,t.

Figure hümoine dépourvue de barbe, portant sur >a r,f. 40. tête on croissant ; elle a, à la place de l’oreille droite , un objet qu'on ne saurait trop définir pour la base d’un,' autre croissant 5 c’est fort probablement ufi simple accident de la fonte. Cette statue pavait appartenir au sete féminin \ de ses deux flanqs sortent deux espèces d'anneaux grossièrement exécutés. Elle tient de sa main droite un bâton, dont la.partie inférieure pose sur le pied droit, et qui, se recourbant un peu Vers le haut, est .-terminé par trois têtes d’animaux, ou plutôt trois têtes de monstres. Celles-ci paraissent représenter (en .partant de droite à gauche de la gravure) un oiseau de proie, un quadrupède .carnassier et un poisson. Sa main gauche pose contre une espèce de nombril placé très bas ; elle a une longue queue. ■ '

Bronze du Cabinet royal de Cggliari.

Nous avons probablement dans cette statue une représentation «le la lune redoutable, d’Hécate, vengeresse des crimes, de la lune sur son déclin , parcourant les régions inférieures du eiel (a) : les trois têtes monstrueuses qui s’élancent de son- sceptre font allusion au triple pouvoir qu’Hésiode (b) lui assigne sur la terre, au ciel et sur la mer, ou bien à celui q «’elle exerçait sur .le ciel , la terre . et les enfers (c). Il ne parait pas-que les deux espèces d’anneaux qui Sortent de ses flancs puissent être pris pour des ailes ; ces anneaux font penser que cette petite statue est une représentation d’une autre statue de plus grande dimension, qu’on portait probablement en procession au moyen de deux pièces de bols passées dans ces anneaux et formant brancart (d). • , .

(a) Vabso, De Lingua lat. , lib. iv. Eosiks, Præp eyang., c. a>.

(b) Hssiod. , Thtogon. , pag.- 409, 4Ô2.

te) Prud. contra SynoMch. , lib. I. , • . •

* (A) Nous avons lieu dé croire que plusieurs de nos iddles sont/ des séductions et des copies, faites sur une plus petite échelle, de grandes

F‘f- V . Figurer de quadrupède ( probablement de dromadaire) avec une tète humaine. Cette téta est surmontée de deux cornes ou d’un croissant , «u milieu duquel se trouve Un objet de forme sphérique. Sur son corps sont des indices d« poils', il n’a pas do queue ; ce qui, 'au premier abord, paraît en tenir lieu , est un bâton fourchu à ut* de sds bouts et ployé en yn demi-cercle , qui lui passe entre les cuisses et ressort sur le flanc, droit. .

Broiur.e)du Cabinet royal de Cagliari. .

Nous avons placé ici ce bronze à cause dé scs Cornes , qu’on peut prendre .pour un croissant, et qui semblent’ lié donner quelque rapport avec la tune. Le hilton à trois pointes (a) qui passe sous ses caisses serak-il un équivalent du triple seeptre que nous avons remarqué dans U figure précédente ? £’est une question que nous ne sommes pas eu état de résoudre.

Fig. ’\i- Figure monstrueuse dont la tête ne présente aucune forme connue ; elle paraît avoir une large gueule. Cette • tçte fantastique sc termine par derrière en un liâtou fourchu implanté- dans l'occiput ; le. reste du corps est celuid’une créature humaine, probablement d’une femme. Son nombril est aussi gros et aussi saillant que ses deux mamelles, ce*qui peut faire penser que ce nombril est une troisième mamelle. On voit sur ses flancs deux' Signes mi incisions longitudinales ; trois pointes partent de derrière son dos , et correspondent aux trois mamelles de devant ; sa main droite iient un croissant.

Bronze du Cabinet royal de Cagliari.

statues révérées à Carthage et éh Phénicie, surtout celles qui représentent les divinités principales. ••

(a) Si le bout non fourchu de ce bâton recourbé eût été considéré comme étant mutilé, et si, dans «on intégrité, il se fût terminé commc i’aiilro boni, cet atlribupaureit un grand rapport avec celai de la /pp.'SS. ’ .

CHAP. VI. — tuouis, w.» XXV ... i 9.4?

Pe toutes les ligures bizarjes avec lesquelles qous avons cotifparq la tête monstrueuse de cette statue , la seule qui nous semblerait pouvoir s’y rapporter est une image de ia loue figurée dans le Panthéon égyptien de Champollion (P/: XfV*) , dont nous donnons ici un dessin..

Le croissant prêt » disparaître (a) qu’elle tient dans sa main droite , et son corps de femme , nous portent à la " considérer comme une - autre Hicale-, ou lune des régions inferieures.

Les- trois pointes divergentes implantées derrière son dos, examinées avec un peu d’attention j ne paraissent pas avoir éfti destinées à' fixer la statue contre nn corps quelconque ; nous nè serions pas éloigné de les considérer comiile trois ailés, qui feraient allusion aux trois régions stir lesquelles la* déesse exefce sà redoutable puissance ; la partie postérieure -de là tête pourrait être prise ponr l’extrémité d’un bonnet conique semblable à ceux des fi g. 1 et M; mais ici il se termine en deux pointes ou en une espèce de croissant. , ■ . * ' , .

Figure d’anijnal à corps humain ? dont la tête, assez f,s. 43. énigmatique , pourrait avoir quelque rapport avec celle du cheval ; elle porte , sur les deux côtés de la tace, des signes de tatouage? Ses oreilles sont arrondies et assez lairgés ; sur son front s’élève une espèce de diadème à trois pointes, ou eomme une crête de coq. placée '

en' ‘travers1'. Son sein et $on ventre sont ceux d’une femme ; le reste paraît indiquer url hHmaphrodhe." Ihté

(a) Nom supposons que si on eût voulu indiquer la lune croissante, on l’aurait figuré* comme celle que 4,/tH ,58 tient dans s* main. ‘ . .

V 2 Ml LIVRE I. — MOVUMESTS DE LA I" PÉRIODE.

écharpe, sur laquelle sont douze raies transversales, lui descend sur la poitrine de gauche à droite; sa main droite est appuyée sur le flanc droit , sa main gauche élève un bâton fourchu. Derrière ses épaules on voit une espèce d’anneau, comme dans la Jig. 39, et au bas des reins un bouton ou un fragment de queue.

Bronze du Cabinet royal de Cagliari.

Lq seule idée symbolique que paraisse offrir cette monstrueuse figure est celle A' Hécate à tête de cheval (a), analogue à la Cérès Despoina des Ârcadicns,. Les trois pointes de son diadème, ou, si l’mi veut, de sa crêttt, peuvent faire allusion à son titre de Informés , et à son triple pouvoir.

Le bâton fourchu, pris comme indication de dualisme, peut convenir à cette statue dont le corps parait offrir les caractères d'hermaphrodite.

Figure monstrueuse analogue à la précédente.; son

écharpe va de droite à gauche. Ses caractères d’he.rmaphroditisme sont bien moins prononcés que dans l’autre statue ; -sa main gauche est appuyée sur la hanche : el|e porte d«ns sa main droite un attribut mutilé , mais il en reste encore assez pour le considérer comme une espèce de croissant posq sur un corps. conique. Sa partie postérieure n’offre de traces ni d'anneau , ni de queufe.

Bronze du Musée de Lyon (1). • •

Ce petit monument paraît avoir la même signification que leprécédent; l'attribut qu’on voit dans sa main droite se rapproche un pen de celui qui est derrière la tête du n° 42; il parait avoir ‘également quelque rapport avec edui que porte la tête d’Artémis , de la médaille d’Éphgse figurée ci-dessus, page 206.

là) Pacsas, Acad. , cap. a5.

fi) Cette statue est évidemment sarde; clic Se trouve dans le Musée d’antiquités de Lyon , avec celle du n” 4-

CHAI*. VI

IIWLS5. PL. tJU. ’ * 2*0

Figure humaine avec deu* cornés sur la (été •, celle «fui hg. 45

. t* 1 .1» ■ » . it . . Si é.

est intacte est fourchue à son extrémité; l’aüth» était pro-

bablement pareille. Sot» corpsù’offre aucune indication ih? sexe ; sa main droite pose sbr ' la hanche ; la gauche soutient un bâton termine' parun disque plat, autour duquel sé crçisept en sautoir deux espècés de branches un peu çourbéès.

Ôronze du Cabinet royal <Jc Cagliari, .

'Nous no sa u non s proposer attende explication de celte statue le

disque pneait représenter un astre , peut-être lo soleil nu-dessus de rinterscçtion' db l'écliptique ou de l’équateur? Nous avons placé cC Bronze dans nette planche parce qu’il nous a semblé d’abord qu’il avait quelque Tapport avec -la‘ liuie i ses cornes ressemblent à celles du fl* 731 que nous décrirons ci-après. Elles, rappellent l'attribur'de la 35. K'oy. sur le double dualisme çeque nous avons dit page 182 au sujetde la fig. 2. - • •

Figuré virile sans barbe, avec, des oreilles et des contes pj.xx ir,

de taureau ; sa poitrine est couverte d’une espèce 4c plastron assez semblable à celui de la Jig. 6. Ses jambes sont très écartées ; sâ’ main droite est appuyée à la hanche, et dd sa maki gauche elle tient un très long trident d’une forme assez remarquable, et garni d’un petit ènockct. Klle porte une forte queue.' :t

•Bronie du Cabinet royal dp Cagliari. f‘oy. ‘Gtnc.it 1 kVt,‘ Bel. deï Anl., 2* cahier de Plànc'hes, n* 2 1 4*, PI. LVt‘én>.

‘ Il est assez naturel de .penser qu’une réunion aussi considérable d’idoles qui paraissent se rapporter aux' croyances religieuses d’un peuple navigateur, ou à celles des babitatrts d’une He que nous savons avoir été jadis très fiéqneutce^doit compter parmi les statues symboliques qu’elle renferme quelques représentations d’une divinité de la mer. Or, puisqu’il est à peu près certain que Neptune ou Posseidon était, jadis adoré par les Phénieieasjt les Caçtbagiuojs. (a), nous devons , salon toute nppa-

M- tfi

(n) Muierta. Bel- Kart , cap." 8, pag.gÿ.

* by Cîobglc ■

Fig. 4;

8* *0 LlVBfi U -*— MONÜMBNT6 UE LA l‘‘ PÉRIODE.

reacc , trouver de» trace* de ton 'culte dans l'ancienne religion de la Sardaigne.' Le symbole le plus généralement connu compte caractéristique de ce dieu étant le trident, noua avons cru pouvoir regarder comme autant de Neplunes les statues de cette colleclion qui sont représentées ayec un semblable attribut. La fi g 46 dont ifest ici question , a pour eolffürc des cornes et des oreilles de boenf ou de taureau t elle nous parait, par conséquent, réunir un caractère du Baal phénicien K celui (lu. A’eV Ha la nier. Cette Corme de taureau nous rappelle la Cable toute phénicienne „ de l'enlèvement, A’ la. , r - t

^Le petit crochet ou espèce d’anneau qu'un voit en a, lieu de l’éiqbranchement du trident, parait indiquer un crochefoujj» anneau, qui sc tjoqve- encore dans quelques harpons; il y 'est ainsi placé pour assumer, par U moyen d’uue longue corde ut* lanière , l'Instrument et la proie même , qui çn se débattant pourrait cmporlér ,1e bout du barpou et se sauyer, Cette particularité du petit crochet est assez essentielle , cor elle ramène fc Symbole du trident à 9on idée primitive, cêllc d’on instrument de pêche très ancien. • V r*

Figure humaine dont le sommet de la ujtc est entprtillé d’un sèrpeut ou d une murèqe^ au-dessus du sa poitrine sont gravées deux Jettres (1). Sa main droite tient un trideut qui porte, à l’embrauchemeBt de ses pointes, uqe face humaine. sans crochet ; sa main gauche pose sur la hanche.. On voit, derrière son dos, une longue raie qui finit en une courte tjueue -r son sexe est égaleméht incer-

, • *- -vv * ’ • ' ' * . ‘

i-ijd. , *

Bronze du Cabinet royal de Cagliari.

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Sj l’animal entortillé et plat que cette statue porte soi sa tète pent être envisagé comme uàê mtiaène , lions aurons oir poisson attribut naturel d'un' dieu pèebeor; -si «c'eut nn serpent., il ak rapproche de certaines représentations dans -lesquelle» on vint

* '*• V ^ • •+- fl~ y

(ij fTiysi 47’ , même planche. ... w *

•« CH AF» VI. 1D0LKS. PL. Vili. *Ub ÏH

un serpent eulortiller- le trident de Neptune («). Selon Bach*rt ( b ), les serpent» ctiez les Hébreux auraient été regardés, comme des poissons ; il croit que le jerpentcm vicu/n d'Isaïe (cj est. le poisson dit tiaratcU» et nommé Zygtrna par Apicius , Ælicn , Gallicn et Suidas ( .

. .La face humaine qui.se trouve sur lé 'trident est fort probablemenï un simple orneipent de cet instrument de pèche ; quant aui deux caractères graves sur la gorge de cette'diviuSté , ih paraissent appartenir à Kalphàbèt phénicien; un mot composé de deux seules lettres est sujet à bien des interprétations. *

Figure humaine assez semblable au n° 46 , ayant aussi les oreilles et lés cornes d'un bœuf; la positiop de son corps et celle de ses. jambes sont également semblables. Son plastron offre cependant quelque différence ; il porte une croix en sautoir dont lps intervalles sont. garnis de plusieurs points. Ge- plastron >e termiue en bas par une ceinture f-?u milieu de laquelle est une espèce du crochet. (i) , ; • «

Su» son épaule droite se trouve uu objet qu’au pourrait prendre pouf une petite statue ; elle est si mal exécutée , qn’on petit aussi la croire un accident de la fonte. Le main droite dé IHdole est arméé d’un trident avec une. face humaine à l'embranchement dé ses pointes ; mais" celte

face forme «lié- même un petit crochet par la courbure

-* t — ^ T— : *- * 1 » : — r ■ ; ai 1

f a) Rou.s, Myst. de Bacchus, vol. I', pag. 1 18. H*aUouix , Mcm., pkg.3S5. •

(b) De Animal. , part, ir, liv. v, cap. i3. • . » ••

•.W Cap. V], !*-. - » . ;

(d) Capul liabcl non planum, non rnlundum , non ahuiK, non acutum, sed in utrqque parte ddatatum atqne in vectij fornyun ppoduclum. Bociuit, loc. cit. ■

(i) Voyez cc crochet , ainsi que les deun autres parties des attributs de cette figure, reproduits de grandeur naturelle dans ta1 même planche, /!^ 48- , 48’,48J.

Fig. 48.

Livra f. mondments de la i“ période.

du menton' (!■). .Sa ihsin gauche tient un objet à trois pointes avec un crochet à leur embranchement ; cet attribut peut être regardé comme le bout d’un autre tridentharpon. On voi(, derrière son do*, comme dans la figure précédente , une longue raie longitudinale indiquant probablement l’épine dorsale ; celle-ci finit par une courte queue ; deux autres queues ou nageoires sortent. par derrière du centre des cuisses. .Le sexe de cette idole est ru- ' '

certain. • , f „ • Y. . . . ,

Bronze du Cabinet royal de Cagliari.

' , . ' • v ’V' i .. • cjv ‘ • . •

Cettp figure est. une répétition de la précédente; le crochet

qu’elle poète à la ceinture paraît, confirmer ce que nous avons dit de celui qui se trouve à l'embranchement du trident ; il Servait probablement à fixer nu corps du dieu pAhtur le bout de la corde ou lanière qui ne tenait pas au harpon ; ce crochet de U ceinture peut également être Censé jjvorr servi à "tirer les filets à terre ; on trouve encore en plusieurs endroits ,de$ pêcheurs qui ont des écharpes , et même des ceintures- avec des crochets sembla Ides , dont ils se servent lorsqu’ils ramènent leur» filets sur U plage. • . • . * \

. "L'attribut de la main gauche paraît devoir être un autre bout de tfideut dépourvu de sou manchet ses pointes latérales ont quelque analogie avec les cornes du boeuf, par allusion sans doute à celle que le dieu porte snr sa tête ; ce trident est également muni de sou crochet ; il paraît devoir être regardé comme une pièce de rechange assez convenable à un pêcheur prévoyant ; ce second trident pourrait d’ailleurs être produit ici eu qualité. de double attribut , comme les sceptres doublement fourchus et doublement recourbés que nous. avons vus ci-dessus.

Les deux petites nageoires conviennent (ort bien ‘à une divinité de la meè, Ou de la pêche.

Si l’objet que notre slattie porte sur son épaulé doit être regardé convne une petite figure humaine assise , on peut Se

(,) rnyezt 8'.

■CH AP. VI

IDOLES. PL. Xtu.«

•rappeler l'enlèvement d ’lo; noua nous bornons a la simple exposition de cette idée. - ,

Figure humaine, dont la poitrine -est couverte d’un plastron qui diffère de ceux des statue^ précédentes. On ■le dirait formé par l’entrelacement -de deux serpents; il pourrait même n’y avoir pas de plastron, puisque ‘le buste parait tout à nu. L’idole a dans sa main droite un long trident appuyé sur son pied droit ; de la main gauche elle tient deux animaux entrelacés qui pourraient bien être des Murènes y mais que nous regardons plutôt comme des serpents , par la ressemblance qu’ils ont âvec ceux de la fig. 117. A la partie postérieure de son corps, on voit une'caVité naturelle; il n’y a pas de trace de queue.

Bronze du Cabinet royal do Cagliari.

Nous croyons voir en cette statue une autre représentation d’un Baal marin, ou pécheur, ou. ■d’tme -espèce de Posscidon.

Figure humaine avec la barbé bi-partie , formant deux éspèces de Cornes ou moustaches. Sa tête est coiffée d’qn bonnet conique très allongé et retombant sur le côté gauche qui est mutilé au bout ; sa main droite soulève un trident , la gauche est appuyée sur la hanche.- On voit , par derrière, une assez longue queue. 1 *

Bronze du Cabinet royal de Cagliari.

' Il pourrait se faire que le bonnet actuellement inutile de cette statue se fût terminé par un setpeèt oq un poisson , disns le genre du bonnet de la fi g. 1 . Son trident est le seul caractère qui nons ait engagé à la placer parmi les dieux de la mer. Sa barbe bi-partie, formant avec le bout de sop nez nu triangle équilatéral , est une singulière bizarrerie de l’artiste , ■pour produire le uombre de trois , également formé plus bas par

les mamelles et le nombril. - .

Figuru humaine , donl les traits fortement prononcés «t les orbites des yeux concaves ont quelque chose- de

*54- livre — Mo*unnwrrs de i.a l" période.

terrible. Sa téu; est surmontée de deux grandes ailes qui parlent des tempes; deux autres ailes à peu près semblable» sortent de chaque côté des flancs ; enfin deux antres plus petites sojit placées au bas des genoux. Sa main droite tient une espèce fie gril composé fie neuf pièces entre-croisées d'une manière remarquable. Ce gril est un peu incliné vers le devant des pieds de la statue. Sa main gauche est armée d'un glaive, très large et tranchant des deux. côtés; c'était une- chose toute naturelle que cette statue formidable portât une assez longue queue.

Bronze du Cabinet royal do Cagliari.

L’air terrible de celte divinjté aux yeux enfoucéf, et ses six ailes placées aux trois parties de ÿon corps i nous engagent à la considérer comme un Afuloch (a).

■ Selon Dindon; de Sicile (d) f la Statue do ce dieo qu’on adorait à Carthage avait les mains allongées cl inçiinécf vers le sol de façon que les vicliiqcs humaines (souvent des cujauts) qu'on plaçait dans ses bras roulaient par leur propre poids dajp> un grand feu allume au pied de la statue. Quelques ntbkfns disent que ses, bras étaient au contraire éfevés, et que'les vie-

(û) Pfuvnices duo oculorum paria numi ni suo imponcbanl , ante nempe et rétro ; par alterne aperlum , aUcrum clausum '• qitntuqr nias, par extenlum, par reductumj adtlebanl tertioni -aldrum / tarin rqpite. Caimet, üissertalio de Mollock, pag 65. Ce nom de Moiloch était éqdivalent de celui de roi, seigneur, 'comme Boni, Adonai4 etc,

(i) « Ils «valent 7 dans leur .ville (Carthage)', une statue de* Sa- « tuVne, qui étendait les bras pçnchés en lias comme pViqr laissée i tomber dans le feu (allumé'an-dcssous ) nn enfant qu’ils auraient « apporté. Diob., tib. lx. 5, Traduction de Torrasson , 1744; vol. Vl, pag. aCô. Simulacuim erat a'/mipi, mandats terrtnn versas pnrrcctis , ut impnsitus in illis pu^, sjin pondtre labens in subitxto stnudàcro Ifrfê , Ipu' pêrp/tuut injossa ail pedes nSimtniS.txcai’afa aï<t$tntt , detnUbret. tsrtiv,} Prtopar. ei’àn^et. , flb. tA . cap. & ’*

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