‹ Voyage SardaigneChapitre 65 sur 205 · CHAP. VI. — IDOLES. PL. XHV · texte numérisé non relu

CHAP. VI. — IDOLES. PL. XHV

Sphère grecque pur Thaïes, qui l’avait prise des Phéniciens : ceuxci s’en servaient depuis long-temps pour s’orienter dans leur , navigation ; nous joindrons n notre texte le dessin d’un monument donné comme gnostique par Montfaucon (a)-, dans le — quel on voit Anubis , à tête de chien , figuré sous le soleil et la lune ; il tient d’une main une branche de palmier, et de l’autre une couronne de laurier, au bas de laquelle se trouve une constellation en forme de croix , formée par la réunion de quatre étoiles liées entre elles par des lignes droites, absolument comme nous voyons les petits disques réunis de la fig. (H ; les rayons qui sortent des petits disques de cette pierre gravée , nous confirment dans l'opinion émisfe ci-dessus ; en effet , nous ne saurions voir que .des étoiles dans ces disques de notre monument.

On pourrait aussi reconnaître celte constellation faite en forme de croix, du dessin ci-dessus, dans une figure assez analogue formée dans notre bronze par quatre disques placés dans la première bande au-dessous de l’inscriptipn ; nous pensons que si celte pierre est vraiment un Abraxas, ce qui nous parait un peu

douteux , l’insertion de la croix dans ce monument aurait été ’ - # • faite d’après les croyances des premiers chrétiens, et n’aurait

rien de commun avec l’idée qui a présidé à la composition du

(a) Arit. exp)., tom. 11 , PI. CL1II, pag. 5Gï.

brouze qui nous occupe ; au reste , on voit la croix représentée sur des monuments très anciens, et bien antérieurs à l'époque à laquelle elle devint le symbole des chrétiens.

Les quatre bouts de croissants qui sortent des faces du piédestal , composent deux demi-lunes , une supérieure et l’autre inférieure : elles sont analogues à des signes semblables placés lé long de la lance du dieu Lunus de la médaille de Caracalla , représentée page i 42.

Les sept disques latéraux, qui se suivent de chaque côté en ligue droite , l'un au-dessous de l'autre , font peut-être allusion aux sept jours de chaque lunaison; enfin nous croyons voir dans la partie inférieure du piédestal des rapports directs avec les objets lunaires , et avec leï constellations , tandis que le reste qui est aü-dessus, paraît être du domaine du soleil.

Nous ne saurions trop quelle explication proposer des dix pointes qui sortent des arêtes ‘des deux faces latérales; peutêtre ont -elles la même signification que les dix autres qui sortent du demi-cercle de la fig. 123 ci-après?.

Ce monument a dû , suivant toute apparence, servir d’enseigne religieuse ; peut-être était-il dans certaines occasions porté en procession au haut d’une hampe : ce que semble démontrer sa cavité intérieure; mais il paraît que dans d’autres circonstances on. le fixait contre un mur, ou contre des planches, par le moyen des crochets qui se trouvent derrière ; il est possible qu’il ne lût placé sur la hampe qu’aux époques solennelles , ou toutes les ' fois que les prêtres voulaient faire au peuple la démonstration des symboles réunis dans cette composition. ‘ >

Voilà ce que nous avions à dire sur ce monument bien remarquable ; nous avons, exposé (es idées que son examen nous a suggérées ; m&is nous avouerons avec franchise que nous croyons nous être laissé entraîner par notre imagination ; peutêtre quelque antiquaire plus capable d’eu juger en proposerat-il une meilleure interprétation ; e’est ce que nous souhaitons de tout notre coeur.

F,t. 6i. Figure humaine , - pan t liée , armée de deux longues cornes, dont elle soutient les extrémités avec ses deux

. - CHAP. n. — IBOLBS. Pt. *XIT. 1 *67

bras élevés'. Au milieu de ces cornes se trouve une face

humaine coiffée d'un bonnet conique qui s’allonge, el finit en serpent. Sur sa poitrine on voit une troisième face humaine, 'et au-dessous une quatrième, placée au bas de l’abdomen ; le nez un peu allongé de cette dernière pourrait être pris pour une espèce de phallus. Une massue à tête humaine » armée de trois cornes , traverse la figure principale, en passant par le dos; enfin un trident appuyé sur le pied de l’idole , s’élève verticalement et dépasse le bras droit.

Bronze du Cabinet royal de Cagliari. ,

Cette composition , éiuiuemincnt symbolique , nous a paru d’abord avoir quelque liaisou avec Ta précédente , dans laquelle nous avons cru reconnaître l’association de trois soleils; mais l’absence d’astérismes dans la figure 62 , nous a lait penser que cette dernière n’a aucun rapport avec le ciel. Les deux groupes, composés de deux tètes humaines J placées l'une immédiatement au-dessus de l’autre , nous paraissent constituer deux dualismes, uu dualisme supérieur el un autre inférieur ; le premier est placé dans les. régions de la pensée , et il est caractérisé par le serpent , espèce de dieu Kncph , intelligence , lumière primitive; l’autre sc trouve dans la partie du corps liuuiuiu dout les fonctions sont purement matérielles; la massue A tête humaine , ornée elle-tuèine de trois cornes ou de trois raypus , compose , avfec ces deux télés, une triade inférieure , de la mèmè manière que le serpent se lie à U diade supérieure, pour eu faire également une triade. Ces deux triades , réunies en une seule , comjKjsent le nombre sept, qui est celui des Cabires, auxquels on en ajoutait également un huitième, qui n 'était pas toujours compté avec les autres. Peut-être une idée à peu près semblable est-elle représêntée dans notre monument , par cette espèce de trident placé en dehors de la série des autres figures animées? mais si ce symbole doit figurer une divinité , celle-ci , qui serait la huitième , serait représentée comme une divinité de la mer , tandis qu ' Esmun , le huitième cahire -phénicien , était plutôt

, 268 -LtVRB I. — MONUMKSTS DE LA 1“ PÉRtOOE.

une espèce d’Esculape. Au reste, comme la composition dont il s’agit parait réunir plusieurs triades, ce bâton â trois pointes pourrait bien n’étre que l’expression jd’une idée semblable , comme le bâton bifurqué nous parait être l’expression du dualisme.

La petite pointe lancéolée qui sort des épaules de la figure principale, paraît être une flamme ; elle a'beaucoup de rapport à l’attribut que le n° 61 porte sur sa tête, et à celui qui est également sur celle du n° 29. •

Fig. 63. Figure humaine dépourvue de-barbe, probablement du sexe féminin , ayant, au-dessous de $es mamelles et d’un ventre de femme , une tête humaine ; sa main droite tient sur sa tète nue un serpent entortillé; là gauche, dans l’attitude de frapper, élève une massue dont le gros bout est formé par une tête humaine pourvue de barbe, et ornée de sept rayons de différentes longueurs.

Nous avons placé cette statue à la suite de la précédente , à cause d’une certaine ressemblance qt|i existe entre elles; les deux faces humaines placées l’une au-dessous de l’autre, le serpent au-dessus de sa tète, et la massue, semblent justifier re rapprochement. La massue â tète humaine , barbue et avec sept rayons , nous paraît Taire allusion au soleil dans toute sa force. Pour le serpent entortillé , voyez ci-après ce que nous disons dè la figure suivante , et qui semble jeter quelque lumière sur cet attribut ; la statue'prisc dans son ensemble, et tout en conservant son caractère de dualité, aurait quelque rapport avec Hcrculeconsidéré comme soleil ; on peut trouver l’idée des sept cabire? dans les sept rayons de cette massue ; nous ne croyons pas-cependaut devoir nous arrêter sur ces interprétations.

Fig. Figure humaine dont le corps pourrait appartenir au

sexe féminin; son ventre est très proéminent r et prend Une forme carrée un peu allongée ;. sa main droite , entortillée d'an serpent, appuie sur sa tète nue celle de

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