CHAP. VI. — IDOLES. PL. XXIV
cet animal; la gauche tient un pieu ou une massue, ou plutôt encore un signe phallique également entortillé d'un serpent.
Bronze du Cabinet royal de Cagliari.
Le fond de ee monument paraît être une répétition de» allégories de la figure précédente; ioi , cependant, an lieu de la face humaine inférieure , nous avons une forme assez singulière du ventre , qui paraîtrait indiquer un état de grossesse {ai). Le pieu entortillé d’un serpent, attribué quelquefois a Hercule, parait avoir ici b même valeur que la massue; il ferait encore allusion an principe mâle de la vie ; ou si l’on veut à la génération; le serpent tenu dans l’autre main aurait un caractère féminin. , . •
Figure humaine de sexe très problématique, munie de longues cornes; cependant son sein- annonce assçz clairement le sexe féminin; son nombril a une forme très curieuse : on serait tenté de l’envisager plutôt comme une troisième mamelle que comme un signe phallique. Ses deux mains élevées tiennent avec effort les deux extrémités d’un sefpent monstrueux qui lui entortille la tête et le ceu , et contre lequel elle parait lutter.'
• Bronze du Cabinet royal de Cagliari,
Ici l’incertitude du sexe nous empêche d’émettre une opinion sur la nature de ce personnage; il parait être ep lutte contre un mauvais génie. Cette composition rappelle un des travaux d’Hercnle,'et le serpentaire de la sphère céleste, dont la composition est d’ailleurs assez moderne.
Figure, humaine sans indication de sexe ; un serpent placé sur sa tête lui entortille étroitement le cou , et s’en-
(a) Cette même forme de ventre se répète dans le n° ci-après ; elle se trouve toujours sur des corps que l’absence de signes masculins fait juger comme appartenant à l’autre sexe. *
Fig. 65.
Fig. 66.
I relace avec un autre serpent dont la tète est fortement tenue dans la main gauche ; la main droite saisit par la queue un troisième serpent, disposé de manière qtf*il fait par-devant l’office du phallus, et par-derrière celui de queue ; le bout de cette queue ést. bifurqué, et représente la partie supérieure des bâtons fourchus ordinaires; son sein est orné d’une espèce d’écharpe ou ceinture : /derrière ses épaules -se trouve un anneau.
Nous ne savons trop que dire sur cette singulière statue qui a un peu d'analogie avec la précédente ; ici cependant on voit trois Serpents, dont on, au moins, parait avoir des rapports certains avec la génération (a). Sa queue bi-partie, semble appuyer l’opinion que nous avons déjà émise au sujet des serpente avec des queues semblables , qui accompagnent deux divinités androgynes (i).
r,s. 67. Figure humaine panlhée avec trois tètes , dont les deux latérales sont un peu plus petites que celle du milieu. Elle est revêtue de trois tuniques de longueurs différentes, placées l’une sur l’autre; le haut de son corps est ceint d’un serpent à trois têtes ; sa main droite n’a aucun attribut ; là gauche tient une fourche à deux branches bien entières , et qui n’offre aucune trace d’une troisième branche. Il aurait été assez naturel de s'attendre à l'exil stence de cette troisième branche dans une figure symbolique qui nous offre le nombre de trois si souvent répété ; mais nous pouvons assurer qu 'après un minutieux examen de l’original, nous. avons été convaincu que cet attribut n'a subi aucune mutilation.
• Bronze du Cabinet royal de Cagliari.
(a) yoyez ci-après ce que nous dirons au sujet de la Jip. 118, où se trouve un serpent placé à peu près de la même manière.
( b ) Voyez /îg. i.et3i,. * \
CHAP. VI
IDOLES- Pt. XXIV.
Lu combinaison du nombre trois, qni se répète trois fois dans cette composition, étant sujette à plusieurs interprétations différentes , nous nous contenterons de rappeler les trois soleils dont nous avons parlé ci-dessus, au sujet des fig. 15 et 16; nous ferons en même temps remarquer la grande affinité que présente cette statue avec certaines idoles de l’Inde , et surtout avec la représentation delà Trimourti. Les trois tuniques placées l'une sur l’autre sont dignes d’attention : elles indiquent peutêtre les trois régions sur laquelle dominait la triple divinité , ou bien ses trois métamorphoses ; le serpent à trois têtes qui la ceint rappelle le serpent sécha , symbole du temps, et le même animal qui soutenait le trépied consacré, d’après Hérodote , à Apollon , par les Grecs victorieux à Platée. Le bâton fourchu, ou la fourche à deux branches, est un emblème de dualisme bien remarquable dans une statue dont les caractères essentiels indiquent une triple idée de triade. On pourrait encore reconnaître dans cette ligure une représentation du fameux Géryon aux trois tètes, dont l'histoire se lie assez uatiirellcinent avec celle du héros sarde Norax (a). Géryon , comme on sait , était appelé par les poètes triple, Tergcminus (ij : Gerjonrex fuit Hispaniœ,
Crisaoris Iberice régis filins : qui ideo trimembris fingitnr, quia tribus insulis pretfuit , quee adjacent H is panier , Balearicœ Minori et Majori et l'busce. Servius ad Æn., lib. 7 et 8.
Le fond de cette composition paraît être la triade, ce qui la rapproche en quelque façon de celle qqe représente la fi g. 62 , décrite ci-dessus. Cette idole est figurée d’après nous, par M. Guigniaut , dans son 2° cahier de planches sous len® 21 4*.
Figure humaine sans indication positive de sexe \ ses r,g g* jambes pont très écartées; son bras droit est plié, et il s’appuie sur la cuisse droite, en foripant une espèce de
(a) Paye i notre première partie, a* édition, psg. 4.
(£) maxiniHj ultor , **
Tergemini neee Gerjronit spoliitque superbus , .
Alcide s . aderat
(ViiioiL. , Æneid., lib. vin' . v.'aoo et »*q .)
demi-cercle, du centre duquel partent trois têtes à museau pointu, placées sur un corps sphérique allongé et un peu tortueux , semblable à celui d’un serpent ; sa main gauche est armée d'une fourche à deux branches. Derrière ses épaules on voit un anneau transversal au-dessous duquel sont plusieurs points épars en désordre; du bas des reins sort upe forte queue.
Bronze du Cabinet royal de Cagliari.
Les trois têtes qui s’élèvent du bras droit de cette figure sont si mal exécutées, qu’on ne saurait trop les prendre pour des têtes d’oiseaux , des têtes de serpents, ou ce qui est le plus probable, des têtes humaines ; dans ces deux' derniers cas, cette idole aurait quelque rapport avec la précédente.
F,f. 6g Figure humaine, probablement virile, coiffée d’un bonnet conique formé par un serpent entortillé, dont une extrémité est fixée derrière l’occiput , et l’autre descend tortueusement le long de la joue et de l’épaule droite : comme les deux extrémités du serpent se ressemblent au point qu'on ne saurait déterminer laquelle en est la tcte.ou la queue, il pourrait se faire qu’il y eût deux de ces animaux au lieu d’un , ou bien que ce serpent eut une tête à ses deux extrémités. Le devant de la statue est orné d'un plastron en deux compartiments, formés par deux autres serpents dont les corps se croisent. Dans le compartiment inférieur, on remarque des traces d'anciens caractères; mais ils sont tellement usés qu’il a été impossible d’en prendre un dessin. Trois bourrelets ou anneaux 'divisent chaque jambe en trois parties à peu près égales ,. à partir du sommet des cuisses. La main droite est armée d’une épée plate et tranchante ; derrièrè les épaules et le long du dos se trouve un ornement en forme de grillage, et plus bas on voit une cavité circulaire.
Bronze du Cabinet royal de Cagliari.
Cette composition, semble appartenir de préférence au Pan-
. , CHAP. ÏJKMJB9. PL. XXIV. • Xi 3
Üiéon indien plutôt qu'à celui des Phéniciens ou des Clftildéen». Sa. tête , couverte, d’un Serpent entortillé , lui donne un grand rapport avec quelques représentations du diçu Siv». Voyee cidessous une image de cette divinité, indienne , qne nous avons extraite de la PI. V du 1*' cahier de M. Guignîaut. Rel. dt C (tut.
Le glaire dobt ce personnage" est armé pourrait le Faire prendre . pour la représentation d’un Melltàrt ; mais ce, même glaive et le grillage qui en ortie la partie postérieure , peuvent lui donner du rapport avec la fig. 51, comme les serpents avec le n° 52. Ce serait, dans ce cas, -plutôt un Maiuch qu’un MtlJrarf. Malheureusement nous ne pouvons espérer àucun secours' de l’inscription pjaçée sur la. poitrine de cette statue; elle est si effacée qu’il nous a été impossible de la reproduire dans la même planche , de grandeur naturelle , comme nous l’avons Tait à l’égard de tontes les autres inscriptions gravées sur les bronzes de cette; collection. „ * », ' • 4 ' • *«
Figure humaine dépourvue de barbe , sans indication dç sexe; sa. télé est. surmontée d’un serpent s’élançant vers le. ciel, v ses cuisses sont couvertes d’un pantalon rayé’, qui paraît être feteiÿU par unç ceinture , et par des