CM AP. VI. — IDOLES. PL. XXVII
«te profit ; H a sous son plastron un poignard; ses deux mains-, dans, leur état d’intégrité , étaient employées à décocher une flèche ; son arc était tendu , il en reste des fragments reconnaissables. . •*
Bronze du Cabinet des médailles de Paris.
Autre archer, autre héros. Nous l’avons réduit et dessiné nous même sur l’original que M. Lenormant a bien voulu nous conGer à cet effet.
Fragment d’une statue pareille à la précédente.
Bronze du Cabinet royal de Cagliari.
Ce fragment peut servir à prouver que la statue n° 1 10 est réellement une idole sarde.
Autre archer, autre héros.
Fragments de statues analogues à celles qui précèdent.
Cabinet royal de Cagliari.
Fragment d’une statue de guerrier, avec un casque dont la visière était ceusée mobile. . ,
La particularité d’une visière mobile est assez remarquable dans un innnument aussi ancien ; ce cusqiie se rapproche davantage de cçux du moyep âge. .
Ce que nous avons vu jusqu’ici nous engageant à reconnaître dans l’île de Sardaigne des traces du culte du feu j désastres, et des principes ,de la nature, propre surtout aux nations orientales, nous devons penser «jue les àpciens Sardes pratiquaient aussi l’astrologie eL la divination. Nous nç nous occuperons pas à chercher si les Omn Teraphim de l’Écriture-' (1) étaient dé, véritables idoles, ou bien de simples talismans; mais nous nomme-
(i) Gksss. , tap. 5i , c. i.
t'ig. I n. Ftg. i ta, n3.
r<g t ti- PI. XXVIII.
rons ainsi certaines pièces métalliques, qui, d'après- plusieürs témoignages , constituaient des oracles domestiques, et qu’on-fàisait tourner par le moyen d'une lanière de cuir tordue toutes les fois qu’on voulait les consulter (1). Leurs formes les plus ordinaires paraissent avoir été la cylindrique, la sphérique, et la rhomboïdale ; la première fut probablement propre aux Babyloniens, les deux autres semblent avoir pénétré jusqu’en Sardaigne; en effet nous croyons reconnaître dans la plupart des plaques métalliques, figurées dans la PI. XXVIII , des monuments qui rappellent la Sphœrula Hecatica (2) et le fihumbus magicus de Properce.
,5. Plaque métallique percée à jour , composée d’un assemblage de trois serpents , qui sont entrelacés de manière à former cinq compartiments ; dans les deux plus grands de ces compartiments se trouvent deux têtes humaines placées au milieu de quatre espèces de rayons. On voit dans la partie postérieure de cette plaque plusieurs petits anneaux J’ ou plutôt des espèces de crochets, qui ne pouvaient étj-e fixés que contre un corps à la fois mince et flexible.
Bronze du Cabinet royal de Cagliari.
Une des plus grandes difficultés (pie nous éprouvions dans nos recherches sur les monuments qui font le sujet du présent chapitre , est celle de saisir |cs différentes significations que doivent •offrir les mêmes emblèmes et les mêmes attributs associés à dos figures bien différentes, et reproduits en nombre divers. Comment pouvons-nous interpréter le sens allégorique des trou ser-
(;) Payez Ssmn , De Dits Syrie. Syntaynut. i , cap. a, de Teraphim,. et Rüsàst , Prteparat: evtù ig. , fib. v , cap. 7.
(vi) «Hécate veut dire telle quiay.it (le luiu, relie qui èloiyue, qui écarté , fonctions éminemment propres au» divinités qui font t’objet des consultations astrologiques. Cttsims apud Otuc-mirr, vol. M. pag. 10a. • . • *
CUAP.. VI. — 1DOLBS. PL. XXVIII.
pents qui forment la partie essentielle de ce dernier monument, lorsque ces mêmes animaux sont au nombre' de cinq dans le numéro suivant , qu’ils ne sont que deux dans le n° 117, et qu’on en voit six dahs le n° 118? Cette différence est telle qne nous ne saurions à quoi comparer ces trois serpents , si ce n’est à ceux des Jlg. 58, 66, 67, 68 et 69. Les deux faces humaines radiées pourraient faire allusion aux deux principes , et nouS aurions de nouveau ici la triade et la diade , que nous avons vu réunies dans plusieurs autres bronzes.
Les anneaux postérieurs nous font penser que la plaque était fixée à un cuir et que probablement on la faisait tourner comme nous avons dit ci-dessus ; on pouvait également se servir, pour cet usage , de l’anneau formé au-dessus par la queue du serpent du milieu.
Plaque métallique également à jour, de forme rhum- rtg. nt>. bo'idale, traversée dans sa plus grande longueur par une demi-figure humaine, dont le corps paraît se terminer en gaine. Sa tète est armée de deux longues cornes de taureau ; ses bras sont ouverts et élevés; sur sa poitrine se trouve une autre tète humaine. Un trident, qu'on pourrait prendre pour une jambe , part du bas de la statue , et se trouve fixé à un angle du rhombe; on voit de l’autre côté, dans une position analogue, un bident entortillé d’un serpent. Sur les quatre faces du losange sont placés des serpents , et sur l’angle inférieur de la même' figure se trouve un objet informe qui a quelque apparence d’une tète de brebis; par derrière sont deux longs crochets. ;
Bronze du Cabinet royal de Cagliari. • ■
Nous croyons reconnaître dans cette plaque le rhombe màgique dont il a été parlé ci-dessus (a) ; quant à sa composition , noüs y retrouvons les deux principes générateurs , qu si l’on veut , le dualisme associé à la triade (le trident), à la tétrade (les quatre
(a) Vaye* Skldxs , loc. cil., pag. i s 4-
laces dmhombe) , et à Jo pentadc (les cinq serpenta). La pièce qui est au bas, et qui nous a semblé une tête de brebis, est trop informe pour que nous en proposions une explication ; les quatre serpents placés autour du rbottibe , doivent probablement être envisagés à part ; on peut les assimiler, quant à la place qu’ils occupeut , aux amphibies de la figure 120.
tv "7- Plaque mélallique , de forme elliptique à sa partie inférieure , avec trois compartiments; les deux de dessus sont occupés chacun par une tète humaine; dans celui d'en bas , qui est allongé , se trouvent deux serpents, entrelacés par la queue ; on voit par derrière plusieurs petits.crochets.
Bronze du Cabinet royal de Cagliari.
Les deux têtes humaines fout , à notre avis , allusion aux deux principes ; la même idée est également représentée |var les deux serpeuts qui rappellent un peu ceux du caducée. Macrobe s’exjdique ainsi à cet égard (a) : In Mercurio solcm roli , du un ex caduceo clarel , quod Ægjrptii in specic draconum maris et famince conjunctorum ftguraverunt Mercurio consecrandum . Hi draconcs parte media voluminis sui invieem nodo, quem vocant Herculis, obligantur. ... argumentum caducei ad genituram quoque hommum qutr genesis appellatur, Lgjrptii protendunt : Dcvs praslites homini nascenti quatuor adesse memorantes, iklfutm , tvzi> , Éfurti, «>*-/*<!>; et duos priorcs solem ac lunani intelligi -volant , quod sol autor sjnritus coloris , ac luminis humanœ vitee genitor , et autos est : et ideo nascentis démon , id est , deus "creditur. Lutta rnzi, quia corporum preesul est , qutr fonuitorum eàrietate jtictantur. Amor osculo signi/icalur : nécessitas , nodo.... ad hujusccmodi argumenta draconum prer- • cipuc volurtien lectum est , propter iter ulriusquc sideris flexuosttm. Nous avons cité ce passage tout entier, parce qu’il parait nous rendre raison d“S deux têtes qui pourraient très bien faire allusion au soleil et à la lune, considéras comme les principes actif
(a) Snturuai. , lit,. ■ , cap. 19, pag. ,169. V
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et passif de la nature ; les deux serpenta représentent une idée analogue , mais de plus l’union des deux principes cidessus . ,■ - '
Nous pourrions produire une quantité de preuves de ce que uous disons , surtout par rapport aux serpents (a); nous nous contenterons de citer les deux serpents de la pierre babylonienne delà page 183 ci-dessus, dont un est évidemment représenté comme soleil , et l’autre comme lune ; nous ajouterons à ce dessin les deux que nous donnons ci-après; le premier est une représentation de J upiter-S érapu , et d’/ji.i myrionyme (b) ; il démontre clairement que l’on a entendu donner les deux sexes à ces deux serpents.
L’autre est tiré d’une médaille de Pergame, qui représente, d’un côté , deux serpents entrelacés à peu près comme le sonl
(a) P oyez Lajam>, Recherches sur le Culte de P chus , pag.-4Ô; et Lenohmast, Annales de flnstit. de Cnrresp. arch. , tom. "VI, pâg. n40-a64." . ... • ' -
(h) Voyez Description de l Egyp. Anliquit. , Hanches, vol. Y, pl. <>g, 1 1 ; et G.UICH1ABT , loç. cit. , i*1 cahier, de planches. n“ 180. ( PI. XLI1I.)
30* LIVRE I. — MOMMESTS DE LA I" PÉRIODE, ceux de noire figure 1 17 ; à côté on voit un thyrsesur lequel s’entortille un autre de ces reptiles ; ce dernier a licaucoiip derapport avec le serpent qui , dans la planche précédente, s’entortille autour du bâton à deux branches; sur l’autre face de la médaille on voit la fameuse ciste mystique, de laquelle sort aussi un serpent , probablement ici le symbole de la vie et du monde créé; c’est d'ailleurs dans ce sens que cet animal sert d’attribut à Apollon soleil, à Esculape, à Hygie et à Isis, etc. (a). ••
f, g. u8. Plaque métallique pleine, dont le pourtour est déter-
miné par six serpents groupés entre eux ; le centre de cette composition est occupé par une figure humaine armée de deux cornes ; elle a une bouche ouverte , d'où sort une langue d’une grosseur remarquable ; dans sa main droite elle tient par la tète un gros serpent, qui est disposé de manière à ce que la partie antérieure de cet animal fasse fonction de phallus , et que la postérieure forme la queue ; dans sa main gauche elle tient également par la tête un autre serpent; ses jambes sont un peu écartées, et ses • pieds, qui ont quelque chose -des pieds d’un animal, posent chacun sur une tête à museau un peu allongé, qui paraît être celle d’un chien; une troisième tète, tout-à-fait pareille b celle-ci , est placée au dessus de la tète du personnage principal : sur sa poitrine se trouve un animal plat, à cinq jambes, qu’on dirait être une araignée pu un potype; deux autres animaux pareils se trouvent dans
(a) Poycz t.A J a rd , loc. cil., page 45, note i.