‹ Voyage SardaigneChapitre 75 sur 205 · CHAP. VI. IDOLES. PL. XXVIII · texte numérisé non relu

CHAP. VI. IDOLES. PL. XXVIII

le champ de la plaque , un au-dessus de l'épaule droite , l’autre entre les deux jambes; tout le reste du champ de cette plaque est par&cmé de petits signes angulaires ou lancéolés ; ceux de la moitié supérieure ont leurs pointes dirigées vers le haut, ceux de la moitié inférieure sont placés dans un sens inverse. La partie postérieure de ce très curieux monument est couverte de raies irrégulières qui se coupent à angle droit; on y remarque quatre petits crochets qui ne pouvaient s'adapter qu’à un corps bien mince.

Bronze du Cabinet royal de Cagliari.

Le sens allégorique de cette composition se ‘prête d’autant moins à une interprétation, qu’il est plus compliqué que les autres, dont il s’écarte sous plusieurs rapports. Quoi qu’il en soit, la manière dont le plus grand des six serpents est placé., nous indique clairement qu’il s’agit encore ici d’une divinité génératrice, dont le serpent était fort souvent l’emblème ; nous engageons le lecteur à voir dans le Zend-Aveita (cosmogonie des Parses) , un passage fort curieux où il est question d’nn dialogue entre Meschia et Metchiané (espèces d’Adam et d’Ève j, qui prouve ce que nous avançons (a). Les serpents sont ici au nombre de six , et doivent probablement être distingués en deux triades : nous ne saurions définir ces trois espèces d’animaux à cinq branches, dont un se trouve sur In poitrine du personnage principal , et les autres dans le champ de la plaque. Les trois têtes de chien feraient-elles allusion au chien d’Hécàte? la chose ne serait pas invraisemblable, puisque nous avons d’autres motifs de rapprocher cetfc figure de la lune ; en effet , sa large face , sa bouche ouverte, et surtout sa langue allongée, lui donnent quelque ressemblance avec une tête humaine qur se trouve dans une médaille phénicienne en argent, possédée par le Ca-

(<i) f'ojm la traduction d’Auquetil, année 1771 , tom. JI , pages

306 LlVHB ï. MONUMENTS DE LA l“ PÉRIODE.

billet de Paris., el que M Gesenitis (a) croit pouvoir adjuger à la ville de Motyt (colonie phénicienne ou carthaginoise en Sicile) : voy. ci-dessous. ' . . * .

Celte même figure , insérée par M. Guigniaut dans sou 2* cahier de planches n° 197, PI. LIV, avait déjà été publiée par M. Bellermanu (6), qui a cru y reconnaître un type céleste d’Astarté, pleine lune; M. Guigniaut fiait observer à ce sujet qu’elle ne lui parait autre chose que la face de la Méduse grecque , laquelle , ajoute-t-il , était en effet en rapport avec la lune, et pouvait nus -ce point de vue correspondre à Aslarlé (c).

Si la face de notre n° 1 1 8 a quelque rapport avec la Méduse des Grecs , nous croyons lui en reconnaître de plus grands avec la Gorgone; nous donnons à cet effet , dans la page suivante, le dessin d’une tête de cette divinité tirée de l’ouvrage de M. MicaK ; les serpents qui sortent de sa tête , et les fragments de deux autres de ces animaux , encore reconnaissables des deux côtés de cette figure , la rapprochent davantage de notre composition sarde."

(a) Script, ling. Phanie, monument. , pag. 297, tab. 39. XII. A.

(b) Bemerkungen liber Phanie. Mtuuen, II, pag. 26, sqq.

(c) Payez Guicsiaut, loc. cil., vol. II, pag. 26, et 2* vol. de planches, pag. io3.

Cette médaille porte au revers un palmier et une légende phénicienne ; le palmier est très commun dans les monnaies Siculopuniques , il forme souvent le revers d’une antre médaille de la même classe, où l’on voit une tête couronnée d’épis, avec une corne qui perce au-dessus de l’oreille; on trouve, en Sardaigne, uu grand nombre de médailles puniques de ce genre ; mais la plupart d’entre elles ont trois épis au lieu d'un palmier. Voy. Mitant, Bel. des Karl., t, I ,/ig. to, et Guicsiaut, loc. cit., PI. L\,/ig. 112*.

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