‹ Voyage SardaigneChapitre 77 sur 205 · IDOLES. PL. XXVIII · texte numérisé non relu

IDOLES. PL. XXVIII

. A la description faite par notre savant- ami, nous nous permettrons d’ajouter que la ligure principale porte deux petites cornes sur la tète, et que ses mnniellès pleines et son ventre un peu sphérique indiquent un corps humain, mais de sexe féminin ; la partie antérieure du serpent, qui s’avance vers le devant , pourrait bien avoir une signification analogue à celle qui parait exprimée dans les n°' 66 et 118.

Quoique nous soyons pleinement de l’avis de M. Guigniaut , sur le sens symbolique de cette curieuse composition , nous ne saurions nous résoudre à voir dans -les quatre animaux placés à égale distance dans la bande étoilée (a), l’indication des quatre éléments : une espèce d’analogie entre les animaux ainsi disposés du n° 116, et ceux du n° 120, qui se retrouvent tous les deux dans notre n° 119, nous fait penser que le serpent et le lézard (carc’est un lézard ou un crocodile) sont placés ici en leur qualité de reptiles et d’amphibies; nous pouvons également envisager comme amphibies les deux autres animaux correspondants dont un (celui de dessus) pourrait bien représenter une grenouille, et l’autre, un autre animal que nous ne saurions définir, mais qui fort probablement est censé de la nature des trois autres ; en un mot , ces quatre animaux , ainsi que les serpents du n° 116, et les lézards du n° 120, nous semblent indiquer la nature humide du limon primitif, ou si l’on veut, le principe humide qui a concouru à la formation du monde.

Le disque formé rie deux cercles concentriques placés au centre de la grande bande circulaire , nous paraît représenter le soleil placé au ceutre de l’univers; la figure principale à’ tête de chien et ayant deux petites cornes sur lu tête, pourrait être prise pour la lune dans son union intime avec le soleil , et peutêtre encore avec l’étoile du chien , dont le lever héliaque avait chez les Égypticus un rapport direct avec la création du monde'; cette union intime du soleil, de la luiic , et de Sirius „ serait opérée par le serpent , qui est l’esprit pénétrant toute chose , l’aine du monde , qu’il anime et gouverne.

(«)' Ils i-appelleot la vision d’Ézccliiel et les quatre animaux places autour d’un cercle enflammé.

Les deux taureaux qui tiennent par une extrémité aux flancs

de la Statue centrale , et sont placés en sens inverse l’un de l’autre, nous ont rappelé le mythe mithriaque de deux taureaux qui avaient donné naissance à tous les animaux, et qui, à leur tour, étaient sortis de la semence du premier taureau, mordu par le serpent.

Ces deux taureaux placés et tournés en sens contraire l’un de l’autre , rappellent aussi le bœuf Baccis de Macrobe (a) et celui dit Mnéfis d’Eusébe (A) ; mais ils paraissent encore avoir des rapports plus directs avec deux animaux de cette espèce sculptés sur les colonnes du fameux monument de Persépolis : vojr. le dessin ci-dessous. .* »

Les limites que nous nous sommes imposées dans ce travail ne nous permettant pas de développer notre pensée sur les symboles Offerts par ces deux bœufs accolés , nous terminerons ce que nous avons à dire au sujet de notre fig. 119, en ; — : -, — 1

(a) Salurnal., lib. i, cap. ai, pag. 377.

(A) Prirparnt. tvang., Dv. m,c. i5.

CHAP. VI. — . IDOLES. PIv XXVIII . JH

la comparant avec deux représentations religieuses de l’Inde qui nous ont paru avoir trop de rapport avec la nôtre, pour ne pas les reproduire dans notre texte meme.

La première représente Crichna , conservateur et protecteur

du monde , dont il occupe le centre « Tout cet ensemble

de figures composant un grand Tchakra est l'image du monde , cité de Dieu, qui en est la vie et qui lui imprime un^mouvement éternel » (a).

L’autre représente Hanouman-Pâvana , fils de Pdvana-Siva , dans le rôle supérieur de Roudra , sous la forme d’un homme à tête de singe, occupant le centre d’une espèce de Tchakra, ou roue du monde qu’il fait mouvoir : Brama est sous ses pieds, et le grand serpent Ananta forme sa couronne. Il montre dans sa main le carré mystérieux (b). O est t âme universelle, on T esprit divin qui anime toutes choses , et réside dans t air , dans le feu, dans le soleil [c). Nous le donnons dans la page suivante.

(fi) Guigmiaut, explicat. des pl. , pag. >i,fig- 66, PI. XII.

(b) V oyez ce que nous avons dit ci-dessus, pag. ni, sur la

forme rhomboidale. Voyez è gaiement la forme du n° ti6. (c) Guignuot, i bid., pag. 19, Pl XVII, 96 bis.

fig. I»

Tout l’ensemble de notre monument , qui a d’ailleurs une tendance à la forme rhomboïdale, peut être envisagé comme une Spherula Hecatica, fort probablement employée à la divination, et mue par une lanière dè cuir passée dans l’anse qu’elle a sur son sommet.

Cercle métallique à peu près semblable au précédent ; mais la figure qui en occupe le centre porte une tête humaine, et n’a pas de disque sur son abdomen. En revanche , sa tête est ornée de trois cornes ou rayons. Tout autour de ce personnage , sont placés quatre reptiles du genre lézard, qui pourraient bien aussi être des crocodiles-, le corps de la figure humaine paraît de sexe féminin : il a une queue. Au-dessus du cercle se trouve une petite anse analogue à celle du n° 119 ; il n’y a point d’anneaux ni de pointes derrière ce bronze , qui appartient au Musée royal de Cagliari,

Les trois rayons que cette figure porte sur sa tête nous la faisant envisager comme un' dieu soleil , et son corps nous paraissant celui d’une femme , nous la regardons comme une divinité androgyne; les quatre reptiles , qui jouent ici le même rôle que Jes serpents du n0 1 16, et que les quatre animaux dun" 1 19,

Digitiz

Page 1